Gardiens en jeu :
Strasbourg : Vladimir Hiadlovsky
Villard de Lans : Pascal Favarin
La rencontre commence sous le signe de la rapidité. Dès les premiers instants, le palet file et vient titiller les deux gardiens, à tour de rôle. Les Strasbourgeois prennent néanmoins l’avantage moral sur leurs adversaires en s’installant bien en zone offensive. Le premier power-play, pour l’Étoile, y contribue largement : une déviation de Kuuluvainen, puis une passe une-deux de Cayer à Young qui tire, donnent des sueurs et du travail au gardien villardien.
Malgré la pression strasbourgeoise, les Ours ne laissent pas passer la moindre occasion de s’imposer. Sur un palet volé en zone défensive, ils construisent un jeu de passe en billard entre Bouchard, Richard et finalement Beran, qui met le palet au fond des filets (1-0, 7’02).
La présence strasbourgeoise reprend immédiatement après. Les tirs fusent, les attaques sont construites avec prestance, mais se heurtent chaque fois à un Favarin en grande forme et à une défense toujours bien positionnée. L’envie d’égaliser est pourtant bien présente mais ne trouve pas la réussite escomptée.
En revanche, les Villardiens profitent, comme auparavant, de chaque occasion. Après une dizaine de minutes uniquement arquée sur sa défense, l’équipe des Ours profite d’un contre pour attaquer. Beran (encore lui) remonte le long de la bande à droite, il lance directement et faufile le palet dans un angle improbable en direction des filets (0-2, 15’54).
Les attaques de la formation bleue sont rares mais très précises. De plus, la forteresse imprenable des Ours tient bon, et pour cause : devant les filets se tiennent en permanence 3 défenseurs ursidés, gardant férocement l’emplacement et chassant tout attaquant adverse qui essaie de s’installer juste devant leur gardien. Pour preuve, dès que cette place est laissée libre, l’Étoile Noire trouve la réussite : Young, parfaitement centré, reçoit le palet de Cibula et le glisse sous le gardien (1-2, 18’59). Ce but sonne la fin de la période, largement dominée par les locaux, même si le score ne le montre pas.
Tirs : 11 - 6
Face-offs : 13 - 9
Photographe : Christophe Moreau
Le coup du chapeau pour Michal Beran
Le travail offensif strasbourgeois reprend immédiatement en deuxième période. Les assauts villardiens sont sporadiques et de courte durée, alors que la formation strasbourgeoise s’installe longuement en zone d’attaque. Ceci dit, les hommes de Daniel Bourdages ne parviennent pas à trouver la faille dans le rempart des Ours, en dépit des tirs répétés. Devin, Young, Kuuluvainen, pour n’en citer que quelques uns, y vont chacun de leur tir foudroyant. La défense de Villard est en effet omniprésente, permettant même à son gardien le luxe de laisser des rebonds très dangereux, que la défense couvre illico presto. En partant d’une défense solide, les Ours s’offrent une rampe de décollage pour des attaques-éclairs fracassantes. C’est encore le cas lorsque Bouchard remonte avec le palet. Il sert Beran qui surprend pour la troisième fois le gardien et tout le public de l’Iceberg (1-3, 25’21). Ce coup du chapeau de Beran débouche sur un renversement de la vapeur. Les entrées de zone de l’Étoile Noire sont bien plus maladroites et la formation ne trouve plus les moyens de s’installer, comme frappée par un coup de massue. Couplées aux velléités redoublées des Ours, ces maladresses coûtent cher à l’équipe locale et résultent en des attaques multipliées de la part de Villard. De plus, les Villardiens sont aidés par une supériorité numérique, mais ils ne parviennent pas à alourdir la marque pendant ces deux minutes.
De retour au complet, la ligne Dufournet-Tarantino-Correia fait circuler le palet et inscrit un tir remarquable, mais, comme toujours, bloqué par Favarin. Cette tentative de redonner un moment positif à l’Étoile Noire reste vaine. Les Strasbourgeois ont toutes les peines du monde à retrouver le zeste de l’attaque, et quand toutefois ils y parviennent, le gardien des Ours stoppe toutes les occasions.
