Après un début de saison chaotique mais relancé par la victoire à l’extérieur à Briançon, on pouvait attendre de Grenoble une prestation intéressante face à Amiens, une confrontation dont l’issue pouvait paraître incertaine. Dans une patinoire pôle-sud pratiquement pleine avec 3450 spectateurs, les supporters grenoblois allaient passer une mauvaise soirée.
Grenoble sous Nargothique ?
Après trois minutes sans le moindre tir, grenoblois maladroits et amiénois prudents voyaient une première pénalité sifflée contre Hecquefeuille qui effectuait pour l’occasion son retour à Pôle-Sud et ceci au poste d’arrière. Un choix singulier revendiqué par l’intéressé à notre micro, mais qui prive l’équipe de France d’un joueur qui savait apporter des solutions offensives, pour un arrière plutôt à son avantage ce soir malgré deux pénalités d’entrée.
Après un jeu de puissance inexistant, Grenoble va enchaîner pour longtemps sur un jeu extrêmement brouillon caractérisé par son manque de relais à mi-glace, ses sorties de zones lentes et stéréotypées, et ses passes incomplètes qui feront le bonheur des gothiques rassurés au fil des minutes en découvrant que leur jeu collectif est lui en place. Personne n’est donc surpris lorsqu’à 5"47, Pazak trompe Ferhi d’une reprise qui trouve le raz du poteau gauche alors que le gardien était parti pour couvrir l’axe de la cage le plus ouvert (0-1).
Deniset et Tomasek ont mis a mal la defense grenobloise
Grenoble paraît alors tenter de redresser la tête, avec quelques frappes lointaines et surtout plusieurs occasions en cage ouverte avec des reprises manquées. Notons qu’au final ce soir, les Brûleurs auront bénéficié d’environ huit occasions de ce type, sans parvenir à en reprendre une seule.
Une seconde pénalité de Hecquefeuille à 6"55 ne donne qu’une seule frappe sur Thompson qui passera globalement une soirée assez tranquille, mais repoussera parfaitement bien certains tirs grenoblois.
Deux pénalités contre Grenoble donneront alors une seconde partie de période plutôt défensive, les carences en sortie de zone conduisant par ailleurs plusieurs attaques défenses amiénoises endiguées par des défenseurs grenoblois globalement présents sur jeu placé, mais qui ne pourront que déplorer plusieurs retards dans les aides de certains joueurs offensifs et particulièrement les deux tchèques.
Alors que l’on commence à se dire que Richer va pouvoir disposer d’arguments pour convaincre ses joueurs que Pôle-Sud est bien une citadelle que l’on peut prendre ce soir, il va recevoir confirmation de ce jugement avec le second but d’Amiens. A 18"54, après une première frappe mal repoussée par Ferhi, c’est Deniset qui pousse le palet au fond pour doubler la mise, un but pour lequel le gardien français paraît avoir sa part de responsabilité (0-2). Redoutable chasseur de but depuis le début de la compétition, Paul Deniset qui figurait en tête des pointeurs fait admirer son placement et sa technique après avoir enrhumé la défense grenobloise quelques minutes plus tôt .
En recherche de jeu collectif, d’efficacité dans l’échec avant, et même d’aide défensive, Grenoble renvoi l’image d’une équipe déjà dépassée par son adversaire, reste à estimer l’apport de la pause et espérer pour le public que le réveil sonne enfin à la reprise.
La rencontre paraît quelque s’accélérer à la reprise, avec des contres de Pazak , de Le Blond et Avenel qui figureront parmi les joueurs que l’on a vu ce soir côté grenoblois. Deux pénalités des gothiques vont permettre de constater que Grenoble peine durablement à proposer un jeu de puissance, et lorsqu’ils y parviennent, l’absence de présence dans l’enclave et la relative lenteur de transmissions condamnent l’opération.
Pourtant, même si on entend pas la sonnerie dans une patinoire Pôle Sud à la sono encore une fois beaucoup trop forte (mesurée à 100 décibels ce soir soit l ‘équivalent d’un baladeur à pleine puissance avec risque de surdité pour l’utilisateur, la limite en discothèque étant de 110 décibels pour un public qui à notre différence lui recherche cela ! Si on pouvait baisser beaucoup, , on apprécierait merci!) le réveil grenoblois paraît sonner enfin avec le jeune Benoit qui sur un service de Crossman inscrit son plus joli but en carrière. Se retrouvant face à Thompson, il marque en lucarne du revers pour l’ouverture du score iséroise à 32"42 (1-2).
Las pour le public, l’embellie est courte et après une pénalité concédée par Tartari, c’est Amiens qui en recolle un pour fêter la fin de la période. En jeu de puissance, c’est l’inévitable Deniset qui colle au fond sur un service de Bergin et d’Hecquefeuille à 34"10. (1-3)
Une dernière pénalité grenobloise freine les affaires locales avant la pause, lesquelles se limitent à plusieurs centres une nouvelle fois vendangés par les attaquants, dont un d’anthologie pour un Arrossamena qui doit encore se demander comment il a fait pour reprendre le palet dehors sur un angle qui voyait la cage amiénoise ouverte à plus de 80% juste devant lui.
Tirs : 11/11
Engagements : 15/11 Grenoble Un chti petit dernier pour la route
La dernière période verra Amiens dérouler aimablement et gérer gentiment son avance. Plusieurs frappes à la bleue des arrières grenoblois trouveront le peu mitraillé Thompson qui fera pour l’occasion admirer son jeu de jambière qui est certainement l’un des meilleurs de la ligue cette année. Sans jamais s’énerver, les joueurs de Richer poursuivront collectivement et inscriront un dernier but par Tomasek sur un nouveau service de Bergin à 50"04. (1-4)
Les dernières minutes montreront des Brûleurs résignés et toujours en quête de solutions offensives et même ce soir défensives.
