Après une déconvenue face à Dijon, Grenoble retrouvait Angers pour une explication dans une patinoire bien pleine. Des angevins en quête de revanche après leur élimination de la Coupe de la Ligue par ces mêmes Brûleurs quelques mois plus tôt.
Déjà fortement handicapés par les absences de Ferhi et d'Amar, les dauphinois allaient devoir se passer ce soir de Sivic (saison terminée sur blessure au genou) et de Krayzel (mal de dos et absence à durée indéterminée). Une situation qui conduisait le présentateur à informer de la blessure de Sivic avant de souligner qu'il allait falloir pousser très fort les grenoblois diminués ce soir, une étrange entrée en matière qui hélas allait donner le ton de la soirée.
Photographe Laurent Lardière
But Angevin
Calimero résigné vs l'ogre poussif
Le début de rencontre produit un premier but angevin à 1"05. Laprise, bénéficiant d'une totale absence d'échec arrière décroche un tir qui trompe Raibon en lucarne. (0-1)
L'impression d'assister à une rencontre déséquilibrée qui verrait Grenoble en victime expiatoire de son infirmerie s'expliquer avec des angevins qui respectent pleinement ce handicap en jouant à l'économie s'impose alors rapidement.
Fortier échoue sur Raibon à 1"45, avant que ce dernier ne plonge au sol au terme d'une attaque défense bien conduite par les ducs à 5"30
Mis en difficulté sur les sorties de zone et systématiquement stoppés à mi-glace, les grenoblois jouent totalement en dedans, et paraissent incapables de proposer leurs solutions habituelles comme l'échec avant, sacrifié ce soir tout comme les transitions entre avant et arrières pour des frappes à la bleue. En face, c'est petite vitesse pour des angevins qui peinent à se trouver et perdent de très nombreux palets dans les bandes ainsi que sur des renvois parfois précipités vu les solutions de passes qui existent bien en zone neutre.
Baluch, Poudrier, tentent leur chance avant qu'une pénalité des visiteurs ne donne un jeu de puissance ponctué d'une seule frappe significative de Gillet.
A 12"06, alors qu'il faut bien dire que le niveau de jeu est très médiocre, Belanger va proposer une superbe action individuelle, débordant son arrière avant de le mistifier d'un palet glissé entre sa crosse et la jambe. Il frappe alors sur ce qui nous semble être le masque de Raibon et le palet ricoche pour finir au fond des filets. (2-0)
Une seconde pénalité contre Angers à 13"24 ne donne toujours rien, la fin de période étant particulièrement décevante.
La reprise, pénible car soulignant les très graves lacunes grenobloises et un certain relâchement angevin va voir Arrossamena manquer d'assez peu un service de Papa à 2"20. Après que Crossman ait regagné péniblement son banc sur une charge qui sera sans conséquence, Angers va alors se réveiller et se rendre compte qu'effectivement, l'adversaire est hors du coup. L'effet sera, disons le clairement, dévastateur.
A 24"40, sur une superbe transversale de Jokinen, un joueur fin que l'on a pu apprécier, Henderson reprend à cage largement ouverte pour inscrire un but tout fait et qui souligne l'absence totale de défenseur, d'autant plus injustifiée que les deux équipes sont à égalité numérique et en attaque défense. (0-3)
Devant un public qui, à l'exception des supporters des Irréductibles particulièrement méritants ce soir, reste totalement muet, le calvaire grenoblois va s'interrompre bien temporairement grâce à Arrossamena qui servi par Tartari réduit le score à 25"51 (1-3) et ceci malgré une infériorité numérique grenobloise.
L'étincelle de courte durée va s'éteindre huit secondes plus tard lorsque Poudrier centre et voit son palet détourné par un défenseur terminer au fond. (1-4)
On continue avec le même Poudrier qui sert Manavian à 27"15, et l'ancien grenoblois auteur d'un très bon match ce soir y va de son but en trompant de près Raibon dont on voit l'énervement monter de minute en minute. (1-5)
Grenoble subit alors une infériorité avec succès, mais Angers qui ne donne pas spécialement l'impression de forcer va continuer à compter.
A 31"39, Wallin donne le palet à l'adversaire et Fortier en rupture sert Bélanger qui pousse dedans à cage vide. (1-6)
La fin de période souligne l'agonie grenobloise et une rencontre totalement déséquilibrée. Les frappes iséroises ont pourtant trouvé Aubry qui a répondu présent mais la statistique ne souligne pas les boulevards défensifs laissés par les Brûleurs et logiquement exploités par leurs adversaires.
