
Photo : Laurent Lardière Gerber a son affaire face aux tcheques
Tiers-temps de folie !
La Suisse ouvrait donc rapidement la marque de fort belle manière. Ivo Rüthemann, en entrant dans la zone tchèque, laissait le puck en retrait pour Goran Bezina, en seconde volée, qui adressait un bon tir du poignet sur la cage de Tomas Vokoun, obligé d’accorder un rebond que Martin Plüss récupérait pour ouvrir la marque, en backhand devant le portier des Florida Panthers (4’13’’, 1-0 pour la Suisse).
Sur l’engagement suivant, Thibaut Monnet ratait le 2-0 en deux temps, complètement seul devant Tomas Vokoun, exceptionnel sur cette action. Après ces folles minutes initiales, le match s’équilibrait mais les Tchèques ne parvenaient pas vraiment à se montrer réellement dangereux. Et c’était la Suisse qui prenait une deuxième longueur d’avance, à nouveau d’une manière extraordinaire avec une sublime triangulation en mouvement entre Thibaut Monnet, Damien Brunner et Andres Ambühl, à la réception de la rondelle qui battait Tomas Vokoun (14’07’’, 2-0 pour la Suisse).
Les Tchèques se procuraient à leur tour quelques occasions, dont la meilleure échouait sur la crosse de Jaromir Jagr, complètement seul devant Martin Gerber. L’ancien gardien d’Anaheim, Carolina, Ottawa et Toronto réalisait un vrai big save qui permettait à la Nati de retrouver le vestiaire avec cet avantage de deux buts.
Martin Gerber sauvé par son poteau
La deuxième période voyait tout de suite les Suisses mettre la République tchèque sous pression. Mais les Tchèque réagissaient directement et le jeu en zone neutre devenait plus fermé. Des Tchèques qui revenaient tout de même au score grâce à un engagement en zone helvétique. Une erreur de Goran Bezina, qui recevait la rondelle contre la bande et manquait sa passe pour Mathias Seger, permettait à Jan Marek de récupérer le puck juste devant Martin Gerber. La star du Metallurg Magnitogorsk s’y prenait à deux fois et permettait à ses couleurs d’ouvrir leur compteur (24’07’’, 2-1 pour la Suisse).
Puis la Suisse reprenait le contrôle du match lorsque la première pénalité de la partie était sifflée contre Michal Barinka, l’ancien défenseur du SC Bern (25’21’’ pour tripping). Les hommes de Sean Simpson se procuraient plusieurs occasions, puis recevaient même la possibilité d’avoir un court double avantage numérique de 6 secondes lorsque Karel Rachunek était à son tour envoyé en prison (27’15’’ pour roughing). 
Photo Laurent Lardière Monnet , un des suisses tres en vue ce soir !
Ces 6 secondes permettaient aux Suisses d’installer un très bon power play mais néanmoins, la plus grosse occasion de cette séquence revenait aux Tchèques, en contre grâce à une très belle passe de Jakub Klepis qui servait Tomas Rolinek, lequel ajustait le poteau de Martin Gerber. Puis un peu contre le cours du jeu, la Suisse reprenait une deuxième longueur d’avance par le très rapide Andres Ambühl, qui après avoir contrôlé à la ligne bleue tchèque une sublime et longue passe vérticale de Timo Helbling, battait Tomas Vokoun entre les jambes (31’47’’, 3-1 pour la Suisse).
Mais les Tchèques dominaient la deuxième partie de ce vingt et revenaient une nouvelle fois au score par Miroslav Blatak, qui armait un missile de la ligne bleue qui était dévié devant le slot par la crosse de Martin Plüss hors de portée de Martin Gerber, totalement masqué au débart du shoot puis lors de la déviation (34’31’’, 3-2 pour la Suisse).
La domination tchèque continuait avec un long double avantage numérique suite à des pénalités contre Mathias Seger (36’15’’ pour hooking) et Thibaut Monnet (36’59’’ pour roughing). Mais les Suisses tenaient le choc et pouvaient rejoindre le vestiaire avec cet avantage de 3-2.
Le nouveau visage helvétique
Dans l’ultime période, la République tchèque dominait les débats mais buttait sur une défense helvétique absolument intraitable. Devant un Martin Gerber impeccable, les ténors de la défense tenaient leur place, Julien Vauclair, Steve Hirschi, Mathias Seger, Goran Bezina, Timo Helbling ou encore le jeune prodige Roman Josi, chacun de ces joueurs était prêt à laisser son cœur sur la glace, à l’image aussi des attaquants défensifs de cette formation suisse. Ainsi, après avoir battu le Canada pour la première fois dans un championnat du monde, 
Photo : Laurent Lardière Joie suisse après le troisième but !
la Suisse pouvait fêter quelques heures plus tard sa première victoire en championnat du monde contre la République tchèque ! Cela n’est pas sans rappeler les Jeux Olympiques de 2006 où la Suisse avait pris le meilleur sur le Canada (2-0) puis sur la… République tchèque (3-2). Sauf que cette année, la Nati semble avoir encore de la marge. En effet, Sean Simpson s’est encore réservé le droit d’inscrire trois joueurs pour la suite du tournoi et l’état d’esprit nouveau dans cette équipe laisse espérer une suite meilleure que lors du tournoi de Turin.
Avec ces 9 points, la Suisse est assurée de participer aux quarts de finale et peut encore essayer de terminer à la première place avec les matchs contre la Norvège et la Suède. Une chose est sûre, la différence de mentalité par rapport à l’ère de Ralph Krüeger change complètement le visage de cette équipe. Oser, avoir des ambitions, voici ce qui était interdit aux Suisses lorsqu’ils étaient sous les ordres du Canado-Allemand, qui partait du principe que la Suisse ne pouvait pas faire autre chose qu’attendre et défendre lorsqu’elle jouait contre les gros bras du hockey. Les choses bougent très vite ces dernières années en Suisse, une Suisse qui prouve qu’elle est belle et bien une grande nation de hockey sur glace.
Suisse – République tchèque 3-2 (2-0 1-2 0-0)