Rouen récupère la première mise au jeu et part à l'offensive, le palet est mis en fond de glace, rapidement récupéré par Mallette. Les Dragons tentent de s'installer dans la zone dijonnaise mais sans succès. Dijon profite de sa vitesse pour contrer, mais Rouen s'en sort sans trop de difficulté et ramène la rondelle devant les filets des Ducs. La défense dijonnaise est mise à contribution ; pressée sur cette grande glace, elle peine un peu à se mettre en place. Les Ducs n'arrivent pas à sortir de leur zone, la pression monte encore d'un cran. Thinel lance, Sopko repousse, Mallette a vu le rebond et bondit dessus mais il rate son tir, gros coup de frayeur sur le casque des Dijonnais. Rouen continue de contrôler le jeu mais ne parvient pas à profiter de cette domination et s'empêtre dans un jeu bien trop individualiste pour déjouer la défense adverse et Ramon Sopko bien inspiré.
Dijon réussit à s'en sortir mais perd très vite le palet, il lance des contres mais n'arrive pas à les mener jusqu'au bout et aucun n'aboutit. Rouen revient dans la zone dijonnaise et tente d'ouvrir le score mais son jeu n'est pas bien en place et les joueurs ne sont pas exempts d'erreurs, Teemu Elomo rate la cage grande ouverte et peut se mordre les doigts. La charge rouennaise, bien que désordonnée, déséquilibre une faiblarde équipe dijonnaise qui balbutie son hockey. Celle-ci tente de sortir mais se fait surprendre en contre par Marc-André Thinel, ce dernier, complètement seul, échoue sur Sopko.
Photo : Yannick Martin
Nouveau coup de semonce pour Dijon qui réussit enfin à sortir de sa zone et à partir vers l'avant, Decock lance mais Ylönen a suivi. Les Bourguignons sont contraints de ressortir dans la foulée, ce long va-et-vient stérile devient assez vite pénible.
Rouen reprend l'initiative mais, une nouvelle fois, montre sa criante impuissance devant la cage ducale, Rech trouve la mitaine de Sopko, Desrosiers ses bottes. Erwan Pain récupère la rondelle et s'enfuit vers la cage normande. Il est très violemment séché contre la bande et s'écroule sur la glace, sans parvenir à se relever. Il sort sous les applaudissements de la foule, mais ne reviendra plus sur la glace de la rencontre. Dijon, la rage au ventre, se rue en avant mais les Ducs confondent vitesse et précipitation et ne proposent pas grand-chose de concret. Une stupide perte de palet à la bleue entraîne une nouvelle frayeur côté visiteurs. Thinel, seul en break, échoue de nouveau contre Sopko, adulé par les supporters en bleu et jaune. Rouen reste dans la zone et se montre dangereux mais la défense bourguignonne, bien replacée, tient le choc. Une pénalité rouennaise refait changer la rencontre de côté mais Dijon, toujours léthargique, n'en profite pas. Une nouvelle pénalité est sifflée contre Rouen, Dijon reste dans la zone normande, toujours sans être percutant, le match devient pesant. Ritz, tout en vitesse, trouve Ylönen sur sa course, les Ducs semblent enfin se réveiller et sont plus efficaces sur la fin du powerplay qui ne donne tout de même rien.
Rouen repart à l'offensive, la déviation de Salmivirta ne donne rien, pas plus que le missile de Manavian. Dijon peine en cette fin de tiers, mais Rouen ne profite pas des largesses adverses et sabote son offensive, chaque joueur cherchant à lancer par lui-même sans passer à son coéquipier. La partie mollit encore un peu et on se demande quelle division on est en train de voir dans ce grand après-midi de hockey.
Quessandier sauve Dijon sur la ligne en dégageant un palet qui glisse doucement entre les jambières de Sopko. Une bagarre éclate dans ce consternant spectacle de va-et-vient et de poussage de palet sur la mauvaise glace du POPB. A 4 contre 4, le match s'ouvre mais Mrena, pris par la patrouille, rejoint les geôles à son tour. Les espaces se creusent dans la défense bourguignonne, Guenette, au premier poteau, dévie dans l'angle opposé pour Thinel qui fait trembler les filets. (1-0 à 16:47).
