Dans une patinoire remplie assez médiocrement pour la visite du Champion de France avec 2850 spectateurs exactement, Grenoble, en panne de résultats depuis trois rencontres, recevait des Rouennais en remontée au classement, après un début de saison raté. Alors que l'on pouvait supposer les deux formations transcendées par l'enjeu et la volonté de répondre à certaines critiques, avouons que le résultat final n'a pas été à la hauteur, dans une rencontre où des incidents de jeu mineurs ont pris le pas sur la qualité technique et tactique elle-même, bien en deça du niveau des deux équipes ces dernières années. Au final, une bien petite cuvée qui laisse un goût de bouchon !
Photographe Laurent Lardière
Un but, dix minutes et puis plus rien.
Après deux tentatives de Thinel et Le Blond dès le départ, Grenoble va frapper très rapidement pour lancer une rencontre dont on espère encore une certaine intensité.
A 1'26, Vaskivuo slappe à la bleue et troue un Lhenry sans doute encore au vestiaire avec un tir bas assez violent. (1-0)
Ce coup d'éclat, hélas le seul de la soirée côté grenoblois, va donner l'impression trompeuse que les Brûleurs sont à même de déranger une défense normande bien statique. Un premier jeu de puissance grenoblois à 1'56 donne quelques occasions, et les minutes suivantes confirment la lenteur défensive des visiteurs, avec un poteau trouvé par Mc Grane à 7'40.
Plusieurs brassages se déroulent ensuite sans que rien ne soit logiquement sifflé, la rencontre se caractérisant par des petits coups et simulations de part et d'autre qui auraient sans doute mérité des sanctions plus lourdes, Monsieur Bergamelli ayant sans doute supposé, comme nous, voir deux équipes se livrer un duel intense dans lequel il convient de laisser jouer au maximum, ce qui, hélas, sera loin d'être le cas.
Une nouvelle pénalité rouennaise consécutive à une énième obstruction illustrant les retards défensifs des visiteurs envoie Grenoble jouer un non-jeu de puissance, terme qui semble tout à fait caractériser une supériorité numérique n'aboutissant à aucun tir ni danger réel ou supposé mais donnant deux contres à l'adversaire...
Faute de voir des actions construites et collectives, on se prend à relever les charges et les duels physiques avec Gutierrez qui s'en va chercher noise à Tardif et, ensuite, plusieurs parties de "brasse camarade", comme disent nos amis du Québec, dans un style plus infantile que viril.
Un jeu de puissance rouennais, bien pâle mais tout de même plus convainquant que celui des Isérois moribonds dans ce domaine, envoie quelques palets sur Raibon qui fait le métier.
La période se termine avec l'impression qu'après dix minutes intéressantes, le niveau de jeu est en baisse et le spectacle proposé assez confus.
Côté rouennais, la circulation de palet, meilleure qu'à Grenoble, a conduit à quelques phases d'attaque-défense auxquelles il manque clairement l'étincelle, tandis que les Brûleurs ont envoyé, à quelques reprises, un trio inédit composé de Joffre, Bedin et Perret, qui a été la seule satisfaction de la période avec un Vaskivuo qui possède une qualité très peu répandue à Grenoble : la régularité.
Tirs 8/11 Grenoble
Photographe Laurent Lardière
Rouen dans la grisaille
Les Dragons reviennent sur la glace pour une égalisation rapide. A 20'45, Tavzelj claque un slap écrasé à la bleue qui s'en va tromper un Raibon, masqué, qui ne voit pas arriver un palet assez peu rapide qui monte et retombe au fond des filets. (1-1)
Cette égalisation, assez juste vu la très faible différence entre les deux équipes, ne va pourtant pas lancer l'affaire. Un jeu de puissance vendangé par Rouen plus tard, on va à nouveau donner dans les mondanités puisqu'il faut bien parler de quelque chose...
Vaskivuo et Lhenry s'expliquent, se poussent, le gardien rouennais allant parler aux arbitres pour multiplier ensuite les provocations, explications verbales et petits coups de crosse durant tout le reste de la rencontre sans que cela ne conduise à la moindre pénalité. Un moyen de déconcentrer les Grenoblois, diront les uns, une attitude indigne d'un gardien vétéran international, diront les autres... faites votre choix ami(e)s lecteur(trice)s.
Grenoble, qui semble revenir un peu dans le match avec, par exemple, un joli numéro de Bedin qui déborde pour échouer sur Lhenry à 29'30, va se trouver ensuite pénalisé à plusieurs reprises, sans que les Normands n'en profitent.
