C'est ce samedi soir qu'on allait voir si les fêtes s'étaient bien déroulées pour les uns et les autres et quelles en seraient les conséquences. Visiblement, à la vue de la fraîcheur physique des deux opposants dès les premières minutes, il ne semble plus y avoir de traces d'un quelconque réveillon.
Les deux formations qui occupent la première et troisième place du classement au moment du match reprennent peu à peu leurs marques et, pour l'heure, se respectent et se neutralisent. Le public n'a pas une seule fois l'occasion de frissonner réellement et même les équipes spéciales de Clermont ne parviennent pas à faire poindre la moindre émotion.
Il faut attendre presque sept minutes de jeu pour assister à des actions plus tranchantes à défaut d'être déterminantes. Le jeu est propre des deux côtés et on prend son mal en patience en se disant qu'un moment ou à un autre tout cela allait bien se décanter.
Et effectivement c'est le cas, d'un coup d'un seul, sans crier gare et peut-être à un moment où les locaux parvenaient à prendre le dessus sur leur adversaire, un cafouillage se profile devant la cage de Lacerte. Il fait un premier arrêt difficile mais laisse la rondelle disponible. Gavada, qui a tout vu, ne rate pas l'occasion de placer le caoutchouc hors de portée du gardien. On joue depuis 13.30' et la première surprise vient de se produire. Stupeur dans les gradins...
Mais quelques secondes plus tard, 22 exactement, Souchon fait son récital et propose tout un dribble qui déjoue parfaitement le portier local qui n'y voit que du feu.
Les Sangliers mènent 2-0 et tiennent jusqu'à la pause malgré les infériorités subies mais dont ne profite pas Tours. On se complique bien la vie du côté local à la recherche de la passe parfaite qui ne change pas la donne.
Photo : Faustine Le Terrien
Inefficaces jusqu'alors en supériorité, les Remparts se doivent de recouvrer au plus vite leur jeu sous peine de douter. Mais l'arbitre ne leur laisse pas cette opportunité et Souchon, pour la seconde fois de la soirée, s'en vient tromper Lacerte. L'addition commence à être salée pour le leader qui s'attendait à tout sauf à être mené 3-0 en début de deuxième tiers.
La réaction attendue arrive enfin, et c'est Kiska qui, avouons-le, semble au-dessus du lot et attend son heure pour tromper un Zavadil couché qui, jusqu'alors, n'avait pas vraiment eu de travail ou avait bénéficié de circonstances favorables qui avaient préservé sa cage inviolée.
Il n'en faut pas plus pour remonter un public en ébullition et l'on pense, légitimement, que les locaux vont enfin déployer leurs forces pour recoller au score. Mais rien ne se passe, même en double supériorité. Le palet circule pourtant mieux et de manière bien plus fluide mais, face aux banderilles, Zavadil commence à démontrer son talent et annihile toute tentative de retour. Pis, alors que l'on s'attend à un juste retour, Faure, dans un trou de souris, trouve une nouvelle solution pour porter la marque à 4-1. Les arbitres hésitent, ils discutent, les supporters aussi sont indécis tandis que Lacerte est sûr de son fait. Pour lui, il n'y a pas but. Finalement, les zèbres valident la réalisation du 81 et provoquent une colère, aussi soudaine qu'inattendue, d'un Lacerte qui perd son sang-froid en brisant sa crosse en deux.
Clermont-Ferrand peut rentrer au vestiaire sereinement sans qu'il n'y ait rien à y redire. On parlera d'opportunisme côté visiteur et de stérilité côté local.
Photo : Faustine Le Terrien
A la table de presse, on se dit qu'on aimerait pas être à la place des Remparts dans le vestiaire. On se doute bien que le discours du coach Pourtanel a dû être musclé et on s'attend à un retour en fanfare car l'heure est grave.
