Entre deux tours de Coupe et après la trêve internationale, retour au championnat pour les Ducs d’Angers qui accueillent les Drakkars de Caen. Affrontement qui semble déséquilibré d’un point de vue comptable (Angers est 1er, Caen est 14ème) mais aussi sur les derniers résultats des deux équipes, et encore plus sur les derniers affrontements entre les deux clubs.
Les absences de Jonathan Bellemare, le capitaine Angevin, suspendu et de Henderson, blessé en sélection, obligent Martin Lacroix à remanier ses lignes. C’est ainsi que le nouvel arrivant, le défenseur Antonin Manavian est propulsé au centre de la première ligne d’attaque.
Après 8 secondes de jeu, le match est arrêté, les infrastructures de la patinoire Angevine vieillissent de plus en plus vite, sans que la mairie ne semble vouloir y remédier, et il faudra 15 minutes de pause pour reprendre le match avec un tableau d’affichage opérationnel.
Ce retard n’a pas refroidi Tomas Baluch qui est le premier à se mettre en évidence sur deux lancers précis bien repoussé par Clément Fouquerel. Les Angevins sont dominateurs et confirment leur bon rendement actuel sur une action collective du premier bloc. Simon Lacroix lance en profondeur Antonin Manavian, le nouveau n°4 des Ducs stoppe sa course et remet en retrait à Irani qui lance de la bleue un tir précis pour battre Fouquerel masqué (1-0 à 6’41). L’ouverture du score est logique et les locaux continuent de monopoliser le palet. Fortier, Laprise ont plusieurs fois l’occasion de tenter leur chance pour battre Fouquerel mais le dernier contrôle est approximatif ou le tir non cadré. Le problème est le même pour Caen lorsque Romand tire au dessus de la cage ou Cuningham pousse son palet trop loin.
Le collectif Angevin est rodé, la technique individuelle bien aidée par une bonne dose de confiance ainsi qu’une bonne condition physique, et les Caennais sont poussés sur le banc des prisons. Deux joueurs se suivent et une double infériorité s’annonce pour les visiteurs. Toutefois les pénalités sont bien négociées ou Angers a déjoué alors qu’il s’agit d’un point fort des Ducs (31% de réussite !). Et sur la fin de la deuxième pénalité, Erwan Pain dès sa sortie de prison récupère au bon moment le palet pour aller battre Aubry de prêt (1-1 à 15’07). Les Angevins sont abattus autant par cet échec en double supériorité que par ce but, la conséquence directe étant 5 dernières minutes du tiers soporifiques où les Angevins ne font pas le jeu et sont attendus par des Caennais en zone neutre.
Photographe Franck Salot
Antonin Manavian
Des Ducs orgueilleux
Le début du second tiers n’annonce pas de meilleures intentions et le malheureux Peter Aubry est sanctionné d’un retard de jeu sévère ; l’occasion pour les Caennais de prendre l’avantage. Situation plutôt bien gérée puisque les joueurs de Pousse vont inscrire un second but 2 secondes après la fin de la pénalité. Duchesneau souhaite prendre un dernier shoot (le 4ème des caennais) sur cette pénalité, excentré il loge le palet dans un trou de souris entre l’épaule du gardien Angevin et la barre transversale (1-2 à 24’09). Menés au score, les Ducs sont touchés mais ne paniquent pas, le fond de jeu Angevin est assuré et si l’absence du meneur de jeu Angevin Bellemare se fait sentir, Thierry Poudrier n’hésite pas à prendre cette responsabilité. C’est d’ailleurs ce qui semble manquer chez les Drakkars, en menant au score chez le leader après 25 minutes de jeu, aucun Caennais n’a semblé vouloir accentuer cette avance et faire douter les Ducs. Lafontaine est trop seul en défense pour pousser ses partenaires à mettre la pression en zone défensive Angevine et Jérémie Romand encourage constamment ses partenaires sur le banc mais est trop irrégulier lors de ses présences sur la glace…
A l’opposé Marc Belanger, qui se montre de plus en plus comme l’une des meilleures arrivées en Magnus cette saison, s’affirme dans le jeu Angevin. Après avoir délogé Pierre Luc Laprise du 1er bloc Angevin, il enchaîne buts et assistances, match après match.