Tirs : 10/5 Amiens
Engagements : 9/6 Amiens Que se passe t'il?
Avouons que cela fait bien longtemps que l’on avait pas vu Grenoble trébucher ainsi en début de saison et proposer un jeu aussi pauvre face à des équipes dont on se demande si elles sont pour le coup des candidates sérieuses aux demi-finales (Strasbourg, Amiens) ou simplement plus fortes que des grenoblois désormais 10èmes du classement ce soir. On trouvera de multiples raisons à cela, dont une qui sert d’explication à elle seule, à savoir la réduction de l’enveloppe financière et en conséquence la nécessité de réduire la voilure. Si cet argument est incontestable, avouons qu’on a déjà vu des équipes avec des budgets comparables à Grenoble cette année jouer vraiment mieux et pouvoir compter sur des joueurs plus dangereux offensivement. Au delà de ce constat sur le recrutement, il semble que les jeunes de cette équipe, champions de France espoirs l’année dernière, ont les moyens de mieux jouer que cela. Alors doit on conclure que le système mis en place par Jean-François Dufour doit être revu ?
Dans une équipe généralement, on trouvera toujours l’homme en forme, le trio offensif en retrait pour un soir, ou encore le gardien dominant que va sortir le match qu’il faut pour préserver un succès difficile, bref des points positifs. Ici, à l’exception de bons passage de certains jeunes comme Benoit, Bedin, et de clients plus habituels comme Baylacq et Moisand, on peine à les trouver.
Dans la cage, après un démarrage sérieux, Ferhi propose ce soir une prestation fort moyenne avec un pourcentage d’arrêts pas fameux. La défense, tout au moins certains éléments figurent parmi les quelques certitudes à l’image d’un Amar meilleur isérois ce soir pour nous, et derrière de Gillet et de Wallin qui font le métier en l’absence de Rouleau. Moins inspirés car plus jeunes, les Colotti et Crossman sont encore sur la glace pour apprendre.
C’est en revanche en attaque que les trios semblent anémiques. Hormis Avenel et Le Blond qui essayent sans grand résultat mais ont pour mérite d'agiter le cocotier, tout comme Baylacq et plusieurs jeunes, malgré un Arrossamena pas dans le coup ce soir, les cadres manquent à l’appel. Le duo tchèque Broz -Krayzel questionne car s'il est capable d’enchainer les passes, le coup de rein manque souvent et ils ne reviennent pas défensivement ce qui a conduit à plusieurs buts adverses. Enfin, Tartari et Sivic ne sont pas dans le coup vu leurs apports très faibles à cette occasion.
Dans une équipe qui marque peu de buts et ne compte pas de très gros danger offensif à l’échelle de la Magnus, il faut défendre collectivement et se battre sur tous les palets pour espérer accrocher le wagon et derrière débloquer le compteur. Ceci, des entraîneurs comme Guennelon et Lutsh l’avaient bien compris avec en réponse un jeu pas forcément toujours spectaculaire mais des soirées difficiles pour les adversaires. Les jeunes doivent donc avant tout défendre et obtenir ainsi en retour l’apport des arrières grenoblois à la bleue pour des frappes souvent décisives par le passé, et pour lesquelles Grenoble possède les joueurs nécessaires mais aucune combinaison travaillée à l'entraînement...
Seconde logique, celle qui voyait Lutsh jouer systématiquement en première intention en attaque, habitude dont peine désormais à se défaire les jeunes de l’effectif. Ne vaut-il pas mieux privilégier cette approche plutôt que de poursuivre une construction de relais à mi-glace parfaitement décodée au bout de ,allez, deux minutes par Amiens ? En plus, le jeu nord américain suppose des remises pour les prises de vitesse qui n’ont pratiquement jamais lieu et des palets derrière la ligne défensive avec des gratteurs comme on dit pour faire le travail, sauf que l’on en a pas vraiment vu ce soir. Faut il par ailleurs faire jouer le duo Broz- Krayzel de cette manière alors qu’il n’est manifestement pas fait pour cela ?
Amiens dispose d’une belle équipe avec des trios offensifs intéressants et un mélange entre joueurs d’expériences et jeunes qui semble contrairement à Grenoble parfaitement complémentaire. Ce soir, les gothiques ont dominé dans tous les compartiments du jeu, à commencer par ce Thompson aux trois saisons d’AHL qui, s’il peut encore élever son niveau de jeu, pourrait vraiment faire mal lors des séries finales. On connaissait déjà les cadres de cette équipe comme Mortas très actif ce soir et autres Pazak, mais d’autres noms ont brillé lors de cette rencontre à l’image de Neyens à revoir de très près dans les mois qui viennent. Ce qui séduit le plus à Amiens est la capacité du groupe à réctifier sereinement des positionnements et options, avec derrière de bons choix comme la forme de pressing et le jeu de passe sur les zones faibles de l’adversaire. On ne peut qu’être séduit par cette équipe, sans doute la meilleure vue à Grenoble avec Strasbourg qui, même si le dernier face à face a été gagné par les alsaciens, nous semble être un poil derrière en particulier avec la qualité d’attaque des nordistes et la présence du sérial butteur, Paul "The Winniplague" Deniset, un vrai virus pour l'adversaire.
UN AUTRE SITE DISAIT il n'y a pas longtemps : GRENOBLE C 'EST DEJA LA CRISE et ben oui c'est la crise et il est deja grand temps d'ouvrir les yeux ....IL N' Y A RIEN QUI MARCHE et pourtant on a quand meme de bons joueurs !!!!
CHERCHEZ L'erreur de casting !!!!!!!!!!!!!!