Buts : Grenoble : ; 48.01 Ludek Krayzel (ass Ludek Broz) Strasbourg : 07.14 Jan Cibula (ass David Brissette Cayer et Lionel Tarantino) ; 17.33 Pasi Petriläinen (ass Jan Cibula et David Brissette Cayer) ; 49.47 Paul Bradley (ass David Brissette Cayer et Michal Cesnek)
Pénalités
8 minutes contre Grenoble
8 minutes contre Strasbourg
Après un échec mardi en Coupe de la Ligue face à Gap, les Brûleurs de Loups remettaient le bleu de chauffe ce soir pour affronter l'étoile noire de Strasbourg. Dans une patinoire pas franchement pleine, ce qui peut paraître inquiétant un samedi soir de début de saison, on attendait un réveil des isérois, mais le début de rencontre allait plonger le public dans la perplexité.
Un tiers à oublier pour Grenoble
Le début de rencontre voyait Strasbourg se ruer vers la cage grenobloise avec un lancer de Devin sur Ferhi à 0'80 de jeu. Visiblement hors du coup, les Brûleurs subissaient un adversaire qui poussait fortement devant la cage de Ferhi. A 1"25, un but était logiquement refusé aux alsaciens pour avoir poussé le gardien grenoblois, Wallin s'expliquant avec Cayer sur l'occasion. Notons que Ferhi gagnerait à faire le ménage devant sa cage sur la première période, plus d'un gardien auraient mis la crosse face à des stations systématiques dans l'enclave.
Un premier lancer sans danger de Baylacq pour Hiadlowsky à 1"39, puis une spectaculaire mise en échec de Rouleau quelques secondes plus tard figuraient comme isolées dans ce qu'il faut bien désigner sous le nom de domination strasbourgeoise.
S'employant en défense, les Brûleurs se montraient particulièrement inconséquents en sortie de zone et leurs offensives dépassaient rarement la mi-glace, concédant du même coup de très nombreux revirements à leurs adversaires qui multipliaient les centres et envoyaient du jeu sur un Ferhi au four et au moulin.
Photographe: Laurent Lardière
Tarantino prend le dessus sur Amar
A 4"30, on voyait une combinaison des visiteurs qui envoyaient un palet volontairement rebondir sur le plexiglas derrière Ferhi avec deux attaquants qui s'engageaient pour bénéficier du rebond sur le côté du but adverse, alerte déjouée par Rouleau.
Pourtant, l'étoile noire déployait ses lasers et on sentait Grenoble susceptible de craquer face à la déferlante qui provenait parfois davantage de l'absence de relance que du talent brut des adversaires.
A 5"20, Crossman pris par la patrouille allait en prison et ce qui devait arriver se matérialisait au terme d'une suite de renvois maladroits de la défensive, le palet arrivant enfin sur Cibula qui trompait Ferhi d'un tir croisé. (0-1)
Les minutes suivantes allaient dans le même sens, avec des palets mal négociés à mi-glace et des relais mal assurés, sans appels ni démarquages véritables de la part de Grenoblois vraiement pas dans le coup.
A 17"43, un énième palet lancé depuis la bleue se voyait dévié par Petrilainen au fond des filets de Ferhi visiblement masqué", et la période se terminait avec le sentiment que si les brûleurs ne réagissaient pas rapidement, l'affaire pourrait vraiement être plus compliquée (0-2).Seul signe d'espoir, un poteau d'Amar après une montée de qualité de la part du capitaine à 19"20.
Tirs 13/5 Strasbourg
Engagements: 11/9 Grenoble
Un pointeur s'il vous plait!
Visiblement bousculés lors de leur passage au vestiaire, les grenoblois reprenaient avec d'autres intentions, et Krayzel voyait une frappe de qualité passer au raz du poteau à 2"59.
Pourtant, l'élan allait être freiné par une pénalité concédée par un Gillet pas franchement dans le coup ce soir à 23"37. Strasbourg pousse à nouveau mais les isérois sauvent la mise et vont alors enfin sortir de leur léthargie pour solliciter Hiadlowsky, auteur d'un match sérieux, mais qui n'a eu que deux interventions déterminantes ce qui souligne les difficultés des grenoblois à se créer des décalages.
A 28"07, Strasbourg concède une pénalité, et le jeu de puissance grenoblois produit quelques occasions comme un lancer de Tartari violent mais centré sur le gardien alsacien.
Photographe: Laurent Lardière
M.Sivic dans la tenaille Cesnek-Pritz
Malgré l'apport offensif des arrières grenoblois à l'image d'un Rouleau qui était pour nous le meilleur grenoblois ce soir, l'attaque ne parvient pas à se créer de grosses occasions et multiplie les lancers et frappes directement sur Hiadlowsky qui fait admirer du coup ses arrêts mitaine basse.
Les minutes passent et la domination brouillonne des isérois ne donne pas grand chose. A 35"40, Arrossamena est bien servi plein centre à la bleu sur un appel construit, mais échoue en levant trop son palet face au gardien des visiteurs.
Grenoble va ensuite bénéficier d'un nouveau jeu de puissance consécutif à un cinglage de Bradley sur Tartari, seule fausse note de l'attaquant canadien auteur d'un très bon match ce soir et qui devrait rendre bien des services à l'étoile noire cette saison.
Le jeu grenoblois paraît alors susceptible de faire craquer strasbourg avec plusieurs centres manqués et frappes à le bleu difficilement repoussées. Sivic ne parvient pas à lever un palet gagnant, et voit Hiadlowsky réaliser un arrêt de classe à 38"40 sur un plongeon au sol.
Grenoble a manqué l'occasion de revenir au terme d'une période clairement dominée, Strasbourg paraissant se contenter de gérer son avantage.
