C'est dans une patinoire bien pleine, ce qui n'est pas très difficile à Méribel avec une contenance inférieure à 3000 places, qu'allait se dérouler la cinquième finale de Coupe de la Ligue entre deux équipes dont on pouvait penser qu'elles allaient jouer une bonne partie de leur saison dans l'affaire. Absentes de la Coupe de France, et avec un classement peu propice à un titre de champion en fin de saison, les deux finalistes se trouvaient par contre en mesure de mettre la main sur l'un des trois trophées annuels.
Mettre la main pour la troisième fois dans cette épreuve pour des grenoblois en cas de victoire, Briançon devant lui vaincre le signe indien avec sa cinquième participation sur une finale à Méribel sans aucun succès. Détail curieux qui ravira les superstitieux, c'est également paraît-il toujours le même banc qui l'a emporté, celui de gauche en entrant sur la glace, banc attribué à Grenoble lors de cette soirée.
Le début de rencontre va rapidement produire une belle attaque défense de Briançon qui va mitrailler un Ferhi qui répond immédiatement, la seule réponse des brûleurs étant produite alors par Krayzel qui une minute plus tard manquera un service plein axe qui aurait pu le conduire en face à face avec Sopko. Notons que l'attaquant tchèque disparaîtra ensuite de la rencontre, une blessure à l'intercostale lors d'un choc à l'entraînement avec Wallin s'étant réveillée, le joueur devant être indisponible pour quelques semaines.
Une première pénalité concédée par Wallin justement à 3"12 permet à Briançon de poursuivre son bombardement, mais on prend alors conscience peu à peu que les acteurs de la rencontre sont vraiment à la peine ce soir.
On assiste en effet à une multitude d'erreurs lors de contrôles de palets, de joueurs qui partent et doivent revenir pour chercher la rondelle qui n'a pas glissé comme elle devait, sans parler d'une débauche d'énergie supplémentaire que tout hockeyeur connait bien lorsque la glace fait des siennes. Cette glace de Méribel qui justement était ce soir d'une qualité indigne d'une rencontre de hockey professionnel, et qui nous a rappellé certains problèmes de Bercy en Coupe de France, dans des proportions sans doute pires encore. Bref vous l'aurez compris, de quoi trouver quelques excuses aux deux équipes pour un spectacle que l'on est bien désolé de considérer comme très médiocre ce soir, en terme de rythme comme de finition.
A 3"42, une seconde faute grenobloise va donner 1"31 de double avantage numérique à Briançon qui enverra à nouveau quelques boulets mais sans perturber Ferhi.
La première pénalité contre Briançon à 5"52 produisant un jeu de puissance qui ne sera pas plus fructueux, l'impression d'un niveau de jeu franchement besogneux s'accentuant encore avec des inquiétudes concernant la qualité de la glace.
Quelques incursions de part et d'autre soulignent des défenses à la peine des deux côtés, Papa trouvant la mitaine de Sopko à 8"18. De multiples trous d'air assurent des ruptures qui s'enlisent dans des ratés techniques et des approximations à la douzaine, avec des changements volants souvent difficiles.
Bedin file sur Sopko qui a le dernier mot à 9"30, puis c'est au tour d'Ankerst d'échouer sur Ferhi à 9"45, dans une rencontre qui devrait vu les défenses produire de nombreux buts, mais avec des attaques pas plus convainquantes.
On va alors avoir droit à plusieurs slaloms de qualité qui illustrent les lacunes défensives. Avenel échoue ainsi sur Sopko à 14"36, avant que Terglav puis Papa n'y aillent à leur tour de passages entre les piquets, pardon les défenseurs, pour au final lancer sur les gardiens.
A 15"20, une pénalité différée contre les grenoblois conduit à une attaque défense des diables rouges. Leveque lance alors à la bleue et le palet bien dévié par Ankerst trompe Ferhi pour une ouverture du score de qualité. (1-0)
A 16"04, Grenoble obtient un avantage numérique qui se voit confirmé à 17"22 par une nouvelle sanction contre Briançon. Les deux équipes se placent pour disputer 30 secondes de 3x5 lorsque les arbitres découvrent un trou dans la glace (quelle surprise) et préfèrent renvoyer tout le monde au vestiaire afin de refaire la banquise et enchainer après une pause sur la fin de la première période.
