C’est dans une patinoire assez bien remplie pour un soir de semaine que Grenoble, de rouge vêtu, recevait Briançon, paré pour l’occasion de chandails bleu ciel, les deux équipes alignant leurs gardiens numéro deux, à savoir Bonvalot côté grenoblois et Bertrand pour les Haut-Alpins.
Le début de rencontre voit les deux équipes chercher à construire mais l’affaire tourne rapidement à l’attaque-défense pour des Isérois conquérants. Malgré une réplique intéressante du duo Balzamo-Frécon à 3 », la tornade grenobloise va rapidement tout emporter sur son passage. A 4’52, un contre grenoblois voit Antonoff hériter d’un palet mal contrôlé à mi-glace, et s’en va tromper Bertrand d’un joli revers croisé. (1-0)
On comprend alors que Briançon est dans une mauvaise soirée, avec des passes manquées et des relances hasardeuses, ponctuées d’un déficit de vitesse qui rend les affaires délicates dès que l’adversaire accélère. Il est donc logique de voir dans les minutes qui suivent le duo Bedin-Perret jouer des tours à la défensive des Diables Rouges, laquelle cède des espaces avec des replacements défensifs bien difficiles.
Avouons en conséquence ne pas avoir été surpris de voir Lafrance surgir plein axe au cœur de la défense et avoir plus de temps qu’il n’en faut pour ajuster une belle lucarne à 7’20 (2-0), l’ancien joueur de Victoriaville en LHJMQ ayant clairement un tigre dans son moteur ce soir.
La domination grenobloise est alors totale, Lafrance, intenable, échouant de peu sur un Bertrand, à 12’20, qui va jouer une partition très difficile tout au long de la soirée.
Un début de bagarre éclate à 12’48 dans une rencontre qui restera totalement correcte, après une coupable insistance de Crowley sur Bonvalot. L’intéressé va purger sa peine avec Selan, et Grenoble va remettre le couvert quelques minutes après. Après un tour de cage de Sivic, la mêlée devant Bertrand voit Lafrance signer son doublé à 14’06. (3-0)
Une nouvelle pénalité contre Briançon à 14’31 ne va rien donner, mais les Diables Rouges se font surprendre quelques secondes seulement après les deux minutes d’infériorité. Tardif récupère à 16’33 un énième palet mal dégagé et lance sans se poser de questions pour un joli but de l’international français qui paraît bien remis de sa blessure. (4-0)
Menés 4-0, avec l’impression de n’avoir rien fait de positif durant toute la première période, Briançon retourne au vestiaire tandis que l’on s’interroge sur ce score fleuve qui présente quelques similitudes avec le début de rencontre face à Villard-de-Lans.
Tirs 16-7 Grenoble
Engagement 9-8 Briançon
Laurent Lardière
Bonvalot fait le job
40 minutes à sens unique
La perspective de voir les Diables Rouges revenir sur la glace avec un tout autre potentiel ne dure pas, avec un ensemble brouillon durant les premières minutes après la reprise. Un bagarre assez violente va alors éclater à 23’38 entre Crowley et Le Blond, le défenseur américain tombant les gants avant de se ruer sur son adversaire qui conservera, lui, un gant dans la bagarre. Les deux combattants hériteront d’une 2+2, généreuse pour le Briançonnais déjà impliqué dans une altercation précédente, et qui pouvait logiquement hériter de 10 minutes sur l’épisode.
Si les explications physiques peuvent souligner une révolte des visiteurs, ces derniers restent bien fragiles dans tous les compartiments du jeu.
Ils vont ainsi céder logiquement après une pénalité mineure à 28’04, Lafrance inscrivant son triplé d’une belle reprise en première intention à 28’43 (5-0).
La longue soirée "sans" continue pour Briançon, et c’est Tardif qui inscrit son doublé à 33’30 avec un slap assez lointain. (6-0)
La fin de la période est plus heurtée, avec une 10’ pour Kearney qui semble protester, puis une bagarre de petite envergure qui débouche sur une 2+2+10 pour Selan après un piquage plus stupide que dangereux, sous les yeux des arbitres. A 39'20, Frecon sauve l’honneur pour les visiteurs avec une belle lucarne (6-1), mais la messe est dite depuis longtemps.
Tirs 12/08 Grenoble
Engagements 10/9 Briançon
Laurent Lardière
Sivic met Bertrand au supplice
60 minutes à sens unique
La dernière période, totalement conforme aux deux précédentes, voit Bonvalot répondre présent et s’employer davantage sur plusieurs tentatives des Diables Rouges, le jeune gardien grenoblois ayant clairement contribué à l’ampleur du score avec une belle prestation qui le situe sur le podium des hommes du match, l’attaque grenobloise ayant, on l’aura compris, totalement pris la mesure d’un adversaire qui aurait pu inscrire quelques buts supplémentaires.
On pourra rapidement conclure après deux nouveaux buts grenoblois par Lafrance qui signe son…quadruplé à 55’15 (7-1) et par Sivic en lucarne sur une belle reprise de volée à 56’36 (8-1).
Tirs 8-5 Grenoble
Engagements 16/6 Grenoble
Quel sens pour ce sens unique ?
Avec ce score fleuve face à l’un des favoris du championnat de France, Grenoble fait passer un message et montre sa profondeur de banc. Faut-il toutefois voir dans ce résultat un match référence ? Certainement pas, vu l’importance de la Coupe de la Ligue et le fait que les deux équipes étaient déjà en lice pour la suite des réjouissances avant cette rencontre. Il serait cependant un peu facile et rapide d’évoquer des Brûleurs vainqueurs sur une sorte de tapis vert et des Briançonnais qui auraient décidé de laisser filer la rencontre. Certes, le banc des joueurs de coach Basile était plus léger hier soir avec plusieurs absences, et on peut considérer qu’à partir de 4-5 buts d’écart, la motivation fuit généralement quelque peu les perdants du jour, mais quand on est un légitime candidat au titre et aux coupes, on ne va pas baisser pavillon sans combattre. Or ici, amplifiant la tendance qui a vu ces mêmes Grenoblois aller s’imposer en terre briançonnaise, les joueurs de coach Dufour ont clairement évolué au-dessus des possibilités des adversaires. On peut enlever quelques buts des Isérois, en ajouter un ou deux de l’autre côté, il n’en reste pas moins que l’attaque grenobloise a clairement dominé les débats.
Toujours invaincus en Magnus, qualifiés en Coupe de la Ligue, Grenoble, et c’est bien la leçon à retenir après cette double confrontation face à Briançon, possède une attaque avec laquelle il faudra compter cette année, et pas seulement pour finir aux places d’honneur. Avec un jeu plus collectif, fait de passes parfois spectaculaires et qui arrivent au destinataire, et des accélérations facilitées par ce qui est sans doute le plus belle collection de dragsters de toute la Magnus, on peut sans doute possiblement positionner Grenoble sur le podium de la saison régulière. Deux bémols toutefois viennent tempérer l’affirmation précédente, à savoir une défensive qui ne devra pas connaître de blessures nombreuses, et un poste de gardien qui soulève encore des interrogations entre un Raibon auteur de plusieurs prestations moyennes cette saison et un Bonvalot aperçu en progrès ce soir et qui pourrait bien être le joker inattendu des Grenoblois ces prochains mois.