L’entrée en matière laisse penser que les Grenoblois sont encore totalement hors du coup, avec des premières minutes bretonnes et un Bonvalot à qui l’on va rapidement pouvoir dire merci. A 2’, Pard échoue de peu sur l’intéressé, après avoir bénéficié des largesses d’une défensive qui va multiplier les bévues, gaffes et boulettes diverses pendant vingt minutes.
Photographe Laurent Lardière
A. Goetz à la peine devant l'attaque BDL
Dans un match sans rythme, marqué par les relances hasardeuses et les pertes de palets, dont certaines semblent sorties tout droit d’un film d’horreur pour entraîneur de hockey, les Brestois paraissent un poil mieux que des Isérois dont on se demande s’ils ont déjà joué plus mal cette saison ?
Si l’on excepte le trio de Sivic, qui va se créer plusieurs occasions, dont une bien nette à 5’20 qui voit Goetz faire l’arrêt sur une reprise du Slovène bien servi par Petit, on comprend que la partie de campagne défensive pourrait basculer à la première incartade disciplinaire côté grenoblois. Et c’est Selan, quelle surprise diront certains, qui y va de sa faute évitable à 10’39, ce qui va permettre à Brest d’ouvrir le score grâce à Pain qui y va d’un tour de cage suivi d’un lancer croisé dans l’indifférence défensive générale. (0-1)
La réaction grenobloise voit Sivic, qui aura beaucoup tenté, échouer à nouveau sur le gardien des visiteurs, une pénalité de part et d’autre ne donnant strictement rien et illustrant les grosses limites des deux équipes en supériorité numérique.
Tirs 10/11 Grenoble
Tonnerre sur Brest !
La reprise voit une nouvelle occasion pour Sivic, mais la défense grenobloise laisse filer Croteau une minute plus tard et le Franco-Ontarien évite le retour de la défense pour tromper Bonvalot et doubler l’avantage des visiteurs. (0-2 à 22’03)
Brest va alors se créer plusieurs occasions durant les minutes suivantes, mais échouer, ce qui sans doute coûtera très cher aux Bretons. Bonvalot paraissant plus à l’aise au fil du match, les conditions sont réunies pour le réveil espéré des Grenoblois.
photographe Laurent Lardière
E. Pain bute sur A. Bonvalot
Une pénalité des visiteurs, à 26’18, va permettre aux Brûleurs de revenir. Un slap de Charland à la bleue se voit repoussé par Goetz, à 27’05, pour revenir sur la palette de Lafrance qui met dedans et rassure un collectif qui semblait en mode panique depuis le début de la rencontre. (1-2)
Brest trouve alors un poteau par Croteau, au terme d’un nouveau slalom dans la défensive des Brûleurs, à 30’40, mais cette action sera bien le chant du cygne des visiteurs car Grenoble, sans que l’on en comprenne bien les raisons, achève sa sortie d’hibernation. Une pénalité brestoise, à 31’34, va parfaitement illustrer le changement avec un fort joli centre de Sivic, repris par Treille en première intention, pour un but de qualité. (2-2) Oui, Treille est un joueur de hockey et, sur un beau service de Petit, l’international français nous fait admirer sa nouvelle reprise de volée gagnante à 33’28. (3-2)
Malgré un temps mort logiquement pris par Brest, les Bretons prennent l’eau et le public, encore sous le charme des œuvres de Treille, va pouvoir apprécier le duo Perret-Bedin en mode jeu vidéo accéléré. A 36’48, Perret déborde à pleine vitesse et trouve la comète Bedin pour une reprise laser qui permet aux Grenoblois de prendre la tête. Sans doute l’un des buts les plus rapides marqué cette année, et la question qui vient de savoir qui va plus vite que Perret en Magnus actuellement ? Sans doute personne sinon Bedin. (3-2)
Une occasion manquée du même Perret, plus tard, à 37’30, c’est Petit qui parachève l’addition de la période avec un lancer qui enlève la toile d’araignée de l’angle du but de Goetz à 37’38. (5-2)
Brest fait sortir Goetz pour Dupond, sans que l’on ait eu l’impression que le premier avait une grosse responsabilité sur les buts concédés.
Tirs 12/15 Grenoble
Photographe Laurent Lardière
T.Lafrance clôture la marque
On en Brest là !
La dernière période verra un jeu assez agréable avec les deux équipes pouvant compter sur deux gardiens bien dans la rencontre, mais avec de nombreuses passes mal ajustées qui cassent quelque peu le rythme.
Quelques duels manqués, comme celui de Charland à la 47’50, ne permettaient pas d’aggraver le score, et Grenoble allait finalement inscrire un petit dernier par Lafrance qui trompait Dupond au terme d’un affrontement des deux équipes devant son but à 56’05. (6-2)
Tirs 18/10 Grenoble
Qu’en Brest-il ?
Après avoir dormi 20 minutes et être retombés dans leurs travers, les Brûleurs ont joué au hockey en seconde période et sont venus à bout facilement de Brestois qui devraient, malheureusement pour eux, lutter pour la relégation en fin de saison.
Brest, en effet, a un effectif limité et un groupe qui semble construit pour la vitesse, avec la possibilité de réaliser quelques exploits qui pourraient devenir plus difficiles au fur et à mesure que la saison avance. Sans faire injure aux Brestois, l’adversaire, ce soir, était tout de même, sur le papier et sur la glace, très largement inférieur aux Grenoblois. Si l’on considère l’impression laissée par Gap et Chamonix, Brest paraît tout de même derrière en terme d’effectif et de niveau de jeu.
A Grenoble, si l’on oublie les 20 premières minutes, qui condamnaient les Brûleurs face à n’importe quelle équipe du haut de tableau, la question à poser est de savoir ce qui a fait démarrer la machine, et ceci au-delà de la faiblesse de l’adversaire ? On verra tout d’abord le rôle très positif joué par Treille qui, au-delà de ses deux buts de classe, semble parler sur la glace et sur le banc et, sans surprise, être écouté par ses partenaires. Est-ce nouveau, pas entièrement, mais l’épisode a été particulièrement net ce soir, avec certains cadres comme Gervais, Amar et autres Lafrance qui ont donné l’impression de ramer dans le même sens, avec des prises de paroles et gestuelles qui semblent montrer que le groupe s’est en quelque sorte pris en main. Est-ce l’expression de relais demandés explicitement par le coach ? L’auteur de l’article ne le croit pas, mais ne voit pas pourquoi l’encadrement grenoblois irait à l’encontre de régulations qui sont assez classiques dans les équipes professionnelles.
Même si la qualité des buts et la relative sérénité de la troisième période sont positives, il ne faut pas non plus considérer que le renouveau dépasse le service minimum d’une grosse équipe face à un bas de classement. Il reste encore beaucoup de travail à faire, pour dépasser les qualités individuelles vues ce soir et aller vers un fond de jeu qui reste clairement le seul moyen de rivaliser avec les candidats au titre. Si une partie du groupe semble avoir réagi positivement, il reste encore des problèmes à résoudre comme celui de Charland, transparent ce soir, ou encore Selan, candidat à l’équipe réserve s’il y en avait une…. Vu les difficultés des dernières semaines, il serait mal venu de ne pas saluer ce succès grenoblois incontestable et avec une certaine manière, mais la facilité avec laquelle Grenoble a pu se débarrasser de Brest ne doit pas occulter le manque de construction de jeu et la nécessité impérative de pouvoir compter sur la totalité de l’effectif pour progresser dans ce domaine si les Brûleurs veulent briller dans la seule compétition qu’il leur reste désormais, la Coupe Magnus.