A leur retour, les grenoblois vont pousser et obtenir enfin une égalisation. A 18"33, une mélée devant la cage de Sopko produisant plusieurs occasions qui conduisent ce dernier à se coucher, le palet se voyant alors repris par Rouleau qui lance et comte en cage ouverte. (1-1)
Tirs 12/12
Engagements 12/8 grenoble
NB: plusieurs spectateurs et photographes ont vu un palet de Briançon rentrer dans le but grenoblois après avoir touché un poteau avant de finalement ressortir. L'auteur de l'article n'a pas de souvenir particulier sur cette action qui n'a pas conduit les joueurs à protester. Faute de video, nous ne sommes pas en mesure de juger.
La seconde période repart sur les mêmes bases que la première, avec deux équipes qui peinent à jouer et proposent un hockey qui ne restera pas dans les mémoires.
A 23"22, Le Blond manque son face à face avec Sopko et les deux équipes se procurent des ruptures nombreuses, les aides défensives étant peu efficaces des deux côtés avec des attaquants qui s'expliquent souvent avec la seule paire d'arrière adverse.
A 23"28, Ferhi sauve les meubles sur un double arrêt face à Terglav en frappe, puis au contact d'un équipier de ce dernier prêt à reprendre le retour du gardien grenoblois.
Après un jeu de puissance de chaque côté, Avenel est crocheté alors qu'il lance sur le poteau de Sopko, et on a vraiment l'impression que n'importe quelle équipe peut marquer dans un jeu totalement équilibré depuis le départ.
A 35"17, Broz nous réconcilie quelque peu avec le beau hockey assez peu visible ce soir. Le grenoblois franchit la bleue, temporise et sert superbement Arrossamena bien lancé qui bénéficie d'un coupable relâchement des deux arrières des diables rouges pour aller tromper Sopko d'un joli gauche droite. (1-2)
Le niveau de jeu est alors en hausse jusqu'à la fin de la période avec encore une fois de nombreuses occasions de part et d'autre.
La reprise voit Briançon bénéficier d'une faute grenobloise pour tenter de revenir. Plusieurs occasions sérieuses voient Ferhi repousser des frappes de l'excellent Bernier et des non moins bons Terglav et Ankerst. Pourtant, un certain manque de présence devant Ferhi avec plusieurs palets qui passent à vitesse modérée le long du but grenoblois largement ouvert repousse l'échéance.
On sent cependant que les diables rouges peuvent marquer, et c'est l'incontournable Bernier qui va y parvenir, de manière assez surprenante toutefois.
En jeu de puissance, le québecois est servi très excentré à droite de Ferhi, avec un angle qui semble logiquement conduire à un centre. Pourtant, Bernier frappe et son palet semble se glisser dans la lucarne opposée, touchant au passage le haut du corps du gardien grenoblois. D'ou nous étions, le but est surprenant car avec un angle de 30° environ et à pareille distance, un gardien de la taille de Ferhi masque en principe totalement la cage? Ce denier nous avait semblé avoir eu largement le temps de se replacer? L'auteur de l'article n'ayant vu aucune image vidéo, il ne peut que s'interroger. (2-2 à 48"29) Questionné, l'auteur du but précise ne pas avoir cru pouvoir passer le gardien une seule seconde et avoir frappé uniquement pour le rebond derrière...
Un début d'altercation verbale entre Rouleau et Tosic va ouvrir plusieurs minutes assez indécises, qui se termineront par une pénalité très contestée infligée à ce même Rouleau. Les minutes passent et encore une fois la rencontre ressemble à une partie de roulette russe. Sauf que Grenoble possède ce soir avec Arrossamena un joueur qui dégaine très rapidement. Un nouveau vide de la défense des hauts alpins à 56"37 voit l'intéressé produire une copie conforme de son premier but, avec une feinte gauche droite palet levé de belle qualité pour le 3-2.
