Après la première demi-finale entre la Suède et la République tchèque, un classique du genre, la deuxième demi-finale opposait la grande Russie à l’Allemagne pour une demi-finale détonnante et complètement inattendue! Autant dire qu’il s’agissait de la demi-finale la plus déséquilibrée depuis bien longtemps, malgré le fait que l’Allemagne aura été l’équipe ayant accroché le plus sérieusement la Russie dans les tours précédents (courte victoire russe 3-2).
Russie – Allemagne 2-1 (0-1 1-0 1-0)
La Russie prise à froid
Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, les Russes débutaient tranquillement le match. Vyacheslav Bykov se méfiait bien entendu de l’entrée des Allemands dans la partie, devant leur chaud public. Le plan de match était donc plutôt axé sur la retenue, ce qui veut dire que les Russes calculaient vraiment leurs offensives et ne prenaient aucun risque. A part à de rares exceptions notamment sur une montée d’Alexei Emelin ponctuée d’un bon tir en entrée de zone, les défenseurs russes n’appuyaient pas autant leurs attaquants que durant les matchs précédents. La Russie ne voulait simplement pas devoir courir après le score à cause d’un but bêtement encaissé en début de match, ce qui avait d’ailleurs coûté le quart de finale aux compatriotes de Vyacheslav Bykov, c’est-à-dire les Suisses, contre cette même surprenante Allemagne. Car le jeu défensif d’Uwe Krupp est bien au point et avec l’élan qu’il y a actuellement derrière la Mannschaft, mieux valait assurer le coup plutôt que de se ruer à l’attaque. Mais cette stratégie voulait aussi dire que les Allemands allaient avoir un peu plus le contrôle de la rondelle. Et ils ne s’en privaient pas ! Comme sur un nuage, ils mettaient les Russes sous pression en se procurant quelques belles occasions. Et ils poussaient aussi les joueurs de Vyacheslav Bykov à la faute. Evgeni Malkin était le premier joueur puni pour une obstruction (10’15’’). Puis sur le power play allemand, Nikolai Kulemin était renvoyé au vestiaire (pour boarding à 11’26’’). La situation devenait critique pour les Russes car les Allemands commençaient à aligner les grosses occasions de scorer. Après avoir dû gérer une double infériorité numérique, ils devaient surtout gérer la pénalité incompressible contre Nikolai Kulemin. Mise sous pression, la Zbornaya offrait une autre pénalité contre Alexei Emelin (à 14’32’’ pour hooking) qui permettait cette fois à la Mannschaft d’ouvrir le score dans un délire total, en double supériorité numérique, par Marcel Goc (15’30’’, 0-1 pour l’Allemagne). Finalement, le scénario catastrophe tant redouté par Vyacheslav Bykov se produisait… En fin de période, une pénalité inutile contre Daniel Kreutzer en zone défensive russe (16’57’’ pour tripping) permettait aux Russes de sortir la tête de l’eau. Dans les dernières minutes, même après le retour de Daniel Kreutzer, les Russes campaient devant la cage de Rob Zepp, mais sans parvenir à trouver la faille.
Crédit Photo : Stéphanie Ouvry © Hockey Hebdo 2010
L\'Allemagne limite les dégâts
Les Russes revenaient sur la glace avec une énorme pression. Vyacheslav Bykov était plus que conscient du danger que représenait la période médiane. Il savait que l’Allemagne allait tout donner et c’était ce qui se passait. Les joueurs d’Uwe Krupp laissaient leur cœur sur la glace lors de chaque shift. Sur chaque lancé russe, un défenseur allemand se jetait sur la glace pour contrer le puck. L’était d’esprit des Allemands faisait vraiment forte impression et à cela s’ajoutait Dame Chance qui a effectivement choisi le camp de la Mannschaft lors de ce mondial. En quarts, les Suisses n’avaient-ils pas touché par 5 fois les montants allemands avant d’être éliminés 1-0 ? 
Crédit Photo : Stéphanie Ouvry © Hockey Hebdo 2010
La Russie au finish
En dernière période, la scénario était le même que lors de la période intermédiaire. La Russie faisait le jeu, avait le monopole du puck, mais se heurtait à une défense allemand très compacte devant Rob Zepp. A plusieurs reprises, alors que personne n’était en prison, la Zbornaya tournait autour de la défense allemande dans sa propre zone, comme s’il y avait un power play russe. Et le premier power play russe du tiers-temps, il tombait en deuxième partie de période (à 54’27’’ contre Sven Felski pour hooking). Pavel Datysuk et Ilya Kovalchuk donnaient des sueurs froides aux 18\'734 spectateurs présents, mais sans réussir à prendre l’excellent Rob Zepp en défaut. C’est finalement sur un mauvais contrôle allemand à l’entrée de la zone russe que la Zbornaya pouvait partir en contre et crucifier l’Allemagne grâce à la star des Detroit Red Wings, Pavel Datysuk, qui faisait tout le travail tout seul et qualifiait ainsi son équipe pour la finale contre la République tchèque (58’10’’, 2-1 pour la Russie). Au premier engagement en zone offensive, Uwe Krupp demandait son temps mort (58’30’’) et sortait Rob Zepp pour tenter d’égaliser. Et les Allemands étaient très proches de l’authentique exploit, mais la Russie tenait bon.
Crédit Photo : Stéphanie Ouvry © Hockey Hebdo 2010
Russie – Allemagne 2-1 (0-1 1-0 1-0)
Meilleurs Russes sur l’ensemble du tournoi : Seymon Varlamov – Ilya Kovalchuk – Vitaly Atyushov