60 minutes dont 10 Ã Thinel et Manavian et 20 Ã Elomo contre Rouen
Après deux journées de récupérations équivalentes pour les deux équipes, soit vidéo glace et étirements, tout le monde était de retour à Pôle-Sud pour une nouvelle explication sur fond de récupération physique avec cette seconde rencontre à 24 h d'intervalle.
Photographe Laurent Lardière
But de Rouleau
Copie conforme de la veille ?
Les deux équipes entraient dans la rencontre de manière assez prudente, avant que les vieilles habitudes offensives ne conduisent à plusieurs mouvements débridés, ponctués de tirs sans gros danger pour les gardiens.
Une première faute évitable d'un Werenka, décidément peu à l'aise dès que l'on patine face à lui, à 3'04, donnait un jeu de puissance grenoblois qui allait faire mouche.
Au terme d'une bonne circulation, Dufresne dégaine à la bleue et ouvre le score à 04'36, la défensive rouennaise trop concentrée autour d' Ylonen ne sortant pas face aux arrières. (1-0)
Les visiteurs vont alors proposer une bonne réaction avec des jeux de mouvements et un collectif qui s'en va insister devant Raibon. Une erreur de Dusseau conduit à une situation fort dangereuse et bien sauvée par des Grenoblois, les Normands mettant le feu et se montrant une nouvelle fois maladroits dans la mêlée qui s'en suit. Chaque équipe aura par la suite ses quelques situations dangereuses, Grenoble se montrant globalement moins dominé que la veille et faisant jeu égal.
Pourtant, plusieurs fautes rouennaises vont retarder le retour des Dragons, des fautes trop nombreuses qui bloquent les offensives des visiteurs et permettent à Grenoble de faire le dos rond malgré plusieurs erreurs défensives.
On commence à se dire que les Bdl vont regagner le vestiaire avec cet avantage mais, sur un palet mal négocié par Rouleau, J. Desrosiers, encore une fois impeccable, se retrouve en excellente position à 19'02 pour servir Lamperier qui égalise juste avant la pose. (1-1)
Un score logique à la pose. Tirs 8/8
Engagements 10/5 Rouen.
Photographe Laurent Lardière
Manavian et Le Blond
Les Dragons soufflent le feu mais se brûlent les ailes...
La seconde période, qui confirmera l'impression désastreuse laissée par les deux défenses la veille, montrera également à peu près tout ce qu'il ne faut pas faire quand on compte un avantage très significatif au score.
Dès la reprise, Grenoble n'y est absolument pas, et semble incapable de contrôler un palet qui revient systématiquement sur des Normands qui vont connaître une réussite offensive certaine.
A 20'17, un palet centré par Guenette touche la jambe de Baylacq et termine au fond du but de Raibon. (1-2)
Pas malheureux, les Dragons voient deux minutes plus tard un lancer de Mallette, seul éclat d'un capitaine peu en vue à Grenoble, rouler entre les jambières de Raibon qui s'en prend un second en deux minutes pour un double avantage des visiteurs au tableau d'affichage à 22'14. (1-3)
Fou de rage par ce but qu'il attribue non sans quelque raison au non placement de certains partenaires, Raibon donne de la crosse contre la glace avant de poursuivre ses diatribes en patinant vers le banc de Grenoble pour changer son bâton, provoquant du même coup sa sortie non prévue et la rentrée de Quemener.
Après un lancer d'Arrossamena à côté de la cage d'Ylonen à 23'20 comme timide éclaircie, J.Desrosiers souligne une nouvelle fois son talent avec une lucarne gauche-droite à bonne vitesse qui creuse l'écart à 24'21 et accentue la totale impuissance grenobloise depuis le retour sur la glace, ceci même si les Rouennais ont eu la réussite qui les fuyaient la veille. (1-4)
Le retour de Raibon s'accompagne d'un temps mort côté grenoblois, avec un silence qui gagne Pôle-Sud. Qui miserait un billet sur Grenoble ?
Pourtant, comme on va le voir, Rouen va faire tout ce qu'il faut pour remettre les Grenoblois dans le match, à commencer par Manavian. Le défenseur international, déjà auteur d'une faute en première période va aller cogner sur Francis Desrosiers qui s'était fait justice lui-même après une faute non sifflée sur un Rouennais. Les arbitres mettent logiquement les deux clients en prison, ce qui prive Rouen d'un jeu de puissance tout fait qui pouvait faire mouche à cet instant de désespoir grenoblois.
