Dans un contexte sportif bien spécial, Grenoble recevait Dijon dans une patinoire Pôle-Sud à guichet fermé. Privées de Scolari et de Dame-Malka à la suite de la bagarre du mercredi précédent, les deux équipes évoluaient finalement au complet avec un doute sur la santé de Zajkowski, incertain après le débat précédent, mais qui allait tenir sa place de belle manière.
Photographe Laurent Lardière
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Gagnons du temps, amis lecteurs et lectrices, nous allons passer plus que rapidement sur une première période fermée, peu intéressante, et avec de multiples approximations. Sorties de zones laborieuses, passes mal ajustées, palets oubliés, manqués, déviés (involontairement), et vous avez l'essentiel de l'affaire, assez éloignée d'un niveau de 1/4 de finale d'une ligue professionnelle.
Au menu, vous avez quelques tirs grenoblois en début de période ponctuées d'une belle occasion de Chouinard à 3'48, Mulle répondant par un lancer dangereux mais bien capté par Zajkowski, solide et pertinent ce soir. Notons un seul jeu de puissance de Dijon, clairement pas le point fort ce soir (0/4).
Ajoutez quelques tirs de part et d'autre sur les deux gardiens qui font le métier et vous savez tout.
Le jeu est généralement loin des cages, la période se termine avec une occasion de Treille du revers à 17'40.
Tirs 11/9 Dijon
Eng 12/6 Grenoble
Belle Rechitation mais pas Sivic Grenoble recolle !
La seconde période, globalement du même cru que la précédente, va pourtant voir Dijon proposer un jeu un peu plus intéressant que Grenoble, et ceci principalement grâce à de meilleures sorties de zones. Il faut dire que, du côté des BDL, l'exercice est laborieux et mobilise quelque peu les énergies, ne laissant guère d'occasions pour des trios englués dans la défensive ducale et avec des joueurs parfois beaucoup trop personnels.
Plus dangereux sur leur second avantage numérique, Dijon ne va pas se voir siffler en retour une seule pénalité durant la rencontre, phénomène peu fréquent en playoffs. De son côté, Grenoble paraît amorphe avec aucun tir entre la reprise de la période et pratiquement la 30ème minute.
C'est le moment que choisit Rech, sans doute le joueur le plus talentueux sur la glace, pour remonter seul le palet, passer en revue une défensive grenobloise peu concernée sur l'affaire, et y aller de l'un de ces tirs qui ne vous font pas regretter d'avoir payé le billet de match, lequel trompe Zajkowski à 30'32. (0-1)
Grenoble va réagir et se montrer plus dangereux, Sivic parvenant, à 38'13, à égaliser de belle manière en y allant d'un tir précis et violent qui ne laisse aucune chance à Buysse. (1-1)
La fin de période voit Dijon baisser un peu de rythme, mais l'attaque grenobloise, trop confuse, n'en profite pas.
Tirs 9/5 Dijon
Engagements 16/9 Dijon
Photographe Laurent Lardière
Côte d'Or jamais mort !
La dernière période, la plus intéressante, verra Grenoble se créer plusieurs occasions dont une nouvelle par Chouinard à 48', tandis que Dijon paraît un poil plus dangereux, avec une construction de jeu légèrement supérieure. Il faut un très bon Zajkowski pour repousser les offensives des visiteurs comme sur ce slap de Bergin, à 49', qui trouve la masque du gardien grenoblois, ou encore le double arrêt proposé face à des tentatives de Gascon et Mulle à 51'.
Alors que le temps passe, Dijon ayant encore échoué par deux fois en jeu de puissance, mais non sans donner des sueurs froides aux supporters grenoblois, c'est Grenoble qui va trouver la faille à 53'10. Baylacq, actif et dynamique, déborde et insiste avec un lancer qui trompe Buysse au ras de son poteau. (2-1)
On pense alors que Grenoble va conclure l'affaire mais, à la surprise générale, c'est Mielonen qui égalise d'un slap à la bleue à 57'52. Ce scénario n'est pas contraire au déroulement de la rencontre qui voit deux équipes proches l'une de l'autre, avec sans doute un avantage dijonnais en terme de jeu collectif et de fond de jeu.
