Buts : Grenoble : ; 44:²4 Matthieu Le Blond (ass Sylvain Dufresne) Chamonix : 1"43 Laurent Gras (ass Alexandre Audibert) ; 22"25 Francis Charland (ass Carl Lauzon et Omar Pacha) ; 39"43 Francis Charland (ass Carl Lauzon)
Pénalités
18 minutes contre Grenoble
20 minutes contre Chamonix
Après une défaite face à Strasbourg, équipe pas franchement au sommet de sa forme en ce moment, puis une victoire plus difficile que prévu face à Lyon en Coupe de France, Grenoble pouvait, avec la réception de Chamonix, recevoir l'avant-dernier de Magnus et reprendre confiance avant le duel toujours attendu contre Rouen mardi en coupe. En face, des Chamois en quête d'un match référence...
Photographe Laurent.Lardière
les Chamois s'imposent à Pôle Sud
Chamonix dans le coup
C'est totalement à froid que les Brûleurs se font surprendre par le capitaine visiteur, Laurent Gras ne laissant à personne d'autre le soin de conclure d'un joli lancer une passe du slalomeur Audibert qui peut rivaliser avec les skieurs de la spécialité en laissant sur place trois défenseurs grenoblois dans le rôle de piquets trop statiques à 1'43. (0-1)
Les minutes suivantes voient les deux équipes tenter de miser sur la vitesse, et proposer un jeu assez intéressant, Chamonix paraissant construire un peu plus que des Isérois toujours un poil en retard, avec toutefois assez peu de lancers de part et d'autre. Tandis que Mc Grane, discret ce soir, échoue sur un Fouquerel dont on comprend au fil des minutes qu'il est bien dans le coup à 4'10, Le Blond, sans doute le plus en vue en attaque coté Brûleurs manque un face à face en infériorité numérique.
Pouvant compter sur des défenseurs qui globalement font le boulot, Grenoble se montre par contre assez discret en attaque, avec plusieurs joueurs comme Desrosiers et Ouimet qui ne justifient absolument pas leur temps de jeu par rapport à certains jeunes que l'on aimerait voir davantage comme un Bedin qui apporte toujours quelque chose quand on a la chance de le voir sur la glace.
En face, Chamonix joue un hockey rapide, assez inspiré, et paraît légèrement au-dessus de Grenoble à l'image d'un Lauzon ou d'un Latulippe. Notons que les Chamois paraissent pouvoir s'appuyer cette saison sur trois trios offensifs performants, sans toutefois donner une impression très favorable en défense avec une certaine absence de gabarits.
Une pénalité moins que peu évidente infligée à Latulipe en fin de période va voir le capitaine des Chamois discuter après la sirène avec l'arbitre Monsieur Barbez et se voir infliger dix minutes pour attitude antisportive, assez étonnant quand on connaît le joueur plutôt courtois et le principe qui veut qu'en hockey sur glace, un capitaine peut venir échanger avec l'arbitre et donner son point de vue franchement hors du match...
Le retour au vestiaire avec 8 tirs à 6 pour Chamonix laisse supposer une pause assez sonore dans le vestiaire grenoblois, et une suite de rencontre plus favorable aux Isérois...croyait-on.
Photographe Laurent Lardière
Lauzon à la pointe
Charland et Lauzon...attention talent !
Décidément peu à l'aise en début de période, Grenoble va une nouvelle fois céder rapidement. A 22'25, Lauzon fait la valise, s'excentre pour faire le tour de cage et centre pour Charland qui surgit plein axe pour reprendre le palet et compter de fort belle manière face à un Raibon qui apprécie assez peu la mollesse de sa défense. (0-2)
On assiste alors à plusieurs actions de classe d'un Lauzon qui poursuit l'épreuve de slalom entreprise par Audibert en première période, avec des Grenoblois paraissant flotter quelque peu.
Pourtant, les Brûleurs vont équilibrer les débats, et s'offrir plusieurs occasions auxquelles Fouquerel, de plus en plus en vue, va dire non. Le Blond manque une belle affaire à 31'50, avant que Vaskivuo, clairement le meilleur Grenoblois depuis le début de la saison, n'échoue à son tour face au gardien visiteur à 31'54.
Heureux Chamoniards qui peuvent compter sur un Lauzon inspiré ce soir. Après un break ponctué d'un lancer violent sur le casque de Raibon, l'ancien Maroon de Lachine va montrer tout son talent en offrant quelques minutes plus tard le troisième but à son compère Charland. C'est en effet au sol que Monsieur Carl canalise une passe à son compère qui slappe superbement en lucarne pour le plus beau but de la rencontre à 39'43.
(0-3)
Un troisième but marqué comme les deux autres à des moments-clefs de la rencontre, et qui renvoient les deux équipes en pause avec un déficit de trois buts pour des Isérois qui passent pour le moment à côté et essuient une bronca du public.
Réduction du score...mais
La dernière période reprend tandis que le public se demande quand a lieu le tirage de Coupe de France...et se console en voyant les deux équipes se procurer plusieurs occasions, Gras trouvant la jambière de Raibon à 40'42, tandis que Dusseau y va de son slap sur le gardien.
Pourtant, c'est Grenoble qui va enfin trouver la faille grâce à un slap à la bleue de Dufresne, dévié par Le Blond qui trompe ainsi Fouquerel à 44'14 (1-3)
C'est bien Raibon qui sauve Grenoble sur une double tentative de Pacha dans la minute qui suit, avant que les deux équipes ne connaissent une période de 4x4 qui se solde par une neutralisation synonyme d'une certaine baisse de rythme dans la rencontre.
