Du guichet fermé à Pôle-sud et les indicateurs au vert coté Grenoble après leur brillante prestation face à Angers en Coupe de la Ligue. Pourtant, avec huit joueurs absents et certains autres alignés avec des blessures, on voyait mal Grenoble pouvoir rivaliser avec Rouen qui se présentait en force après une victoire acquise en terre briançonnaise et un esprit de revanche clairement affiché avant la rencontre.
Laurent Lardière
dernier but patinage arrière en angle
Rouen: départ raté!
A peine calé dans son siège, le spectateur allait pouvoir suivre un débordement de Nilsson qui centre devant la cage normande pour son compère Jansson, lequel bat facilement Koenig au milieu d'une défense somnanbulesque à 0"14 secondes de jeu (1-0).
Cette ouverture du score conduisait ensuite à un temps d'observation qui permettait parfaitement de comprendre le plan grenoblois à savoir des dégagements de palets systématiques afin de casser le rythme adverse, le trio offensif guettant la faute pour proposer des contres. Une solution quelque peu minimaliste mais dictée par la présence de seulement trois arrières seniors en la personne de Wallin, Manavian et Besch, renforcés pour l'occasion par deux jeunes de talent en la personne de Lorca et Colotti et un transfuge de l'avant (Dufour).
En face, Rouen semblait gentiment rentrer dans la rencontre, avec une frappe de Mallette à 5"46 sur Ferhi, puis un superbe service de Tardif pour Doucet qui va se trouver à courte distance seul face à Ferhi sans pouvoir conclure à 7"15. Avouons que malgré ces passages en attaque défense ponctués de quelques frappes, et des ruptures classiques dans ce genre de rencontre, le dragon paraît bien terne, attentiste et endormi.
La cavalerie grenobloise est elle bien réveillée pourtant à l'image d'un Fleury de plus en plus incontrolable pour les défenses adverses. L'international, qui joue ce soir sous infiltration après un probleme au coude, manque de conclure sur un contre à 7"57 qui le voit frapper juste hors du cadre pourtant ouvert. Il faut bien avouer que les relances de Koenig ne rassurent pas avec des échecs avants isérois qui font mouche et perturbent des rouennais toujours ternes.
Pourtant, en milieu de période, on a l'impression que les normands vont enfin se réveiller alors qu'ils proposent plusieurs minutes d'attaque placée ponctuées de frappes souvent contrées et généralement faciles pour Ferhi. Un hockey classique, mais qui semble manquer de vitesse et de spontanéïté et qui se heurte au gros travail d'une défense grenobloise disciplinée et réaliste à l'image de Wallin toujours dans le coup, de Manavian vraiment difficile à passer dans les bandes, et de Besch qui fait la valise dès qu'il le peut. Autour du trio, les jeunes répondent présents à l'image d'un llorca qui s'offre deux tirs à 13"02, mais que peut donner l'ensemble en cas d'infériorité numérique?
La réponse arrive à 13"06, Rouen se montrant incapable de se créer des décalages significatifs et ne présentant aucune équipe spéciale? Doucet, habituellement redoutable dans l'exercice se voit pris individuellement tandis que les déroulés en bande des rouennais ne créent guère que des frappes contrées et des récupérations défensives ponctuées de dégagments.
Un jeu de puissance grenoblois totalement gâché à 16"04 laisse pourtant entrevoir les rustines d'une formation bien amoindrie, mais l'équipe sparadrap de maitre Lusth ne lâche pas l'affaire.
C'est pourtant les visiteurs qui vont se faire prendre en contre à 17"33, avec devinez qui: Fleury. Après un débordement, il sert Dufour en pivot qui lui remet ensuite au raz du poteau gauche de Koenig déjà battu. Fleury frappe alors et trouve le poteau, pour reprendre ensuite le palet qui lui revient à pleine vitesse et trouver le fond du filet. Un but caractérisé par une double frappe crosse haute à une vitesse incroyable et dont nous aimerions avoir le ralenti pour savoir si on en fait beaucoup ou si l'ancien villardien nous a bien proposé du spectaculaire. (2-0).
La réaction molle de Rouen et deux frappes grenobloises qui terminent la période posent clairement la question de la forme et du niveau des visiteurs qui sont totalement passés à côté des vingts premières minutes et qui auraient pu en prendre un ou deux de plus.
Tirs 14/12 Grenoble
Engagements 14/7 Rouen
Un petit but pour y croire?
Comme il semble difficile que Rouen puisse jouer aussi mal toute une rencontre, on s'attend à un dragon de feu dès le début de la seconde période, mais c'est Grenoble qui se porte à l'attaque et Koenig doit repousser de la jambière plusieurs tirs de Sivic et Tartari.
On peut dès lors s'interroger sur le système de jeu rouennais qui accouche de changements de lignes très nombreux, avec des passages sur glace d'environ deux minutes et parfois moins. Environ une fois sur trois, les normands lancent le palet en fond de glace afin de regagner le banc, alors que les Thinel, Mallette, Desrosiers et autres Doucet nous avaient habitués à des coups de folie à partir de ruptures à mi glace. Un système qui semble clairement brider l'attaque normande.