À la 34ème minute, la tension et la frustration sont à leurs paroxysmes et finissent par éclater : après une charge, Bouchard se jette sur Bastian et les deux équipes viennent en renfort. Les arbitres peinent à régler la situation et remplissent les bancs des pénalités. Seulement quelques secondes après la reprise du jeu, l’Étoile Noire, toujours portée sur l’attaque, sème le palet. Couture s’en empare et fonce seul face au gardien, en situation de tir au but. Il se fait rattraper par un défenseur strasbourgeois et perd le palet. Thauwald, lui aussi esseulé, le récupère et le met au fond des filets une nouvelle fois (1-4, 34’04). Immédiatement après la mise en jeu conséquente au but et alors que les mêmes lignes sont encore sur la glace, les Ours reprennent le palet. Le même duo passeur/buteur (Couture/Thauwald) score à nouveau quelques instants plus tard (1-5, 34’23). C’en est trop pour le portier strasbourgeois. Furieux et délaissé par sa défense, il sort de la glace et laisse les cages au gardien remplaçant, Gilles Beck. La déconfiture est totale lorsque ce dernier cède un but au premier tir qu’il reçoit : cette fois, c’est Szabo, servi par Couture, qui vient inscrire le 6ème but, complètement isolé, face à une défense aux abonnés absents (1-6, 36’27). La réussite sourit aux Villardiens, alors que plus rien ne va côté strasbourgeois.
Le dernier tiers est bien aigre avec un tel écart au score. Il semble peu probable qu’un retournement arrive dans ce match, et les Villardiens n’ont qu’une mission : tenir !
Comme prévu, la période étend toute la longueur de son ennui. Le rythme est poussif et plat. Les Ours restent campés sur la défense, empilent les joueurs devant les filets et ne laissent plus rien passer. L’offensive strasbourgeoise déploie pourtant encore quelques prestations, certes isolées, mais tout de même remarquables. De ce point de vue, le tir prestigieux de Gallagher, sur une passe de Dufournet, montre que l’envie d’essayer est encore présente. Mais dans l’ensemble, le jeu offert par l’Étoile Noire reste laborieux, en particulier face à une défense villardienne bien accrochée. La possession du palet est en grande majorité strasbourgeoise, comme pendant tout le reste du match, mais, comble de l’ironie, rien ne fonctionne. Les passes sont imprécises, les tirs trop timides, la construction presque inexistante.
Les Ours maintiennent avec fermeté leur avance et signent un très bon match, ponctué de duels physiques saisissants, qu’ils gagnent d’ailleurs presque tous. Même le powerplay strasbourgeois est stérile. À leur tour en supériorité, les Ours n’ont pas plus de succès, mais c’est bien compréhensible : ils laissent en permanence un homme au moins à l’arrière, et ils auraient tort de se priver. L’avance qu’ils ont se maîtrise avec sagesse et sans s’enflammer.
La période est donc vide de tout but. Les Ours tiennent une victoire surprenante, mais absolument méritée, et ne lâchent rien. Seules quelques pénalités viennent émailler la période de part et d’autre, mais concrètement, plus rien ne vient changer l’issue du match. La fin s’approche inlassablement et vient finalement consacrer la victoire ourse.
Tirs : 9 - 7
Face-offs : 12 - 9
Villard de Lans arrache donc les deux points de la victoire, se donnant ainsi une chance d’échapper aux playdowns tant redoutés.
L’Étoile Noire, qui avait pourtant interrompu sa série noire à domicile, replonge dans ses plus mauvais travers. Aucun match n’est offert, même contre la dernière équipe. Les Strasbourgeois apprennent ce soir cette dure leçon, et chutent à la 8ème place. Le futur s’annonce compliqué pour l’Étoile, qui se déplace à Dijon mardi et reçoit Rouen jeudi, dans une série de 3 matchs en 6 jours. Les Ours signent ici leur 4ème victoire, accrochant Strasbourg à un tableau de chasse prestigieux qui comporte déjà Angers et Amiens.
La menace de relégation a donné des ailes aux Villardiens. Et rien n’est plus mortel que des Ours qui volent !