Les minutes passent, Dufresne est sanctionné logiquement pour avoir poussé un adversaire sur Fouquerel, puis prend 10 minutes. Une pénalité contre Chamonix à 55'52 conduit Grenoble à demander un temps mort et sortir le gardien. Une dernière faute grenobloise rend la fin de rencontre plus aisée pour des visiteurs qui en terminent autour d'un Fouquerel élu à juste titre meilleur joueur de son équipe (Le Blond, à Grenoble, héritant de cette récompense également).
Tirs 14/5 Grenoble.
Photographe Laurent Lardière
Tardif bute sur Fouquerel
Chamonix n'a rien à faire en 13ème place du classement et va normalement s'éloigner de la zone rouge pour aller sur des playoffs intéressants. Rapides, les Chamois disposent d'un gardien qui fait sans doute partie des deux trois meilleurs français en activité, et d'une défensive qui n'est pas le point fort de l'équipe, mais qui a fait montre de solidarité malgré l'absence d'un ou deux gros clients par le poids. Offensivement, on est dans une véritable écurie de dragsters avec le duo Lauzon-Charland qui auraient de bonnes têtes de "all stars" dans une ligue qui connaît ce type de distinctions, sans oublier les Audibert, Masson et autre Latulippe qui ont régulièrement pris de vitesse leurs adversaires ce soir. Peu marqués physiquement par les Grenoblois, les Chamois n'ont connu aucune baisse de régime et ont clairement mérité leur victoire ce soir. Si l'on doit mettre un bémol au potentiel des Haut-Savoyards, ce serait leur capacité à prendre des charges et à répondre à un jeu physique absent ce soir, mais tout dépend alors de l'arbitrage qui est loin d'être harmonisé en Magnus, comme on le sait. En tout cas, une équipe séduisante, qui joue au hockey, qui ne met aucun coup volontaire, sur ce match en tout cas, et qui compte dans ses rangs de très beaux joueurs que l'on a très envie de revoir cette saison. Si Chamonix peut répéter ce qu'il a fait ce soir, attention météorite en formation avec surplus de hargne consécutif aux mauvais résultats initiaux... à surveiller.
Et Grenoble, me direz-vous? La rencontre de ce soir a laissé entrevoir plusieurs faiblesses qu'il conviendra toutefois de tempérer quelque peu en raisonnant par rapport au contexte et à l'adversaire.
Soyons clair, Grenoble a très mal joué ce soir, face à des Chamoniards qui ont trouvé leur match de référence. On a vu, à cette occasion, les travers déjà évoqués à maintes reprises depuis le début de saison à savoir une stérilité offensive inquiétante malgré de très nombreux lancers (38 ici), un jeu de puissance très mauvais (7 buts dans l'exercice depuis le début de saison soit 14,58% de réussite), une absence totale de jeu pour les frappes des arrières qui, malgré cela, restent pourtant rentables, encore ici le seul but inscrit (slap en blueline de Dufresne), et de réelles difficultés dans l'échec arrière encore évident sur les trois buts concédés. A cela il faut bien ajouter ce soir la confirmation de la très petite forme de joueurs vétérans comme Desrosiers (aucun but en magnus et deux points en 11 rencontres) et Ouimet (2 buts et 4 assistances en 10 rencontres) et Tartari (2 points en 11 rencontres). Faut-il au bout de 11 rencontres leur accorder de tels temps de jeu et laisser certains jeunes sur le banc ? Dans une rencontre rapide comme ce soir, voir un Joffre faire son temps de jeu et signifier à tel ou tel cadre qu'il peut rester sur le banc, vu sa prestation, semblerait de bonne politique. Il est des clubs où on peut même décider de perdre une rencontre (et avouons qu'à 0-3 l'affaire était mal engagée) pour mieux faire passer ce genre de message.
Au-delà de ces remarques, Grenoble est cette année un club qui est formé autour d'une logique de jeu centré sur le physique et sur le fait de disposer d'un effectif capable de faire la guerre à l'adversaire dans le bon sens du terme naturellement. On peut approuver cette construction d'équipe ou non, il n'empêche que l'on est depuis le début de la saison dans cette dynamique qui, soulignons-le, a porté ces fruits la saison dernière, avec un effectif un peu différent, il est vrai. Faire la guerre à Chamonix, équipe sympathique et joueuse, cela n'a pas été le cas ce soir avec une absence évidente de jeu physique, de mises en échec et de charges qui signifient pour tout amateur de hockey qu'il va y avoir explication virile. On peut naturellement le reprocher à Grenoble, ce sont des points qui s'envolent au classement de Magnus, mais on sait aussi que la saison est longue et aussi que Chamonix a fait son match référence, susceptible de vaincre pratiquement tout adversaire ce soir... On a reproché à Grenoble d'avoir fait le coup de poing contre Villard...reconnaissons que ce soir cela n'a pas été le cas, et on ne peut pas toujours gagner, même à domicile.
Par contre, mardi face à Rouen, adversaire contre lequel se motiver n'est jamais un problème, il faudra, côté grenoblois, sortir le casque lourd et aller à la mine sous peine de susciter beaucoup plus d'interrogation autour de ce qu'il conviendra d'appeler une spirale de défaites inquiétantes.