A 3"29, Fleury refait la valise mais se fait crocheter par derrière et Grenoble bénéficie d'un tir de réparation que Jansson va totalement manquer en perdant le contrôle de son palet avant l'emballage final. On apprend alors que Nilsson est blessé aux adducteurs.
C'est alors que Tardif, pour nous le meilleur rouennais ce soir avec Thinel, va se retrouver seul sur le côté de Ferhi après avoir proposé une accélération de classe. N'ayant pas de défenseur en opposition durant un temps significatif, il va travailler le palet de sa crosse et avec grand calme tromper Ferhi d'un petit tir millimètré pour enfin une réduction du score rouennaise à 23"53. (2-1)
On se dit alors que les normands pourraient bien en définitive rentrer dans la rencontre en seconde période et enfin mettre la machine en route, mais Koenig à 24"24 se fait intercepter par Sivic qui manque de peu le lancer du revers gagnant derrière.
A 27"44, une charge dans le dos de Manavian sur Salmivirta à un mètre environ de la bande envoi ce dernier cogner contre le plexiglas. L'arbitre, Monsieur Bergamelli auteur d'une bonne prestation dans un rencontre très correcte, donne alors logiquement 2+10" tandis que le finlandais qui s'est relevé regagne son banc heureusement sans domage après une poussé fautive mais sans vice.
Rouen négocie mal le jeu de puissance, malgré deux tentatives de Salmivirta et Grenoble reste la tête hors de l'eau dans un schéma de jeu qui lui convient.
Pourtant, on sent les Brûleurs diminués, particulièrement sur les jeux de puissance comme à 13"38 avec un Ferhi à son niveau et une défense toujours présente avec des jeunes encore en jambe.
Deux trois occasions de part et d'autres et la période se termine avec un sentiment mitigé, Rouen étant parvenu à revenir certes mais n'ayant pas proposé de prise de contrôle de la rencontre devant des Grenoblois jouant avec leurs moyens et surtout leur effectif du moment.
Tirs 10/9 Grenoble
Engagements 13/10 Rouen
Le sparadrap et ses mystères
Bon retour sur la glace des rouennais qui vont pense t'on faire le plus dur en égalisant de belle manière. A 42"29, un palet lancé avec violence de l'aile rebondit sur Ferhi et du même coup arrive sur Thinel sur l'autre aile, lequel croise bien son tir pour tromper Ferhi et remettre les deux équipes à égalité. (2-2)
Pourtant, loin de jouer les poissons asphixiés comme on pouvait le penser, Grenoble reste dangereux et Fleury échoue à nouveau sur Koenig à 43"31. Mieux, Sivic délivre une superbe passe entre deux défenseurs pour son compère deux minutes plus tard, le renvoi reste difficile de Koenig qui s'en sort de justesse, avant que Doucet ne sollicte Ferhi quelques secondes plus tard.
A 48"39, Mallette fait connaissance avec le coude de...l'arbitre mais reste présent pour conduire une belle attaque défense qui laisse enfin entrevoir quelques fatigues côté grenoblois en milieu de cette ultime période.
On pense alors que Rouen va pouvoir porter l'estoccade mais les normands vont au contraire se faire crucifier par la menace numéro un ce soir sur la glace en la personne de l'inévitable Fleury. Servi par Jansson sur une rupture assez classique, ce dernier va passer en patinage arrière transversalement devant la cage de Koenig et le tromper d'un lancer instantané qui n'a rien d'évident vu l'effort déjà nécessaire pour parvenir à contrôler le palet ainsi à pleine vitesse malgré une sortie peu probante du gardien rouennais(3-2).
Rouen va alors planter quelques banderilles dont un joli tir à 360° de Tardif à 55"29, mais Grenoble ferme la porte et Koenig va logiquement sortir après un temps mort sans toutefois que le dragon ne parvienne à revenir face à des grenoblois épuisés.
Tirs 15/9 Rouen
Engagements 10/5 Rouen
Laurent Lardière
Luc Tardif
Un dragon à son maximum?
