Accueil   Editorial   Liens   Stages et Tournois   Boutique   Petites annonces   Partenaires   Nos flash infos  fb  twitter   RSS
 
 
Hockey sur glace - Tribune libre de Tristan Alric
Hockey sur glace - 84 / ANGLET : L’HORMADI SUR DES SABLES MOUVANTS !
 
Victime de problèmes financiers inattendus en cours de saison, la situation de l’équipe d’Anglet est très instable. Tristan Alric, créateur de la Coupe Magnus, raconte les divers événements qui sont intervenus récemment dans l’histoire du club basque.
 
 
Tribune N°84

 
 
ANGLET : L’HORMADI SUR DES SABLES MOUVANTS !


Le club d’Anglet semble avoir repris à son compte le célèbre slogan publicitaire des Galeries Lafayette. En effet, il se passe toujours quelque chose au sein de « l’Hormadi » ! Ce happening permanent a débuté au mois de septembre 2022 lorsque le club basque fut fortement secoué par des démissions en cascade tant chez les joueurs angloys que chez leurs dirigeants. La cause de ces turbulences furent des résultats sportifs en berne qui avaient suscité l’exaspération et une grosse colère des supporters.
Ces derniers, très frustrés, avaient brandi une banderole dans les gradins de la patinoire des Pyrénées-Atlantiques pour réclamer le départ du président avec cette injonction très claire : « Delage dégage ! ». Ce genre de manifestation ad hominem, plutôt rare dans notre discipline, fut l'épilogue de longues semaines de crise qui provoquèrent des vagues aussi scélérates que celles qui viennent s’échouer un jour de tempête sur la plage de la Barre où est implantée la patinoire basque.

 
DEUX PROJETS EN CONCURRENCE


Lors d’une assemblée générale, qui avait pour but d’acter le remplacement de l’ancien président Grégoire Delage, deux projets étaient en concurrence pour reprendre la direction de l'Hormadi. D'un côté, un trio composé de Cédric Cazenabe, Loïc Jagnoux et Jean-Jacques Gauthey qui étaient des sponsors du club d'Anglet. De l'autre, un autre groupe comprenant trois figures bien connues du club local avec Germain Gouranto (ex-président de la formation basque), Jean-Michel Larroque (ancien joueur d'Anglet) et Jean-Jacques Venutier.
Même si ces derniers avaient le soutien de la majorité des supporters, les actionnaires ne voulurent pas faire de sentiment en se montrant plus prudents et pragmatiques. Du coup, ils préférèrent donner la présidence du club au chef d'entreprise Cédric Cazenabe (49 ans - photo ci-contre), gérant de la société téléphonique Fonia. Si lui et ses amis furent préférés par les actionnaires de la SASP « Anglet Hormadi Pays Basque », c’est parce qu’ils avaient l’avantage aux yeux des propriétaires d’avoir plus d’affinité et de compétences avec le business.

Cédric Cazenabe reconnaitra d’ailleurs : « C’est vrai que je ne suis pas un ancien joueur. Mais, je suis devenu complètement accro au hockey et au club d’Anglet grâce à un ami, Patrick Fremond, qui lui est un ancien joueur. Depuis mon élection, j’essaye de prendre mes marques petit à petit. J’ai pris par exemple contact avec Rouen, Grenoble et Cergy afin de savoir comment ils travaillent. Le but pour ma nouvelle équipe est d’amener plus de sérénité. »
Pourtant, dans les mois qui suivirent ce bouleversement de sa gouvernance, le club d’Anglet allait encore s’agiter et faire parler de lui à plusieurs reprises…