Grenoble va alors commencer à jouer ce 4x4 et c'est Ouimet, dans son style caractéristique, qui lance et compte en lucarne, un but synonyme d'espoir et qui aurait du être évité par les visiteurs encore une fois à l'attaque tout azimut à 25'20. (2-4)
Une nouvelle faute rouennaise donne alors un autre jeu de puissance, et c'est l'inévitable décathlonien Rouleau qui dévie un palet lancé par Dufresne à 27'31, conduisant clairement la rencontre à pencher vers Grenoble qui se montre plus dynamique et bouscule une défensive rouennaise toujours mal positionnée et qui compte plusieurs éléments dont nous avons déjà eu l'occasion de mentionner les retards et lenteurs. (3-4)
Aucun temps mort n'étant demandé, Rouen vacille alors et lâche deux nouvelles fautes consécutives, mais parvient à repousser des Grenoblois un peu brouillons dans leurs offensives.
Cependant, les Dragons ne pourront rien sur un lancer de Rouleau qui bénéficie de nouveaux retards défensifs pour y aller de son doublé, avec une lucarne qui laisse Ylonen immobile dans sa cage à 34'39. (4-4) Un Rouleau sans doute au sommet de sa forme ce soir et qui joue un ton au-dessus des autres, dans une galaxie plus proche de la LNA suisse ou AHL que de la Magnus.
L'égalisation redonne des couleurs à Pôle-Sud, et Rouen poursuit sa spirale négative avec un Manavian dont on a souligné les qualités physiques et techniques, mais dont le comportement continue de coûter fort cher. Largement après que Raibon ait capté un palet sans grand danger, le joueur y va d'un grand coup de crosse dans le gardien grenoblois, naïveté plus que violence véritable, mais qui donne une 2+10 et un coupable calmé par un partenaire tandis qu'il patine en direction des arbitres.
La pose intervient sur une nouvelle égalité, mais soit Grenoble a puisé dans ses réserves pour revenir, soit Rouen va confirmer son coup de moins bien après la pause, l'impression que le champion de France file un mauvais coton est persistante depuis la tribune de presse.
Tirs 13/13
Engagements 9/8 Rouen
Un champion en manque d'air
Alors que le le premier retour à la glace avait été très favorable à Rouen, la reprise voit des Rouennais chercher de l'air tandis que Grenoble semble également un peu fatigué, mais davantage capable d'en donner encore une bonne tranche.
Profitant d'une énième largesse défensive concédée par des Dragons qui ne patinent plus guère, Ouimet renoue avec ses bonnes habitudes du money time en inscrivant son doublé d'une nouvelle lucarne impeccable à 41'19. (5-4)
Les minutes suivantes voient alors Rouen aller s'installer en terre grenobloise mais, comme la veille, on assiste à des renvois généralement assez faciles de Raibon et plusieurs débuts de contres qui manquent d'aller au bout. L'impression laissée par des visiteurs qui s'épuisent face à des adversaires qui plient mais ne rompent pas, avec des défenseurs grenoblois qui ont toujours un temps d'avance visiblement acquis du fait de la fatigue de l'adversaire. Malgré quelques phases plus dangereuses, Rouen n'y arrive plus.
Quand les Brûleurs vont-ils plier l'affaire, on s'interroge au fil des minutes sur l'arrivée du contre gagnant, d'autant que Raibon fait taire tous les sceptiques, après sa grosse colère, en s'offrant l'arrêt du match face à une reprise de Lamperier en cage vide, lequel mettra de longues minutes à maugréer pour se remettre de cet arrêt improbable et digne d'un gardien de football.
Finalement, les minutes filent, et Ylonen va sortir de sa cage à 59'32, ce dont va profiter Ouimet qui lance un F. Desrosiers qui s'en va compter en cage vide à 59'34 -6-4)
La fin de rencontre plus heurtée verra Elomo prendre une 2+20 pour jet de crosse, et Thinel une 10' pour méconduite, tandis que Janil et Suzzarini prennent deux mineures pour un début d'explication.
Disons-le tout net, on ne peut qu'être déçu de la prestation rouennaise. Une équipe championne de France peut-elle se permettre de mener 4-1 pour se voir remontée ensuite, puis passée comme dans un rêve (cauchemar, cela dépend pour qui) par des Grenoblois qui paraissaient alors bel et bien au fond du trou ? Avouons que non seulement certains éléments de la défense des Normands ont une nouvelle fois démontré leurs limites, mais en plus le coaching déployé laisse assez perplexe ?
