En préambule de cette rencontre, le club local de roller hockey, les Apaches de Tours, est présenté aux supporters des Remparts tandis que les mascottes des deux clubs tourangeaux sont présentées au public.
Après cette petite présentation bien sympathique, les tenants du titre entrent les premiers sur le glaçon, encouragés comme il se doit par les quelques supporters angevins qui ont fait le court déplacement tandis que les Remparts pénètrent à leur tour sous une ovation défiant l'entendement. On notera au passage que le trio arbitral est composé de MM. Kahli et Bliek, mais aussi et surtout de M. Dehaen qui officie régulièrement aux championnats du monde Séniors Elite. Excusez du peu !
Comme on s'y attendait (forcément), Angers prend le jeu à son compte en exerçant non seulement une constante pression, doux euphémisme, mais aussi une série d'actions aussi redoutables les unes que les autres, comme celles de Crowder ou encore Lefebvre pour ne citer qu'eux. Ca joue vite ; tellement vite qu'il ne faut pas trois minutes à Mrena pour tromper la vigilance de Kubis qui n'a pas vraiment eu le temps de se mettre en jambes. 0-1.
Mais les Ducs n'en restent pas là. Alors qu'ils se promènent dans la zone offensive adverse sur leur première supériorité numérique, l'ancien joueur des Flyers (SIC), Lefebvre conclut un jeu tout en passes et permet aux siens de mener 0-2.
La cité tourangelle est assiégée et le chef de clan Paillet ne trouve aucune solution pour repousser l'adversaire qui ne cesse de se lancer à l'assaut de Kubis. Rien n'y fait, Angers maintient la pression et Henderson, d'un tir venu d'outre-tombe, perfore littéralement le malheureux gardien tchèque. 0-3
Jérôme Pourtanel, qui n'en peut plus de voir les siens agoniser, demande un temps mort. Mais, selon la formule consacrée, les Ducs ne sont surtout pas venus faire de la figuration et Crowder poursuit l'oeuvre entreprise par les siens en enfilant le 4ème but de la soirée alors que l'on joue depuis un peu plus de sept minutes maintenant. 0-4.
Comment endiguer ce tsunami bleu et blanc ? Eh oui, il est bel et bien révolu le temps où Tours s'assurait d'un succès dès lors que les Ducs se présentaient à l'Elysée. Une autre époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître... Pour l'heure, on assiste au premier brassage devant le but d'Aubin alors que les locaux venaient d'obtenir une sérieuse occasion.
Mais les Magnusiens comprennent tout de même qu'en face, entre les poteaux il y a un sacré numéro malgré les quatre buts encaissés. Kubis propose d'ailleurs une mitaine aussi propre que son équipement, sur un tir de Busto.
Profitant d'une légère accalmie, Vepsalainen offre au public tourangeau un tir violent qu'Aubin détourne difficilement. Un dernier breakaway de Henderson enverra Delorme en prison pour "retenir".
Alors comment se relever d'un premier vingt à sens unique ? Pourtanel et ses gaillards ont, semble-t-il, trouvé la solution puisqu'il ne faut pas plus de 23 secondes pour que le Finlandais Vepsalainen trouve enfin la faille. La muraille Aubin est finalement perforée grâce à cette reprise instantanée, alors que l'on apprend au même moment que Domin est parti à l'hôpital pour des examens complémentaires, en l'occurrence une radio, suite à un choc durant le premier tiers avec Thilllet. 1-4
Ce but a tout de même le mérite de réveiller tout un peuple, mais malheureusement Paillet obtient une bien mauvaise pénalité relançant de suite la machine Bleue et Blanche. Dommage ! Bisaillon, sûrement le meilleur défenseur de la ligue Magnus, met le but de la soirée. Un tir que personne n'ose effleurer tant il est fulgurant. Seuls de solides filets, ceux de Kubis, stoppent net ce maudit bout de caoutchouc. Le président Juret, toujours aussi actif sur le banc, peut se délecter à outrance d'un tel spectacle et il a bien raison. 1-5
Paradoxalement, et c'est à souligner, la partie s'équilibre à ce moment précis surtout lorsque Bourguignon met en position délicate l'ex-gardien des Penguins de Pittsburgh, Aubin. Tours enchaîne malheureusement les pénalités qui donnent, à chaque fois, un travail considérable aux équipes spéciales locales. La mi-match est non seulement marquée par le doublé de Crowder mais aussi par la sortie d'Aubin qui laisse Neau participer à la fête. 1-6
Cela n'empêche nullement les Remparts de jouer, qui plus est sans complexes maintenant, et cela permet d'assister à un tiers médian plutôt intéressant et surtout bien plus équilibré. Cela vaut aussi pour Neau qui se met ainsi rapidement dans le rythme. Le trio arbitral a fort à faire lorsqu'il faut séparer deux joueurs rebelles qui veulent en venir aux mains, mais le dernier mot est pour les zèbres qui font parler le métier et leur sang froid.