Tirs 13/7 Dijon
Engagements 13/8 Dijon
Merci aux deux gardiens
La prolongation verra les deux équipes venir solliciter les deux gardiens qui répondent présents, Zajkowski se montrant sans doute le plus en vue, du fait d'occasions un peu plus nettes des l'attaque dijonnaise, mais rien n'est marqué et on se rend donc vers la séance des tirs au but.
Salmivirta a de la vista !
1: Chouinard feinte et manque
2: Gascon voit son tir renvoyé de la jambière par Zajkowski
3: Bouchard perd son palet devant Buysse
4: Salmivirta se fait sortir son palet par le gardien grenoblois en extension.
5: Treille lance sur le casque de Buysse
6:Mielonen trouve la mitaine de Zajkowski
7: Rech est bloqué bas par Zajkowski
8: Salmivirta trompe Zajkowski au terme d'un joli slalom ponctué de feintes.
9: Chouinard lance mais son palet qui semble être passé sous Buysse ne rentre finalement pas, une action ultime à l'image de la saison des BDL.
Félicitations à Dijon qui, dans une rencontre fermée et peu intéressante jusqu'à la troisième période, aura su s'imposer à l'extérieur face à des Grenoblois qui auront semblé de moins en moins à l'aise au fil de la série. Pouvant compter sur un coach qui aura largement dominé les débats grâce à des réajustements et choix tactiques progressifs et pertinents tout au long de la série (interview à venir), et qui possède une éthique de travail tournée uniquement vers le collectif, Dijon s'est imposé sur le fil contre une équipe qui comptait 11 places de plus qu'elle à la fin de la saison régulière, excusez du peu ! Certes, Dijon n'était pas à son niveau à cette place, n'est-ce pas Chamonix, mais on peut tout de même clairement souligner la différence de profondeur et d'effectif entre les deux équipes, différence que l'on retrouve sur le plan du budget. Avec un Buysse beaucoup plus solide qu'en saison régulière, et une défensive bien organisée, Dijon a proposé un système interdisant à Grenoble de proposer du hockey de mouvement et avec lui de pouvoir se créer des occasions de ce type. Offensivement, les Gascon, Salmivirta et Rech ont souligné qu'ils n'avaient rien à envier aux équipes de tête de la ligue. Outsider face à Grenoble, Dijon le sera encore une fois face à Gap, avec des arguments pour poser de sérieux problèmes à la bande à Basile. Quelle que soit l'issue de la saison pour les joueurs de coach Tolvanen, respect et bravo pour avoir déjoué les pronostics et renversé la tendance avec leurs moyens. Public dijonnais, profitez encore de votre équipe et levez votre verre de bourgogne à la santé de coach Tolvanen !
Mais que se passe-t-il à Grenoble, ou plutôt que s'est-il passé depuis quelques semaines du côté de l'Isère ? Premiers à l'issue de la saison régulière, maîtres chez eux face à Dijon jusqu'ici, et présentant un effectif et des résultats franchement meilleurs que leurs rivaux, Grenoble s'est une nouvelle fois pris les pieds dans le tapis, cette fois non plus au terme d'une saison manquée avec Jean-François Dufour à la manoeuvre, mais avec une contre-performance après un sans-faute durant la saison régulière. Non seulement sur la série, Grenoble ne mérite pas de passer, mais on n'a pas reconnu les BDL largement dominés à l'offensive avec une totale absence de fond de jeu. Si la défensive et Zajkowski ont globalement fait le métier, l'attaque pourtant relativement à l'aise en saison régulière a déjoué, avec des excès d'individualisme et un manque de lucidité souvent criant. L'équipe de Martel a-t-elle évoluée au-dessus de ses moyens comme certains vieux briscards de Magnus, adversaires des Grenoblois sur la glace, nous ont dit après les rencontres cette saison, certaines tensions entre l'entraîneur à problèmes et les joueurs ont-elles fait exploser la machine avec, comme point d'orgue, l'agression grotesque de Scolari sur Buysse ? Ce qui est certain, c'est que le niveau de jeu de Grenoble sur cette série a été à Pôle-Sud fort médiocre, très insuffisant pour donner la marge de manoeuvre nécessaire pour écarter Dijon.
