Buts : Grenoble : 24:04 Baptiste Amar (ass Mitja Sivic et Maxime Moisand) Dijon : ; 31:22 Rob Dmytruk (ass Yanick Riendeau et Peter Trokan) ; 48:10 Mathias Arnaud ; 55:37 Anthony Guttig (ass Mathias Arnaud) ; 59:47 Robert Jarvis
Pénalités
14 minutes contre Grenoble
20 minutes dont 10 Ã Kristin contre Dijon
Avec les seules absences d'Elie Raibon et de Joris Bedin, Grenoble retrouvait des dijonnais au complet et qui restaient sur trois succès de suite entre Coupe et Ligue Magnus. Après leur mauvaise prestation face à Epinal, les isérois avaient fréquenté intensément Pôle-Sud cette semaine, Jean-François Dufour n'ayant par ailleurs pas mâché ses mots au sujet du rendement médiocre d'une partie de son effectif et en particulier des jeunes joueurs. C'était donc avec une certaine pression que Grenoble abordait cette rencontre dans une patinoire assez bien remplie.
Photographe Laurent Lardière
Egalisation de Dijon par Dmytruk
Période creuse
On passe directement à la seconde période? Presque tant l'ensemble des vingts premières minutes fut terne et insipide, avec deux équipes qui s'opposaient sur un rythme plutôt lent. Une première pénalité contre Dijon allait permettre de mesurer une nouvelle fois la disette que connaît actuellement le jeu de puissance grenoblois avec en particulier un duo Broz Krayzel peu inspirés à l'image de leur prestation de ce soir du reste. Ajoutez un balet à mi-glace bien souvent constellé de passes à l'adversaire, de dégagements à fond de glace tolérés ou non et vous aurez une idée de l'essentiel de la première période. Pourtant, si Grenoble ne va guère se créer que quelques occasions sur des centres tirs en mal de repreneurs, Dijon terminera plus fort la période avec plusieurs attaques défenses ponctuées de tirs sur un Ferhi qui répond présent. Pourtant, les ducs ne parviendront pas à exploiter deux pénalités consécutives des grenoblois avec à la clef plus d'une minute de 5-3.
Si vous ajoutez à l'ensemble plusieurs déboulés d'un Sivic assez seul sur son trio ce soir, et des frappes des arrières grenoblois qui ont semblé au four et au moulin avec y compris la mission de marquer des buts vu que l'attaque ne tourne pas, et vous aurez l'essentiel. Côté Dijon, un début prudent va progressivement laisser place à davantage de tentatives avec des frappes du nouveau venu Trokan, sans oublier Riendeau, Dugas, et le surprenant Arnaud dans le rôle de la petite pile atomique à la productivité vraiment intéressante.
Du mieux
Le retour sur la glace donne trois minutes encore plus faibles que la période précédente, avant que les affaires ne deviennent beaucoup plus intéressantes. Une curieuse décision arbitrale à 23"19 envoi Kristin et Broz sur le banc, le premier pour simulation avec en plus dix minutes pour contestation (enfin on suppose) tandis que le second s'y voyait conduire pour accrocher. Vous aurez compris que soit le joueur simule et il va donc seul au banc logiquement, soit il est accroché et donc il n'y a pas simulation...
En tout cas les minutes suivantes voient Grenoble commencer à mieux joueur, et c'est Amar qui va ouvrir logiquement le score sur un beau service de Sivic, le capitaine des brûleurs déviant très bien le palet pour tromper Bozik à 24"09. (1-0)
On pense alors Que les grenoblois ont fait le plus difficile avec ce but qui confirme une nouvelle fois la prépondérance des défenseursy compris sur le plan offensif, et les isérois vont continuer à pousser, en particulier lors d'un jeu de puissance durant les deux minutes suivantes.
Cette évolution favorable encouragée par les supporters va pourtant connaître une fin brutale avec l'égalisation dijonnaise quelques minutes plus tard.
Les arrières grenoblois, qui défendent et attaquent plutôt bien, traduisez mieux que leurs compères des trios offensifs, se retrouvent régulièrement en avant, avec un Rouleau utilisé ce soir assez régulièrement dans ce rôle. le problème est que lorsque vous allez faire des tours de cage, frappez au but en jeu de mouvement, vous vous exposez à de cruelles déconvenues en cas de rupture adverse et de non replacement de vos attaquants qui doivent en ce cas vous couvrir.
A 31"22, Dmytruk file à l'aile, passe son adversaire direct en échec avant en zone neutre, et file vers le but de Ferhi sans que personne ne vienne compenser. Le temps que l'autre arrière ne vienne tenter de s'interposer, l'ami Robert claque une lucarne puissante et précise pour une égalisation qui fait mal aux brûleurs. (1-1)
La fin de période marquée par un jeu de puissance des ducs ne donnera rien, sachant que l'on voit à plusieurs reprises des joueurs cadres grenoblois en pleine discussion avec des plus jeunes, pour ce qui est visiblement des consignes données assez fermement et des réponses verbales semblant indiquer que la jeunesse n'est pas toujours franchement sur la même longueur d'onde.