En attendant, ne croyez pas que Kubis est au chômage, loin s'en faut. Il propose d'ailleurs tout un arrêt lorsque Gaborit, en reprise, croit trouver un nouveau filet. Les Nord-Américains diraient tout simplement "great save by Kubis". Pas mieux ! D'ailleurs l'ex-portier rémois ne semble pas du tout affecté par les six buts encaissés, bien au contraire, on a l'impression que sa motivation est décuplée et il doit plonger, tel un Pascal Olmeta en son temps, pour éviter une nouvelle catastrophe. Le public en redemande. C'est spectaculaire et efficace.
Bref, le jeu poursuit son cours et on assiste à un fait incroyable à moins de deux minutes de la fin de ce tiers : un Angevin va en prison ! La première de la soirée pour les visiteurs, mais les Tourangeaux manquent de précision malgré une envie réelle de rentrer au vestiaire avec un deuxième but.
Malgré l'ampleur du score, les Remparts reviennent sur le glaçon avec la même envie. On note que Kubis est toujours entre les poteux. Poteau que l'on entendra distinctement sur la première occasion angevine de ce tiers. Mais, sur l'action suivante, et à cinq contre trois, Campbell marque le 7ème but de son équipe. 1-7
Deux minutes plus tard, c'est au tour du coach tourangeau de changer son gardien. Picot entre en lieu et place d'un Kubis qui a énormément donné durant la rencontre pour tenter de colmater les brèches. Pendant ce temps, on assiste à une scène atypique où, par bancs interposés, Jérôme Pourtanel bavarde avec Michael Juret. On sait les deux hommes amis.
Angers retrouve toute sa vivacité et sa rapidité d'exécution dès lors que les équipes jouent au complet. C'est vrai que le tenant du trophée n'est pas facile à déjouer et impressionne par la qualité de son jeu. Il a tenu son rang avec prestance ce soir.
Picot, qui avait fait quelques arrêts délicats auparavant, doit s'incliner devant la fantastique reprise de Latreuille, aussi précise que puissante. Le portier tourangeau nous gratifiera tout de même d'un bel écart facial mais demeurera impuissant devant cette rondelle qui signe la victoire finale des Ducs d'Angers 8-1.
Une victoire logique et sans contestation possible. Une division d'écart sépare les deux équipes sur le papier, mais bien plus sur le glaçon. Angers a honoré son statut, non seulement en dominant Tours mais surtout en y mettant la manière. Paiement avait bien préparé son affaire en ne prenant pas Tours de haut. Ainsi on a vu une équipe appliquée, précise et rapide qui a su faire la différence durant le premier vingt.
Quant à Tours, le score est lourd, mais qu'espérer de mieux. On savait la qualification difficile voire même impossible. L'objectif est ailleurs, contrairement à son adversaire du soir. Il faut déjà se concentrer sur la venue de Toulouse-Blagnac dans 3 jours et ça, Jérôme Pourtanel qui le sait attend de pied ferme son frère qui va désormais connaître les lieux comme sa poche.
Interviews réalisées en collaboration avec M. Sylvain Taillandier de La Nouvelle République.
Jean-Sébastien Aubin : Gardien de but des Ducs Angers (plus de 200 matchs en NHL) La logique est respectée. J'ai eu très peu de lancers et c'est toujours un peu compliqué mais cette différence de niveau fait partie de la coupe de France. On ne pouvait pas se permettre de perdre ce soir. On a vu beaucoup de monde pour ce match et c'est très bon pour le spectacle.
Sinon, en championnat, j'aime bien le niveau de la ligue Magnus, c'est différent de ce que j'ai vu ailleurs en Europe, ça patine bien et fort, d'ailleurs je me sens très bien à Angers, c'est le fun.
Jérôme Pourtanel : Entraîneur des Remparts de Tours On savait que toute erreur serait payée cash. Les quatre premières erreurs, c'est 4-0 et je me sens un peu responsable du début du match. J'aurais dû insister plus sur la présentation de l'équipe adverse dans la tête de mes joueurs. On a vraiment mal débuté et j'ai dû modifier mon système dès le premier but. Oui, on n'était pas prêts en début de match.
A 4-0 c'est vraiment compliqué pour la suite. Bon, j'avoue l'avoir un peu mauvaise sur les 5ème et 6ème buts car le "Head" ne nous a pas vraiment favorisés. Surtout que, sur le 6ème but, il y a dégagement interdit !
Je suis vraiment satisfait de la réaction de l'équipe sur notre premier but. Je leur ai dit dans le vestiaire que ce but était déterminant pour la continuité du match, surtout avec notre public derrière. On a peut-être mis le doute dans l'esprit des Angevins à ce moment-là, qui sait !
Cela dit, même si le score est là, les joueurs se sont fait plaisir, car jouer contre des gars comme Aubin ou Lefebvre ce n'est pas rien tout de même. Maintenant, on doit préparer Toulouse-Blagnac car ce match était un bonus. Il faut se concentrer sur le championnat. Note de l'auteur. En raison d'un petit incident mécanique de l'appareil photos, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer une galerie exhaustive de la rencontre. Seules quelques images ont pu être "sauvées". Miracle de la technologie moderne !!!