Électrochoc pour les Dijonnais qui sortent de leur torpeur. Ils se ruent en avant, poussés par leurs fans qui ne mollissent pas. Börjesson slape comme une brute mais sans succès, la fin du tiers est (un peu) plus attrayante et Dijon force de tous côtés sans parvenir à déjouer Sebastian Ylönen. La sirène met fin à une première période très en-deçà du niveau des deux équipes et qui aura été bien longue et morne pour les spectateurs.
Tirs cadrés : 13 / 11 pour Dijon
Mesure pour mesure :
Rouen revient fort sur le glaçon et Thinel est le premier à chatouiller Ramon Sopko. Pare est pris par la patrouille et donne à Dijon l'occasion de s'installer. Les Ducs posent leur jeu et font tourner le palet dans leurs palettes, les tirs s'enchaînent, Rouen plie, Gascon temporise sur le côté et remet sur Decock dans le slot, ce dernier, pressé par les défenseurs, trouve les ressources pour lancer et le palet passe entre les bottes d'Ylönen médusé (1-1 à 21:30).
Les Dragons, touchés par la lance des Ducs, peinent à se remettre dans le bain, Mallette part en break mais échoue sur Sopko. Cette nouvelle occasion vilipendée redonne de la hargne aux Normands, ceux-ci se remettent à jouer avec rapidité mais toujours avec trop d'individualités. Rouen pousse, Dijon plie, Sopko tient. Cette configuration va se retrouver souvent dans cette finale.
La jeunesse dorée dijonnaise repart de l'avant, Anthony Guttig enflamme la glace, il déjoue tout le monde, mais pas Ylönen qui repousse son tir. Dijon accélère le rythme et son jeu de passe millimétrée emporte la défense rouennaise très vite débordée et hors course. La pression monte sur le but des locaux, le slap de Dugas frôle le poteau au grand soulagement du kop rouennais. Rouen tente de revenir dans le coup mais sans succès, les Ducs, sans peur, galopent à toute allure vers le Dragon pour le pourfendre. Ritz trouve la mitaine du portier adverse. Decock, dans le slot, placé comme lors du premier but, ne peut rééditer son exploit. Ylönen virevolte et repousse en trois temps un lancer de l'excellent Guttig. La contre-offensive des Dragons est sans danger, et Dijon repart au charbon. Ylönen, masqué, ne peut rien sur le tir de Da Costa qui troue sa lucarne. (1-2 à 28:08).
Photo : Emily Simon
Dijon continue d'attaquer mais sans parvenir à corser l'addition, Rouen contre et parvient à rester dans la zone dijonnaise, mais sans même lancer une fois au but. Les Ducs, insatiables, repartent de l'avant, ils jouent vite et bien face à une défense adverse bien fébrile. La révolte rouennaise est étouffée par Sopko qui s'illustre de nouveau. L'offensive dijonnaise est sabordée par le corps arbitral qui siffle une double pénalité. A trois, les courageux Ducs tiennent bon malgré l'orage qui déferle sur eux. Sopko repousse de nombreuses sollicitations, bien aidé par son ultime trio, la pression monte encore. Les secondes, aussi longues que des siècles, s'égrainent une à une mais Rouen a de la ressource, Thinel lance, Sopko repousse mais le rebond traîne devant sa cage, Guenette se saisit du palet et le précipite dans le haut du but bien loin du portier slovaque. (2-2 à 33:59).
Les Rouennais, qui ont une autre supériorité, en profitent au maximum et continuent de mitrailler. Sopko, en nage, continue son travail devant ses filets, notamment sur le slap de Mulle. Les Jaunes et Noirs se placent devant la cage, le portier ducal, masqué, ne voit pas le tir de Rech qui troue son filet sous les hurlements de joie du POPB majoritairement rouennais hier. (3-2 à 34:19).
Dijon repart bravement à l'attaque mais celle-ci est brisée par une nouvelle pénalité plutôt discutable. Rouen, malgré ses efforts, peine à s'installer et est pénalisé à son tour. Ces nombreuses pénalités hachent la rencontre et ne permettent pas de donner un rythme fluide aux deux équipes. Le powerplay des Bourguignons va bien fonctionner, Yannick Riendeau se faufile et, d'un lancer parfaitement ajusté, égalise de nouveau. (3-3 à 38'19).
