Le public grenoblois ne s'était pas trompé en achetant toutes les places pour la rencontre Grenoble Amiens, après plus d'un mois de faces à faces à Pôle Sud avec des équipes de bas de tableau. Au delà de l'intérêt de voir Grenoble évoluer face à un adversaire sans doute un poil moins fort que le carré d'as pronostiqué en début de saison, mais bien dans le coup pour le haut du tableau, les problèmes extrasportifs des isérois cette semaine pouvait également jouer sur le moral du groupe.
On guettait en tout cas les banderolles des deux principaux groupes de supporters lors de la présentation des équipes, pour découvrir du côté de la section Cularo, les "ultras" grenoblois, une insulte ordurière à l'encontre de l'ancien président, insulte dont nous vous ferons grâce. Avouons que l'on peut penser ce qu'on veut de la responsabilité des uns et des autres, mais qu'il serait souhaitable que le hockey reste un sport ouvert à un public familial et évite des pratiques de ce type
Difficile transition dès lors pour signaler comme dernier acte d'avant rencontre la minute de silence pour Jean-François Pointet, laquelle a fait l'objet d'un respect unanime et à laquelle bien naturellement toute les rédactions de Hockey Hebdo s'associe.
Les Gothiques piquent et les Brûleurs de Loups dans le flou.
Le début de rencontre très engagé va montrer rapidement des Amienois pratiquant un jeu de mouvement agréable et très rythmé, mais qui va se heurter à des isérois bien rentrés dans la rencontre et présentant une puissance physique certaine dans les duels. Après quelques frappes de Fleury et Rouleau, qui seront les très grosses sattisfactions des locaux ce soir, Riendeau trouvait Ferhi et les gothiques paraissaient plus dangereux en rupture avec des transitions rapides vers les ailes. Pourtant, le champion de France proposait l'essentiel du travail et Fleury manquait de peu l'exécution sur un beau service de Nilsson à 3'38. Un premier jeu de puissance grenoblois à 5"06 ne donne rien, les joueurs de Lusth se montrant brouillons dans l'installation de l'attaque défense.
Alors que Grenoble a globalement dominé le début de rencontre, Amiens va se montrer plus réaliste et ouvrir le score de très belle manière. Une frappe mal renvoyée par Ferhi et mal négociée par une défense grenobloise quelque peu à la peine devant l'enclave de son gardien va revenir sur Offret qui glisse au fond à 9"12 (0-1).
On attend une réponse et elle va venir rapidement et de fort belle manière par la jeunesse grenobloise qui signe ici un des plus beaux buts collectifs vu à Pôle-Sud cette saison. Moisand récupère un palet à 11"06 et met plein gaz sur l'aile avec un démarrage spectaculaire, et parvient à conserver son palet pour fixer et servir idéalement Papa qui lance à filet entrouvert pour l'égalisation (1-1).
On pense alors les Brûleurs à nouveau dans le coup, mais survient alors un but gag, généralement cauchemardesque pour un gardien même si ici Ferhi ne fait pas spécialement d'erreur. Un lancer amienois en attaque défense depuis la bleue, à peine tendu, parait rebondir parmi les joueurs en mouvement devant le gardien, avant de rentrer on ne sait pas trop par quel chemin dans les filets grenoblois (on vous dit ce que l'on a cru voir depuis la tribune presse). Ferhi va alors, fait assez rare, contester le but en soulignant que l'un des amienois à son contact avait une crosse haute ce qui est vrai, mais l'arbitre valide le but et le donne à Bault avec une assistance d'Offret et Henderson à 11"32. (1-2).
On peut vraiment se demander sur ce type de but, et il y en aura plusieurs dans la rencontre comment les arbitres peuvent donner une seconde assistance, la première étant déjà fort douteuse car ne présentant aucune action construite... éternel débat me direz vous...
Une pénalité contre Amiens ne donne rien, le Brûleurs frappant de loin trop systématiquement au lieu d'établir le jeu de puissance, reproche valable ce soir pour les trois période, et plusieurs brassages sans gravité surviennent par la suite.
