Arbitres : M. Colleoni ass M. Courgeon et Mselle Boniface
Buts : Grenoble : 27"30 Julien Baylacq (ass Martin Jansson et Anders Nilsson) ; 50"31 Alexandre Rouleau (ass Jean-François Dufour) ; 53"27 Damien Fleury (ass Mitja Sivic) ; 55"28 Viktor Wallin (ass Antonin Manavian) ; 56"10 Mitja Sivic (ass Martin Jansson) ; 62"59 Damien Fleury (ass Alexandre Rouleau) ; 6"15 Alexandre Rouleau (ass Jean-François Dufour) Angers : ; 50"58 Eric Fortier (ass Pierre-Luc Laprise) ; 58"16 Tomas Baluch (ass Jonathan Bellemare)
Pénalités
16 minutes: (2x8) contre Grenoble
24 minutes: (1x10 + 7x2) contre Angers
Après avoir sérieusement dévissé à Angers, et enregistré ainsi un déficit de 4 buts avant le match retour, on pouvait clairement s'interroger sur le tour qu'allait prendre la rencontre retour à Pôle-Sud. Privés de leurs jeunes en équipe de France, et également de Broz, les Brûleurs récupéraient Jansson pour se présenter devant leur public en bien fâcheuse posture. En face, malgré l'absence de deux défensifs titulaires avec Lacroix et Michalik, Angers fort de son avantage pouvait normalement passer.
Photo : Laurent Lardière
Un final incroyable!
La question qui se posait, et qui a conduit certains à Hockey Hebdo à aller faire un tour à l'entraînement de Grenoble, était bien de savoir si l'encadrement avait jugé nécessaire une préparation particulière pour la rencontre. Au delà de la confirmation que le duo Lusth et Rolland avaient examiné l'affaire, on ressentait une certaine grogne avec l'absence du gardien remplaçant qui devait conduire à la titularisation du très jeune Koren, Patrick Rolland soulignant très sérieusement que si ce dernier n'avait pas été disponible, il aurait figuré sur la feuille de match (voir notre news et notre interview son sur le sujet).
"Un coach ne se voit pas uniquement quand ses joueurs font quelque chose, mais surtout quand l'adversaire ne fait rien"
Ken Hitchcock coach Dallas Stars
Les deux équipes rentraient assez lentement dans la rencontre. Il était clair qu'Angers désirait gérer son avance, tactique logique mais susceptible de leur valloir une fin de rencontre dificile en cas de réussite grenobloise, tandis que Grenoble arrivait en ayant manifestement totalement revu son placement et options après un gros travail du staff. L'aide défensive était ainsi mieux positionnée, et les changements de lignes mieux négociés. A 3"10, Grenoble poussait après une première pénalité angevine, mais malgré plusieurs tirs, ne trouvait pas la faille.
Pourtant, l'impression qu'Angers à la différence de Grenoble ne savait pas trop quelle option prendre, et parfois jouait même contre nature en défendant et et temporisant était confirmée. Angers est une équipe qui attaque, la voir ainsi indécise pouvait motiver des grenoblois qui savaient cependant que tout nouveau but concédé allait avoir de très grosses conséquences.
A 6"15, comme pour illustrer ces tendances, Bellemare passait à travers sur un palet contrôlable à la bleue, et Dufour se trouvait alors seul face à Aubry, le canadien ayant alors l'intelligence de fixer pour donner ensuite à Rouleau qui avait suivi et poussait à filet ouvert comme on dit dans la Belle Province (1-0).
La dominationgrenobloise se poursuivra avec une pénalité facilement tuée à 8"36, les Brûleurs proposant des frappes basses et parfois soudaines qui posent certains problèmes à Aubry. L'aventure Grenobloise se poursuit avec un beau slalom de Besch à 13"29.
Sur un contre de Beylacq, clairement la très bonne surprise grenobloise de cette fin d'année, Milovanovic reste au sol après une charge et doit sortir définitivement à 14"08, avec à la clef une blessure assez sérieuse au genou.
La fin de période va voir Angers revenir progressivement dans la rencontre, avec un brassage sans gravité mais un peu long à se dissiper, et qui envoi Tartari à Rouleau en prison avec Braxenholm côté visiteur.
