Ça y est, la reprise et là, et après un « puck drop » que tout le monde attendait, les joueurs sont partis. « Tiens, ça patine vite… » Les sourcils se haussent rapidement devant le jeu qui part bien. Remarquez, on vient de lâcher des passionnés privés de leur sport pendant un été complet… c’est cohérent. Et passionné, c’est le bon terme. Galvanisé par la foule qui est déjà très bruyante, Lucas Lacroix marque à seulement 2’11, aidé de loin par Bourgin et Petot, d’un tir très joli bien que marqué dans une espèce de précipitation alors qu’il accélérait en direction de la cage adverse.
Un peu chamboulées par ce score ouvert si rapidement, les deux équipes offrent, pendant une minute intense, un jeu saccadé mais relativement brouillon. Pour remettre de l’ordre, on envoie le capitaine, Loïc Chabert qui tire deux fois, un premier palet qui part sur le banc puis qui le reprend pour aller marquer tout seul, comme un grand, ou ex-grand joueur de Magnus à Nice. A 3’25, il nous rappelle bien qui mène cette équipe.
A partir de là, enfin pour Anglet, Dijon passe en défense. Romain Truffert devient assez offensif, revenant deux fois à la charge du nouveau gardien des Ducs, Pacôme Courtoison. Mais oh miracle, la défense l’arrête ! Le petit Jake Oblak, le défenseur arrivé du Massachussets, ne laisse même pas l’espoir de s’approcher du gardien. Le Basque, Pierre Vissio, de frustration, n’hésite pas pousser Mahier avec agressivité. En tous cas, à Dijon, des grâces tombent du ciel. Enfin, ils ont compris ! Enfin, ils ont compris qu’une bonne défense est une clé de réussite.
Un peu plus loin dans le tiers, Léo Texier fait un joli tir qui passe malheureusement trop haut. Les joueurs au maillot enfraisé patinent vite, tout feu tout flamme. Vission tire encore mais le Courtoison, l’ex back-up d’Epinal est déjà à genoux : il avait prévu le coup et le dévie à l’autre bout de la glace tranquillement, d’un coup de botte.
À 11'47, le Colton Sipperley, petit nouveau dans l’équipe, nord-américain de 24 ans, part en échappée. La patinoire est en feu. Le cri du « 7e joueur » est strident. Face à cela, la défense d’Anglet ne fait plus dans la dentelle et va le bousiller contre la bande, en guise de mise en échec. Pas de pénalité pour autant.
Lorsque Hormadi se remet à l'attaque (il était temps), Courtoison a un instant a chaud aux fesses mais les défenseurs font leur travail et cherchent enfin à nettoyer la zone avec ardeur.
De nouveau d’attaque, Dijon fait se coucher Max Kleiber, et lui fait perdre sa crosse. Quand on dit que la patinoire entière retient son souffle, ce n’est pas une métaphore. Et c’est le 3e but, par Lacroix, qui a eu la présence d’esprit de monter son palet.
En réponse, vexé sans doute, Vission revient. Un charivari devant la cage fait monstrueusement peur. Courtoison qui ne colle pas ses poteaux manque de voir un drame se passer mais par miracle, Vission manque le tir du siècle, offert littéralement. Oblak fait son travail à la pure perfection. En joueur responsable, d’un coin de la glace, il fait signe aux autres de se calmer et rassure. Malheureusement pour les ducs, Antoine Hernandez fait un chassé-croisé qui a raison du goalie, lui mélangeant les neurones. La mobilité en papillon lui manque. Une fois posé, il lui est difficile de couvrir l’autre poteau rapidement. Il se propulse mais ne se rattrape pas vraiment.
Tagliapietra prend 2 minutes pour dureté. Le power-play est un peu nul mais aboutit tout de même un but, par Lacroix toujours qui en est à son 3e.
La fin de tiers se fait en essuie-glace d’un bout à l’autre de la glacce, avec un hors-jeu bien maladroit qui flotte au milieu. Anglet est bien fébrile et n’hésite pas à bousculer, à faire tomber et jouer d’une façon légèrement bouchère.
C’était un très bon tiers. Prometteur et agréable. Deuxième tiers : Moins bien.
Chabert n'a rien perdu en un été. Il est toujours sur tous les fronts, Oblak est aussi toujours sur la glace. Bon combo : les deux joueurs fonctionnent très bien ensemble.
Baptiste Laussu tire une fois sur la cage bourguignonne mais de manière tellement pas cadrée, Courtoison le dévie avec sa crosse. Dans ces 5 premières minutes, Dijon est plutôt en défense mais pour autant, les Basques ne sont pas non plus à leur aide. Arthur Coley prend 2 minutes pour une faute légère mais sanctionnée, ce qui ne gêne pas un problème finalement, dans ce match très propre. Le power-play est infructueux pour le joueurs aux fraises mais très intéressant car on y voit clairement Quentin Mahier observer Oblak et en prendre de la graine. On voit facilement les coups d’œil qui sont lancés en direction de ce n° 86 toujours si bien placé.
