Pour la cinquième fois de la saison et pour la troisième fois en quinze jours, Grenoble retrouvait Briançon sur sa glace dans le cadre d'une rencontre en retard de la Ligue Magnus.
Grenoble Pôle Sud, Hockey Hebdo
Laurent Labrot & Christophe de Meeus le 04/01/2011 à 23:16
Pour la cinquième fois de la saison et pour la troisième en 15 jours, Grenoblois et briançonnais se retrouvaient à Pôle Sud dans le cadre d'une rencontre en retard, les deux équipes n'ayant pas pu jouer à la date prévue pour cause de finale de Coupe de la Ligue. Notons qu'en Magnus on inverse le calendrier des matchs retours ce qui explique cette double confrontation, pratique dont on doit bien vous avouer ne pas voir l'intérêt et qui semble être une exclusivité du hockey sur glace français? Notons également une première à Pôle Sud avec la présence de Madame Marie-Tjana Picavet comme arbitre, vous l'aurez compris la première femme vue à grenoble dans ces fonctions.
Photographe : Laurent Lardière
Amorce du But de Baylacq
Sopko et le palet sous le poteau
La rencontre démarre avec les deux équipes pied au plancher pour une période qui comprendra de multiples offensives, tirs et péripéties plutôt agréables à voir.
A 0"57 de jeu, Sivic déborde et fait alors le tour de la cage de Sopko, un but qu'un coup de patin involontaire n'a pas délogé de ses assises, mais qui aurait remonté partiellement la base de l'un des deux montants. L'attaquant slovène bat alors Sopko de manière assez invraissemblable en faisant semble t'il passer le palet en partie sous le montant de la cage du gardien des Diables Rouges pour inscrire le premier but. (1-0) D'ou nous étions, le but semblait parfaitement valable mais nos amis photographes ayant tous la même version des faits, nous la considérons comme la bonne sans avoir cependant vu d'images précises. Fallait-il accorder ce but en sachant que Sopko est loin d'être irréprochable dans cette affaire car il n'a pas semblé boucher totalement l'angle? Ne disposant pas d'un ralenti, le trio arbitral après s'être consulté valide l'action ce qui ne semble pas illogique.
Cet incident va passablement énerver le gardien de Briançon et une partie de l'équipe visiteuse. Certaines charges régulières mais appuyées des deux côtés vont faire progressivement monter la pression. A 6'40, Elie Raibon prend une mise en échec assez féroce et va aller jouer le rédempteur en rendant la monnaie juste devant le banc de Briançon avec une poussée dans le dos sur Rohat qui aurait mérité une sanction plus lourde. L'intéressé ainsi qu'Alberti s'en prennent alors à l'intéressé qui se trouve encadré par les visiteurs, avant que Suzzarini ne vienne au secours de son camarade de jeu. Les quatre joueurs se retrouvent au banc des pénalités avec 2" chacun et 2"+2" à Suzzarini. Des sanctions sans doute un peu légères qui ne vont pas calmer les esprits, dans une rencontre il est vrai assez régulière mais avec des joueurs qui donnent régulièrement dans les petits coups.
Une nouvelle pénalité grenobloise va alors donner plus d'une minute à 3-5, mais Briançon n'e fait rien, les diables rouges paraissant particulièrement génés par la vitesse de certains grenoblois avec en particulier un duo Baylacq Bedin fort intéressant à suivre. Baylacq intenable et stoppé irrégulièrement, et qui manquera un tir de pénalité avec son palet qui arrive sur l'angle du but d'un Sopko qui était battu.
Sortant cependant de leurs ruminations consécutives au premier but, Briançon va alors pousser en fin de période et bénéficier de replis approximatifs de brûleurs pour aller tester un Ferhi bien rentré dans la rencontre et auteur ce soir d'une prestation de grande qualité.
Cependant, le gardien de Grenoble ne peut rien lorsqu'à 19"10, Rouleau en voulant dégager sert Bernier avant la bleue, lequel à le temps d'avancer puis d'ajuster avant de tromper Ferhi d'un lancer croisé de belle qualité. (1-1)
Un score logique à la fin d'une première période agréable à suivre entre deux équipes qui attaquent et qui ont eu leurs occasions.
Photographe : Laurent Lardière
Marie Picavet
Sopko et le palet au ras du poteau
La seconde période reprend avec très rapidement une action qui est une copie presque conforme de la première. Baylacq à 20"38 fait le tour du but de Sopko et compte avec une réalisation qui ressemble beaucoup à la première, le palet passant cette fois entre le poteau et le patin du gardien haut alpin qui peut s'interroger sur son replacement et va regarder incrédule son poteau cette fois ci parfaitement planté dans la glace. (2-1)
Cette réalisation va porter un rude coup à Briançon qui va subir durant plusieurs minutes des grenoblois qui patinent et qui multiplient les attaques défenses. Les diables rouges en retour ne parviennent pas à passer la mi-glace, essuyant échecs avants et trappes bien conduites par les brûleurs. Sollicités tour à tour, les deux gardiens font bonne figure tandis que le rythme de la rencontre commence à baisser quelque peu. Moins fluide qu'en première période, le jeu s'enlise assez souvent dans des luttes le long des bandes qui ralentissent le rythme.
Deux pénalités contre Grenoble dont une pour un surnombre évitable vont encore démontrer la relative facilité des brûleurs à défendre avec efficacité contre des adversaires un peu plus lents qu'eux. Lamperier très en vue ce soir, ainsi que Bernier, Romano et Perez tentent des choses, mais contrairement à la première période, la circulation de palet entre le trio offensif souvent pris dans les bandes et les arrières ne fonctionne pas bien.