Photographe Laurent Lardière
Baptiste Amar au four et au moulin
Un, deux, trois, les dijonnais sont rois
Alors que les deux périodes précédentes étaient équilibrées, Dijon ayant montré un peu plus d'activité lors de la première, Grenoble paraissant à même de pousser avant d'essuyer une égalisation en seconde, la dernière sera totalement à l'avantage des Ducs.
Une première pénalité contre les visiteurs va voir grenoble proposer un jeu de puissance moyen, lequel confirme la mauvaise santé des équipes spéciales qui ne sont pas spécialement composées de jeunes...le duo tchèque n'y montrant strictement rien ce soir.
Pire, sur un contre bien conduit par Arnaud en infériorité numérique, la pile atomique qui a l'immense avantage lui de croire toujours à ce qu'il fait va adresser une frappe croisée qui trompe Ferhi, un but quinous a semblé évitable et qui va clairement plonger Grenoble dans le noir à 48"10. (1-2)
On commence ensuite à s'énerver quelque peu et plusieurs pénalités ne vont rien apporter. tandis que l'on discute ferme côté grenoblois, un nouveau trou d'air défensif va permettre à Dijon d'enfoncer le clou. Le super dribbleur Guttig, certainement un des meilleurs dans le petit périmètre en Magnus va bénéficier d'un énième retard défensif pour aller défier Ferhi en face à face. Gauche, droite, et revers ras du sol au ras du poteau pour un fort joli but qui permet à Dijon de doubler son avance à 55"37. (1-3)
A 58"51, Dufour va sortir Ferhi et demander un temps mort, avant que Tartari ne provoque une nouvelle pénalité qui va compliquer le retour déjà fort difficile des grenoblois. Ferhi revient pour ensuite sortir logiquement de sa cage.
A 59"47, Arnaud encore lui met les gaz, file avec ses deux partenaires de trio et transmet à Jarvis qui inscrit en cage vide le dernier but de la rencontre, les trois dijonnais étant, fait significatif, pratiquement seuls sur la rupture. (1-4)
Parfaite mayonnaise à Dijon, moutarde à Grenoble
Pour la première fois au complet cette saison, Dijon s'impose assez nettement face à des grenoblois qui se trouvent avec leurs contradictions et dans une spirale négative très inconfortable. Une certitude, les Ducs ont une belle équipe complète. le gardien...un Bozik tout à fait complet, peu spectaculaire mais en tout cas au niveau...la défense, rien à dire avec un seul but concédé et des aides défensives, échecs arrière de qualité. Mrena, Jarvis et autres Strapaty tout à fait dans le coup. Avec une vitesse d'exécution correcte, un calme au dessus de la moyenne, et des gabarits capables de rivaliser avec n'importe qui en Magnus, c'est du solide. Enfin, une attaque avec beaucoup de joueurs dangereux, et un Arnaud que l'on a beaucoup aimé, énergie, volonté, et une capacité à pousser ses partenaires pas si fréquente que cela en Magnus. Pas étonnant qu'il ait été désigné meilleur joueur de la rencontre, tandis que les clients habituels genre Kristin travaillent bien, défendent, bref pratiquent un hockey sérieux. Enfin, mention spéciale aux jeunes français comme Guttig et Ritz et vous avez une équipe dijonnaise sans doute la plus forte depuis des années.
Dijon c'est aussi un coach qui avait parfaitement décodé le jeu grenoblois avec des séances videos, et remarqué certains problèmes de replis ainsi que les joueurs pouvant être dangereux. Broz marqué de près n'a rien fait tout comme Krayzel, les arrières des brûleurs se voyant logiquement contester leurs frappes à la bleue et Rouleau suivi de près, tandis que l'ailier opposé au banc était systématiquement servi lors du changement de ligne...bref Dijon a gagné la partie également tactiquement.
Dijon ce soir était une belle équipe de Hockey capable de poser des problèmes à n'importe qui dès lors que ses joueurs mesurent leur potentiel...mauvaise nouvelle pour les autres équipes, les dijonnais comprennent de mieux en mieux qu'ils en ont un, et avec le coach pour orchestrer le tout.
Grenoble a montré une nouvelle fois ce soir ses limites déjà largement entrevues depuis le début de la saison, en particulier dans le secteur offensif. Dans une rencontre qui présentait quelques similitudes avec la précédente, les Brûleurs ont lâché prise tout aussi clairement, et ne peuvent pas invoquer cinq minutes de pleine réussite adverse pour le justifier en partie comme avec Epinal.
Plus problématique que la défaite elle-même, le fait qu'elle s'inscrive désormais dans une série, se déroule face à une équipe moins bien classée qu'elle, et surtout que l'on commence à entrevoir certaines limites à la bonne entente au sein du groupe pour des réisons évidentes.
Ce soir, on a comme l'impression qu'il y avait trois groupes de joueurs au sein des Brûleurs de Loups: les défenseurs cadres qui tiennent la barraque, les attaquants cadres sans efficacité, et les jeunes joueurs, ensemble auxquel il faut ajouter Ferhi car le gardien est un cas à part. Nous ne prétendons pas que ces groupes existent au sens propre du mot, mais bien que ces sensibilités différentes se positionnent et font entendre diversement leurs voix au sein d'une équipe visiblement en plein doute.
