Une erreur défensive de chaque côté de la glace donne l’occasion de porter le danger devant le but dès l’entame de la partie mais Grenoblois comme Gapençais ne profitent pas de l’opportunité. Michael Garman, le portier des Rapaces, est très tôt mis à contribution, notamment sur un tir puissant de Gervais (05’23).
Photographe Laurent Lardière
La triplette gapencaise fait tomber les BDL
Les BDL jouent pour deux minutes en supériorité numérique mais les tentatives d’installation du jeu de puissance en zone adverse sont sans cesse repoussées par Gap. Les Grenoblois prennent alors leur chance de loin mais Garman bloque facilement. Ce même Garman sort une belle mitaine, quelques instants plus tard, après un tir grenoblois qui prenait la direction de la lucarne (07’42).
Gap pointe enfin le bout de son nez quand un tir de Colin Moore est dévié au milieu du trafic, devant la cage de Raibon, et manque de finir au fond de la cage (08’55). Les BDL scorent enfin par l’intermédiaire de Félix Petit qui tente une incursion dans le camp gapençais plein axe, il adresse un tir puissant, Garman semble l’avoir capté mais le palet finit sa course doucement au fond des filets (09’39, 1-0, Petit ass. Charland & Sivic).
Les hommes de Dufour tentent ensuite d’enfoncer le clou mais sans succès. Despotovic répond timidement en ne pouvant que tirer sur le gardien depuis le milieu de la zone grenobloise. Il faut attendre un débordement de Colin Moore, le long de la bande, qui passe plusieurs Grenoblois avant de se retrouver en deux contre un pour voir Gap égaliser lorsque Moore donne à Circelli qui transforme (13’23, 1-1, Circelli ass. Moore & Mantyla).
Les deux équipes se tiennent jusqu’à la fin de la première période. Petit écope de dix minutes de méconduite sur le gong.
Tirs : 15/10 pour Grenoble Engagements : 10/9 pour Gap
Les Grenoblois reviennent sur le glaçon avec l’intention de reprendre les commandes du match. Garman doit s’employer à plusieurs reprises et doit même effectuer un double arrêt de classe (22’58).
Les Rapaces de Gap procèdent en contre, Valchar et Perez se retrouvent à deux contre un, le premier donne au second qui se retourne très vite et tir ras du poteau. Raibon n’y est pas et Gap prend l’avantage au score (25’47, 2-1, Perez ass. Valchar & Arrossamena).
Photographe : Laurent Lardière
Arrossamena inscrit son coup du chapeau
Quelques minutes plus tard, le jeune Jordann Perret, très actif ce soir, manque un face à face avec le gardien de Gap puis Sivic se voit voler un but par Garman qui intercepte le palet de la mitaine (29’26). Ce sont même les visiteurs qui scorent de nouveau. Michaël Perez, dans le coin, à l’entrée de la zone grenobloise, dose sa passe millimétrée pour Arrossamena qui déboule plein axe et qui tire juste au-dessus de la jambière de Raibon (31’01, 1-3, Arrossamena ass. Perez).
C’est un gros coup de massue que reçoivent alors les Grenoblois à ce moment de la partie tant Grenoble essaye sans succès et que tout semble réussir à Gap. Illustration quelques instants après lorsque l’offensive grenobloise combine par un beau jeu en triangle mais Garman est encore sur la trajectoire du palet (32’37).
Alors que l’on se dit qu’un retard deux de buts en début de troisième période serait très difficile à remonter pour Grenoble, Mathieu Le Blond prend les choses en mains. Le Blond déborde le long de la balustrade et libère la rondelle avant de faire le tour de la cage de Garman en tirant sur le gardien. Garman a (trop tôt) anticipé, le tour de cage et ne bouche plus l’angle au premier poteau, le palet lui rebondit dessus et termine au fond de la cage (39’32, 2-3, Le Blond ass. Crossman). Grenoble marque juste avant la pause et tout reste donc possible dans le dernier acte.
Tirs : 14/8 pour Grenoble Engagements : 14/6 pour Grenoble
Les BDL entament bien la dernière période en monopolisant la possession du palet. Malheureusement pour eux, ils exploitent mal la rondelle et c’est Gap qui creuse l’écart. Tout le monde voit Gap marquer sauf monsieur l’arbitre qui refuse le but pour un hors-jeu très discutable (44’24).
photographe Laurent Lardière
Petit et Charland butent sur le portier gapencais
Cela a le mérite de faire réagir les locaux qui forcent Garman a un double arrêt dans la foulée mais ce sont bien les Gapençais qui aggravent le score. Gap s’y prend à trois fois, Valchar puis Perez voient leurs tirs repoussés par Raibon mais le portier grenoblois doit s’incliner sur celui de son ancien coéquipier Nicolas Arrossamena (47’44, 2-4, Arrossamena ass. Perez & Valchar).
