Entre 1956 et 1969, seulement deux équipes ont régné sur la NHL. L'une en réalisant notamment un record incroyable : gagner cinq coupes Stanley consécutives. L'autre en volant le titre à quatre reprises à son adversaire. Leurs noms : le Canadien de Montréal et les Maple Leafs de Toronto. Seul Chicago, en 1961, a réussi à se frayer un chemin entre ces victoires canadiennes. Mais, depuis cette époque, Montréal a continué à gagner. Chicago aussi. Pas Toronto. Un comble, pour une équipe évaluée en 2013, par Forbes, à 1,15 milliards de dollars. Soit la première au classement de la Ligue. Grâce, notamment, aux revenus tirés de sa patinoire. Une honte, pour une franchise née en 1917 qui a remporté le titre à treize reprises. Pire : les Maple Leafs n'ont pas participé à une finale depuis 1967, l'année de leur dernier titre, l'époque où la NHL ne comptait que six équipes. Car, la saison suivante, la Ligue a accueilli six nouvelles franchises. Et Toronto n'a plus jamais remporté de Coupe Stanley.
Toronto bientôt rattrapé par Detroit ?
En 2008, les Maple Leafs accueillent un nouveau directeur général. Son nom ? Brian Burke. Son objectif ? Bâtir en cinq ans une équipe compétitive. Capable, on l'espérait, de gagner la Coupe Stanley. Résultat : un départ en janvier 2013 pour le directeur général, et une traversée du désert qui continue pour Toronto. Chez les Maple Leafs, les entraîneurs continuent de s'enchaîner. Les déceptions aussi. Les nombreux points de Phil Kessel, arrivé à Toronto en 2009 en sacrifice du choix de premier et de second tour au repêchage de 2010 mais aussi de premier tour de 2011 à Boston, n'y font rien : la deuxième franchise la plus titrée de NHL peine à accéder aux séries.
Malheureusement, les faits sont là : depuis 2004, Toronto n'a participé qu'une seule fois aux play-offs. C'était lors de la saison 2012-2013. Les Maples Leafs venaient briser une malédiction et sauver la mise à la fin d'une décennie désastreuse. Mais, la saison dernière, la malédiction fut son grand retour, au grand dam des supporters. Les feuilles d'érable sont tombées trop tôt. Encore. Et pendant que Toronto rame, d'autres passent la vitesse supérieure, notamment les Red Wings de Detroit, qui ont remporté la Coupe Stanley à onze reprises, menaçant de dépasser les Maple Leafs au palmarès de la NHL.
Le paradoxe de Toronto
A Toronto, les amateurs de sport ont peu de pain à se mettre sous la dent. En NBA, les Raptors peinent, ratant régulièrement les séries, à l'image des Maple Leafs. Reste alors le Toronto FC et les Blues Jays pour trouver un motif de satisfaction. Problème : l'équipe de soccer et celle de baseball n'accèdent pas non plus aux séries. Même les dirigeants de la NHL s'inquiéteraient pour le moral du public de la ville : Howards Bloom, du Sports Business News, a récemment déclaré que la Ligue penserait à ajouter quatre équipes d'expansion, dont une à Toronto. Information démentie par Gary Bettman, commissaire de la NHL. Mais le paradoxe demeure : Toronto abrite une franchise de NHL, une de MLS, la seule franchise de NBA et de Ligue majeure du pays. Mais la ville n'assiste que très peu aux séries.
Toronto entre rires et colères
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Pendant ce temps, adversaires comme supporters de la franchise s'en donnent à cœur joie pour moquer cette absence de résultats, s'adonnant à un véritable concours de moquerie pour les uns, d'autodérision pour les autres. Un exercice qui peut aller loin. Très loin. « C'était la dernière volonté de Terry que ses porteurs soient les Maple Leafs de Toronto afin qu'ils puissent le laisser tomber une dernière fois » : dans son avis de décès publié dans le Hamilton Spectator, un supporter a demandé à ce que sa tombe soit escortée par des partisans des Maple Leafs. Un vœu exaucé le moment venu par des hommes vêtus de la tunique des Maple Leafs. L'absence de participation aux play-offs et l'éternel statut de second couteau de Toronto provoque les rires ici et là. Il en est de même de ce chiffre qui ne cesse de grossir, année après année, le 47, comme les 47 années traversées par les Maple Leafs sans Coupe Stanley. Les supporters du Canadien de Montréal, éternel rival de Toronto depuis l'époque des six équipes originales, n'hésitent pas à appuyer là où ça fait mal. Conséquence : sur internet, les Maples Leafs font l'objet d'une véritable bataille du rire.
Mais, parfois, la Leaf Nation fait ressentir son exaspération d'une autre manière. En ce début de saison, un fan des Maple Leafs a jeté son maillot sur la glace à l'issue d'une défaite face à Pittsburgh. « Je suis sûr que ce n’est pas plaisant, aussi tôt dans la saison, de voir ça dans ton aréna » a commenté la star des Pens, Sidney Crosby. Mais, payant les places les plus chères de la Ligue, les supporters de Toronto en ont marre d'assister, depuis aussi longtemps, à un tel spectacle. Pour en finir pour de bon avec ces performances, les dirigeants des Maple Leafs ont décidé, cette année, de s'associer à SAS, chef de file en analyse d'affaires. L'objectif : améliorer les résultats de l'équipe grâce à l'analyse de données concernant les performances individuelles et les stratégies sur la glace, mais aussi obtenir une aide concernant le repêchage ou la négociation des contrats. Si cela permet de mettre fin à une abstinence de plus de quatre décennies...
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