On pense alors que Grenoble va aller sur un succès final, mais une faute d'Arrossamena va produire une fin de rencontre plus compliquée pour les grenoblois. Resté sur le sol quelques instants plus tard, Leveque sort touché au visage et signifie aux arbitres qu'il aurait reçu un coup de Rouleau. Le public briançonnais irréprochable jusqu'alors y va d'une protestation que l'on croyait réservée aux stades de football contre son ancien joueur...on aura connu plus élégant.
Elégant en revanche, et efficace, Bernier y va de son doublé avec une nouvelle superbe reprise et transperse Ferhi qui ne semblait pas masqué sur l'affaire, mais qui doit s'incliner devant la puissance de la frappe. Une égalisation sur le fil à 58"03 qui paraissait susceptible de totalement relancer la rencontre et de donner un bon tempo à des briançonnais à qui l'on pouvait donner un avantage aux points lors de cette dernière période.
Tirs 11/10 Briançon
Engagements: 17/10 Briançon
Un certain Rouleau...
La prolongation démarre avec une frappe de Korenko sur Ferhi à 60"30. Un surnombre toléré aux grenoblois conduit à quelques sifflets, dans une rencontre correctement arbitrée ce soir. Bernier croit avoir fait le plus dur avec un missile à 61"54 que Ferhi dévie à grand peine de l'épaule.
Pourtant, les grenoblois vont remporter au final la Coupe de la Ligue avec un but marqué à l'énergie. A 63"10, une succession de tirs bien amenés par Broz encore une fois décisif voit Sopko faire un festival. le gardien de Briançon fait un bel arrêt, puis tel un footballeur plonge pour repousser une seconde tentative grenobloise devant une défense des diables rouges qui semble absente de l'enclave. Pourtant, Sopko ne peut rien sur une troisième frappe de Rouleau (rectifié ensuite en faveur du capitaine Baptiste Amar qui est donc bien le dernier marqueur de la rencontre) qui joue le sort de la rencontre en donne à grenoble sa troisième Coupe de la Ligue en cinq éditions.
Par la plus courte des marges
L'impression qui domine après cette finale qui a été certainement l'une des plus faible jouée à Meribel en terme de niveau de jeu, avec pour excuse des conditions de glace particulièrement mauvaises pour les deux équipes, est bien que Grenoble a gagné sans disposer d'aucune marge face à Briançon. On a pas de souvenir d'avoir assisté à un tel évenement ces dernières années qui laisse un pareil sentiment d'égalité entre deux formations, Briançon ne donnant pas même l'impression d'avoir perdu cette rencontre, mais plutôt d'être victime d'un nouveau revers sans avoir démérité. Ceci ne veut pas dire que Grenoble n'a pas mérité sa victoire, et le coup de grâce donné en prolongation, ce sont bien les Brûleurs qui sont allés le chercher et personne d'autre.
Alors, qu'est ce qui a fait la différence? Comme nous le disait Marc André Bernier, meilleur joueur de la rencontre avec Arrossamena ce soir, avoir laissé filer justement le jeune grenoblois a été payé cash, deux sérieuses erreurs défensives à ce niveau. Dans le même sens, l'absence en jeu de puissance d'un second joueur en récupération devant la cage adverse à coûté au moins un but, le seul point de fixation ne pouvant bien négocier tous les retours concédés par Ferhi. Pourtant, la victoire face à Rouen en demi-finale et l'excellent parcours réalisé devrait permettre aux joueur de Luciano Basile de retirer du positif de cette expérience, et de mesurer qu'à son maximum, Briançon est capable de jouer de très sérieux playoffs.
Côté grenoblois, ce premier titre pour Jean-François Dufour consolide clairement sa position tant auprès des jeunes que des joueurs cadres et justifie pleinement les efforts de l'ensemble du groupe. Très bonne affaire en vérité que cette Coupe remportée alors que Grenoble est 9ème de Magnus. Cette victoire, acquise au terme d'une rencontre particulièrement difficile contente sur le plan sportif, un peu moins en terme de qualité de jeu produit. Une défense très à la peine sur de longues séquences, un gardien qui a réalisé quelques beaux arrêts mais au bilan final mitigé avec en particulier ce but en angle assez étrange, Grenoble a fait peur et devra encore s'améliorer pour aborder les playoffs avec quelques chances de passer des tours. Pourtant, ces remarques étant faites, restent de sérieux points positifs au delà du fait de remplir l'armoire aux trophées.
