Ce dimanche soir à Riga et avec deux victoires au compteur de chaque côté, la Lettonie accueillait l’Equipe de France, dès 17h heure locale ! Match à l’enjeu on ne peut plus capital, puisque le vainqueur de cette opposition glanera tout simplement le droit de représenter son pays aux prochains Jeux Olympiques d’Hiver qui se disputeront à Pékin en 2022 ! Pour l’occasion, le troisième étage de l’Arena Riga, jusque-là fermé par les organisateurs avait été spécialement ré-ouvert afin d’accueillir une patinoire à pleine capacité et promettre un enfer aux Bleus, qui ce dimanche soir, allaient jouer en blanc, chandail classique de leurs rencontres à l’extérieur ! Malchanceux !
Dans une atmosphère et une ambiance incroyable, la partie débutait. Buysse avait eu les faveurs de Philippe Bozon devant le filet tricolore et faisait face à Ivars Punnenovs, toujours infranchissable dans ce tournoi à l’entame du match n°3 ! Comme à son habitude et portée par un public en feu, la Lettonie donne le ton. Réponse immédiate côté français, Texier est le premier à frapper à la porte sur un tour de cage après un peu moins de quatre minutes jouées. Roussel, se met ensuite en lumière, sur un retour accordé par le cerbère local, mais ce dernier s’en sort sans frais. Le puck navigue, et Buysse réalise l’arrêt qu’il faut pour éviter l’ouverture du score sur la situation suivante côté grenat. Les esprits s’échauffent sans débordement ! Les minutes passent à une vitesse folle dans ce début de rencontre disputé avec force et envie par les deux contingents. Thiry est au duel avec Dzerins dans le coin gauche de la zone défensive. Les deux joueurs se retiennent et c’est finalement le défenseur français qui récolte les premières minutes de prison. Les alertes en découlent immédiatement, et dès les premières secondes de 5 contre 4, la pression est énorme sur le but des joueurs du Team France, qui fait bloc autour de son ultime rempart. Le boxplay solidaire imposé résiste et Da Costa s’ouvre lui-même une fenêtre en contre, que détournait le portier letton en baissant rapidement les bottes. A l’autre bord, Buysse fait une excellente entame et détourne une nouvelle fois du bouclier le tir d’Abols. La France fait mieux que se défendre mais joue de malchance à la mi-tiers. Sur une pression locale en zone défensive française, un mauvais rebond derrière la cage prend à défaut l’arrière-garde blanche. Le disque touche l’arrière du but et Rihards Bukarts, qui avait suivi, devançait Manavian et touchait la partie supérieure, 1-0 à 10’56.
Alexandre Juillet
Bukarts profite d'un coup de billard dans le premier acte !
Les Bleus, pas gâtés sur la séquence, n’abdiquent pas malgré ce coup du sort et cette partie de billard fatale au portier amiénois. La France résiste d’abord à deux minutes de pression lettone, puis se projette en 2 contre 1. Charles Bertrand choisit de prendre sa chance, mais le gardien s’impose et évite l’égalisation. L’ascenseur repart de l’autre côté de la glace. Ritz se rend coupable d’un retour irrégulier et part s’assoir au banc d’infamie pour deux minutes, alors qu’il reste le double de temps à jouer dans ce premier vingt. Malgré une bonne possibilité pour Cibulskis en fin d’infériorité numérique, nos français jouent le coup de belle manière et évitent le break en penalty-killing. Les transitions offensives bleues à 5 contre 5 sont intéressantes et les mouvements gênent la défense lettone. Ne manque que la conclusion. Le score est à l’avantage des hommes de Vitolins. 1-0 après une période animée et équilibrée, malgré deux jeux de puissance locaux. La France reprendra avec 1’30 à faire à 5 contre 4, Sotnieks ayant été pénalisé en toute fin de tiers. Grosse pression française, Buysse impérial !
Malgré des premières secondes perdues au cœur de leur avantage numérique, les Bleus vont imposer un jeu de possession et de passes rapides à leur première entrée en territoire offensif. Roussel, puis Da Costa par deux fois, au terme de superbes mouvements pousseront la défense de Punnenovs dans leurs retranchements. Dans un excellent mouvement initié par Da Costa, Bertrand se trouve en face à face avec le portier des SCL Tigers, mais son revers manque le cadre.
Alexandre Juillet
Da Costa et les Bleus poussent fort en deuxième !
