La patinoire de Meribel était à guichet fermé pour accueillir cette quatrième finale de la Coupe de la Ligue. On trouvait une majorité de supporters grenoblois mais également bon nombre de rouennais qui avaient fait dix heures de bus pour venir soutenir les dragons. La gendarmerie locale fouillait soigneusement le public, afin d'éviter logiquement des incidents comme celui de l'année dernière à savoir le lancer d'un projectile sur l'arbitre en fin de rencontre. Cette finale allait égalmeent être la première à bénéficier d'un arbitrage avec deux arbitres en la personne de Messieurs Bergamelli et Mendlowicz qui nous accordaient une interview fort intéressante avant la rencontre que vous retrouverez très rapidement sur Hockey Hebdo.
photo:Laurent Lardière
Pour commencer deux coups de gueule partagés avec tous les autres médias, sauf un
Le premier concerne l'attitude du responsable de sport + qui semble considérer qu'il est le seul média à couvrir le hockey lors de ses rares présences dans les patinoires. La tribune de presse a ainsi découvert une superbe caméra particulièrement mal placée car interdisant à 80% des présents la vue de l'un des deux buts. Alertés bien avant la rencontre, sport - n'a pas daigné la déplacer ce qui en dit long sur le respect qu'ils portent aux autres. Nous aimerions beaucoup que France3 hérite des droits de diffusion car eux ils ont aussi de grosses caméras, mais sont aimables et professionnels et disent bonjour aux autres médias si..si!
Le second est relatif au choix de Meribel pour un tel événement, le bail de 4 ans étant sauf erreur terminé cette année. Nous n'avons absolument rien contre les personnes qui organisent, mais la localisation géographique et la patinoire elle-même posent de nombreux problèmes. Demandez aux rouennais qui se sont payés dix heures de bus ce qu'ils en pensent et il n'y avait pas de neige cette année! Il serait logique de placer une telle finale dans une ville avec une gare à proximité. Si on veut rester en Rhône-Alpes, Lyon, Chambéry, Annecy sont d'excellent candidats que l'on peut solliciter en amont...un nombre de place plus élevé serait intéressant, et pourrait permettre également aux locaux et pas seulement aux vacanciers de découvrir ce sport.
Enfin, une patinoire avec une qualité de glace correcte (pas le cas hier soir selon les deux équipes), avec des filets de protection qui interdisent tout accident comme celui de hier soir avec un pompier qui s'est pris un palet en plein visage, et avec une tribune de presse plus accessible et commode serait avouons le un minimum.
Le bon vieux Rouen comme on l'aime
Au terme d'un round d'observation de quelques minutes et ponctuée des premiers tirs de Tartari et Romand sur les gardiens, l'affaire se complique avec une première pénalité de Manavian pris logiquement par la patrouille arbitrale après une caresse irrégulière. Pourtant, le dragon ne parvient à prendre que deux tirs et ne semble pas vraiment dans le coup, même si les normands qui ont modifié leur positionnement tactique paraissent en place contrairement à des grenoblois à la fois absents et souvent en retard en défense.
Les brûleurs vont toutefois parvenir à se créer quelques occasions avec un duo Nilsson Jansson assez actif, mais une seconde pénalité grenobloise à 7"53 va venir briser une timide sortie de la tête de l'eau.
Malgré un beau numéro de Thinel qui feinte la passe arrière pour aller défier Ferhi, Rouen ne parvient pas à se créer beaucoup d'occasions, et vu que les réveils tardifs grenoblois sont monaie courante cette saison, on peut se dire que ma fois la rencontre reste ouverte.
Pas pour longtemps, car le dragon va proposer durant les minutes suivantes une attaque défense de grande qualité, avec des passes aveugles et redoublements à montrer dans toutes les écoles de hockey. A l'initiative, les normands vont finalement trouver la faille fort logiquement.
A 11"24, un joli tricotage de Zwikel derrière la cage de Ferhi se termine par un lancer à angle fermé. Le palet termine sous la jambière du gardien grenoblois, qui semble se relever, Tardiff l'y poussant à nouveau. Pour finir, ce même palet roule devant la cage et Salmivirta plonge pour pousser au fond de la crosse. (0-1)
Une première pénalité rouennaise suivie d'une autre contre Grenoble ne donnent rien, et les isérois semblent hors du coup malgré quelques occasions comme celle de Fleury bien servi par Tartari à 12"13. Bénéficiant de nombreux contres favorables, d'une majorité des engagements, Rouen multiplie le jeu rapide de transition et l'absence d'aide défensive et de véritable rigueur dans ce domaine conduit Grenoble à concéder de nombreuses occasions.