 
UN HAPPENING PERMANENT


Premier événement pré-électoral : l’annonce l’an passé d’un projet ambitieux dans lequel se trouvait en « guest-star » Dominique Ducharme qui avait été rien moins que l’entraîneur du célèbre club des Canadiens de Montréal en NHL ! En effet, celui qui fut un ancien renfort étranger d’Anglet (mais aussi de Toulouse et de Cergy-Pontoise) a réussi l’exploit, dix-sept ans après avoir quitté Anglet, de se retrouver derrière le banc du club légendaire de Montréal et de l’emmener en 2021 vers sa première finale de la NHL depuis près de 30 ans même si c’est finalement le Lightning de Tampa Bay qui remporta la Coupe Stanley.
Mais cette carte de visite, pourtant prestigieuse, n'a pas été suffisante pour convaincre les actionnaires de l'Hormadi d'Anglet qui préférèrent donc plutôt faire confiance à Cédric Cazenabe et à son trio d’hommes d’affaires qu’à l’autre groupe concurrent qui avait pourtant évoqué cette collaboration inattendue avec l’ex-coach des Canadiens de Montréal qui est actuellement entraîneur assistant des Golden Knights de Las Vegas.

Deuxième coup de théâtre post électoral : il y a un an, au mois de janvier 2023, alors que l’on croyait que le projet incluant l’ex-entraîneur de la NHL était définitivement enterré, un nouveau visage fit pourtant son apparition un beau jour sur la glace de la Barre lors d’un entraînement aux côtés des entraîneurs Pierrick Rézard et Mathieu Cyr (photo ci-contre) Ces dermiers furent étonnés car c’était à nouveau celui de… Dominique Ducharme !
Pour faire revenir le fameux technicien québécois (vainqueur également du Mondial juniors 2018 avec le Canada), il n'y a pas eu besoin de passer par un agent ou de sortir le carnet de chèques. Seules l'amitié et la fidélité jouèrent. En effet, Dominique Ducharme, qui n’était pas rancunier, avait toujours gardé contact avec son ami Xavier Daramy (41 ans), le manager sportif de l'équipe angloye, qui fut l'un de ses coéquipiers quand l'un finissait sa carrière et l'autre la débutait.
Ayant été obligé de mettre un terme à sa fonction avec les Canadiens de Montréal, l'entraîneur québécois a donc profité de ce temps libre pour traverser l'Atlantique et revenir à Anglet pendant deux semaines. De passage à titre gracieux, l'Hormadi s'occupant seulement de lui trouver un appartement et une voiture, Dominique Ducharme fit savoir qu'il aimerait bien s’investir, mais finalement la prolongation de son éventuelle aventure avec le club basque resta sans lendemain car il a préféré répondre logiquement à une offre de dernière minute faite par le club de Las Vegas dans la NHL.

 
UN DÉFICIT QUI A JETÉ UN FROID


Troisième péripétie cette saison qui fut un coup de tonnerre : plus récemment, le club d’Anglet fit à nouveau la une de l’actualité au mois de février 2024 car le président Cédric Cazenabe jeta un froid glacial dans la Synerglace Ligue Magnus en annonçant contre toute attente que l’Hormadi accusait un énorme déficit de 300 000 euros, soit presque 25 % du budget global (1,25 million). Mais, chose tout aussi inquiétante, que le club « manquait de fonds pour finir la saison »… 
En apprenant la nouvelle les dirigeants de la FFHG ont failli s’étrangler ! Stupeur aussi parmi les fans de hockey du sud-ouest qui tombèrent également des nues. Dans sa déclaration, pour le moins alarmiste, même si elle s’acheva avec des propos qui se voulurent rassurants, le président Cazenabe indiquait par ailleurs une ouverture du capital du club pour tenter de trouver de nouveaux investisseurs à hauteur de 500 000 euros.

Quatrième coup d’éclat imprévu cette saison : toujours au mois de février dernier, juste avant que le club dispute la poule de maintien de la Ligue Magnus, l’entraîneur Pierrick Rézard (Photo ci-contre) fit part à la direction du club son intention de se retirer de son poste à la tête de l’équipe professionnelle. Ce dernier, qui avait promis de « tout mettre en œuvre pour générer des émotions » quand il avait été recruté il y a moins de deux ans, a fait donc ses valises sans avoir trouvé la clé pour améliorer les résultats de l'Hormadi.
C’est donc le canadien Mathieu Cyr qui fut contraint de le remplacer au pied levé pour finir la saison en liaison étroite avec Xavier Daramy le manager sportif. L’ensemble des joueurs furent alors entendus et ont fait part, selon le communiqué officiel : « de leur motivation et d’un engagement sans faille dans leur prise de responsabilité, avec un seul objectif commun, le maintien de l’équipe de l’Hormadi dans le championnat professionnel. »