Les ducs vont alors se créer plusieurs occasions avec un Bellemare qui semble toutefois souffrir de l'aide défensive concoctée à son intention, mais qui parvient à lancer sur Ferhi à 16"02. On peut alors penser que le duo Fortier Laprise pourrait égaliser, mais la défense grenobloise attentive et dans son match veille autour de Wallin et Manavian excellents ce soir.
Une pénalité concédée par Angers à 19"31 ne change rien. l'avantage est minimal pour Grenoble, mais les Brûleurs n'ont pas encaissé de but. Pour Angers, l'affaire reste très favorable d'autant que la torpeur initiale s'est quelque peu estompée au fil des minutes.
Tirs 13/6 Grenoble
Engagements 10/10 Angers
"Gagner chaque période où gagner une seule période pour le gain de la rencontre? Pour mon rythme cardiaque je préfère la première solution!"
Brian Burke GM Vancouver
La seconde période, sur un rythme très moyen et souvent hâché par les dégagements interdits et hors jeux , va confirmer les impressions vues en première, avec Angers un tantinet trop concentré sur le défilement du chronomètre et des isérois qui restent aux commandes.
Après une tentative de Sivic seul sur Aubry à 24"46, on comprend que Grenoble a des arguments mais reste tributaire d'un Ferhi qui doit plus que jamais verouiller la cage.
Pourtant, à 27"30, Aubry oublie sa relance et le palet qui semble être resté figé à la même place trouve Jansson, auteur d'un bon retour ce soir. Le suédois glisse alors à Beylacq qui ne laisse pas passer le cadeau et pousse au fond. Un but qui illustre tout de même une certaine fébrilité du gardien des ducs déjà entrevue en Magnus à Pôle-Sud. (2-0).
Photo : Laurent Lardière
But grenoblois
A 7"43, après que la rencontre se soit quelque peu musclée, Igier prend dix minutes avant qu'Angers ne tue une infériorité numérique.
L'affaire s'inverse à 8"24, et Ferhi est tout heureux de voir Laprise manquer une reprise gagnante, mais Grenoble parvient à endiguer globalement les avantages numériques adverses.
A 12"50, Rouleau touche Fleury avec sa crosse à travers un défenseur des ducs en écran, mais aucune pénalité n'est sifflée malgré le coup reçu par le gardien angevin qui passe pour le moment une soirée bien moyenne.
La machine Grenobloise, bien lancée, manque de peu le troisième qui est pourtant inscrit par Fleury d'une belle reprise crosse haute digne du baseball à 13", Monsieur Colleoni auteur d'un arbitrage solide refusant logiquement le but.
Plusieurs pénalités proposeront des avantages numériques mais plus rien ne sera marqué par la suite, Grenoble ayant bien grignotté le retard mais regagnant le vestiaire avec encore 50% du chemin à faire pour une simple égalité. Malgré deux buts concédés, les ducs sont encore à cet instant maîtres de leur destin.
Tirs: 11/6 Grenoble
Engagements: 9/10 Angers
"Il ne faut surtout pas sous estimer le coeur d'un champion"*
Brett Hull Detroit Red Wings
La période démarre avec de nombreuses interruptions de jeu, et avec la question qui est de savoir si Grenoble peut accélérer et s'inspirer de sa dynamique positive lors des deux première périodes pour revenir à la hauteur des angevins?
Les ducs démarrent bien et Ferhi doit s'employer à 3"29 face à Laprise, puis face à Bellemare et Fortier à 5"29. Pourtant, une nouvelle fois grâce à ses récupérateurs et joueurs rapides, Grenoble revient dans l'affaire et Sivic échoue à 6"40 sur la jambière d'Aubry.
Une poussée grenobloise conduit les visiteurs à la faute. Alors que la pénalité démarre, Lusth prend le risque de sortir Ferhi et d'envoyer un joueur de plus qui file devant le but angevin. Dufour lance alors et voit son palet revenir vers Rouleau encore une fois en transit, et qui se trouve juste dans l'axe du but. Ce bon Alexandre trompe alors facilement Aubry pour son doublé et fait clairement rêver des Grenoblois qui emportent un poker gagnant de gardien sorti à 30"31. (3-0).