Rouen, frustré, gâche son talent en se montrant très brutal. Les Dragons sont logiquement sanctionnés, Dijon pousse pour reprendre les devants, les tirs s'enchaînent, sans résultat. Börjesson, seul au second poteau, rate l'angle grand ouvert sur le buzzer.
Tirs cadrés : 14 / 10 pour Rouen
La Tempête :
Dijon, qui revient sur la glace en double supériorité, met les bouchées doubles en ce début de dernier tiers pour passer devant au score. Gascon remet derrière pour Yannick Riendeau à la bleue qui fusille Ylönen qui n'a pas très bien compris d'où venait le tir. (3-4 à 40:18).
Rouen contre immédiatement et repousse les Dijonnais dans leur zone. Ceux-ci, qui sont pourtant toujours en supériorité, subissent le joug des volontaires rouennais. François-Pierre Guennette lance son tir, heurte Sopko et fait un curieux rebond, le puck monte et lobe le portier ducal et il retombe juste derrière la ligne, posé tranquillement sur le glaçon. (4-4 à 40:40).
Le coup pour coup continue entre les deux finalistes qui sont en train de régaler tout le monde dans ce début de dernier vingt. Dijon, sonné par ce but étrange, réussit à faire abstraction et se relance en avant. Les Ducs s'installent et font monter doucement la pression. Une nouvelle fois, la défense locale est dépassée et mal placée. Les passes s'échangent vite et le trio infernal dijonnais va frapper une nouvelle fois. Gascon temporise et dévie pour Riendeau qui remet à l'aveugle sur Guttig, il enroule son tir et lance le puck juste au-dessus de l'épaule d'Ylönen. (5-4 à 42:00).
Rouen, pas démoralisé pour autant, accélère et revient aisément dans la rencontre mais, une nouvelle fois, va faire preuve d'inefficacité devant le but adverse. Guenette, en solitaire (alors que Thinel est démarqué), bute contre Sopko qui se recroqueville sous les tirs. Thinel, décidément intenable hier, s'offre un nouveau contre mais Sopko capte la rondelle en plein vol avec sa mitaine, sous les applaudissements de ses fans. Rouen continue de pousser pour revenir au score, les Dijonnais font de leur mieux mais souffrent contre la puissance de feu des Dragons. Les esprits commencent à s'échauffer mais les arbitres séparent vite les mécontents.
Dijon parvient à contrer, Kevorkian et Da Costa s'échappent vers la cage rouennaise, mais Ylönen repousse par miracle leur tentative. Ce n'est pas encore fini pour Dijon, Kevorkian récupère la rondelle qui traîne et remet sur Riendeau qui arrive à grande allure, ce dernier n'en demande pas plus et complète le hat-trick alors que le virage dijonnais exulte. (6-4 à 46:26).
Photo : Emily Simon
Le banc des visiteurs commence à s'échauffer et des parfums de coupe de France se mêlent à des odeurs de moutarde côté dijonnais. Mais Tolvanen, lui, reste stoïque, il sait que rien n'est joué et l'avenir lui donnera entièrement raison.
Rouen, dos au mur, trouve encore les ressources pour retourner au combat. Rech met le feu à la défense bourguignonne mais Ramon Sopko s'envole littéralement et capte le puck par miracle. Berthon bute à son tour sur le gardien dijonnais, la frustration monte côté rouennais.
Nicolas Ritz, à toute allure et à lui tout seul, dynamite la défense normande mais n'arrive pas à déjouer le gardien adverse. Rouen semble ailleurs tout à coup et laisse filer le match à son adversaire qui n'en profite pas.
Carl Mallette, en contre, n'arrive pas à marquer. Rouen tente des actions solitaires qui butent invariablement sur Sopko qui est en train de tuer le match à lui seul. Le cerbère slovaque est trahi par ses propres hommes et une pénalité est sifflée contre Dijon. Garnier demande son temps mort et donne des conseils à ses troupes, il sait que c'est le moment ou jamais. Les Dragons attaquent en force, Desrosiers lance à plusieurs reprises et récupère ses propres rebonds, finalement il parvient à déjouer Sopko. (6-5 à 50:13)
De la tribune de presse, il nous semble voir que c'est avec son gant qu'il précipite le palet dans le filet, et cela pourrait se confirmer avec la surprise et les protestations de Sopko. Avec confirmation vidéo et auditive (le bruit du bois qui touche le caoutchouc), il n'en est rien. Les Dragons continuent leur pilonnage en règle mais le fort dijonnais, malmené, tient bon. Une nouvelle supériorité donne une chance supplémentaire à Rouen. Mallette, pourtant seul devant l'angle ouvert, touche le poteau de la cage dijonnaise. Rouen accélère mais sans succès, la pénalité est tuée. Dijon se détend, un peu trop sans doute, car les locaux conservent le palet et poussent de plus en plus fort. Thinel, dans un angle très fermé, parvient à trouver un petit trou de souris au-dessus du casque de Sopko et arrache l'égalisation, comme dans un rêve, pour les Rouennais. (6-6 à 54:04).
