Nous n'émettrons pas de jugement sur la décision, ce n'est pas de notre ressort et nous n'avons pas tous les éléments pour cela.
Avant d'étudier ensemble les impacts de cette décision, retraçons d'abord le feuilleton estival qui a commencé le 28 juin et qui n'est pas encore achevé.
Les épisodes de la série estivale
28 juin :
premier passage de la CNSCG, dossier de SASP LHC Les Lions non reçu
05 juillet : CNSCG 2e passage,
dossier incomplet, non-validable
12 juillet : CNSCG,
le club n'est pas validé
12 juillet :
communiqué du LHC Les Lions, le club fait appel
05 août : Commission Fédérale d'Appel (CFA),
non-validation confirmée
06 août :
communiqué du club appel devant le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF)
08 août :
Lyon annule deux matchs amicaux des 13 et 15 août (Chamonix et Briançon)
09 août :
Lyon reclassé en Division 3
22 août : la
demande de conciliation appelée par la SASP LHC Les Lions auprès du CNOSF est fixée au 28 août
29 août :
aucun accord entre la FFHG et la SASP LHC Les Lions, proposition du conciliateur du CNOSF sous les 48h – annulation des amicaux contre Clermont et Gap des 30 et 31 août
09 septembre : le match de la première journée de Ligue Magnus du
14 septembre est reporté ou annulé
10 septembre : rétrogradation en Division 3 confirmée par la FFHG,
communiqué de la FFHG (détails et historique de la décision)
11 septembre : le club prend acte de la décision et fait
appel devant le tribunal arbitral du sport
13 septembre : le club saisi en urgence le CNOSF,
communiqué du LHC
Les premiers lesés
Les premiers pénalisés sont avant tous les joueurs, le staff sportif et administratif, les bénévoles, supporters et partenaires économiques du club de Lyon auxquels nous pensons en premier.
Si la situation en restait là, il est fort probable qu'un dépôt de bilan ait lieu et qu'une nouvelle structure sera créée pour repartir en Division 3.
Les joueurs devront vite trouver une autre équipe, mais ce sera difficile à un moment où 90% des effectifs sont déjà bouclés. Des ajustements sont possibles selon les blessures ou manque de performances, comme pour Kai LEHTINEN qui a été le premier a quitter le club pour rejoindre les Gothiques d'Amiens (03/09).
La non-validation tombe mal pour la nouvelle formule sur les effectifs qui démarre cette saison: les clubs sont désormais limités à 20 joueurs dont 12 JFL au lieu de 22 joueurs la saison passée.
Etant donné la situation exceptionnelle, un report ou une adaptation de cette décision permettrait aux joueurs de Lyon de retrouver une équipe. Repasser à 22 joueurs avec 13 JFL permettrait aux joueurs français de Lyon de jouer, mais il faut que les budgets et objectfis financiers des autres clubs le permettent.
Les impacts financiers
Avec une équipe de moins, il y aura un match en moins à chaque journée et une équipe ne jouera pas, ce qui fera cinq matchs par journée au lieu de six. Au final, il y aura 44 matchs en moins, soit 22 à Lyon et 2 à domicile par équipe (22 au total). Ce sont donc des recettes de billeterie et de buvette de deux matchs à domicile qui s'envolent.
Selon les équipes et les affluences, cela représente un manque à gagner qui oscille entre 15.000 et 80.000€.
Pour le club de Grenoble, sans compter les abonnés, si on prend une base de 5000 billets sur les deux matchs à un tarif d'entrée de 16€, c'est un minimum de 80.000€ qui manquera, sans compter les ventes de la buvette. Sur un gros budget comme Grenoble, cela fait un faible pourcentage (autour de 3%), mais chaque euro compte, quel que soit le budget des équipes.
D'un autre côté, les clubs auront deux déplacements en moins en dépense. Pour les clubs de la région de Lyon, l'impact sera faible, mais il pése un peu plus pour les plus éloignés : autour de 1000€ pour les plus proches, 3000 à 5000€ pour les plus éloignés (pour deux déplacements).
De plus, les abonnements ont été calculés sur la base de 22 matchs à domicile. Même si les clubs ne sont pas responsables de la situation, les abonnés espéreront légitimement un ajustement ou un geste, soit cette saison soit pour la prochaine saison.
Pas de relégation, impact sur les playoffs
Avec 11 équipes, les playdowns n'ont plus aucun intérêt, et la saison risque de s'achever le 21 février au lieu du 20 mars pour 3 équipes, avec de nouveau des matchs en moins pour les clubs et les abonnés.
Pour conserver un intérêt sportif et conserver un avantage aux premiers classés, la formule pourrait être adaptée pour que chaque match de saison régulière garde un intérêt, en concertation avec les 11 clubs.
Cela passerait, par exemple, par une modification des playoffs avec une formule qui se rapprocherait de celle-ci :
- les 5 premiers seront qualifiés d'office en 1/4 de finale
- les 6 équipes placées de la 6e à la 11e place disputeront un 1/8e de finale:
- 6e contre 11e
- 7e contre 10e
- 8e contre 9e
- les 3 qualifiés joueront contre un des 3 premiers de la saison régulière, le 1er contre le plus mal classé des 1/8e
- le 4e jouera contre le 5e en 1/4 de finale
1/4 de finale:
1. contre le 3e au classement des 3 qualifiés
2. contre le 2e au classement des 3 qualifiés
3. contre le 1er au classement des 3 qualifiés
4. vs 5.
5. vs 4.
1/8e de finale :
6. vs 11.
7. vs 10.
8. vs 9.
9. vs 8.
10. vs 7.
11. vs 6.
Si les 11e, 7e et 9e se qualifient, le 11e jouera son 1/4 contre le 1er de la saison régulière, le 9e contre le 2e de SR et le 7e contre le 3e de SR.
Vous l'avez compris, tous les clubs subiront cette non-validation du LHC en Ligue Magnus. Reste maintenant à se mettre d'accord sur la formule 2019-20 qui aura besoin d'être retouchée pour que les joueurs de Lyon puissent trouver un nouveau point de chute mais également pour préserver un intérêt sportif à la saison régulière.
En ce qui concerne les finances, personne parmi la fédération et les 11 clubs n'est responsable et tous devront s'en accomoder. Tout au plus, il faudra un peu de souplesse des commissions de validation pour prendre en considération les manque à gagner non-réalisés en fin de saison par rapport aux objectifs et contrats financiers.
La Ligue Magnus perd à nouveau un club après Villard-de-Lans, Brest, Morzine (échec de la fusion) Dijon et Epinal. Lyon est la 2e agglomération en population avec une puissance économique importante. Le club avait toutes les cartes en main pour confirmer la Coupe de France remportée en 2018 et viser plus haut. Est-ce que toutes les conditions sont réunies dans ce nouveau format de la Ligue Magnus à 12 pour dégager des bénéfices et envisager l'avenir sereinement ? La question que l'on se pose, c'est "Qui sera le prochain ?" en espérant sincérement que ça n'arrive plus.
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