Grenoble joue approximativement en défense, et peine à suivre les attaquants adverses particulièrement lorsqu'ils patinent devant Ferhi. A 14"28, un nouveau jeu de billard permet au bout de trois tentatives confuses à Brisette Cayer de faire rouler le palet au fond et à Amiens de mettre la main provisoirement sur la rencontre (1-3).
Le niveau de jeu en forte baisse coïncide également avec des Grenoblois qui regardent jouer les visiteurs, mais vont tout de même parvenir à marquer. Un centre juste devant Koivula est repris spectaculairement par Dufour, le canadien inscrivant un joli but face au gardien et typique d'un joueur de slot comme disent nos amis nords américains (2-3). De belles attitudes du même Dufour en point de fixation devant l'enclave de Koivula peuvent laisser penser que Lusth a peut-être trouvé un positionnement intéressant à ce niveau pour l'ancien joueur de Briançon.
On croit le festival de but terminé pour la période, mais Amiens va bénéficier d'un jeu de puissance à 18"22 pour reprendre le large. Une belle triangulation permet à Beron de mettre dedans après un tir de Sadoun relâché par Ferhi (2-4) à 18"42.
Tirs 16/12 Grenoble
Engagements 7/8 Amiens Rouleau, tout un joueur!!! Dufour tout un slot player!!!
La seconde période reprend avec une pénalité contre Grenoble, Amiens flirant avec le filet de Ferhi à deux reprises malgré un très bon numéro de gagne temps d'un Baylacq très en vue ce soir qui échoue hélas en contre sur Koivula. Pourtant, alors que l'on a tout de même le sentiment qu'Amiens a bénéficié d'un peu de réussite en première période malgré une incontestable victoire aux points, l'impression d'un réveil grenoblois est bien réelle au fil des minutes.
A 22"34, c'est à Fleury de filer sur une action comparable à celle de Baylacq quelques secondes avant, mais dès le départ on sent que ce bon Damien va lui damer le pion à Koivula, vu son explosivité ce soir. Au terme d'une fixation gauche droite, le palet termine effectivement au fond, juste récompense pour l'attaquant des Brûleurs qui pourrait bien signer un bail de longue durée avec l'équipe de France (3-4).
Débute alors le show Rouleau, ou plutôt la démonstration d'un talent pour nous sans équivalent en Magnus. Présent et gagnant tous ses duels, le joueur des Laurentides met des charges, relance, fixe et passe en vitesse comme un attaquant, et va trouver la juste récompense de ses effort à 23"45. Après un débordement à l'aile que l'on a plus souvent l'habitude de voir sous des climats plus froids que le nôtre, Alexandre le bienheureux (référence filmographique s'entend) va lever sa crosse pour un modèle de slap qui va expédier le missile au but sans que Koivula ait pu esquisser un geste (4-4). Le genre d'action qui fait lever très justement la patinoire et questionne sur le niveau exact du bonhomme qui pourrait jouer plus haut, mais alors là, beaucoup plus haut et on ne nous a pas vu souvent écrire celà dans nos comptes-rendus de Magnus. Il paraît qu'il souhaite obtenir la nationalité française, alors citons coach Henderson à notre micro il y a deux ans: "pour qu'un joueur naturalisé vienne en équipe de France... il faudrait que sa présence soit indiscutable et positive". Laissons à nos lecteurs le soin de réfléchir sur le sujet.
Amiens va tenter d'enrayer la déferlante avec plusieurs tirs de Pazak, et les minutes suivantes ne produiront rien malgré plusieurs pénalités de part et d'autre. L'entente Fleury Dufour manque de peu la cible à deux reprises, à 30'39 et 31"55, mais la troisième sera la bonne. En jeu de puissance à 35"06, Fleury frappe et le palet est repoussé vers Dufour qui inscrit son doublé de manière spectaculaire en plongeant au sol et du revers, une réalisation qui confirme l'impression que le canadien est peut-être bien un client dans ce secteur de position pivot, ce qui ferait du bien à grenoble qui n'en dispose pas à première vu actuellement.( 5-4)
Après un beau lancer de Rodier sur Ferhi que l'on sent bien remis de ses émotions de la première période, et quelques déboulés de Rouleau, l'impression que Grenoble a inversé le fil de la rencontre est désormais claire.