 
UN NOUVEAU MANAGER INATTENDU


Cinquième surprise qui est très surprenante : on apprit également le mois dernier que le célèbre handballeur international Jérôme Fernandez (46 ans, 390 sélections en équipe de France) devrait être le futur manager des hockeyeurs de l’Hormadi ! Selon le journal « Sud-Ouest », l’ancien international de handball, désormais conférencier et consultant pour Eurosport, a confié que le président Cazenabe lui avait témoigné « son estime ».
Un sentiment qui est réciproque selon Jérôme Fernandez puisque le double champion olympique (également quadruple champion du monde et triple champion d’Europe) a déclaré : « Je confirme que tout s’est bien passé dès notre première rencontre. Ça a été l’occasion d’évoquer ce que nous pourrions mettre en place. Cédric Cazenabe m'a appelé pour me soumettre l'idée d'être manager. Parce que le poste de directeur sportif, c’est problématique car le hockey n'est pas mon sport. Donc, je ne mettrai pas mon nez sur le recrutement sportif. Par contre, ce que je peux apporter, c'est tous les bons côtés du handball : la structuration, l'événementiel, le partenariat, les clubs entreprises... Tout ça, moi, je peux en faire profiter le club de l'Hormadi. C’est un club très attractif, il n’y a qu’à voir le nombre de spectateurs à la patinoire de La Barre (entre 900 et 1300) et c’est une bonne base sur laquelle travailler. Pour moi c’est une satisfaction même s’il est vrai que je ne connaissais pas vraiment l’univers du hockey sur glace, mais je reste un avant tout un passionné de sports. »

 
LE PRÉSIDENT S'EXPLIQUE SUR UN DÉFICIT IMPRÉVU QUI INTERROGE :


Interrogé au mois de février dernier par la radio locale France Bleu Pays Basque, mais aussi par le journal Sud Ouest, le président de l'Hormadi d'Anglet a tenu à rassurer tout le monde après son annonce très alarmante : « Nous ne sommes pas en danger ! déclara Cédric Cazenabe. La somme de 500 000 euros que nous recherchons n'est pas que pour cette année, elle est aussi pour garantir les années suivantes. Cela doit nous permettre d'avoir de la continuité dans le futur. Le club a perdu certains partenaires du secteur immobilier ces derniers mois pour environ 245 000 euros. Ce n'est pas parce qu'on fait une levée de fonds que l'on est en danger. Nos joueurs et tous nos salariés sont payés. Il n'y a pas de stress en interne. Tout le monde comprend la situation tout comme nos supporters à qui j’ai pu expliquer la situation. Nous avons simplement besoin de nous développer. On ne peut pas continuer à jouer uniquement entre la dixième et la douzième place de la Ligue Magnus. La question n’est pas de sauver le club, mais au contraire de mieux le structurer pour le pérenniser. Nous discutons avec beaucoup d’investisseurs au Pays basque, dans les Landes, mais aussi à l’international. Ce serait magique si des partenaires du côté espagnol du Pays basque nous rejoignaient. Le club d’Anglet doit rester familial mais plus rigoureusement géré. Les actionnaires actuels ont beaucoup été critiqués, mais ils sont très fidèles et prêts à remettre de l’argent pour nous aider à nous structurer. Rassurez-vous les carottes ne sont pas cuites ! Se contenter d’éponger notre déficit d’environ 300 000 euros ne serait qu’un cache-misère. Notre objectif est tout autre. Il faut consolider et sécuriser notre trésorerie. On sera peut-être encore en négatif la saison prochaine mais j’ai bon espoir de trouver un véritable équilibre. »