Grenoble sent la qualification s’échapper, les BDL font alors le forcing pendant toute la fin du match. On assiste à un jeu d’attaque-défense. Les esprits s’échauffent. Dufour fait sortir son gardien pour essayer de recoller au score avec un joueur de plus sur la glace. Le coup de poker fonctionne. Depuis la ligne bleue, Lessard tire puissamment, le palet passe entre les jambes de Garman et Grenoble y croit plus que jamais (58’31, 3-4, Lessard ass. Charland & Sivic).
La cage grenobloise est toujours vide mais, cette fois-ci, c’est Gap qui en profite par l’intermédiaire de Nicolas Arrossamena qui inscrit un but et réalise alors un triplé (59’06, 3-5, Arrossamena ass. Perez & Hirvonen).
Les deux équipes sont privées d’un joueur conduit en prison, la cage grenobloise est toujours vide et Gap inscrit un sixième et dernier but (59’53, 3-6, Hirvonen ass. Syvasalmi).
Gap crée bel et bien la surprise en éliminant Grenoble dès le premier tour, à Pôle Sud, de la Coupe de France.
Tirs : 21/8 pour Grenoble Engagements : 19/11 pour Grenoble
Les Rapaces de Gap remportent une bien belle victoire, ce soir, qui leur permet d’accéder au prochain tour de la Coupe de France. Elle est amplement méritée tant ils ont été animés d’une envie supérieure à celle de leur adversaire et tant ils ont été efficaces et solides en défense. Cette équipe dispose de deux lignes d’attaque redoutables où Valchar fait figure de leader tandis que l’inoxydable Michael Perez est toujours aussi adroit et qu’Arrosamena fait son trou dans cette équipe depuis son arrivée. La défense est solide avec des joueurs tels que Tekel ou Mantyla qui sont des valeurs sûres. Le gardien, arrivé depuis peu, est, quant à lui, l’objet de questionnement. Même s’il a participé à la victoire ce soir, celui-ci est fautif au moins sur un, voire deux buts. Ce gardien semble capable du pire comme du meilleur. On est tenté de penser que cela est dû à une concentration vacillante qui le pousse à réaliser des arrêts de grande classe comme à encaisser des buts qu’un autre gardien n’aurait (peut-être) pas encaissés. Toujours est-il que la somme des deux donne un gardien au niveau, sans plus. Surtout cette équipe, dernière de Ligue Magnus, mérite la joie que lui procure la qualification tant elle a traversé des moments difficiles en ce début de saison. Tout le monde a en tête les graves accidents qui ont touché plusieurs membres de l’équipe, ceux-ci sont très présents dans les têtes gapençaises et on imagine à quel point la victoire face à Grenoble est une bouffée d’oxygène dans ce climat si lourd.
Les Grenoblois, premiers de Ligue Magnus et toujours invaincus, sont tombés face à Gap. Lorsque l’on n’a pas encore goûté à la défaite cette saison, en Ligue Magnus, une défaite, ce n’est pas si grave que cela, me direz-vous. Le problème est que ce revers est subi en Coupe de France, ce qui ne laisse pas la possibilité de se rattraper. Si on rajoute à cela le fait que Gap est dernier du championnat, on se pose quelques questions. Comment une armada grenobloise avec tant d’ambitions, de talents, de profondeur de banc, de détermination à jouer sur tous les tableaux et bien décidée à remporter des titres cette année a pu échouer dès le premier tour ? On l’a dit plus haut, Gap a joué comme il le fallait pour faire tomber les BDL mais l’explication ne peut pas être uniquement la qualité de l’opposition. On est tenté de croire que Grenoble a péché par suffisance. Jean-François Dufour écartait catégoriquement, en salle de presse après le match, cette analyse. Toujours est-il que l’impression qui ressort de ce match est que Gap en voulait davantage que Grenoble. L’offensive grenobloise, sans génie et inspiration, n’est pas parvenue à trouver davantage la faille dans la défense gapençaise alors que le gardien adverse, on l’a dit, laissait entrevoir quelques difficultés. La défense des BDL a subi des percées qui ne devraient pas être permises (débordement sur le 1er but de Gap) ou ont quelquefois abandonné leur gardien en laissant Raibon se faire canarder plusieurs fois d’affilée (4ème but encaissé). Ce même Raibon n’est pas exempt de tous reproches mais son statut de numéro un n’était déjà plus acquis, notamment, depuis la performance de Bonvalot contre Strasbourg la semaine dernière.
Aujourd’hui, Grenoble n’a plus que deux compétitions à jouer sur trois et, manifestement, ce n’est pas ce que les BDL avaient prévu.