A 31"39, Fortier propose une passe de grande classe qui voit le disque traverser la glace dans la largeur pour trouver Belanger à pleine vitesse qui contrôle et s'en va placer un très beau droite-gauche sur Raibon. Une passe vraiment limpide qui traduit une prise de décision instantanée chez son auteur et un dosage qui situe le joueur...(1-6) Domage que Fortier n'ait pas été crédité de l'assistance...
Une pénalité contre Gillet va produire un but amusant de Jokinen. Sur une transversale de Lacroix, ce dernier qui se retrouve en cage totalement vide va pourtant lancer sur le gardien qui ne peut contrôler et concède une nouvelle fois le but. (1-8)
La frustration accumulée par les grenoblois va alors s'exprimer avec une bagarre qui opposera plusieurs joueurs dans la minute qui va suivre. A l'origine de l'affaire, Rouleau inflige une charge dans le dos d'un adversaire le long de la bande, et une partie de "brasse camarade" comme disent nos amis canadiens éclate au milieu de la glace. Verdict après échange du trio arbitral:
-10 + 2 minutes pour Rouleau qui s'en sort particulièrement bien sur cette affaire vu sa charge initiale
-2+2+10 pour Colotti qui s'est expliqué avec Henderson
-2+2+10 pour Henderson, impliqué avec le joueur précédent
-2+10 pour Doyle
-10 pour Arrossamena qui avait enlevé ses gants pour s'expliquer avec Doyle.
La fin de la rencontre verra Belanger inscrire son troisième but sur un service d'Albert qui le décale idéalement à 55"06. (1-9) Marc Belanger, joueur de grande qualité qui a la double nationalité canadienne et française et semble intéressé par l'équipe de France (pas nous qui le disons, c'est lui à notre micro...interview à venir). Seule certitude à retenir sur ce match: il a mais alors clairement très largement sa place en tricolore!
Engagements 11/18 Angers
Tirs 15/5 Angers
un non-match?
Il faut remonter à plusieurs années pour trouver un tel score à Pôle-Sud et surtout une équipe grenobloise qui fasse aussi pâle figure. Alors oui Grenoble est privé de 4 titulaires importants, oui Grenoble n'avait mathématiquement pas beaucoup à gagner ce soir, oui Grenoble pouvait s'économiser afin d'éviter de nouvelles blessures, mais ce qui a été montré n'est pas acceptable pour le public qui avait fait nombreux le déplacement et payé 19 euros cette rencontre vendue comme "Super Gala" .
Soyons clairs, mal jouer arrive, perdre, même de beaucoup arrive, et il n'y a aucune honte à ce que cela se produise quand vous pouvez compter sur trois joueurs étrangers contre douze sur la feuille de match d'Angers, et que vous alignez une équipe particulièrement jeune et composée très majoritairement d'espoirs. Ce qui pose problème, ce n'est même pas le score mais la manière. Avec un échec-avant aux abonnés absent, des non-replacements défensifs qui ont conduit à des buts en cage vide qui vaudraient à n'importe quelle équipe de jeune une sérieuse remontée de bretelles, et une lassitude et découragement manifeste d'une partie de l'effectif qui n'a pas patiné, proposé de mises en échec, qui tout simplement pas joué comme on était en droit de l'attendre, il y a malaise. Certes des Baylacq, Bedin, Moisand, ont surnagé, mais il suffisait de voir le visage des joueurs grenoblois dès la première minute de la rencontre pour comprendre qu'ils l'avaient déjà perdue, et c'est bien ici que se situe le coeur du sujet
Grenoble n'a pas besoin de gagner son prochain match à Gap, et il n'est pas certain que la patinoire de Marseille qui va accueillir la rencontre va motiver les troupes, mais après ce sont les playoffs et si le fait d'avoir 4 joueurs très importants indisponibles justifie à nouveau de tels relâchements et le complexe du Calimero devant ses blessés, la saison sera courte et les questions qui suivront plus nombreuses que prévues pour les dirigeants grenoblois.
Côté angevin, il est difficile voir impossible de retirer des enseignements d'une rencontre que les ducs ont outrageusement dominée. Il sera par contre très intéressant de suivre cette équipe lors des séries finales, avec des joueurs qui ont montré de la qualité dans la finition ce soir, à l'image d'un Belanger vraiment redoutable dans cet exercice.
on a tout de même vu une bonne bagarre ! et ça c'est pas souvent ... ça manque un peu ! :) c'set aussi ça le hockey une grosse castagne et des arbitres qui ne savent plus ou donner de la tête.
Ceci dit, à mon humble avis, le gros problème des BDL cette saison, c'est le manque d'impact des cadres en attaque, et le plus dynamique (Sivic) est out, ce qui n'aide pas.