Anglet Hormadi - Equipe 2024
 
Suite aux déclarations bruyantes du président Cédric Cazenabe dans la presse, une question m’est immédiatement venue à l’esprit. Comment est-ce possible qu’un club comme Anglet, qui est passé sous les fourches caudines de la Commission Nationale de Suivi et de Contrôle de Gestion (CNSCG) et qui a donc réussi son examen de passage sans aucune sanction, ait pu se retrouver pourtant avec un déficit aussi important avant même la fin du championnat actuel de la Ligue Magnus ?
Il n’y a que deux solutions ! Soit les membres de la CNSCG sont fautifs en ayant fait preuve d’une indulgence coupable pour accepter de cautionner et de valider un dossier beaucoup trop approximatif constitué par l’Hormadi.
Soit les comptes présentés par les dirigeants angloys entraient certes « dans les clous » mais ils ont été établis sans avoir été véritablement « verrouillés » avant le coup d’envoi de la saison dans la Ligue Magnus. Dans ce dernier cas, des promesses financières uniquement verbales de certains partenaires ne devraient en aucun cas être incluses dans le bilan comptable prévisionnel de la SASP de hockey sur glace.

 
UNE INSTABILITÉ QUI EST RÉCURRENTE


Bref, comme je l’ai évoqué dans le titre de ma tribune en référence à sa proximité avec la plage de l’océan, le club d’Anglet est contraint d’évoluer constamment « sur des sables mouvants ». C’est sans doute l’effet de son particularisme car le club d’Anglet trouve son exubérance dans ses racines locales puisqu’il a choisi le nom « Hormadi » qui veut dire « glace » en langue basque.
Classé dixième sur douze de la Ligue Magnus à l’issue du championnat régulier depuis ces quatre dernières saisons sa situation est effectivement toujours glissante et reste très instable. De plus, ses étonnants « happenings » récents, que je viens d’évoquer chronologiquement, sont vraiment récurrents. En effet, depuis que les hockeyeurs angloys se sont appelés successivement les « Hockeyeurs des Sables » en 1970, puis les « Orques » en 1996 et enfin « l’Hormadi » depuis 2011, ils nous ont habitué à d’autres séries de coups de théâtre. En voici quelques exemples qui sont restés mémorables !

 
L’INCROYABLE BOYCOTT DU TOURNOI D’ANGLET


En effet, il était 18 heures ce fameux dimanche du mois d’août 1984 lorsque les hockeyeurs tricolores et ceux de l’Allemagne de l’Est, se présentèrent sur la glace de la patinoire d’Anglet et écoutèrent, alignés face à face, sur un seul rang, les hymnes nationaux. Mais soudain, ce fut la stupéfaction générale quand le capitaine tricolore, Michel Lussier, s’approcha de la table des officiels, prit en main un micro sans fil et lut d’autorité un communiqué annonçant le forfait de l’équipe de France !
Quelques jours après cette farce, qui provoqua à l’époque un énorme scandale et porta un rude coup à l’image du hockey sur glace français, tous les « mutins » furent auditionnés les uns après les autres. C’est finalement l’entraîneur national Jacques Tremblay, pourtant soutenu dans un premier temps par tous ses joueurs, qui fut limogé. En résumé, Jacques Tremblay voulait que la Fédération des sports de glace le conforte dans ses prérogatives et qu’elle choisisse définitivement entre lui et André Ville qui était à l’époque le directeur de l’équipe de France, car ce dernier se plaignait ouvertement de l’omnipotence invivable du coach canadien.
Quoi qu’il en soit, cet événement sans précédent a longtemps marqué les mémoires des supporters et des dirigeants du club d’Anglet. Du coup, le tournoi basque ne fut plus organisé pendant quatre années de suite.

