Dans une patinoire à guichets fermés, Grenoble retrouvait son meilleur ennemi dans un contexte assez différent de la dernière confrontation alors remportée par des isérois en plein euphorie. Ici au contraire, il allait falloir mettre le bleu de chauffe pour en finir avec la série noire. A grenoble les absences de Coté et Trabichet tempérées par les arrivées de Leclerc et Dame-Malka qui retrouvait son ancienne équipe étaient à noter, contre celle de Chakiachvili du côté des normands.
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Déchets offensifs
Grenoble démarre bien la période et s'en va rapidement bombarder Pintaric, excellent ce soir et élu logiquement par le public meilleur joueur côté rouennais. A 2', Thinel oublié par la défense s'en va buter sur Horak au diapason de son confrère dans une rencontre assez riche en lancers et slaps. Le problème est que plus qu'à l'habitude, le plexiglass parfois très loin derrière les deux buts accueille les nombreux palets non cadrés, que l'on peut estimer pour les deux équipes en première période à environ 70% de la production totale. Des pénalités de part et d'autre confirment la solidité des gardiens et la relative absence de finisseurs capables de faire la différence au sein des deux équipes. Côté dragons, hormis Thinel que l'on sent capable épisodiquement de créer le danger, on ne peut pas dire que leur attaque carbure fort, tandis qu'à Grenoble, les joueurs de premier trios sont quasi-absents ce soir à l'image d'un Giroux qui n'aura rien proposé à l'exception de deux pénalités bien évitables. Dans une première période très équilibrée entre les deux équipes, on peut voir toutefois l'excellent travail de Le Blond clairement en hausse cette année et de ses compères Baylacq ou encore Hordelalay qui parviennent à proposer des accélérations intéressantes.
La seconde période voit Grenoble prendre l'avantage très rapidement par une reprise en patinage arrière de Golicic devant la cage normande sur un centre au cordeau de Dame Malka, fort joli but technique à 21'08. (1-0)
Visiblement confortés par leur avantage au tableau d'affichage, les Brûleurs poussent fortement avec plusieurs attaques-défenses dangereuses en première partie de période. Ces dernières soulignent l'excellent niveau de Pintaric mais également la relative lenteur de la défensive des vices-champions de France que l'on a connu plus vifs aux côtés de leur cage.
Changement de cap ensuite avec Rouen qui se réveille enfin quelques minutes, fait tinter le poteau de Horak avant de subir à nouveau la pression grenobloise dont les attaques-défenses mettent Pintaric à rude épreuve à 31'.
A 34'08, un raid solitaire de Hardy est bien bloqué par les dragons qui relancent ensuite sur le côté du défenseur grenoblois pendant que les changements volants tardent à compenser. résultat, un tir de pénalité pour Rouen assez mal négocié par Aleardi dont la feinte est anticipée facilement par Horak.
Pourtant, l'avertissement est le prélude à l'égalisation des visiteurs à 35'44 avec Thinel qui voit son lancer dévié assez chanceusement au fond des cages de Horak, une égalisation pas malheureuse pour des normands globalement dominés en seconde période. (1-1)
A 38'06, un dernier jeu de puissance des joueurs de coach Lhenry après une faute inutile de Giroux voit Horak dire non par deux fois, pour un score de parité en sortie de période assez bien payé pour les visiteurs.
Le dernier mot au démon Le Blond Toute coïncidence avec le surnom donné à un joueur celèbre du Canadien de Montréal est totalement assumée
Quelques bousculades sans gravité ponctuent la reprise de la troisième période. Un jeu de puissance rouennais à 46'10 échoue principalement grâce à Horak. les minutes passent et on se demande qui va prendre l'avantage synonyme vu la forme des deux gardiens d'une forte option pour la victoire finale.
C'est finalement Le Blond, joueur qui mériterait incontestablement une place sur l'un des deux premiers trios vu sa forme actuelle, qui fait la valise à 50'39 et bien servi par son compère Hordelalay s'en va crucifier Pintaric d'une reprise à pleine vitesse qui fait chavirer Pôle-Sud et contente pleinement les amateurs de hockey qui apprécient une certaine finesse technique et un power skating que l'on aimerait voir pratiquer par certains joueurs majeurs de l'effectif. (2-1)
La fin de rencontre voit les dragons pousser assez maladroitement pour une nouvelle égalisation, Grenoble se créant quelques occasions dont une manquée à bout portant par Champagne pas franchement récompensé de ses efforts ce soir.
Les dragons vont prendre deux temps morts en moins de dix minutes, le premier pour déjouer une double supériorité grenobloise, le second pour tenter de bien orchestrer la sortie du gardien à 1'18 du terme, mais plus rien ne sera marqué et le public peut acclamer son équipe au terme d'une rencontre plaisante à suivre et jouée sur un rythme assez soutenu.
Grenoble est sorti de sa série négative, et a eu le bon gout de le faire face à ce qui est sans doute l'équipe la plus redoutable de la ligue avec Gap. Si l'on peut déplorer un certain déchet dans la finition, défaut amplement partagé avec Rouen, la défense grenobloise s'est montrée plus efficace qu'à l'habitude avec un échec arrière plutôt probant et des plongeons devant la frappe adverse qui ont fait plaisir à l'amateur de hockey. Certes, la victoire s'est faite par la plus petite marge, et il n'y aurait eu rien à dire si l'adversaire avait égalisé, constat tempéré par un unique but assez chanceux des normands bien dominés à ce moment du match. Sur un plan plus individuel, on pourra noter le bon début de Dame Malka qui signe un bel assist, et la relativement bonne tenue du reste de l'effectif à l'exception d'un premier trio à la peine à l'image d'un Giroux dont les statistques sont bonnes, mais qui sur ce match n'aura pas marqué les esprits en restant totalement muet, tout comme en coupe continentale du reste. Malgré cela, Grenoble a su vaincre le signe indien et peut se consacrer à ce qui reste désormais son seul objectif de la saison: le titre de champion de France.
Osons le dire, les Dragons ne nous ont pas impressionné sur ce match. Hormis Pintaric, sans doute le meilleur gardien vu à Pôle-Sud cette saison, on a pas vu grand monde briller dans le ciel grenoblois aujourd'hui. La défense est un peu lente et prise régulièrement de vitesse à tel point que l'on en serait presque à tempérer les avis émis sur son homologue grenobloise après la coupe continentale, et l'attaque pourtant souvent décisive manquait aujourd'hui de tranchant et d'individualités capables de faire la différence. Doit on penser que le vice-champion de France attend les séries en proposant le minimum? En tous les cas les joueurs de Lhenry nous doivent une revanche en matière de réalisme et de jeu collectif offensif.