Pourtant, en toute fin de période, ce sont les visiteurs qui vont passer devant, sur un centre-tir venu de la droite, Gutierrez met la crosse et trompe Raibon à 38'27. (1-2)
Comme pour illustrer les déboires grenoblois en attaque, Desrosiers, servi à la bleue, échappe à la trappe rouennaise mais échoue en 1x1 face à Lhenry à 39'51.
Tirs 11/8 Rouen
Photographe Laurent Lardière
Allez, mieux vaut en rire...
La troisième période voit les deux équipes se neutraliser de manière assez confuse, avec un niveau de jeu qui questionne. Tant offensivement que défensivement, les deux formations déjouent régulièrement, et paraissent incapables de créer des décalages significatifs.
Pourtant, Joffre, qui va bénéficier d'un bon service de Bedin, s'extrait du brouillard ambiant à 50'57 pour filer au but et termine au sol vers la bande après avoir été crocheté par un Durak qui souligne, encore une fois, ses grosses limites avec deux pénalités concédées en moins de cinq minutes. Joffre se fait frapper ensuite au sol par Desrosiers qui s'en sortira à très bon compte avec une pénalité mineure sur cette affaire. Un brassage s'ensuit, avant que Lhenry, pour changer, n'aille sur une conversation ponctuée d'une bonne poussée avec Amar près du banc rouennais.
Un tir de pénalité est donné à Grenoble, lequel doit être effectué par Joffre qui est sorti péniblement après l'action précédente. Considérant que le jeune Grenoblois n'est sans doute pas le meilleur de son équipe dans cet exercice, et qu'il semble difficile de contester qu'il puisse s'être blessé sur l'action précédente, le joueur s'étant mis sur le sol dans le couloir près du banc, on s'attend à voir un gros client aller s'expliquer avec Lhenry. Pourtant, à la surprise de l'auteur de l'article, c'est Joffre qui se présente sur la glace pour échouer face au gardien des Dragons. On pourra féliciter Grenoble pour son fair play ou se désoler que le coaching n'ait pas laissé le joueur allongé pour le remplacer par un autre présent sur la glace à ce moment-là, comme le veut le règlement.
Après une dernière grosse occasion manquée par Vaskivuo et de nombreux tirs grenoblois repoussés assez facilement par Lhenry, Rouen peut savourer un succès sans relief ni manière face à des Grenoblois en quête d'inspiration et de talent offensif.
Tirs 17/4 Grenoble
A oublier
Au terme d'une rencontre particulièrement médiocre (l'auteur de l'article n'a pas souvenir d'avoir assisté ces dix dernières années à des débats d'un si bas niveau entre ces deux équipes), Rouen s'est imposé sans démontrer grand-chose face à des Grenoblois qui confirment, hélas, leur très mauvaise passe actuelle.
Généralement, quand on remporte un succès à l'extérieur et, à plus forte raison, à Grenoble, on peut rentrer heureux à la maison. Oui, sauf qu'ici l'impression laissée par Rouen n'en fait ni un Champion de France ni une équipe capable de défendre son titre européen, davantage un milieu de tableau de Magnus dans un mauvais soir. En attaque, deux buts assez heureux masquent la pauvreté d'un ensemble clairement orphelin des Mallette et autres Doucet qui, eux, auraient exécuté Grenoble en moins de vingt minutes. Côté Thinel et Desrosiers, avouons que l'on attendait mieux, à défaut de voir sortir des jeunes du banc avec un Guttierez tout de même assez remuant. Défensivement, l'ensemble est lent, avec un bémol pour Salmivirta et Janil, un vrai problème qui pourrait coûter très cher lors des playoffs, même si les Normands peuvent compter sur l'expérimenté Lhenry que l'on aurait toutefois aimé voir un peu plus sobre ce soir mais qui aura, à quelques reprises, répondu bien présent. Certes, Rouen possède les bases d'un jeu collectif qui a sans doute aidé à faire la différence, mais le jeu de puissance n'est guère au point et les retards défensifs coûtent la quasi totalité des 16 minutes de pénalité. Seize minutes contre un adversaire qui sait à minima jouer les avantages numériques, c'est mission impossible. Enfin, le groupe manque clairement de talent, d'individualités qui faisaient le charme et l'efficacité du grand Rouen dont la France du hockey a toujours besoin.