A 19"28, alors que l'on pense que Grenoble a peut-être laissé passer l'orage, Babka hérite d'un palet récupéré à mi-glace et patine pour aller porter le surnombre. Pas attaqué, il passe la bleue pour ensuite décocher une superbe frappe qui trouve la lucarne de Ferhi. (0-2) Un but qui fait mal pour Grenoble et qui souligne la supériorité rouennaise entrevue depuis vingt minutes.
Tirs 13/10 Rouen
Engagements 13/7 Rouen
photo:Laurent Lardière
Carl Mallette
De Mallette en pis pour Grenoble
Alors que l'on croit encore à un réveil grenoblois, les isérois vont effectivement pousser en bénéficiant d'un avantage numérique acquis en fin de période précédente. Pourtant, c'est bien Rouen qui contre avec des attaquants qui partent à la bleue pour aller se payer des ruptures dangereuses et surtout non compensées par l'aide défensive normalement recquise. Alors que le dragon laisse plus de liberté aux attaquants que lors de la rencontre précédente à Grenoble, les isérois ne semblent pas avoir prévu le coup et prévu un replis plus discipliné.
Doucet va échouer ainsi à 23"09 sur Ferhi après un superbe service de Mallette, et malgrè une belle frappe de Wallin à la bleue sur Koenig, la défense grenobloise paraît susceptible de craquer à tout moment sous les coups du dragon.
Un nouveau duel Mallette Ferhi à 5"38 confirme cette impression, mais le rythme est alors globalement en baisse. Le niveau de jeu grenoblois reste inquiétant, tandis que Rouen change ses lignes et attend sereinement l'ouverture.
Les minutes passent, on peut admirer l'occupation de glace de Rouen et les départs offensifs qui sentent bon le titre de champion acquis il y a deux ans, et ce qui devait arriver faute de reveil grenoblois arrive...en supériorité numérique grenobloise après une pénalité contre Virolainen.
A 32"44, Holmqvist fait la valise et glisse pour Mallette qui inscrit facilement le troisième but rouennais (0-3).
A 33"16, spécial dédicace de Mallette qui en bon canadien sait ce que jouer les coups à fond veut dire. Bien servi par Thinel, toujours en infériorité numérique, il met le quatrième avec facilité en contre. (0-4).
Grenoble prend alors un temps mort car la rencontre paraît de plus en plus déséquilibrée, mais celà ne change rien à l'affaire et le dragon remue le couteau dans la plaie avec une belle attaque défense qui produit plusieurs tirs dangereux.
On a alors l'impression que Rouen pourrait inscrire dix buts vu les difficultés des champions de France dont le réveil souhaité pour l'intérêt de la rencontre paraît bien loin.
Après une dernière frappe de Mallette sur Ferhi, on retourne au vestiaire avec le sentiment que Rouen a déjà les deux mains sur la coupe.
La dernière période va nous proposer de multiples buts qui rendent le spectacle intéressant mais qui questionnent quelque peu sur la qualité des défenses, avec un bémol pour Rouen qui gère son capital et grenoble qui prend plus de risques logiquement.
Tout commence bien pour Grenoble qui inscrit enfin un but après seulement 19 secondes de jeu. Un déboulé de Fleury et un centre au cordeau trompent Koenig pas encore concentré visiblement. Cette réduction du score pour sympatique qu'elle soit paraît cependant bien insuffisante. (1-4)
Pourtant, les Brûleurs poussent enfin et ceci conduit à une belle mélée devant la cage rouennaise, et des attaquants des dragons en bonne position pour filer en contre.
C'est ce qui se produit avec Thinel pour un grand classique qui voit mallette inscrire son triplé à 44'09. (1-5)
Après que Monsieur Bergamelli ait rencontré de plein fouet Manavian, lequel se relève plus lentement que l'arbitre, une pénalité rouennaise va permettre à Grenoble de revenir encore.
A 46"54, Wallin frappe à la bleue et Sivic dévie pour trouer totalement Koenig visiblement masqué (2-5).
Les minutes suivantesvoient de nombreuses mauvaises passes des deux équipes qui servent surtout Rouen, Wallin touché à la main doit sortir avant qu'une nouvelle pénalité rouennaise à 49"29 n'offre un retour possible aux isérois.
Sauf que Carl "King" Mallette n'entend laisser à personne le soin de conclure le score pour les normands, et le joueur de Trois Rivières va tromper Ferhi après un face à face qui le voit plutôt excentré et à pleine vitesse piquer son palet en croisé pour son quadruplé à 50"00. (2-6)
Les grenoblois qui n'y croient plus trop vont tout de même avoir le mérite de continuer à jouer mais malgré un killing play de 1"06, ils ne réduisent pas le score et Rouen poursuit son attente sereine à mi-glace.
Après une chaude alerte de Tarantino sur Ferhi à 54"06, c'est Dufour qui bien servi par Fleury qui met au fond à 55"59 (3-6).