 
D’AUTRES COUPS DE THÉÂTRE EN SÉRIE

 
L’agitation et l’accélération des événements survenus dans le club du Pays Basque sont restés célèbres ! D’abord, à l’occasion de l’arrivée de leur équipe phare dans la Ligue Elite en 1997, les dirigeants du club d’Anglet crurent, de bonne foi, avoir fait le bon choix en demandant à l’ancien international tricolore Yvan Guryka de devenir le nouvel entraîneur des « Orques ». Malheureusement, sous la direction de Franco-tchèque la situation se dégrada très rapidement. Victime d’une addiction à l’alcool et surtout un peu dépassé techniquement, les relations entre l’entraîneur et ses joueurs devinrent vite conflictuelles. A tel point qu’Yvan Guryca fut rapidement remercié. On se demanda alors si le club du sud-ouest n’était pas frappé par une malédiction. En effet, après le limogeage de son coach qui ne fut malheureusement qu’une étoile filante et son remplacement au pied levé par le canadien Jean-Pierre Voyer, j'avais publié dans le journal L’Equipe à la fin du mois de novembre 1997 un article intitulé « tempête à Anglet ».

En effet, je rappelle que le club d’Anglet, qui a le désavantage d’être très excentré et pénalisé géographiquement (huit clubs de la Ligue Magnus sont distants de plus de 800 kilomètres) fut contraint ensuite de déposer son bilan en 1999. Une disparition brutale de l’ancienne « Ligue Elite » que l’on crut fatale. Pourtant le club basque réussit à renaître de ses cendres et à rebondir de façon très spectaculaire en participant dès 2001 à la série finale de la Ligue Elite contre Rouen !
Ce rapide coup d’éclat (même si les Dragons s’imposèrent en trois matches (2-0, 5-1, 3-0), put se réaliser grâce notamment à la présence dans l’équipe d’Anglet du célèbre défenseur Denis Perez, mais aussi du capitaine Lionel Bilbao, du gardien Eric Raymond, de David Dostal, Stanislas Solaux ou encore Olivier Dimet qui deviendra plus tard l’entraîneur du club basque puis actuellement celui de Bordeaux.

 
UNE SÉRIE FINALE SANS LENDEMAIN


Mais une fois cette fameuse série finale achevée, nouveau coup de théâtre ! Les joueurs angloys menacèrent de quitter le club après la décision du conseil d'administration de reconduire dans ses fonctions leur entraîneur Carlos Gordovil qui finalement put conserver son poste malgré la mutinerie.
En 2007, le club d’Anglet fut cette fois victime d’une rétrogradation financière et sportive. Cette sanction l’obligea à quitter momentanément la Ligue Magnus jusqu’en 2018 alors que le club basque venait de fêter sa dixième saison professionnelle. Mais pour cultiver toujours son imprévisibilité, en 2007 on retrouva le club d’Anglet dans le championnat espagnol la saison suivante !
C’est ainsi que les hockeyeurs basques jouèrent contre les clubs ibériques de San Sébastian, Barcelone, Puigcerda, Jaca, Victoria et Majadahonda. Pour son unique saison dans le championnat d'Espagne l’équipe d’Anglet parvint à se hisser en finale en 2008 mais n'aura pas réussi à vaincre son rival catalan de Puigcerda.

 
ANGLET C’EST DU PROPP !


Pour finir sur deux anecdotes qui furent également mémorables, je rappelle d’abord qu’au cours de la saison 1994-1995, le club d’Anglet, qui évoluait en Division 1, créa une énorme surprise avec l’arrivée inattendue du célèbre hockeyeur canadien Brian Propp. (Photo ci-contre). Cet ailier gauche professionnel, était certes âgé alors de trente-cinq ans, mais il avait une carte de visite très impressionnante avec un total de plus de 1000 matches joués pendant seize saisons en NHL !
L’ancien numéro 26 de l’Hormadi avait disputé pas moins de onze saisons avec les Flyers de Philadelphie, une avec les Bruins de Boston, trois avec les North stars du Minnesota et enfin une avec les Whalers d’Hartford.
Brian Propp passa une seule saison dans le modeste club d’Anglet juste pour le plaisir de terminer sa longue carrière, en apprenant le français et en jouant au golf sur la Côte Basque. De l’avis de tous, lors de son bref passage dans l’équipe des anciens « Hockeyeurs des sables », il incarna la classe et le talent d’un joueur de NHL avec une extrême gentillesse et une humilité exemplaire qui lui valurent d’être surnommé « Monsieur Propp ». Pour le remercier d’avoir accepté de venir jouer au Pays Basque, la patinoire d’Anglet donna à l’époque son nom à la tribune « Propp » qui était située juste au-dessus du bar.