Dijon, atterré, repart en avant mais pas pour longtemps, Rouen contre avec efficacité mais les Ducs n'ont toujours pas désarmé et se réinstallent. Les Ducs font le siège de la cage adverse mais Ylönen fait bonne garde. Rech et Desrosiers s'offrent une balle de match, un joli une-deux mais qui termine dans la mitaine de Sopko. En fin de match, une ultime pénalité est sifflée contre Rouen, Dijon installe un très long powerplay avec seulement deux tirs sans danger. La prolongation devra donner le nom du vainqueur avec un tiers formidable qui aura tenu toutes ses promesses et qui ne donne aucune indication sur le nom du vainqueur.
Tirs cadrés : 15 / 8 pour Rouen
Le conte d'hiver :
10 minutes pour un but, c'est tout ce qu'a besoin l'une des deux équipes pour être sacrée. Rouen attaque le premier et joue sur sa rapidité pour déséquilibrer le carré dijonnais, un peu mal agencé sur cette grande et très usagée glace. Les meilleurs éléments du staff rouennais tentent leur chance mais ni Thinel, ni Desrosiers ne peuvent déjouer Ramon Sopko, décidément intransigeant. La prolongation semble d'entrée tourner en faveur des tenants du titre mais c'est sans compter un petit détail. Guttig s'arrache et récupère la rondelle, il aperçoit le jeune et rapide Ritz un peu avancé, il lui transmet le palet immédiatement. Ritz s'échappe vers le but, à grand coups de patins, il sème les deux défenseurs rouennais. Seul face à Ylönen, il ne rate pas son duel et, d'un lancer terrible, nettoie la lucarne adverse. (6-7 à 61:24).
Rugissement de tonnerre côté dijonnais, silence de mort dans la tribune d'en face. Gants, casques et crosses volent de tous côtés ! Les Ducs se congratulent dans une liesse incroyable. Rouen, touché-coulé, est assommé, à l'image d'Ylönen qui reste à genoux, sans réaction, dans un POPB qui salue ses nouveaux maîtres. Comme dans un conte qu'on pourra se remémorer près de la cheminée lors des longues soirées d'hiver, Dijon remporte la coupe de France 2012 au bout d'un match incroyable.
Tirs cadrés : 3 / 1 pour Rouen
Nous avons eu droit à une très belle finale hier à Bercy, encore une nouvelle fois plein pour l'occasion. Après un premier tiers désespérant, les deux équipes ont haussé le ton pour nous offrir un festival offensif et jouissif. Match très agréable qui alliait suspense, rebondissements, joie, espoir et délivrance. Rouen n'aura pas démérité et passe tout près de la victoire. Les Dragons auront été beaucoup trop individualistes et trop impuissants devant le but dijonnais, gardé, il est vrai, par un excellent Sopko. La défense rouennaise a été le talon d'Achille de l'équipe hier, trop lente, mal replacée, vite dépassée, elle a laissé la part belle aux jeunes gâchettes ducales qui s'en sont donné à cœur joie. Dijon, malmené en début de match, a réussi à trouver son rythme de croisière dans le second vingt. Malgré sa défense fébrile et parfois disloquée les Ducs n'ont jamais paniqué et ont su tenir dans les moments difficiles (notamment grâce à Sopko) pour s'imposer au bout du suspens. Seconde Coupe de France pour Dijon, 6 ans après la première (remportée également en prolongation), l'occasion de saluer Stephen Dugas et Andrej Mrena qui étaient présents lors des deux victoires en 2006 et 2012. La fête fut donc magnifique hier à Bercy, si on oublie l'état de la glace toujours préoccupant et sujet à bien des controverses.