On sent effectivement que les paroles sont bel et bien enregistrées puisque Tours joue de manière précise et envoie quelques frappes chirurgicales qui n'inquiètent pas plus que ça l'ami Zavadil. Et pourtant, c'est Domin qui sonne le vent de la révolte, le tout orchestré par Lacerte, bien remis de ses émotions et qui avait proposé, quelques secondes auparavant, tout un arrêt.
A douze minutes du terme, le match vient de changer d'un coup d'un seul. Tout le monde est remonté à bloc, même mes collègues de la table de presse qui ne perdent pas une miette du spectacle où le suspense vient de faire subitement son apparition. Kiska, en supériorité, enfin, trouve la faille et s'en vient tromper le portier des Sangliers qui voit se rapprocher dangereusement la marée bleue et noire. Le score est alors de 4-3 à huit minutes du terme et Clermont, qui veut vite stopper l'hémorragie, demande un temps mort judicieux.
Temps mort payant puisque les visiteurs, à défaut d'être dangereux, supportent sans broncher les assauts répétés de leurs adversaires. Mais le temps joue pour eux, alors Tours aussi demande sa petite pause. J. Pourtanel tente le tout pour le tout, il sort son portier. L'entre-deux est perdu et Souchon, de son territoire, envoie un long lancer précis, à ras glace, dans le filet désert. C'est fini ! Il ne reste pas plus de deux minutes à jouer, mais en hockey tout est possible, surtout lorsque qu'un tir de pénalité est accordé à une minute de la fin, mais le Zavadil se transforme en héros national pour ses partenaires et les quelques fans de Clermont bien présents dans la petite tribune.
Le match se termine sur une tension extrême entre les deux formations qui ont tout donné. Clermont-Ferrand crée la grosse surprise de ce début d'année même si, de l'autre côté, on peut également parler de surprise puisque Meudon a défait La Roche-sur-Yon.
Tours aura eu un nombre incroyable de lancers et aura tout tenté pour revenir, mais le sanglier a été solide comme un roc et a tenu le coup jusqu'au bout.
Ce match a une terrible double conséquence pour les Remparts. Tout d'abord, ils viennent de perdre leur deuxième rencontre à domicile après celle de Valence au mois de novembre. Et surtout, ils perdent leur place de leader aux dépens des Français Volants qui ont pris leur revanche sur Strasbourg. De fait, Clermont s'est rapproché dangereusement de Tours et n'est plus qu'à deux longueurs.
Tours, justement, ira à Valence le week-end prochain avant de recevoir Paris. Autant dire que le calendrier ne va pas être de tout repos.
Pour les Sangliers, tout roule. Ils ont fait douter Asnières, ils ont battu les Volants et maintenant ils battent Tours. Voilà de quoi poser légitimement cette équipe en haut de classement avec sûrement des ambitions revues à la hausse en vue des playoffs tant leur victoire de ce soir est loin d'être usurpée.
La semaine prochaine, une victoire face aux Français Volants pourrait apporter aux Sangliers l'assurance d'être définifivement craints et redoutés en vue des séries.
Maintenant, puisqu'il faut conclure, on a du mal à apprécier certains gestes. Certes, la tension en fin de match a été réelle, certes, quelques joueurs se sont provoqués, frictionnés pour ne pas dire plus, mais on est quand même au hockey alors tout ce qui se passe sur le glaçon peut paraître humain tant que certaines règles sont respectées. Mais ce qui se passe sur le banc le devient moins quand un certain joueur de Clermont-Ferrand, qui a inscrit son nom sur la feuille de pointage, passe son temps à provoquer le public de manière incongrue ou encore le banc d'en face. Et ce même joueur, en guise de conclusion, se permet un geste d'une obscénité rare à l'endroit de ce même public dont il ne doit pas savoir que des enfants sont présents. On se demande de l'utilité de ce genre de réactions quand on a une équipe qui a démontré sur le glaçon la réponse idoine à apporter.