Pourtant, Angers va alors réussir à ce stade le plus difficile, c'est à dire inscrire un but et se donner de l'air tout en repoussant Grenoble et sa dynamique. Après une erreur défensive de besch, Fortier va justifier sa réputation d'attaquant précis et trouver la lucarne de Ferhi (3-1).
C'est alors que la folie commence:
Quelques minutes plus tard, Fleury servi idéalement par Sivic profite d'une absence coupable de la défense des Ducs et trompe à nouveau Aubry à 53"27. (4-1).
Le malaise est total à Angers qui fait table ouverte en défense. Wallin déborde gentiment et sert son compére Manavian avant de filer dans l'axe du but, recette particulièrement efficace quand le gardien relâche, mais ici, c'est une passe d'école que lui remet son compère de la ligne arrière à 55"28 et le suédois y va de son but, juste récompense pour son oeuvre du jour. (5-1).
Angers demande alors un temps mort.
Moins d'une minute plus tard, à 56"10, Janssen récupère en échec avant un palet sur Kiprusoff et sert Sivic à nouveau avec un centre pour un joli but de l'intéressé (6-1).
Désormais derrière, Angers va alors se ruer à l'attaque et obtenir sa survie par Baluch qui récupère un palet et lance du revers avant, un très joli geste chirurgical qui glisse le palet entre le poteau et Ferhi à 58"16 (6-2).
Ce retour angevin inespéré va alors coïncider avec une véritable option sur la gagne prise par les joueurs de coach Leime.
A 58"32, Fleury se rend coupable d'un cinglage bien involontaire (pour une fois on a bien vu) sur Metsaranta, lequel est sérieusement touché au visage (plusieurs dents touchés) et saigne sur la glace. L'arbitre ne peut alors que lui infliger un 2+2" conforme au règlement, qui donne un premier jeu de puissance aux angevins avant de les envoyer éventuellement en prolongation pour deux nouvelles minutes à 4-3, une configuration jugée plus difficile à tuer par la défenset.
Grenoble prend alors un temps mort
Derrière, les Brûleurs vont parvenir à tuer les premières 2" grâce à Ferhi et à des angevins qui ne semblent pas particulièrement tranchants malgré plusieurs tirs de Kiprusoff et Laprise.
Tirs 11/8 Angers
Engagements 8/6 Grenoble
"Au hockey, un survivant est toujours plus fort qu'un adversaire dominant en fin de rencontre."
Pat Burns coach NHL.
La période de 4-3 pour Angers voit Ferhi repousser plusieurs tentatives avant un premier dégagement des locaux, qui parviennent même à remonter deux palets pour casser le rythme de ducs que l'on croyait susceptibles de clouer le cercueil.
On voit alors Fleury s'agiter devant la porte de la prison et on comprend alors que l'attaquant international va clairement répondre après la pénalité qu'il a faite subir involontairement à son équipe.
Ce que l'on avait pas vu venir par contre, c'est la portée symbolique de l'affaire avec un lancer de la fusée grenobloise entre les jambières qui semblaient fermées d'Aubry, le palet roulant ensuite lentement au fond de la cage à 62"59. Un ultime but qui souligne malheureusement une nouvelle prestation plus que moyenne du gardien angevin après un premier passage à Pôle-Sud peu convainquant pour lui. (7-2).
"Le pire dans un game c'est de ne pas savoir si on doit attaquer ou défendre"
Jacques Plante
Au delà de la performance que représente la qualification de ce soir pour la finale de Coupe de la Ligue, Grenoble a démontré une force de caractère étonnante, et une capacité à entrer sur la glace avec un système de jeu et une stratégie adaptée à l'adversaire. Si le résultat final comporte son lot de réussite, on ne peut pas dire comme lors de la précédente explication entre les deux équipes à Pôle-Sud que le score a été grandement facilité par la prestation du gardien angevin, même si la performance de la soirée ne contribue pas clairement à la victoire de son équipe. Même si les ducs sont venus tendus à Grenoble, on peine à croire que la seule raison du retournement soit la peur de la gagne chez les angevins. On trouvera par contre un repositionnement défensif avec des binômes revus et une sollicitation très claire de certaines faiblesses de l'adversaire à l'image d'arrières parfois assez lents, une zone de rebonds d'avant cage d'Aubry fréquentée au maximum par les grenoblois, ou encore des attaques proposées par les arrières que les visiteurs semblaient avoir bien du mal à prendre au marquage. Symbolisé par le coup de poker de Lusth qui sort Ferhi et envoi un surnuméraire disputer le palet dans l'enclave, pour un but derrière facilité par cet éclat, Grenoble a clairement remporté une bataille tactique ce soir, qui rappelle que les joueurs c'est très bien mais que la qualité du staff compte également. Le principal mérite grenoblois est clairement de ne pas avoir encaissé trop de buts, le compteur offensif demeurant tel que prévu.