Outre l'absence de temps mort après le double retour grenoblois et le flottement bien perceptible de la seconde période, la propension à l'énervement, y compris sur le banc, ne plaide pas en faveur de Rouennais qui montrent plusieurs mauvaises habitudes, la première étant de jouer toujours de la même manière et de s'en remettre à leur offensive, fort talentueuse certes, pour remporter la victoire, mais qui patine moins vite que Grenoble, la seconde étant d'avoir des arrières qui jouent trop haut, et des équipes spéciales en infériorité numérique qui partent à l'assaut en oubliant justement qu'il manque un joueur. Si le bras de fer en échec avant fonctionne, pas de soucis, sauf que face à une formation comme Grenoble, on commence sérieusement à voir les limites du système avec, en face, des défenseurs capables physiquement de rivaliser, et des contres qu'on ne fait rien pour limiter (les deux buts gagnants et deux autres ce soir). Ajoutez à cela une fatigue assez visible lors de la dernière période, et vous avez de légitimes interrogations symbolisées par le rendement du capitaine Mallette qui, malgré un point ce soir, ne rassure pas. Avec onze buts encaissés en deux rencontres à Pôle-Sud, Rouen est dans le rouge et, paradoxalement, ce sont bien les Dragons eux-mêmes qui s'y sont mis.
Quand on dispose du meilleur jeu collectif de l'hexagone, et de la meilleure attaque, on peut raisonner de deux manières. Soit, comme c'est le cas, jouer comme d'habitude et marquer plus de buts, sauf que la défense tremble de plus en plus sur ses bases et que physiquement, la série en 7 coûte davantage d'énergie aux gros joueurs grands et lourds qu'aux coureurs de fond grenoblois, soit assurer davantage le coup défensivement, aider sa défense à réduire la facture, et proposer des phases plus construites pour finir sur un score plus mince, mais qui risque bien d'être à l'avantage des Normands, vu leurs talents dans ce domaine. Il faut aussi réduire le nombre de fautes et ne pas avoir un banc qui donne dans le complot arbitral dès que les affaires se passent mal.
Si Rouen joue, on a envie de dire tranquillement, son hockey, se montre patient et travaille collectivement et sereinement, cette équipe sera difficile à battre sur des scores plus réduits, mais elle doit bien comprendre que sa marge face à Grenoble est mince, et même nulle, contrairement à ce que certains semblaient penser au départ.
Grenoble a mieux joué qu'hier soir et J.F Dufour a gagné la bataille du coaching en ayant bien compris les faiblesses de l'adversaire et systématiquement joué ces cartes. D'un niveau comparable à la veille, Grenoble a semblé, malgré un très mauvais départ, prendre la mesure d'un adversaire que les joueurs commencent à connaître et à comprendre. Le problème reste tout de même globalement le même à savoir un jeu collectif moins performant que l'adversaire, et surtout des passages à vide assez désastreux à l'image de leur début de seconde période. Face à un finaliste normal de ce genre de compétition, quel duel dans une ligue européenne aurait vu un tel retour ? Possible, mais on vous en parlerait encore vingt ans après... Oui, sauf que Grenoble a réalisé ce retour, qui est du genre à donner une confiance énorme et méritée. Sauf également que réaliser ce retour suppose un mental largement au dessus de ce que l'on peut voir en sport professionnel, et surtout une envie énorme de tout un collectif qu'il va désormais falloir stopper....et ici on peut dire bon courage à Rouen car ce genre de retour est de ceux qui font basculer une finale.
Raibon est-il l'homme de la situation ? A le voir s'emporter ce soir, certains auront peur mais, au final, il a terminé plus fort qu'il n'avait commencé, ce qui est chez lui une caractéristique habituelle. Défensivement, Grenoble fait le métier et, offensivement, les Brûleurs profitent des largesses rouennaises, ce qui ne veut pas dire que l'attaque n'a pas de talent, au contraire, et surtout on compte une demi-douzaine de joueurs qui peuvent prendre feu l'espace d'une soirée. Désormais à égalité, la prochaine rencontre à Rouen sera décisive, avec une réalité très simple. Si Grenoble est capable de refaire la rencontre jouée ce soir, et sans doute celle jouée lors du premier match à l'extérieur, l'affaire sera compliquée pour Rouen qui n'a pas de marge dans ces conditions. Quels petits plus pourraient avoir les Brûleurs ? Rester vraiment concentrés du début à la fin afin d'éviter un nouveau trou noir impossible à reprendre cette fois, et travailler les relations trios offensifs arrières, tant pour le jeu de puissance que le 5x5, car l'affaire a apporté plusieurs buts ce soir et souligné certaines faiblesses rouennaises dans le repositionnement. Egalement utiliser le banc pour fatiguer au maximum des Dragons qui devront revenir à Grenoble samedi. L'affaire paraît en tout cas loin d'être terminée et Grenoble a les moyens d'aller chercher le titre.
c 'est fou de toujours lire des comms genre rouen se voyant sans doute trop beau!! attention les grenoblois a ne pas vous voir trop beau parceque vous avez egalise a 2manches partout! ^^
GARNIER ne semble pas au niveau, plutot que de s'emporter contre l'arbitrage, il devrait engueuler ses joueurs fautifs.
Je dirais que Rouen fait du Rouen, et que Grenoble joue à fond sans trop se poser de questions et c'est comme ça qu'on doit jouer une finale en fait..