Première confrontation entre les Brûleurs de Loups de Grenoble et les Gothiques d’Amiens dans ce Championnat. Après 4 journées en ligue Magnus, Grenoble est en tête et compte 4 victoires pour 4 matchs, suivi d’Angers, de Briançon et d’Epinal, l’équipe surprise de ce début de saison ainsi que Villard qui ne lâche rien alors qu’Amiens ne compte, pour ce qui le concerne, que 2 victoires et 2 défaites. Nous pouvons observer qu’Amiens a perdu sur le fil à chacune de ses défaites, il ne faudrait pas en conclure trop vite de l’infériorité de cette équipe qui a toujours posé quelques problèmes de taille aux Brûleurs.
Grenoble, de son côté, a été accroché dans sa patinoire par deux fois (Briançon et Villard) en Coupe de la Ligue, certes avec le plus petit des écarts, mais a montré des faiblesses à la fois en power play et également en concrétisation des nombreuses occasions qu’ils ont pu avoir.
Amiens, de son côté, encaisse de nombreux buts en supériorité numérique, son gros point faible.
Un match indécis qui permettra à chaque équipe, sans aucun doute, de travailler leurs points perfectibles pour nous livrer un match de qualité.
Côté Gothiques, nous observerons plus particulièrement Martin GASCON et Valentin CLAIREAUX en tête des statistiques et, côté des Brûleurs, Mac GRANE et TARDIF pour confirmation.
Les Brûleurs alignent dans la cage Sébastien RAIBON et les Gothiques font confiance à Juho SANTANEN , les deux titulaires sont donc sur la glace.
Pas de temps mort dans ce début de période, le traditionnel round d’observation n’a pas lieu, Amiens est arrivé sur le glaçon avec des intentions très offensives. Celles-ci se concrétisent par une légère domination, une bonne présence sur le porteur du palet et un premier tir de CORRIVEAU à 1’07 puis une reprise de BASIC, quelques secondes plus tard, qui sera dévié par RAIBON, auteur d'une excellente première période.
Grenoble peine à construire son jeu, a du mal à écarter ces attaques, nous verrons VASKIVUO s’illustrer enfin à 2’31 sur un service de TARTARI, sans conséquence pour SANTANEN. Nous verrons ensuite une belle tentative de TARDIF à 5’10, bien captée par le gardien des Gothiques, suivie d’un joli tir de BEDIN.
Amiens réplique très rapidement avec BERGIN, dans l’axe, et BERON à 7’15.
ANTONOFF est envoyé en prison pour avoir accroché un Amiénois. Ce power play va permettre aux Gothiques de s’illustrer avec des essais de BAAZI et de CORRIVEAU et un but de BERON mais, malheureusement pour lui, marqué du patin donc refusé à 9’30.
Amiens domine légèrement ce match et Grenoble semble en difficulté pour sortir de l’étreinte des Gothiques.
Même si TARDIF, bien servi par BAYLACQ, va inquiéter SANTANEN, il n’en reste pas moins que les Amiénois font bonne figure et déstabilisent quelque peu l’organisation des Grenoblois qui n’arrivent pas à développer leur jeu.
RAMBELO va obtenir deux belles occasions, à 13’30, bien détournées par le gardien grenoblois, très attentif et bien en place sur sa ligne, qui verra également un tir de CORRIVEAU taper le montant supérieur de ses cages.
La fin de la période sera illustrée par quelques échanges de part et d’autre, on notera une belle occasion de Baptiste AMAR, repoussée par SANTANEN et reprise par VASKIVUO qui échouera de peu à 17’30.
TARDIF sera ensuite pénalisé pour 2 minutes pour obstruction qui permettra à BAAZI de claquer deux tirs puissants bien arrêtés par RAIBON.
Une première période légèrement dominée par Amiens, plus incisif dans son pressing et mettant les Grenoblois en difficulté. Grosse dépense d’énergie du côté des Gothiques sans pour autant avoir concrétisé cette légère supériorité par un avantage au tableau de marque.