Les Bleus ne sont pas récompensés ! La pression française est forte, et une nouvelle vague s’en vient. Perret tente de servir Treille, qui manquait de couper au deuxième poteau. Le contre s’initie dans l’autre surface, Daugavins prend de vitesse les arrières visiteurs, mais son lancer frappe le patin d’Henri-Corentin Buysse sur un arrêt hors-norme, avant que ne soit institué un jeu d’infériorité français sur lequel le cerbère se mettra à nouveau en évidence. Les lettons soufflent et prennent leur temps pour installer leur jeu, ne trouvant que de rares ouvertures sur cette unité spéciale. Cette rencontre est de loin la plus intense de ce TQO et c’est au tour des français d’obtenir deux cartouches successives à 5 contre 4 dans une rencontre à couteaux tirés, et après un retour notoire en zone défensive du capitaine Fleury. La France pousse à l’image de son excellente attitude dans ce deuxième tiers, mais Punnenovs et les siens restent hermétiques malgré de très grosses occasions à l’image d’un lancer fond de zone de Rech qui passait proche, ou d’un cafouillage dans l’enclave, dégagée en catastrophe par la tribu de Vitolins. Si les hommes de Bozon défendent crânement leur chance, Buysse contribue par de multiples interventions de très grande classe à la tenue du plus petit écart au tableau d’affichage. Le portier français frustre Freibergs et conserve l’espoir en fin de deuxième. Fin d’un second acte très engagé. L’Equipe de France est toujours derrière, mais conserve l’espoir d’un retour après une très bonne deuxième période dans le jeu. Il ne reste plus que 20 minutes pour inverser la tendance d’un affrontement toujours très disputé au rayon des lancers et des occasions franches de buts. Cruel dénouement pour nos Bleus !
En début de troisième période, la Lettonie impose le meilleur rythme. Les français gardent espoir jusqu’à une pénalité contre Romain Bault, chassé. L’action qui suivra sera celle du break pour Indrasis et les siens. Entré avec de la vitesse à la bleue, l’attaquant tout fraichement mis sous contrat par le Vityaz Podolsk se détache et lance du revers. Son tir prend Buysse à défaut au-dessus de la botte, 2-0 à 45’50 [5-4].
Après ce deuxième but, la France joue son va-tout et prend tous les risques, avec l’espoir de revenir rapidement à la marque dans une ambiance des grands soirs à l’Arena Riga, où la Ola démarrait à un peu plus de 10 minutes de cette fin d’ultime vingt. Les Bleus n’ont pas abdiqué malgré le score et la grosse pression imposée par la foule et Da Costa, après un palet gratté en territoire offensif, s’en allait, dans un numéro de soliste faire sauter le cadenas Punnenovs, 2-1 à 51’15.
Le momentum se ré-inverse et les français mordent à nouveau pleinement dans chacune de leurs offensives. Les lancers affluent et Chakiachvili, qui sera plus tard désigné Meilleur Défenseur de ce tournoi, profite d’une position en retrait pour obtenir une chance. Le MVP du TQO, Ivars Punnenovs s’en saisit sans trembler. Alors que le chronomètre affiche 2’04 à faire dans un match toujours indécis et diablement disputé ! Blugers est chassé au banc des insoumis ! Philippe Bozon en profite pour poser son temps-mort et organiser le jeu, qui se disputera à 6 contre 4 pour les dernières minutes. Dans une énorme bronca, les Bleus obtiennent la possession. Le jeu s’installe à la recherche de la brèche. Le chronomètre s’égrène, les lettons sont solidaires et le temps est arrêté à 10 secondes du terme. Punnenovs offre un énorme regain d’oxygène à une formation lettone qui s’imposera sur le fil et dans une rencontre haletante face à l’Equipe de France, au terme d’un scénario incertain de bout en bout. Victoire et qualification de la Lettonie pour les Jeux Olympiques de Pékin 2022 !
Cruel dénouement pour notre Equipe de France qui a joué cette rencontre avec cœur et abnégation. Vaillants et dans le match avec leurs opposants du soir, nos Bleus ont offert une prestation de très haute volée, qui se sera joué sur d’infimes détails. Le seul infime regret, s’il en fallait un, sera de ne pas avoir capitalisé dans les temps forts et notamment en deuxième période. Pourtant, rien ni personne ne pourra enlever à nos Bleus leur formidable force de caractère et leur dévouement corps et âme dans cette opposition. Si la frustration est évidemment immense pour les joueurs et le board français, il sera désormais et à l’heure du bilan, important, de voir cette performance globale avec fierté ! Merci à la formation bleue pour les belles émotions...