C’est lui qui libère Manavian dans la défense Caennaise, le défenseur et néo attaquant des Ducs, ne se prive pas d’un petit drible avant de battre d’un tir du poignet Clément Fouquerel au dessus de la botte (2-2 à 27’57). Les Ducs sont revenus dans la partie et cela s’annonce désormais compliqué pour les Caennais qui ne sortent plus de leur zone.
C’est ainsi que Marc Belanger va s’offrir son traditionnel but en mettant le gardien à terre et pour placer en hauteur son tir (3-2 à 29’37). Et quand bien même les visiteurs s’essayent à l’attaque ils se font contrer à la ligne médiane et offrent aux Angevins l’occasion de réaliser des mouvements d’entraînement ! Pour preuve, le palet récupéré à la médiane par Lahesalu qui transmet à gauche à Laprise ce dernier change l’orientation du jeu d’une passe longue à droite sur Fortier qui instantanément remet devant le but à Poudrier qui arrive lancé pour dévier le palet dans le but Caennais (4-2 à 35’14). Du tableau noir…
Enfin s’ajoute à cela, l’efficacité retrouvée des Ducs en supériorité (2 buts sur 5 situations) et cela permet à Tomas Baluch de marquer de près en 2 fois le 5ème but des Angevins (5-2 à 38’08).
Les Drakkars ont fait illusion sur le tableau des scores pendant 25 minutes mais cela ne reflète pas la physionomie du match où ce sont les Angevins qui sont dépositaires du jeu. Lorsque les Ducs décident d’accélérer le rythme, les buts se sont succédés mais ils n’exploitent pas non plus la totalité de leur potentiel maîtrisant parfaitement leur adversaire. Seul un bon Clément Fouquerel a permis aux visiteurs de rester dans le match durant ce début de rencontre. Mais le jeune portier International Espoir ne peut pas tout faire et lorsque la chance le fuit, le moral s’effondre. Ainsi toujours présent en début de ce troisième tiers sur les tentatives de Baluch ou de Doyle, Fouquerel ne peut rien lorsque en situation de 2 contre 1, Fortier et Belanger s’avancent vers lui. Malgré un mauvais choix de passe de Fortier (trop tard et prévisible), Belanger fait le une-deux et oblige Fortier à tirer.
Le shoot du 9 Angevin est dévié de la crosse par Lafontaine dans son but… (6-2 à 46’15). Peu de temps après, Fortier récidive, lancé dans l’axe par Carlsson, il vient battre Fouquerel d’un tir en hauteur (7-2 à 49’29).
La victoire Angevine déjà palpable à la fin du 2ème tiers ne souffre d’aucune contradiction, et les Caennais ne semblent pas en mesure de la contredire. La fin de match s’annonce donc tranquille et seules quelques échanges d’amabilités traduisant une frustration légitime de certains Caennais (Lafontaine, Urban) égayeront les 10 dernières minutes. Deux buts seront également marqués, Belanger pour les Ducs inscrit un doublé pour devenir le meilleur pointeur des Ducs. Après une entrée de zone en solitaire et s’être défait de son adversaire, Belanger feinte le retour au centre pour tirer directement au premier poteau de Fouquerel, le palet heurte le bras du gardien et son poteau mais retombe dans le but (8-2 à 52’20).
Ce dernier but est de trop pour le gardien Caennais qui regagne aussitôt son banc alors que Goetz ne semblait pas motivé pour le remplacer. Ce léger retard permet également aux Angevins de changer de cerbère, Normandon remplaçant Aubry. Le gardien Angevin ne sera pas en réussite car sur sa première occasion il sera battu de près par Erwan Pain qui délivre une copie conforme de son premier but (8-3).
Au final, le score est logique tant les leaders du championnat ont surpassé les Caennais. Si le score est resté serré pendant 30 minutes, ce sont surtout les Angevins les fautifs en ne proposant pas leur jeu habituel. Piqué par le second but Caennais, les Angevins ont accéléré et repris facilement et rapidement l’avantage pour conclure sur un score reflétant leur domination. Antonin Manavian pour sa première apparition à Angers, n’a pas évolué à son poste de formation, même s’il fut employé à l’attaque lors de son séjour outre-atlantique.
Du côté des visiteurs, seules quelques individualités donnent un mince espoir pour la suite de la saison Caennaise, Erwan Pain avec sa vitesse s’est offert, seul, un doublé. Lafontaine montre l’exemple et demeure l’élément moteur de cet effectif, mais il doit être aidé et certains joueurs doivent prendre leurs responsabilités sous peine d’être rapidement décroché au classement !