Plusieurs pénalités plus tard, Sivic remontera toute la glace pour aller tromper Koenig une dernière fois et en terminer pour le score et le beau hockey. (4-6)
A 59"46, Nilsson va aller percuter assez violemment Koenig, et une mélée s'en suivait avec le gardien rouennais qui jouait du bouclier sur son nouvel ami avec la ferme intention de lui écraser le visage contre la glace. Eriksson y allait d'un coup sur le joueur à terre tandis que Rouleau s'expliquait également dans la mélée. Bilan, deux expulsés en la personne de Nilsson et Eriksson, et deux fois 2+2 pour Rouleau et Koenig avec l'impression que le gardien rouennais ne s'en sortait pas mal sur l'affaire...
Sur cet ultime épisode l'affaire se terminait avec une victoire totalement logique de Rouen.
Tirs 13/7 Grenoble
Engagements 16/16
Conclusions
On a retrouvé dans cette rencontre le Rouen champion de France il y a deux ans avec une défense qui sans être le point fort de l'équipe a tout de même répondu présente, mais surtout une attaque conduite par la ligne air canada qui est toujours redoutable en jeu de transition. Autant on pouvait être dubitatif après la défaite face à Grenoble privé de huit joueurs, avec des interrogations sur un système de jeu qui semblait brider les attaquants, autant le travail accompli par les coachs rouennais est incontestable et de qualité. Réexamen de la défense à mi glace et un échec avant plus rationnel, aides défensives nombreuses, et des attaquants qui peuvent s'évader et mettre les gaz comme ils savent si bien le faire. Rouen a joué à son meilleur niveau, sur ses points forts qui sont clairement de pouvoir marquer plus de buts que l'adversaire, avec pour seule limite une défense qui en a quand même pris quatre dans la musette.
Première finale gagnée pour les dragons après une année de disette, gageons qu'au delà du résultat lui-même, la victoire va faire du bien à cette équipe qui a su aller la chercher non seulement en finale mais lors des phases précédentes.
Les normands étaient en quête d'un match référence, c'est fait. Difficile de dégager un joueur dans ce collectif mais soulignons l'efficacité de Mallette lors de cette rencontre, qui est certainement ce qui se fait de mieux en Magnus en terme de finition devant le but.
On souhaite bien du plaisir aux adversaires des rouennais en Coupe de France après cette répétition générale, même si les adversaires n'auront pas les largesses grenobloises en matière défensive comme on l'a vu ce soir.
La défaite grenobloise est quelque peu surprenante par son ampleur. Certes, il n'y a que deux buts de plus, mais les champions de France ont étés ce soir très largement dominés et le score ne paraît pas totalement en souligner l'ampleur. Hors du coup d'entrée, ils laissent une impression très négative malgré une troisième période plus intéressante, et après une défaite à Chamonix, c'est tout de même le second revers de suite.
Individuellement, l'ensemble du groupe a semblé en dedans, avec des erreurs offensives et défensives aussi nombreuses qu'inhabituelles. Collectivement, le repositionnement rouennais n'a pas été géré d'entrée, et l'impression d'une défense et surtout d'aides défensives qui en étaient restées à la rencontre à grenoble persiste.
Alors que Lusth nous avait habitué à un plan de jeu assez précis et anticipateur, l'impression d'hier est qu'il n'a pas pu, voulu, faire travailler son effectif dans ce sens. L'utilisation de Rouleau en attaque semble discutable sur la rencontre, et on peine également à comprendre pourquoi par exemple Llorca fait deux passages sur la glace en début de rencontre et puis s'en va? Bref, alors que généralement, Grenoble avait préparé l'affaire, l'impression d'un système sans anticipation de changements adverses paraît visible hier.
Première finale perdue en deux ans, celle-ci va sans doute remettre certaines pendules à l'heure et conduire le staff à souligner certaines erreurs et approximations. Doit-on parler pour autant d'un malaise plus important au sein du collectif? Ceci ne semble pas être le cas. Désormais, Grenoble va devoir se concentrer sur la Coupe Continentale ou toute prestation de ce type conduira clairement à la dernière place...
Il est possible que de ce point de vue, la défaite d'hier fasse du bien et rappelle à certains que le succès n'est pas automatique...
Ajoutons enfin que la qualité de la prestation des 4 arbitres hier soir plébiscite très largement cette solution que l'on espère revoir le plus souvent possible en magnus.
EMELINE JE PENSE QUE TU AS RATER LE TOUT DEBUT DU JOURNAL CAR DES IMAGES ET MEMES DOUDOU ETAIT PRESENT SUR LE PLATEAU SINON VA SUR INTERNET FR3 19/20 HAUTE NDIE
Et pourquoi pas le groupe Eurosport.
Sur Eurosport 2, on a en ce moment la Coupe Spengler à Davos, les deux matches en direct par jour, et au moins le match de Equipe Canada aux mondiaux U20 !!!
On aura les mondiaux.
Ca pourrait peut être le faire.