Malheur aux retardataires à l’Aren’ice ce soir. Les Jokers, qui ne sont pas toujours coutumiers de départs sur les chapeaux de roues, ouvrent la marque après 31 secondes de jeu sur leur première action. Thomas Suire, servi de derrière la cage par Steven Owre, cueille à froid Clément Ginier le portier chamoniard (1-0, 0.31). Très belle entrée en matière des franciliens qui pressent, prennent à la gorge et étouffent les haut-savoyards.
La possession du puck est largement cergypontaine et il s’en faut de peu pour que l’explosif Ryan Tait ne double la mise sur une remise de Pierre-Charles Hordelalay. Qu’à cela ne tienne, un peu plus tard sur un revirement Suire sert Owre qui s’échappe et, de la droite, expédie un missile qui trompe Ginier à mi-hauteur (2-0, 7.43). Le break est fait et il n’y a qu’une seule équipe sur la glace.
Le calvaire des Pionniers se poursuit dans la minute suivante, c’est Norbert Abramov qui, sur une récupération défensive du finlandais Tuukka Rajamäki et une passe de son compatriote Aku Kestilä, fait filet d’un tir en angle (3-0, 8.40). Les Jokers s’envolent et Marc Lefebvre, le coach chamoniard, demande un temps mort pour remettre les têtes à l’endroit dans son groupe.
Démarche insuffisante car, une minute plus tard, Tomas Kudelka est appelé au banc des pénalités et offre aux Jokers le premier powerplay de la partie. Ces derniers ne laissent pas passer une telle opportunité. Sur une combinaison où dans le slot Charles Levesque manque le palet, Owre qui est derrière lance à la cage et oblige Ginier à laisser un rebond. En vieux roublard Dennis Kearney bataille sur la droite et pousse le puck au fond (4-0, 9.52).
Les franciliens sont sur un nuage, tout leur réussi et pour tenter de casser ce momentum, Marc Lefebvre remplace Ginier par Richard Sabol dans le but. La deuxième supériorité numérique dont bénéficie les Jokers n’est pas directement bonifiée, ces deniers trouvant le moyen de se faire sanctionner et de ramener le jeu à 4 contre 4. Néanmoins, c’est dans cette configuration qu’ils profitent des espaces et Kestilä lancé dans l’axe par Rajamäki trompe Sabol d’un lancer dans la lucarne(5-0, 13.18).
Le festival des verts s’achève avant la sirène quand une action menée par leur capitaine Kevin Da Costa et Timothée Franck, Louis Petit, en angle fermé, remet fort du revers sur le gardien qui voit le puck mourir derrière sa ligne de but (6-0, 19.02).
Les pionniers qui ont complètement dévissé au premier tiers abordent le deuxième avec de bien meilleures dispositions. Ils sont rapidement récompensés sur un revirement où Phil Marinaccio profite de prés du rebond laissé par Sebastian Ylönen sur un lancer de Jarkko Harjula (6-1, 21.12).
Ils laissent cependant passer l’occasion de faire douter leurs hôtes en ne parvenant pas à bonifier la supériorité numérique dont ils bénéficient dans la minute suivante. Le match se rééquilibre un peu mais, à la mi-tiers, les américains des Jokers font à nouveau parler la poudre. Le défenseur Brien Diffley contourne la cage adverse et sert en retrait Tait qui conclut puissamment en lucarne (7-1, 29.22).
Les chamoniards ont le mérite de tenter de revenir et sur une récupération dans leur zone défensive, Harjula et Bastien Zago lancent le canadien Marinaccio qui part dans l’axe et trompe Ylönen pour la seconde fois (7-2, 33.26). Malheureusement pour eux, Lauric Convert est sanctionné peu de temps après, ce qui permet aux Jokers de faire parler leurs unités spéciales. Sur un face-off remporté en zone offensive, Tait et Kestilä permettent à Rajamäki de loin de tromper Sabol d’un lancer entre les bottes (8-2, 35.32). Les fautes commencent à pleuvoir des deux côtés en fin de tiers mais restent sans incidence sur l’évolution du score déjà bien lourd pour les visiteurs.
Les Pionniers débutent le dernier vingt en infériorité numérique mais se créent la première occasion, Samuel Salonen obligeant Ylönen à faire un bel arrêt dans le face-à-face les opposant. Malgré cette débauche d’énergie des visiteurs, les Jokers sont les premiers à remettre le couvert, Rajamäki et Abramov combinent bien et permettent à Kestilä, dans le slot, d’inscrire son doublé (9-2, 44.27).
Chamonix s’enfonce et ne bonifie pas le nouveau powerplay obtenu quelques minutes plus tard. L’ultime réaction des visiteurs viendra d’une attaque fulgurante initiée par Emil Bejmo qui trouve Marinaccio sur la gauche. Le canadien recentre sa trajectoire et décoche un lancer qu’Ylönen ne peut que repousser du bout de la botte gauche. Sébastien Delemps qui a bien suivi pousse le puck au fond (9-3, 50.34).
Hélas pour Chamonix, la tentative de remontada s’arrêtera là. Une faute de Zago offre un nouveau powerplay aux cergypontains et le trio Abramov – Kestilä - Rajamäki donne le tournis au carré défensif chamoniard. Assez rapidement Rajamäki trompe Sabol et inscrit lui aussi son doublé (10-3, 51.39).
Ginier revient dans la cage de Chamonix pour finir le match. Le score reste inchangé jusqu’à son terme. Comme un symbole de leur agacement et de leur frustration, les fautes continuent à tomber coté chamoniard jusqu’à un ultime coup de tête de Kudelka au retentissement de la sirène.
Retour à l’Aren’ice réussi pour les Jokers qui offrent un feu d’artifice offensif à leur public. S’ils continuent à proposer du spectacle, les tribunes qui ne comptaient que 1831 spectateurs ce soir ne tarderont pas à de nouveau être combles. Ils doivent pourtant vite savourer cette belle victoire et rapidement chausser le bleu de chauffe pour se préparer à leur prochain match, un déplacement au Coliseum d’Amiens. Ils y affronteront des Gothiques qu’ils connaissent bien. Après avoir connu un démarrage de saison poussif, les amiénois viennent de relever la tête à Briançon et voudront confirmer face aux franciliens.
Pour leur part, les chamoniards doivent vite oublier ce match à côté duquel ils sont complètement passés. Leur difficile match de la veille à Angers a certainement dû peser lourd dans les patins. Quoi qu’il en soit, la copie livrée ce soir ne correspondait pas à leur valeur. Ils devront se mobiliser pour recevoir les redoutables Brûleurs de loups de Grenoble qui viennent d’étriller les Gothiques.