Tirs 10 AMIENS / 6 GRENOBLE
Photographe Laurent Lardière
L'armageddon grenoblois
Grenoble démarre cette période sur un autre rythme avec la volonté d’en découdre et met très vite la pression sur la cage de SANTANEN.
Sitôt dit, sitôt fait, c’est à 20’30 que LE BLOND, servi magnifiquement dans l’axe par TARTARI qui récupère un palet mal négocié à la bleue, en profite pour crucifier le gardien amiénois pour le 1/0
Amiens essaye dans la foulée de ne pas se laisser déborder et va réagir dans l’instant avec BASTIEN qui, bien décalé, se retrouve seul devant RAIBON, impérial, qui repousse l’assaut à 20’43.
Grenoble prend l’ascendant physiquement sur les Gothiques et donne le tournis à la défense qui va subir des attaques croisées, comme celle menée par BRIAND et BAYLACQ à 24’01 qui manque de peu de finir au fond.
Et c’est en récupérant une grossière erreur à la bleue d’un Amiénois que VASKIVUO va magnifiquement ajuster un tir du poignet pleine lucarne pour un 2/0.
C’est la panique à bord du navire amiénois qui va encore prendre l’eau à 27’49, TARTARI récupère à la bleue le palet, accélère sur la droite pour servir LE BLOND d'un centre tir puissant, lequel fait admirer son contrôle du palet en le glissant à BAYLACQ plein axe qui ne se fait pas prier pour scorer de belle manière pour le 3/0.
Les Gothiques demandent suite à cette avarie un temps mort bien compréhensible à ce moment.
Amiens est littéralement étouffé par un Grenoble transcendé.
Même si BERON s’illustre devant RAIBON, ainsi que BASIC à deux reprises, le gardien grenoblois maintient sa cage inviolée.
Il n’en demeure pas moins que les Brûleurs maintiennent la dynamique avec un poteau de DESROSIERS à 33’25 et LE BLOND, qui se retrouve seul devant SANTANEN et par 2 fois, n’arrive pas à pousser le palet dans le but. BAYLACQ, arrivé en rescousse, fera de même et SANTANEN bloquera finalement le palet en se couchant sur le dos.
Le gardien, suite à un accrochage devant sa cage, va sortir pour blessure à 37’01 et sera remplacé par Léo BERTEIN.
Toujours aussi incisifs, les Brûleurs continuent à dominer outrageusement la partie en se créant de très belles occasions, comme celle de TARDIF à 39’01, sur le poteau, qui sera ponctuée du 4ème but par ce même TARDIF bien servi par OUIMET à 39’15.
La fin de la période verra CROSSMAN écoper d’une pénalité pour crosse haute qui ne donnera rien.
Cette deuxième période très à l’avantage de Grenoble a montré une équipe d’Amiens épuisée par ses efforts de la première période et complètement perdue par un pressing très agressif des Grenoblois qui se sont promenés durant ces 20 minutes.
Le début de cette troisième période commence par un power play en faveur des Gothiques qui tentent de recoller au score.
SANTALA et CORRIVEAU vont essayer, par deux fois, des tirs puissants sur RAIBON qui ne lâche rien.
Mais la pression des Amiénois est forte et BACHET, sur un service de BERON qui reprend une passe de CLAIREAUX, réussit à surprendre RAIBON, jusque-là impeccable, pour un très joli but en pleine lucarne pour le 4/1.
Grenoble reste en retrait et ne s’illustre pas autant qu’en deuxième période, les Amiénois reprennent du poil de la bête et deviennent plus insistants devant la cage de RAIBON. Nous verrons cependant quelques belles actions comme ce tir d’ANTONOFF, repris par VASKIVUO, ainsi que cette tentative de BAYLACQ qui rate de peu le cadre alors que l’on pensait que le palet n’avait plus que quelques centimètres pour passer la ligne de but à 49’30.