Grenoble ayant terminé sa saison, et avant la conférence de presse théoriquement donnée la semaine prochaine par la direction du club, conférence de presse qui, si elle se déroule à 10 heures du matin en semaine, comme à l'habitude, risque de se dérouler sans nous qui travaillons à ces horaires, on peut d'ores et déjà formuler quelques remarques générales.
Tout d'abord, le pari qui a été la venue de Richard Martel à Grenoble, nous disons "pari" car, pour mémoire, il avait tout de même une réputation particulière au Québec, ce pari a été perdu. Grenoble aurait-il gagné avec lui derrière le banc ce soir, nous ne le saurons jamais, mais un peu plus de sérénité dans le groupe était bienvenue comme pour les Dijonnais qui peuvent, eux, bénéficier de celle apportée par leur coach. Doit-on critiquer le choix de Martel dès le départ ? Difficile de le faire vu ses résultats, mais il semble bien que plusieurs éléments négatifs autres que le dernier incident aient justifié son départ. Richard Martel devait-il être cadré et accompagné davantage sur le plan sportif, ce qui pouvait éviter ces problèmes ? Oui certainement et c'est ce que Grenoble devra retirer de cette mésaventure.
Dans la droite ligne de ce qui précède, on pourra ensuite une nouvelle fois regretter l'absence, dans l'entourage de l'équipe, d'un manager, homme de confiance, connaisseur de hockey, ancien joueur, capable de souffler le chaud et le froid et surtout respecté par tous, y compris par le coach administrativement sous ses ordres. Ce n'est pas Jean-François Dufour, que nous avons critiqué comme coach, mais que nous ne critiquerons pas comme entraîneur-adjoint à la barre du navire dans ces conditions, qui semble pouvoir jouer ce rôle. Il existe à Grenoble plusieurs anciens joueurs qui seraient tout à fait à l'aise dans le costume que l'on trouve ailleurs comme, par exemple, à Rouen avec Guy Fournier quand il ne coache pas.... Un nom seulement, Stéphane Arcangeloni dont vous pourrez retrouver l'interview sur ce site et qui a pour nous toutes les qualités requises.
Enfin, on ne peut conclure sans s'interroger tout de même sur le comportement et sérieux de certains joueurs cadres dont les statistiques en nette baisse en fin de saison ne plaident pas en leur faveur. Doit-on considérer que l'éviction d'un Martel clairement lâché par le vestiaire fait suite au moins en partie à une charge de travail jugée trop importantes par certains joueurs au fur et à mesure que la saison se déroulait, des exigeances et un comportement sans doute excessif de la part d'un entraîneur excessif mais qui donnaient des résultats. Notons au passage que l'on espère avoir des explications claires de la direction grenobloise sur le départ de Richard Martel dont on pense ce que l'on veut mais qui possédait une vertu rare à Grenoble depuis plusieurs saisons : gagner. On trouve dans d'autres ligues de très nombreux exemples d'entraîneurs ayant été mis à l'amende, blâmés ou encore suspendus par leurs clubs avant même que la ligue s'en mêle, pour ensuite être réintégrés vu leurs résultats, n'est-ce pas Patrick Roy ? HockeyHebdo, dans un souci d'objectivité, a pris contact avec l'intéressé et attend une réponse pour une interview.
Une refonte complète de l'effectif avec, sans doute, de multiples départs paraît totalement nécessaire. Il faudra désormais, côté grenoblois, se concentrer sur la recherche d'un coach. Nous laissons à nos lecteurs le soin de dresser la liste des candidats potentiels, sachant que, pour l'auteur de l'article, un certain Stéphane Gros, l'un des meilleurs coachs français en activité, malgré la sortie prématurée de Chamonix, pourrait certainement être intéressant.
Aucune contradiction, je paye des abonnements, a 20E la place je me voyais mal ne pas y aller ... On en a longuement parle avec madame, on a surement fait le mauvais choix ...