Il semble difficile de ne pas considérer l'excellente prestation de l'ensemble d'une équipe qui ne pouvait pas compter ce soir sur ses jeunes.
Si l'on doit retenir une réalité de la soirée, c'est bien que Lusth quand il a le temps de préparer son équipe sépcialement pour un événement, et-ce face à un adversaire connu, est un entraîneur redoutable. Au delà du message passé par Grenoble ce soir, c'est bien le sentiment que le puzzle collectif se met lentement en place. Un beau fixe quelque peu gâché cependant par la blessure de Milovanovic qui consitue le seul point noir de la soirée.
Pourquoi Angers est passé à côté, pour une raison simple, les ducs ne sont pas faits pour temporiser, se creuser la tête pour savoir quoi faire du palet, mais bien pour attaquer. Les angevins ont démontré depuis le début de la saison qu'ils savent jouer au hockey, et généralement inscrire plus de buts que leurs adversaires. Dès lors, les voir déjouer ainsi nous a rendu tristes car on pouvait penser qu'avec une logique offensive et une dynamique tournée vers le but adverse, ils pouvaient s'ouvrir les portes de la finale. Au delà de ce constat, renforcé par le large avantage acquis au match aller, la défaite de ce soir pose plusieurs questions. D'une part, si la saison régulière offre son lot de pression, que vallent les joueurs de Leime dans un contexte plus compétitif des coupes, des séries finales. Souvent accusés de s'endormir après les fêtes, argument un peu court mais qui trouvait quelques fondements ces dernières saisons, on voyait les ducs plus solides cette année et susceptibles de figurer comme candidats sérieux au titre. On suppose toujours mais celà mérite confirmation, tant le groupe a semblé tendu, angoissé, crispé par l'enjeu. D'autre part, force est de relever qu'Aubry n'a pas répondu aux attentes lors de ses deux passages à Pôle-Sud, et son face à face avec Ferhi a clairement tourné à l'avantage du dernier cité. Enfin, si l'attaque des ducs propose un hockey spectaculaire, la défense est plus en retraît, avec il est vrai l'absence de deux titulaires.
Pour finir, on aimerait bien qu'Angers joue et aille le plus loin possible en fin de saison avec ses idées, à savoir un hockey offensif et efficace. Qu'importe si les ducs prennent quelques buts de plus si ils en inscrivent davantage encore en retour. L'impression d'avoir vu ce soir une attaque bridée par une logique défensive qui ne correspond pas au groupe reste comme le sentiment le plus fort. Quand la machine offensive s'emballe, l'affaire est toute autre, demandez à Grenoble ce qu'ils en pensent. Peut-être qu'il faut qu'Angers soit elle-même et ne se pose pas plus de question, la qualité du groupe devant permettre de répondre de la plus belle des manière et sur la glace aux interrogations.
*Les citations qui figurent dans le texte se retrouvent dans l'ouvrage: Shooting from The Lip. Chris Mc Donell/ Firefly/2008
Juste pour signaler la configuration offensive de Grenoble : 2 centres (Tartari et Jansson) tournaient avec 3 paires d'ailiers ! Assez rare, mais efficace hier !
Quel analyse et quel compte rendu!
J'etais a Pole sud hier soir et j'ai eu l'impression de revivre le match^^...
Si tactiquement Grenoble a fait la game il y a eu beaucoup de cafouillages et de passe trop impressises, mais cela peut s'expliquer pas le nombres de joueur absents (6 je crois) qui conduit a changer les lignes et donc a jouer presqeu a 2ligne et demi...