Les Amiénois restent concentrés et actifs et, à 52’09, CORRIVEAU, magnifiquement servi par GASCON et BERGIN, va reprendre de volée cette déviation qui va se loger sous la barre de RAIBON qui, pour nous, sera la plus belle réalisation de la soirée. (4-2)
Malgré une dernière pénalité contre les Grenoblois et la sortie du gardien en fin de match, plus rien ne sera marqué
Tirs : 12 AMIENS / 8 GRENOBLE
Que dire...
Pour Grenoble, considérons que le résultat est là, cinquième match et cinquième victoire, il n’y a rien a dire sinon un léger bémol concernant la manière avec une seule période royale et deux autres plus compliquées.
En effet, si Grenoble a surclassé les Amiénois en deuxième période, force est de reconnaître que la première fut laborieuse, voire poussive, sans beaucoup d’entrain et de dynamisme. La troisième fut un peu semblable et les Amiénois auraient pu revenir avec un peu plus de maturité en ayant marqué deux buts.
Si la défense de Grenoble reste bien organisée et RAIBON très opérationnel , l’attaque est un peu plus instable avec des joueurs souvent isolés ou trop individuels et qui ne permettent pas d’entrevoir des réalisations efficaces. Ceci dit, avec un certain réalisme offensif, les Brûleurs pouvaient ce soir dépasser les dix buts face à un adversaire souvent dépassé physiquement et qui a connu des trous d'air peu compatibles avec un classement de première moitié de tableau de Magnus. Avouons-le franchement, il y avait une certaine différence de niveau entre les deux équipes, et Grenoble n'a pas eu a forcer son talent pour passer l'obstacle. Doit-on attendre de voir les joueurs de Dufour face aux cadors de la division pour avoir un adversaire à leurs mesures ? Le problème est qu'hormis Briançon et Angers, il n'en reste pas beaucoup, avec un bémol pour des Rouennais et Spinaliens dont on peine à mesurer le niveau réel actuellement. Un constat qui a de quoi réjouir des Grenoblois qui ont eu ce soir une seconde période de champion de France et qui, avec trois périodes semblables, peuvent mettre à genou n'importe qui dans l'hexagone.
Du côté des Amiénois, la défense semble souvent en retard et les attaques manquent souvent d’inspiration , il nous semble que les Gothiques s’appuient un peu trop sur GASCON, CLAIREAUX et BERON et que leur absence sur le glaçon se fait cruellement sentir.
Un effort sur la tenue de la cage serait un plus car SANTANEN n’a, pour ce soir, pas convaincu, tout comme il n'a pas rassuré lors de la plupart des rencontres cette saison. Certes, le Finlandais est capable de belles choses, mais ne semble pas disposer du talent et de l'autorité nécessaire pour s'imposer durablement dans une équipe d'Amiens qui a besoin d'un cerbère susceptible de rassurer le jeune effectif.
De même, la relative absence de joueurs physiques, traduisez de grande taille et avec un poids en rapport, paraît quelque peu manquer dans une équipe qui semblait, par moment, en réelle difficulté dans ce domaine.
Certes, Amiens a exercé une légère domination en première période, et inscrit deux buts en troisième, mais qui voyait les Gothiques pouvoir revenir après la seconde période catastrophique ? Personne, Grenoble a joué en roue libre, et donné l'impression que l'équipe pouvait, si nécessaire, repasser l'overdrive, et qu'elle n'avait pas grand-chose à redouter des visiteurs. Au-delà de cette défaite, l'impression de voir des Amiénois trop tendres et manquant singulièrement de volume de jeu comme de volume physique était, hélas, évidente. Il faudra des progrès pour que les Gothiques puissent espérer accorcher les équipes de tête, mais la qualité technique et la volonté des jeunes joueurs de l'équipe devraient, à terme, conduire à des résultats positifs.