Peut-on, malgré ces très grosses limites, voir Rouen terminer fort la saison ? Pas gagné avec un coaching au plan de jeu pas très clair, des choix défensifs souvent naïfs, et une absence de carte "jeunes", sur cette rencontre en tout cas. Certe, les Normands, en serrant les boulons, pourront passer un tour de playoffs mais, dès qu'il y aura en face des attaquants capables d'inscrire quelques buts et une défense pouvant fermer la porte derrière, ce sera vraiment très difficile sur ce que l'on a vu ce soir. On peut considérer que les Champions de France peuvent globalement mieux jouer et heureusement, on l'espère vraiment car sinon la fin de saison pourrait être synonyme de forte déconvenue et la Coupe d'Europe de naufrage mal venu pour tout le hockey français.
Face à des Rouennais franchement prenables ce soir, Grenoble a souligné sa totale incapacité offensive avec un seul but sur exploit individuel. Comment cette équipe qui a réalisé de très bonnes prestations en début de saison se retrouve-t-elle avec quatre revers de suite et, surtout, un niveau de prestation indigne de son effectif et de ses ambitions ? Motivation ? On veut bien, à la rigueur, face à Chamonix mais pas face à Rouen. Plusieurs explications déjà évoquées peuvent contribuer à répondre en partie.
D'une part, le jeu collectif, ce que l'on va appeler fond de jeu, paraît aux abonnés absents, ce qui peut passer quand on domine physiquement ou que l'on peut imposer sa profondeur de banc mais avec, en face, un groupe pro qui peut s'aligner sur vous, ce handicap devient fondamental. Notons que le fond de jeu passe par la titularisation de trios offensifs réguliers, ce qui n'a pas été le cas ce soir avec pas moins de 11 compositions de trios différentes envoyés sur la glace pour la seule première période. Si l'utilisation des jeunes paraît une bonne idée, avec au reste certaines grosses occasions créées, à l'image d'un Joffre qui a prouvé qu'il pouvait être autre chose qu'un passage sur la glace par rencontre, faut-il faire de telles modifications systématiquement ? En considérant ce qui se fait ailleurs, on peut bouger les trios entre les rencontres mais, une fois en match, il est logique d'envoyer les mêmes compositions sur la glace.
D'autre part, difficile de trouver un jeu de puissance aussi calamiteux, en Coupe de la Ligue, les Isérois tournent à 6,9% de réussite, et 14,58% en Magnus. Pourquoi Grenoble parvient à très bien tuer les pénalités adverses (90,20%) mais pas à bénéficier de l'avantage numérique ? Le premier exercice est très dépendant du physique, le second du jeu collectif...
Enfin, le rendement très faible de certains joueurs-cadres par rapport à la saison dernière constitue un réel problème, Grenoble ne pouvant se passer des Desrosiers, Ouimet, alors que n'émerge chez les jeunes aucun buteur régulier. Si les défenseurs et Raibon échappent à ces critiques, ils ne peuvent pas, malgré le bon comportement offensif des Dusseau et Dufresne (16 points à eux deux), marquer à la place des attaquants, surtout en l'absence de systèmes de jeu prévus pour eux, comme c'était le cas en jeu de puissance par le passé.
Tout en s'interrogeant clairement sur la malédiction qui fait que pratiquement aucun joueur étranger ayant évolué à Grenoble n'ait proposé une seconde saison meilleure que la première (on remontera à 4-5 ans pour avoir quelques exceptions comme Broz), il ne faut pas oublier non plus qu'à cette même période de l'année, personne ne voyait, la saison dernière, les Grenoblois aller en finale de Magnus. Le problème est qu'actuellement, vu le jeu proposé, il semble difficile, même parmi les plus fervents supporters de Grenoble, d'en trouver pour formuler pareil pronostic.
a en voir certaines photos ca pas du etre la joie sur la glace (l'avant dernière ou un rouennais vainqueur tire une face d'enterrement veux tout dire !
Comme dit Mamoune merci aux photographes d'avoir pu nous sortir de belle sphotos d'unmatch à oublier !
Chapeau bas messieurs !
Merci aussi pour les photos... pas mal de photos "d'embrassades" ! LOL ! On a vraiment une chance d'enfer à Grenoble d'avoir plusieurs super-photographes !
Quant au compte-rendu, comme dit Senators, rien à redire :-(
a écrit
le 28/11/2012 à 11:03
Voilà , tout est dit ! Merci, M. Labrot, pour ces commentaires justes et sans concessions !