Tirs 14/5 Grenoble
Engagements 12/8 Grenoble
Trop d'occasions manquées
Les premières minutes de l'ultime période voient Grenoble pousser, mais manquer de réalisme lors d'un jeu de puissance obtenu dès la reprise. Les minutes passent et les isérois pousent toujours, l'étoile paraissant quelque peu hésiter entre l'attentisme total et la recherche de contres.
Photographe: Laurent Lardière
J.Baylacq subit la charge de Cesnek
A 49"01, Krayzel file à l'aile, et freine afin d'éviter le défenseur face à lui. Bénéficiant d'une ouverture face au gardien, il claque une superbe lucarne pour permettre enfin à Grenoble de revenir dans la partie. (1-2)
On peut alors espérer voir Grenoble renverser la tendance, les joueurs de Dufour bénéficiant pour celà de plus de dix minutes de jeu, mais malgré une domination certaine, c'est Strasbourg qui va reprendre de l'air en passant la bonne vieille combinaison des familles (voir plus haut).
Comme lors de la première période, un lancer envoyait le palet toucher volontairement le plexiglas et rebondir derrière la cage de Ferhi, avec deux joueurs lancés devant et derrière la cage pour tenter de s'en emparer et de pousser dedans ou passer. Seconde option avec une passe éclair de Cayer pour Bradley, l'ancien pensionnaire de l'université Laurier poussant au fond avec une défense grenobloise toujours pas vaccinée contre la manoeuvre pourtant vue au minimum trois fois déjà dans la rencontre. (1-3).
Malgré plusieurs tentatives, Grenoble ne parvient pas à réduire la marque, et une pénalité évitable de Tartari à 57"39 cellait le sort de la rencontre avec une victoire logique de strasbourgeois plus réalistes.
Enseignements
Confirmant la bonne forme affichée face à Amiens, Strasbourg a présenté ce soir un hockey séduisant, en particulier lors de la première période qui a vu il est vrai grenoble chercher son jeu et même son chemin sur la glace. Plus offensif que lors des saisons précédentes, le groupe paraît proposer un hockey de bonne facture, et disposer d'individualités intéressantes. Gardien solide, défense assez technique, attaque bien positionnée, l'ensemble est séduisant, mais a tout de même trop reculé lors des deux dernières périodes. Deux fois à la 7ème place de Magnus dernièrement, Strasbourg peut-il espérer mieux? Le niveau paraît clairement plus haut en alsace mais tout dépendra de la qualité des gros calibres de la ligue.
Combien de temps faut-il à un groupe assez disparate car formé de nombreuses nationalités et de joueurs appartenant à deux générations différentes pour maîtriser un système de jeu canadien quand une majorité n'en a jamais pratiqué? C'est bien à cette question que doit répondre ce soir Jean-François Dufour. Noyés en première période et bien éloignés des consignes, Grenoble a montré un visage plus séduisant lors de la suite de la rencontre, sans toutefois rassurer sur le plan offensif. Certes, un poil de chance en plus comme sur les deux poteaux d'Amar et de Gillet pouvaient donner une issue différente, mais avouons que l'absence de calibre offensif est criant. Laissons Broz de côté et reconnaissons ses qualités de passeur, mais pas de finisseur, oublions Avenel et Tartari peu présents ce soir, ainsi que les jeunes d'une manière générale, et qui avons nous hormis les arrières et leurs frappes? Un Sivic auteur de 5 tirs mais qui peine avec les appels et contres appels du système nord américain de Dufour, et Krayzel dans le rôle de l'unique buteur sur une action individuelle? Bien mince... Notons que sur les tirs grenoblois, 15 sont le fait des défenseurs contre... 20 en tout pour les attaquants, vous comprenez alors le problème principal.
Quand vous ne disposez pas d'un marqueur capable de prendre le jeu à son compte, et si cela avait été le cas, Grenoble n'aurait pas été loin de la victoire, vous devez pouvoir exécuter votre système, ce qui n'a pas été le cas ce soir. En quoi consiste t'il ce classique du hockey nord américain? Déjà de solides relais en sortie de zone avec transition à mi-glace, exercice pas évident pour des joueurs ayant utilisé un système européen (suédois) différent, mais également des appels et contre-appels constants que l'on a pas vu souvent. Ensuite, défensivement, le contrôle des couloirs de passe n'est pas acquis ce qui a conduit à plusieurs buts adverses et posé problème à certains joueurs. On voyait ainsi clairement Gillet sur certaines phases se demander s'il devait respecter le placement prévu ou compenser une aide défensive floue, avec derrière plusieurs erreurs qui ont failli coûter cash en seconde période.
Il faut accepter que les joueurs de Jean-François Dufour aient encore à travailler le fond de jeu, et plus d'un entraîneur vous dirait ce soir que la prestation grenobloise, décevante, est par ailleurs assez logique vu le contexte. Notons qu'un poil de chance en plus pouvait modifier la donne, les isérois ayant bien dominé deux périodes en nombre d'occasions. Si interrogation il doit y avoir, ce n'est pas dans les progrès à venir de l'ensemble de l'effectif concernant les options de jeu, mais l'absence de pointeurs, individualités, capables de compter régulièrement des buts et de sortir l'équipe d'une situation bloquée. Certes les arrières savent frapper à la bleue, mais une défense haute prendra l'option d'aller les chercher puisqu'il n'y a pas de menace du même ordre plus bas. En attendant qu'un joueur endosse le costume de marqueur dangereux, hypothèse que l'on espère probable mais qui n'est aucunement confirmée, Grenoble devra absolument suivre son système, bien l'exécuter, et en dépendre pour espérer enfin une victoire rapidement avant que le moral ne devienne un problème.