30 minutes dont 10 Ã Goulet et Ograjensek contre Epinal
Pour cette finale inédite de la Ligue Magnus entre Gap et Epinal, le septième match décisif pour l’attribution du titre se déroulait dans la patinoire de Gap, avantage non négligeable pour des Rapaces en attente du titre suprême depuis trente-sept ans.
Du côté du Gamyo, les regrets d’avoir sans doute gaspillé deux jokers sur sa glace de Poissompré faisaient place à une envie décuplée d’inscrire, pour la première fois, son nom sur la Coupe Magnus.
Les Rapaces en route vers le titre
Dans un premier tiers assez fermé au niveau du jeu, aucune des deux équipes ne souhaitant se retrouver menée au score, les supporters des deux équipes donnaient de la voix pour pousser leurs favoris à plus d’audace dans le jeu et n’avaient pas grand-chose à se mettre sous les yeux pour exulter .
Fouquerel et Hocevar passaient un tiers assez tranquille .
Il fallait attendre une offensive gapençaise plus incisive pour voir B. Golicic partir en break sur une passe de Kramar.
L’attaquant ne manquait pas son duel face au cerbère spinalien et ouvrait le score dans une ambiance de folie, 1-0, 12’37 (assist. Kramar).
Ayant fait le plus dur dans ce septième match, les Gapencais neutralisaient assez facilement les tentatives des hommes de P. Bozon.
Alors que l’on se dirigeait tout doucement vers la fin de la période, M. Petrak se rendait coupable d’une crosse haute et rejoignait le banc de la prison.
Jouant alors en infériorité numérique, Epinal contenait le jeu de puissance local mais un dernier échange de passes entre Perez et Trabichet donnait à B. Bartman l’occasion de doubler la mise. Le défenseur gapencais lançait dans la forêt de joueurs situés dans le slot et le palet finissait sa course au fond des filets de Hocevar totalement masqué sur l’affaire. 2-0, 19’53 (assist. Perez, Trabichet).
Les Rapaces, forts de leurs deux buts d’avance, pouvaient rentrer aux vestiaires, pour la première pause, avec un capital confiance décuplé.
Le Gamyo allait être obligé de se découvrir un peu plus lors de la deuxième période.
Le Gamyo reste dans la course
Dès l’entame du deuxième vingt, Epinal, porté par ses super supporters, essayait bien de mettre en danger un Fouquerel concentré, les jambes spinaliennes se faisaient lourdes.
Les vieux grognards vosgiens laissaient la part belle aux jeunes, plus en jambes .
Valier, Moisand, Hordelalay, Kuralt, Kara ou Béron menaient les offensives spinaliennes mais Gap maîtrisait son sujet défensivement et procédait par contres.
Sur l’un d’eux, Arrossamena s’échappait à la bleue et s’en allait défier Hocevar.
C’était sans compter le retour in extremis de G. Béron qui commettait la faute utile pour éviter le 3-0.
J. Bergamelli, bien placé, accordait sur l’affaire un penalty logique.
Arrosamena avait alors l’occasion de mettre son équipe hors de portée des Spinaliens mais Hocevar se montrait patient et stoppait la tentative de l’attaquant français ( 26’11).
Epinal avait, dans la minute suivante, l’occasion de réduire le score en jeu de puissance mais, là encore, le killing play haut-alpin se montrait efficace mais une nouvelle fois sanctionné pour obstruction. Le Gamyo installait son jeu de puissance rapidement et, après plusieurs échanges de passes pour bouger un peu la boîte gapençaise, M. Moisand trouvait la faille et ramenait son équipe à un but, 2-1, 29’00 (assist. Valier, Hordelalay).
Les deux équipes multipliaient les mauvaises passes sans grandes conséquences pour leurs arrières .
Gap, monopolisant le caoutchouc, procédait par contres et ses attaquants, plus frais, débordaient souvent la défense vosgienne.