 
SON ENTRAÎNEUR HISTORIQUE EXILÉ


En 1983, l’ancien capitaine de l’équipe de France Alain Vinard (photo ci-contre) avait profité de l’intersaison pour créer un stage d’été privé à Anglet, l’école « Pimpirinak » (petit bourgeon en basque) qui allait perdurer pendant plus de vingt-ans. Mais en 2002, l’ancien entraîneur charismatique du club d’Anglet ne put retenir sa fougue. « Un jour, j’ai secoué un inspecteur de la jeunesse et des sports car dans l’antenne de Bayonne l’ambiance était délétère, raconte Alain Vinard. En représailles, j’ai eu un contrôle de l’URSSAFF à mon école de hockey. »
Du coup, en 2003, le Ministère lui enleva son poste de CTR mais il resta fonctionnaire de la direction régionale de Bordeaux dans une antenne de Bayonne. Voyant sa situation bloquée, il contacta alors ses amis CTR de la pelote basque. Le DTN de cette fédération lui proposa le pôle France de l’île de la réunion ! Pendant six mois, Alain Vinard se forma à ce sport dans la région de Bayonne en notant et en filmant tout ! Au mois de décembre 2006, l’ex-hockeyeur partit à Saint-Denis de la Réunion pour s’occuper du quartier sensible du Chaudron où ne vivent que des créoles. Ce fut un nouveau défi, une autre mentalité, un autre mode de vie. Résultat : un titre de de champion d’Europe des clubs de Pelote et plusieurs titres de champion de France de cadets en séniors avec le club du Chaudron ! En septembre 2012, Alain Vinard prit sa retraite après être retourné en France et vit à Gap sa ville et son club d’origine mais garde un pied à terre à Anglet.

 




Depuis plus de quarante ans Tristan Alric a été l’acteur et le témoin privilégié de l’évolution du hockey sur glace en France. D’abord comme joueur puis comme arbitre. Ensuite, en devenant le journaliste spécialiste du hockey sur glace dans le quotidien sportif L’Equipe pendant plus de vingt ans. Auteur de nombreux livres et d’une récente encyclopédie qui font référence, Tristan Alric a marqué également l’histoire du hockey français en étant le créateur de la Coupe Magnus et des divers trophées individuels. Avec un tel parcours, il est donc bien placé pour avoir une analyse pertinente sur notre sport favori. Le site Hockey Hebdo est donc heureux de lui permettre de s’exprimer régulièrement dans cette rubrique.
 

 
 
 
Lieu : Media Sports LoisirsChroniqueur : Tristan Alric
Posté par Christian Simon le 14/03/2024 à 11:00
 
© 2024 Hockeyhebdo.com - Reproduction totale ou partielle interdite sauf autorisation des auteurs.
 
Retour
 
Réactions sur l'article
 
sam ouraille a écritle 22/03/2024 à 12:35  
Sur des sables mouvants, le terme est bien trouvé après toutes ces péripéties au sein de l'hormadi. Nous pouvons comprendre la frustration des supporters et le rejet de l'ancien président. Cependant je m'interroge sur la présence de Jérôme Fernandez en manger de l'équipe, un joueur exceptionnel avec un palmarès époustouflant, mais que vient il faire dans cette galère ? Enfin il scandaleux d'apprendre que l'hormadi est en déficit Cependant nous devons croire sur paroles les déclarations de la nouvelle direction sans aucune certitude ! Oui Mr Alric vous avez raison de vous interroger sur la comptabilité du club après le suivi et le contrôle par la CNSCG, Je dirais même que tout ceci est honteux, dois-je rappeler que Lyon a été rétrogradé en D3 et sans vergogne par la fédération pour des faits similaires, bref loin très loin de l'exemplarité notre fédération.
 
Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

     

...Bitte wählen Sie Ihre Sprache... Choose your language in just one click... Choisissez votre langue, clic plus haut...