Les défenseurs cadres, traduisez Amar, Wallin,Gilet, Rouleau, font beaucoup, ils défendent, plutôt bien, entraînent derrière eux les jeunes arrières comme Moisand et Crossman qui font aussi du bon boulot ce qui n'est pas un hasard, mais aussi attaquent et marquent des buts comme ce soir encore Amar. Le problème est que ces joueurs commencent à en avoir assez de devoir faire le travail de l'attaque grenobloise, tout en devant assurer l'échec arrière puisque leurs petits camarades des trios ne le font pas toujours...vous avez dit impossible, vous avez raison. Du coup, grogne des arrières qui font le job et qui pointent du doigt les jeunes joueurs offensifs qui ne font pas ce qu'il faut, sauf que ce ne sont pas seulement les jeunes qui manquent à l'appel, en tout cas ce soir. Notez que dans ce groupe figurent les meilleurs joueurs grenoblois.
Second ensemble avec les attaquants cadres, Broz, Krayzel, Tartari, Sivic, au rendement clairement insuffisant . A 36 points à eux 4 (dont12 buts) , soit 9 par tête ( dont 3 buts), ils occupent respectivement en Magnus la 33ème place (Krayzel), la 45ème (Broz), la 52 ème (Sivic) et la 66ème (Tartari). On remarquera qu'ils sont tous dans les équipes spéciales et à ce titre disposent de plus de temps de jeu pour marquer des buts que certains jeunes joueurs, sauf que Grenoble en est à 12,3% d'efficacité en jeu de puissance, 11ème de ligue magnus...
De plus que dès que le coaching adverse a un plan de match et connaît les joueurs grenoblois à surveiller, le rendement est en chute libre en particulier pour les deux premiers cités. Bref, vous aurez compris que le problème offensif ne se résume pas aux jeunes joueurs, d'autant que l'échec arrière des deux tchèques n'a jamais été leur point fort tout comme Sivic (passable sans plus) tandis que Tartari lui fait son travail défensivement et n'est pas un renfort étranger dont on attend généralement davantage qu'un joueur du pays dans toutes les ligues de hockey en Europe.
Troisième groupe avec les jeunes joueurs offensifs comme Baylaq, Benoit, Arrossamena, Papa, Avenel, le Blond, Raibon, Bedin et Suzzarini. Force est de reconnaître que leur apport est limité avec un bémol pour Le Blond, Avenel et Beylacq, mais il ne faut pas oublier qu'ils sont présents pour apprendre, sont pour la plupart encore très jeunes, et que faute d'un sérial butteur qui ne semble pas exister dans ce groupe (le cas Arrossamena reste un relatif mystère pour l'auteur de l'article qui s'interroge sur un beau déclic possible), la route est forcément longue. Les jeunes font ils des erreurs, certainement, doivent ils être plus rigoureux, oui bien naturellement, mais sont-ils à l'origine des problèmes de Grenoble, on a envie de répondre en partie mais en partie seulement.
Enfin, Ferhi connaît actuellement des fortunes diverses, et a concédé encore ce soir trois buts dont au moins un était évitable. Ne faudrait-il pas donner sa chance une fois de plus à Raibon qui a répondu présent à chaque sollicitation?
Donc si on résume très globalement les défenseurs cadres font bien mais parfois un peu trop à l'offensive ce que l'on peut comprendre car ils veulent gagner, et grognent logiquement que l'attaque et surtout les jeunes ne font pas le boulot, les jeunes écoutent mais voient aussi les attaquants cadres qui ne donnent pas franchement le bon exemple, et ces attaquants cadres qui marquent peu on sait pas trop ce qu'ils disent mais exercent une forte influence au sein du groupe...pas simple.
Alors quelle marge de manoeuvre pour Dufour? Grenoble jouait clairement mieux après un départ difficile, et s'était retrouvé pour gagner face à Briançon dans ce qui reste leur meilleur résultat à ce jour. L'impression est que l'équipe a perdu son jeu et sa joie de jouer pour aller vers un modèle plus limité et facile à décoder pour l'adversaire. Il ne faut pas laisser les sensibilités décrites plus haut structurer les relations entre joueurs, car sinon les liens au sein du groupe se verront remis en cause régulièrement. C'est bien la principale priorité pour Dufour ce soir que de remettre tout l'effectif sur de bons rails. Si les défenseurs sont plutôt des leaders positifs, on risque de trouver en attaque quelques leaders négatifs dès lors que l'on remet en cause leurs statuts... La logique doit être de travailler la sortie de zone encore cafouilleuse ce soir, les équipes spéciales, et exiger une rigueur totale avec le bout du banc en cas de non application des consignes, y compris pour les cadres. Autre impératif, faire reculer le nombre de pénalités concédées, Grenoble étant l'équipe la plus sanctionnée de Magnus actuellement. Ici encore, il faut établir des principes qui ne sont pas réservés seulement à certains joueurs de l'équipe.