Le 1er tir cadré du tier pour Anglet II est arrêté par le Courtoison qui se ferme comme une huitre. Sur l’engagement qui suit, le palet est perdu par Fahas qui n'a pas vu venir le petit jeune en face et son coup de crosse. Heureusement, Mattéo Ricou, emprunté à Strasbourg par licence bleue, reprend et va tirer et pouf ! elle est au fond, avec l’aide de Lacroix et Petot. 3 minutes plus tard, le deuxième but des Basques est marqué, œuvre de Tagliapietra, très en forme qui déjoue Courtoison sur le côté, ou il n’est encore une fois pas arrivé assez vite.
Et puis, le jeu, qui était déjà moins passionnant, s’éssoufle à coups de tirs mous. Ce deuxième tiers est clairement en dessous, sans forcément qu'on ait l’impression que ce soit dû à la fatigue. Comme toujours en plus, la première ligne dijonnaise est sursollicitée. Fatigué, Chabert prend crosse haute après un brassage sur la gauche du goalie contre la bande.
Dans la dernière minute, après la sortie de pénalité du 23, Spencer Yardi, Kleiber dans sa cage se prend Simon Bourgin en pleine face. Ce dernier part donc 2 minutes pour obstruction. La fin de tiers se fera en power-play. Il y a un sursaut rapide, Lightfoot, nouvelle recrue locale arrive à attraper le palet de l’engagement et alors que tout le monde le cherche dans la panique, il a le temps de foncer comme un forcené direction la cage des visiteurs. Mais c’est peine perdue. Il reste 1'14 de PP pour le 3e tiers.
Troisième tiers :
Le troisième s’ouvre sur une crosse cassée, avec lequel Mathieu Lambert-James continue de tirer, ce pour quoi il prend 2 minutes. La raison ? Matériel non conforme.
Contrairement à Dijon, qui n’exploitent finalement à fond qu’une ligne ou deux, les joueurs aux fraises tournent beaucoup et tous montent sur glace. Leur power-play est malgré tout stérile. Cependant, c’est la fin de la découverte pour Anglet qui semble s’être réveillé. Les jeux de passes sont rapidement nombreux et précis, lacent la glace en remontant jusqu'au but adverse. Il y a de quoi s’inquiéter un peu, chez les locaux. D’ailleurs, cette fois, ils sont clairement en difficulté et les rebonds de Pacôme Courtoison font peur à voir. La défense fraisière est également plus présente. Pour les supporters toujours aussi excités (et assourdissants), heureusement qu'il y a trois buts d'avance. D’ailleurs la tension monte tant et tant que des prémices de combat s’engagent deux fois, même après le gel de palet.
Alexandra, le trouble-fête éternel de Dijon, tente, dans une bousculade, de s’en prendre aux arbitres ! C’est finalement le Lucas Lacroix qui prend 2 minutes sous les « fuck off » de quelques joueurs anglophones dont on taira le nom.
En 4 minutes on compte donc pas moins de 4 échauffourées. Le power-play basque, malheureusement en défense, a le mérite de tester la souplesse de son gardien qui a le bon gout d’avoir un grand écart magnifique et qui couvre ainsi la largeur de la cage, malgré sa petite taille (1m73). Cette fois, à côté des visiteurs, les ducs paraissent mous. Heureusement pour eux qu’Anglet a du mal à tirer dans l’axe.
Mais bon... 5 minutes et beaucoup d’agitation pour à peine deux tirs plus tard, une pénalité simultanée pour Lacroix et Spencer vient calmer le jeu. Le jeu est rapide, pas désagréable à regarder mais personne ne tire. C’est san doute la faute de la défense défense de Dijon, qui a sans doute le défaut de sa qualité et qui arrête, d’un côté comme de l’autre, les joueurs avant qu’ils n’arment la crosse. Un moment de 5 contre 5 sans plus, donc... Et puis ça y est la fatigue est arrivée. À 5 minutes de la fin, et pour un match de reprise, c’est légitime.
Au 6e but de Dijon, signé Mattéo Ricou, un combat redémarre. Le marquage était joli, passé sous les bottes. Mais les minutes finales trainent en longueur avec un jeu coupé assez souvent pour être remarqué. La voix de certains supporters perce le vacarme des tambours pour dire de sortir le gardien et achever ces joueurs aux fraises, littéralement. Mais trop risqué, ces derniers risqueraient quand même vite d’alourdir le score.
Et devinez qui finit les 5 dernières secondes en prison pour charge incorrecte... Antoine Alexandra. Heureusement, son manque de sang-froid n’entame pas la joie de la foule, qui je crois, n'a jamais été si bruyante que ce soir. Prochain match à Annecy samedi prochain et dans quinze jours de nouveau à Trimolet contre Toulouse-Blagnac.