Le premier est que cette coupe a été gagnée avec et par les jeunes. Au delà des temps de glace eux-mêmes, le doublé d'Arrossamena sonne comme une prise de pouvoir pleine et entière de la jeune classe qui est désormais largement aux affaires. Un Joris Bedin et autre Jason Crossman sont désormais par exemple pleinement utilisés et il n'existe pratiquement plus de bout du banc à Grenoble. Mine de rien, c'est une nouvelle, une information, celle qui voit Dufour avoir réussi son pari qui était de faire jouer pratiquement tout le monde.
Le second est que le groupe se trouve sur une dynamique positive, qui se voit confirmée de belle manière. On pouvait s'interroger sur la capacité de Grenoble à venir à bout d'une équipe de haut de tableau sur une telle épreuve, ce fut fait avec Angers. On pouvait s'interroger sur les possibilités des grenoblois dans un pareil rendez-vous, une finale, même si le verdict fut très difficile à obtenir, il est positif et toutes les équipes de Magnus pourraient s'en contenter
Le troisième est que malgré encore une fois un niveau de jeu vraiment médiocre, on a vu les attaquants grenoblois de manière assez constante. Tant Le Blond qu'Avenel ont proposé des ruptures intéressantes, à l'égal ce soir d'un Sivic habitué à celà. Bien d'autres même les plus jeunes comme Bedin commencent à oser et à proposer des phases intéressantes en attaque. Ce type de résultat est plus facile à obtenir dans une rencontre face à une formation de bas de classement que lors d'une finale de Coupe, et pourtant si l'on considère les frappes au but et tentatives de passes décisives, on voit pas moins de huit grenoblois qui ont régulièrement frappé à la porte de la défensive des diables rouges. Certes, tenter n'est pas marquer, mais c'est juste la phase qui précède, et qui suit la première qui voit les jeunes joueurs découvrir et trop regarder l'adversaire plutôt que d'agir soi-même. Ici on a désormais des jeunes attaquants qui tentent, et c'est sans doute ce qu'il faudra retenir ce soir, les deux réalisations d'Arrossamena démontrant que cela fini toujours par payer en hockey.
Enfin pour conclure sur certaines considérations extra-sportives, après cinq éditions à Méribel, il serait nécessaire et logique de proposer un autre lieu pour cette finale, car au delà de l'accueil fort sympathique et malgré certains problèmes techniques qui peuvent arriver partout, le hockey français a désormais besoin après Bercy d'une patinoire disposant d'un nombre de place plus conforme à l'événement, et d'un lieu moins périphérique comme peut l'être une ville d'une certaine taille.
Bravo a nos Bruleurs qui meme avec une equipe tres jeune a reussi a gagne un des 2 titres possible. Bravo aussi a Briancon pour leur bonne prestation et qui a donne une finale fort sympa.
En revanche et meme si cela a deja etait dit, je suis tres decu par la patinoire de Meribel et surtout par l'organisation des reservations de billet. En effet, je n'ai jamais rencontre autant de probleme pour la 4eme fois ou je souhaitais faire le deplacement:
- patinoire injoignable par telephone
- mauvaise gestion de liste d'attente (des places m'ont ete attribuees et je n'ai pas ete prevenu)
Enfin, c'est vraiment dommage, heureusement que le match etait retransmis a la TV.
Je suis d'accord avec la remarque de trouver une
patinoire plus grande.
Juste un p'tit coup de gueule de nouvelle annee ;-)
Pour jeanluc qui devrait apprendre à lire avant de faire des commentaires...mais je suis d'accord sur ce qu'il dit sur Meribel, que l'on passe à autre chose
c'est vrai qu'à grenoble, le public est exemplaire et ne conspue jamais, vous ne changerez jamais les grenoblois ! çà n'arrive que chez les autres à vous entendre ???