Paradoxalement, c'est en égalité numérique et comme en première période que Briançon termine mieux la période, mais paraissant toujours énervés, les visiteurs échouent sur un Ferhi toujours aussi à l'aise, et qui va multiplier les arrêts parfois en rafale. Le gardien grenoblois répondra à certaines faiblesses de sa défense entrevues surtout en fin de période ce soir. Pour avoir insulté l'arbitre, Alberi prend dix minutes avant que Dusseau ne prenne une mineure, le jeune défenseur ayant de sérieuses tendances à abuser de sa frappe lourde à la bleue au détriment de passes souvent plus judicieuses.
La période moins intéressante et plus brouillonne que la première se termine sur l'impression que Briançon va avoir du mal à revenir avec un Ferhi à son affaire et des jeux de puissance aussi mal gérés.
Ferhi et le palet dans sa mitaine
La troisième période comme les deux précédentes verra Grenoble mieux démarrer et Briançon mieux terminer. Sans montrer le moindre signe de crispation avec un seul but d'avance, les grenoblois vont défendre et parfois contrer avec plusieurs frappes sur Sopko. Rouleau va prendre dix minutes pour méconduite à 44"57, une pénalité pour l'ensemble de son oeuvre ce soir, et en particulier quelques fautes non sifflées un tantinet limites. Le second surnombre des diables rouges pour la période ne donnant rigoureusement rien, les diables rouges comptant un pourcentage de réussite d'environ 20% dans ce domaine en magnus, on doit bien supposer que ces lacunes ne sont pas habituelles...
La fin de rencontre voit Amar pénalisé pour un coup de coude, les diables rouges poussent alors mais Ferhi réalise à nouveaux plusieurs arrêts combinés de très belle facture. Malgré un temps mort pris et la sortie de Sopko, Briançon échoue sans surprise vu le manque de tranchant de ses offensives ainsi que l'absence assez perceptible ce soir d'un meneur de jeu capable de proposer des passes et d'assoir le jeu haut alpin en équipe spéciale.
A l'issue de la rencontre, Ferhi et Bernier se voyaient désignés meilleurs joueurs de la rencontre (Bernier en balance avec Lamperier sur cette rencontre, Ferhi avec Baylacq).
Nous palet qu'on vous en parle
Nouvelle confrontation entre Briançon et Grenoble, et nouvelle petite victoire par le score des grenoblois, les rencontres se suivent et se ressemblent entre les deux équipes. Pourtant, même si le score étriqué avec une polémique possible sur le premier but grenoblois ne plaide pas en faveur des brûleurs de loups, et si le nombre de tirs au but (statistique indisponible ce soir avec notre ami Damien grippé) penche sans excès non plus en direction de Briançon, avouons que les grenoblois nous ont sans doute davantage convaincu que ne l'indique le score.
Photographe : Laurent Lardière
Ferhi à son affaire
Plus concernés dans l'échec avant, comptant davantage de joueurs rapides et ayant une très grosse activité, Grenoble n'a jamais tremblé et n'a pas semblé une seule seconde considérer que la 4ème victoire en autant de rencontres pouvait lui échapper. Malgré une baisse de régime en fin de chaque période qu'il conviendra d'examiner si elle se reproduisait, et des trous d'air défensifs parfois répétés, Grenoble a su se préserver avec un Ferhi qui n'a connu ce soir aucun problème. Il est clair que disposer d'un gardien qui prend au maximum un ou deux buts sans avoir de responsabilité particulière change le donne du tout au tout. Disposant d'un groupe assez complémentaire et d'un Baylacq qui se découvre un quatième poumon après le troisième, un Bedin qui pourrait rapidement devenir un joueur important dans la rotation, Grenoble fait tourner ses jeunes et cela mérite respect et attention.
Du côté des diables rouges, la série négative face à Grenoble se poursuit avec l'impression ce soir d'une forte crispation dès ses débuts avec il est vrai un scénario particulier. Pas loin derrière, les diables rouges payent ce soir un second but de Sopko clairement évitable, et un premier qui sera vu au choix comme un autre très mauvais placement du gardien ou une erreur d'arbitrage (encore une fois, nous n'avons pas vu le ralenti et ne pouvons juger vraiment mais le fait d'accorder ce but ne nous a pas semblé anormal d'ou nous étions placés). Le manque d'un patron en jeu de puissance est également perceptible au fil de la rencontre, car normalement avec du 3-5 et de nombreuses supériorités, les joueurs de Basile devaient au moins en inscrire un sinon deux. Gageons qu'il faudra renouer avec la victoire, ce qui sera fait très prochainement, pour enfin évacuer ce déficit face à Grenoble et considérer l'hypothèse d'une revanche lors des séries finales qui sait?
Sur le 2eme but de Grenoble, je ne vois pas comment il peut passer au ras du poteau alors que le palet sort clairement ENTRE les jambières de Sopko pour entre dans la cage. A ce moment là je suis juste derrière la cage, c'est flagrant.
Les commentaires sur l'arbitrage sont souvent durs, mais Briançon n'a pas perdu cinq fois de suite face à Grenoble à cause des arbitres, pas plus que Grenoble n'est que huitième à cause des même arbitres. Et puis le championnat de France de hockey a peut-être tout simplement un corps arbitral qui correspond à son niveau...
Pour finir deux petits cartons jaunes tout a fait personnel :
Un arbitrage comme toujours inconstant : On siffle tout pendant 5 minutes puis on laisse passer des choses...normal que les joueurs ne s'y retrouvent plus et ralent constamment.