Avouons le, on attendait mieux de Rouen, beaucoup mieux face à une équipe iséroise fortement diminuée et qui aura hélas enregistré un nouveau blessé dans la rencontre avec Nilsson. Faire un départ manqué comme ce fut le cas arrive, mais que dire du reste de la rencontre qui a vu le dragon bien embarassé souvent déjouer. Certes, les normands ont proposé plusieurs attaques défenses de qualité, mais dont aucune n'a trompé Ferhi. Naturellement, ils échouent seulement à un but, mais personne après la rencontre considérait que les grenoblois avaient eu de la chance, bien au contraire. Pourquoi ce résultat? Rouen dans cette rencontre n'a pas réussi à mettre en valeur les qualités premières de ses joueurs, et particulièrement le réalisme offensif de ses deux premiers trios. On a bien senti que les Mallette, Thinel, Doucet, jouaient en dedans lors de leurs (trops) courts passages sur la glace, et que devoir balancer en fond pour sortir au lieu d'aller se payer une rupture n'était pas leur tasse de thé. La défensive rouennaise, même bien aidée par les replis des trios ce soir, n'est pas et n'a jamais été le point fort du dragon qui avait pour caractéristique ses grandes années de surtout mettre plus de buts que l'adversaire. Dans ce contexte, si l'on a beaucoup parlé des absents grenoblois, la blessure de Lhenry compte également, et la prestation de Koenig reste au final assez moyenne. Au registre des sattisfactions, on retiendra un très bon Tardif qui a proposé un cocktail de vitesse et de puissance fort réjouissant et que l'on a vraiment envie de voir en équipe de France, et un Salmivirta très actif. N'oublions pas également Lamperier très intéressant à suivre. Dans le même sens, on remarquera la très grande correction des rouennais sur la glace qui n'ont pas donné dans l'épreuve de force synonyme il est vrai de pénalités, ni dans l'énervement inutile.
Alors on espère revoir le dragon cracher du feu lors de la prochaine finale de Coupe de la Ligue, et celà nous semble passer par un système offensif plus libéré car les rouennais comptent bien dans leurs rangs la plus belle collection d'attaquants dangereux de la ligue Magnus qu'il est toujours plaisant de voir jouer. Avec des passages sur la glace un peu plus longs et par moment quelques risques offensifs supplémentaires, on a bien l'impression que celà serait beaucoup plus compliqué pour l'adversaire.
Les jeunes les coachs et le caid!
Un titre court qui précise les trois ingrédients qui ont fait le succès de Grenoble ce soir dans des conditions difficiles. D'une part, des jeunes (enfin ceux qui ne sont pas en équipe de France) qui ont répondu présents, et qui avouons le en ont bluffé plus d'un. En début de saison, il était bien difficile de trouver un très gros potentiel dans cette génération, même si leur grande jeunesse pouvait déboucher sur des éclosions rapides. Avouons que malgré celà certains n'ont pas tardé à endosser un costume de titulaire à l'image de Baylacq branché sur du 220 à qui il ne manque plus qu'une frappe de qualité pour être un sacré problème pour n'importe quel adversaire en échec avant. Ajoutez à celà un Raibon intéressant et un Llorca qui joue sans complexe à l'arrière et vous obtenez des talents que l'on avait pas forcément espérés à ce niveau et qui se sont révélés dans l'équipe sparadrap de ce soir.
Notons derrière celà le niveau de jeu des titulaires qui monte en puissance avec toutefois l'inquietude d'une trop grande utilisation à terme vu l'énergie considérable dépensée au fil des rencontres.
Ensuite, Lusth et Rolland sont capables de proposer des plans de jeu de qualité qui permettent à l'effectif de savoir où il va, la paire ayant clairement dominé leurs adversaires tactiquement sur les dernière rencontres avec une capacité à bricoler quelque peu quand la nécessité s'en fait sentir. Soyons clair, derrière il y a beaucoup de travail et on le voit dans la capacité à utiliser les joueurs avec leurs qualités, comme Dufour près du but ou encore Beylacq en échec avant. Mentalement, les Brûleurs sont champions de France et ont surtout un entraîneur qui sait le leur rappeller, c'est surtout tactiquement que les brûleurs remportent les deux dernières rencontres.
Enfin, prototype peu fréquent sous nos climats, Grenoble possède un finisseur capable de prendre n'importe quelle rencontre à son compte en la personne de Fleury. On pourra remarquer qu'on en fait beaucoup avec ce joueur, mais qui crucifie Rouen après avoir fortement contribué à vaincre Angers? Qui, et c'est un signe majeur, fait peur à l'adversaire à chaque fois qu'il part en contre? Enfin, qui frappe le plus au but actuellement à Grenoble? Les isérois ont eu de bons compteur ces dernières années, mais s'étaient vu reprocher, critique quelque peu morte l'année dernière, de ne jamais avoir de gachette, de tueur. Vu la qualité des buts inscrits, leurs fréquences et leurs importances, la capacité à faire basculer le match comme ce soir, on peut dire que Damien Fleury a franchi un cap. S'il parvenait à conserver ce niveau durablement, on pourrait alors parler de joueur dominant, sachant qu'il est parfaitement utilisé tactiquement.
excellent commentaire sur le match et quelle analyse bravo LAURENT etDAMIEN de HH ...j'aime bien egalement la photo de JC "joie grenobloise" !
si dans la semaine vous avez des news de l'infirmerie grenobloise ...pensez a nous !!!
bonnes fetes a toute l'equipe de HH !
xxc a écrit
le 13/12/2009 à 09:06
Je suis dècu même pas une phrase de NHL :
Bizarre 2 matchs en une semaine et les 2 meilleurs attaques du championnat bien transparente.
On verra la suite ce n'est qu'une bataille.