Tirs 18/11 Grenoble
Engagements 16/10 Grenoble Le champion de France a chaud!
La dernière période voit les deux équipes fatiguées baisser un peu. Fleury, encore lui, échoue sur Koivula qui se retrouve au sol entouré de crosses grenobloises à 41"24. Les deux équipes ont ensuite leurs occasions, avec Besh qui va défier Koivula sans succès à 46"28.
Les deux meilleurs joueurs de la rencontre vont alors frapper diversement.
Fleury très inspiré visiblement par Rouleau y va de sa frappe fort respectable à 47"55, laquelle trouve le poteau d'un Koivula plus qu'heureux sur l'affaire.
Pourtant, le gardien des gothiques va une fois encore céder à 49"28 quand Mister Rouleau qui a changé d'aile, mais pas de méthode, lui colle en vieux Mister Renard (allusion musicale cette fois) son second de la soirée d'une frappe moins violente mais extrêmement précise et plus excentrée au terme d'une action tout aussi spectaculaire (6-4).
Mais Amiens n'est pas une équipe qui renonce facilement, et les gothiques vont revenir dans la rencontre avec plusieurs tentatives de Pazak à 54"15, puis Riendeau quelques secondes plus tard. Mieux, bénéficiant d'un jeu de puissance, les joueurs d'Antoine Richer vont montrer qu'ils maîtrisement bien les jeux de puissance en proposant à nouveau une belle triangulation avec un but de Glaude au milieu de la mélée à 52"25. (6-5)
Amiens va alors pousser mais trouver Ferhi sur plusieurs frappes sérieuses mais non décisives. Un ultime temps mort à 59"17 ponctué d'une sortie peut être un brin trop tardive du gardien ne changera plus rien.
Tirs 14/9 Amiens
Engagements 13/10 Grenoble
11 buts quand même!!!
Dans une rencontre qui a vu globalement les attaques prendre le pas sur les défenses, Amiens a montré de belles choses et forcé le champion de France dans ses derniers retranchements. Ce résultat est méritoire quand on considére l'infirmerie bien remplie des Gothiques, et la situation extrasportive vécue par Grenoble ces derniers jours qui pouvait conduire à un surplus de motivation.
Caractérisé par un jeu fluide, rapide, le style amienois est plaisant à voir, et ce n'est pas la moindre de ses qualités. Soyons clairs, sans avoir vu face à Grenoble les deux autres favoris que sont Angers et Rouen, Briançon ayant clairement gagné le round chez lui mais devant confirmer à Pôle-Sud, on peut et doit considérer que les gothiques sont juste derrière. Que manque t"il alors ce soir à Amiens pour s'imposer? Sans doute une profondeur de banc un peu plus grande et une défense plus homogène derrière des Trabichet et Marcos qui manquent lorsqu'ils sont au repos. Probablement aussi une une première ligne un peu plus percutante ce soir et capable de marquer en jeu de mouvement. Enfin, le retour Grenoblois en seconde période a vu Amiens reculer et se laisser trop dominer. Que se passerait-il si le groupe d'Antoine Richer parvenait à tenir la dragée haute aux isérois et préserver son but? Avec un mental plus fort et une infirmerie moins pleine, il ne fera pas bon croiser Amiens si l'équipe devait jouer le premier tour des séries finales et sortir ensuite comme un scorpion de sa boite face à une formation en repos forcé depuis 15 jours. La 4ème et 5ème place pouvant se jouer justement entre ces deux équipes, retrait de points grenoblois dans la balance, il se pourrait bien que ce duel se reproduise en fin de saison.