Sur l’un des ces contres, S. Rohat, très remuant ce soir, réussissait à se libérer du marquage individuel et, d’un tir du poignet, ajustait un lancer qui faisait mouche dans la lucarne d’Hocevar, 3-1 (17’38, assist. Da Costa, Kramar).
Une nouvelle fois menés de deux buts juste avant le retour aux vestiaires, les hommes de P. Bozon accusaient le coup physiquement et terminaient la période difficilement mais sans encaisser un quatrième but couperet.
Les Rapaces s’envolent vers le titre
Les Spinaliens, jouant leur vingt-et-unième match de play off, n’avaient pas abdiqué et venaient porter le danger dans la zone gapencaise mais Fouquerel veillait au grain et permettait à ses nouveaux coéquipiers de repartir à l’attaque.
Une attaque stoppée une nouvelle fois irrégulièrement par A. Goulet qui quittait, pour douze minutes, ses coéquipiers.
Le jeu de puissance haut-alpin allait s’installer mais Valier, tel un renard, interceptait la passe à la bleue .
La vitesse de l’attaquant spinalien faisait la différence et il déjouait Fouquerel entre les bottes, 3-2 (44’58). Revenu une seconde fois à un but, le Gamyo pouvait encore croire au titre.
Photographe Laurent Lardière
Gap champion !
Ce n’était pas l’envie des locaux qui s’installaient une nouvelle fois dans ce power play et, cette fois-ci, Ritz lançait à la cage, Richter déviait le palet qui trompait une quatrième fois Hocevar, 4-2 (45’33, assist. Ritz).
Epinal avait encore le temps de revenir au score mais seuls les jeunes Français et un Plch toujours fringant se montraient plus incisifs que leurs coéquipiers.
Valier, Moisand, Baazzi, Kuralt ou Le Blond butaient sur le portier gapencais sous les yeux de Lavigne en bord de glace.
Le temps s’égrenait de plus en plus sans que l’on sente réellement un retournement de situation. Gap s’accrochait à ses deux buts et s’évertuait à repousser le palet hors de sa zone défensive.
A moins de trois minutes à faire, P. Bozon prenait son temps mort et sortait son gardien pour apporter un attaquant de plus. Malheureusement pour les Vosgiens et leurs fervents supporters, Ritz gagnait son engagement en zone et réussissait à sortir le palet de la zone. Le palet était gratté par Valchar qui transmettait à M. Perez, lequel s’arrachait et lançait dans la cage spinalienne déserte, 5-2 (57’59, assist. Valchar).
Quasi assurés du titre, les Rapaces, portés par leurs supporters, n’avaient plus qu’à laisser venir les Vosgiens. Des Spinaliens qui allaient une nouvelle fois revenir dans les traces des hommes de L. Basile, grâce à P. Valier reprenant un rebond mal négocié par Fouquerel, 5-3 (59’23).
P. Bozon sortait une deuxième fois son gardien pour tenter de revenir au score, mais les dernières secondes du temps, égrenées par l’ensemble des supporters gapençais présents dans la patinoire Alp Aréna, signaient la déception spinalienne.
Les crosses, casques et gants pouvaient alors s’envoler sous les cris de joies des hommes de L. Basile et E. Blais.
Gap met fin à trente-sept ans de disette et remporte le troisième titre de champion élite de son histoire.
Luciano Basile, lui aussi, entre dans l’histoire et remporte un deuxième titre consécutif et ce, avec deux équipes différentes.
Teddy Trabichet pouvait alors soulever la Coupe Magnus pour fêter son quatrième titre et son premier avec les Rapaces de Gap.
La série fut intense, Epinal a manqué le coche dans sa patinoire de Poissompré, laissant les Rapaces revenir dans la série. Gap, plus frais, l’emporte logiquement dans ce dernier match décisif.
Etoiles Hockey Hebdo :
*** : Sébastien Rohat
** : Peter Valier
* : Nicolas Ritz