Une fois de plus, Grenoble a mal démarré la rencontre, mais cette fois, au lieu de se contenter de l'habituelle dizaine de minutes pour refaire surface, les Brûleurs ont attendu la seconde période. Premier problème, la défense avec en particulier des palets renvoyés plein axe par Ferhi qui montera en puissance lors des deux dernières périodes après un départ très difficile. Second problème, un manque de solutions pour faire le ménage dans le slot, avec trois des cinq buts Amienois qui résultent de combats perdus devant Ferhi, le tout ponctué de palet repris gentiment au fond. Enfin, la défense est très athlétique mais manque parfois de vitesse pour prendre en charge des attaquants très véloces, à l'exception de Moisand et de Besch et avec un gros bémol pour Rouleau qui sait à peu près tout faire sur une patinoire. Cette affaire va bien tant que les coachs adverses ne collent pas les dragsters dès qu'ils voient sur la glace les défenseurs les plus lents des BDL... et on a l'impression peut être trompeuse ce soir que Richer qui n'est pas né de la dernière pluie sait faire celà, y compris positionner le bon client sur l'aile concernée, mais on ne vous a rien dit! C'est pourquoi Grenoble a modifié sa défense en seconde période avec un bloc plus compact et des aides défensives mieux distribuées, à moins qu'il ne s'agisse simplement du respect des consignes non effectives lors de la première période? Dans tous les cas, se prendre 4 buts sur une période et revenir sera impossible avec des équipes capables de verouiller comme Grenoble en rencontrera au moins en Coupe d'Europe.
Notons également l'absence de minutes souvent productives d'attaque défense placée sur jeu de puissance ce soir avec une propention à tirer de loin au lieu d'installer le système, et de changements de joueurs parfois un peu lents qui ont conduit du reste à une pénalité.
Pourtant, cette rencontre laisse une impression positive pour de multiples raisons. Au delà du contexte sportif qu'il convient de ne pas exagérer non plus, Grenoble devait remporter un succès à domicile face à une équipe de haut de tableau, le calendrier ayant fait attendre le 31 octobre pour celà ce qui pose certaines questions générales sur le niveau de la Magnus. Notons également les trois joueurs absents ce soir dont Sivic meilleur scoreur isérois.
On peut ensuite avoir l'impression qu'Amiens n'est pas malheureux avec 5 buts inscrits, deux résultant d'un billard pas toujours aussi productif devant les cages adverses. L'impression est tout de même que Grenoble possède une marge de disons deux buts sur Amiens.
Après, on doit bien parler de prestations individuelles intéressantes. passons sur Rouleau et Fleury qui sont souvent décisifs pour évoquer le cas Dufour que l'on avait pas vu à pareille fête, et qui s'il se montre aussi prolifique à courte distance de la cage adverse pourra rendre bien des services. Ajoutez à celà de belles prestations des jeunes comme Moisand, Beylacq et autres Papa et Llorca, un match sérieux de Manavian plutôt positif ce soir, et vous avez quelques motifs de contentement du côté du coaching grenoblois.
Alors au final, c'est davantage le plan de match qui doit être renforcé côté grenoblois, et particulièrement les premières minutes souvent négatives, mais il est clair que le potentiel du groupe est très important et devrait passer un cap dès lors que ce type de match deviendra la norme, ce qui est impossible avec les bas de classement.
sans doute un petit focus voire une petite galerie
Quentin a écrit
le 01/11/2009 à 19:36
"Question subsidiaire: il est question d'un match Grenoble-Lyon à Pôle Sud à 20h30 mercredi (cf le site de Lyon).
Qui peut confirmer ???? Personne n'en parle!"
C'est un match amical U22 il me semble.
BobLaTruelle a écrit
le 01/11/2009 à 19:21
Question subsidiaire: il est question d'un match Grenoble-Lyon à Pôle Sud à 20h30 mercredi (cf le site de Lyon).
Qui peut confirmer ???? Personne n'en parle!