Comment les deux équipes avaient-elles récupéré de la veille après les efforts fournis ? Une belle et bonne question qui constituait l'essentiel des conversations d'avant-match, et à laquelle on avait bien peu d'éléments de réponse. Aucun blessé de part et d'autre et une feuille de match qui laissait les mêmes 17 joueurs dijonnais et les mêmes 22 grenoblois prendre place sur la glace.
Photographe Laurent Lardière
Jeu, set et match Ouimet
Match fermé
Le début de rencontre voyait les deux collectifs jouer avec une certaine prudence, et il fallait attendre bien 4 minutes pour voir une première banderille dijonnaise avec un lancer de Decock sur Raibon. Bien en place à mi-glace, les deux défensives faisaient le métier et ne laissaient guère d'ouvertures pour des attaquants qui, des deux côtés, ne feront pas une très grande impression ce soir.
Deux pénalités successives contre Dijon voyaient des Grenoblois se montrer assez médiocres en jeu de puissance, et les occasions restaient assez rares, comme celle de Ouimet à 10'30 qui lance sur Sopko, sur un excellent service d'un Amar qui semble rajeunir match après match de manière incroyable.
Dijon semblait alors un poil plus dangereux que Grenoble, proposant des sorties de zones de grande qualité et des transitions souvent pertinentes, ensemble qui conduisait à plusieurs tentatives très sérieuses, dont celle de Jarvis qui manquait plein axe, sur un bon service de Kervorkian à 8"56.
La seconde partie de la période, plus chaotique, voyait chaque équipe connaître quelques flottements, Grenoble se voyant à son tour pénalisé par deux fois mais repoussant plusieurs tentatives avec un Raibon dans le coup et bien compact devant son filet.
Le retour au vestiaire soulignait une absence de réussite des deux côtés et des passages à vide explicables probablement par la fatigue. La rencontre, agréable à suivre par son intensité, manquait toutefois d'arguments offensifs susceptibles de passer deux défenses efficaces. Le jeu physique grenoblois n'était pas spécialement utilisé, ce qui pouvait surprendre face à une équipe dijonnaise bien en place mais qui manquait clairement d'arguments physiques devant Sopko.
Tirs 5/6 Grenoble
Engagements 7/6
Dijon pas malheureux
La reprise voyait Grenoble cafouiller plusieurs changements de ligne, puis totalement déjouer sur un jeu de puissance qui contenait globalement tout ce qu'il ne faut jamais faire en pareil cas.
Plus à l'aise que des Brûleurs encore au vestiaire, Dijon allait bénéficier d'une pénalité pour ouvrir le score de manière totalement méritée.
A 30'52, c'est Decock, sans doute le meilleur Dijonnais ce soir avec 5 tirs cadrés, qui reprenait une fort belle passe de Guttig pour compter face à un Raibon impuissant. (0-1)
Grenoble allait alors réagir mais manquer cruellement de réalisme avec de nombreuses occasions manquées en cage ouverte avec un Sopko, plus aventurier qu'à son habitude, qui offrait deux belles occasions à des Brûleurs qui mettaient à côté. Un gardien dijonnais qui semblait avoir un problème récurrent avec sa cage qui bougeait ainsi à plusieurs reprises tout au long de la rencontre, un bon moyen de gagner du temps et de faire respirer ses partenaires, en particulier en avantage numérique, une particularité déjà connue de l'intéressé lorsqu'il évoluait à Rouen et que l'on aimerait voir considérée avec plus de sévérité par les arbitres en général.
Dijon offrait alors deux pénalités évitables aux Grenoblois et les Brûleurs tutoyaient une nouvelle fois la cage ouverte à plusieurs reprises, terminant la période avec 6-7 très grosses, pour ne pas dire énormes, occasions. Ayant très mal commencé, Grenoble finissait plus fort dans une rencontre désormais beaucoup plus heurtée avec de très nombreux revirements et mauvaises passes des deux côtés.
Pourtant, l'avantage acquis par Dijon paraissait solide, d'autant que Sopko avait démontré son talent sur plusieurs lancers appuyés pendant les dernières minutes .
Tirs 8/6 Grenoble
Engagements 7/8 Dijon
Photographe Laurent Lardière
Amar en forme internationale
Grenoble à l'énergie
La troisième période voit deux équipes fatiguées revenir en piste avec, pour conséquence, un jeu de plus en plus haché et, disons-le, une efficacité toujours bien relative des deux attaques.
Un empilage de joueurs en zone gardien envoyait une nouvelle fois un Arnaud assez teigneux en prison, accompagné de Baylacq pour un 4x4 inédit encore à Pôle-Sud.
L'affaire ne donnait rien et les deux adversaires, à l'énergie, donnaient l'impression de deux boxeurs en manque d'air qui se rendent coup pour coup, les deux gardiens étant, par ailleurs, en forme mais également en réussite, particulièrement Sopko qui voyait encore 4-5 palets flotter devant sa cage sans reprise possible, heureusement pour lui. L'impression que Dijon s'en sortait bien dominait alors une patinoire bien crispée.
Dufour décidait alors de varier ses passages sur la glace en envoyant, à 49', quelques jeunes joueurs qui, comme Benoît, mettaient de suite la gomme pour perturber quelque peu un collectif dijonnais moins en verve au fil des minutes. Une tactique que l'on aurait aimé voir plus employée avec certains temps de glace faciles à trouver du côté d'un Avenel, très moyen sur les deux rencontres, et d'un Aquino qui laisse de plus en plus l'impression d'avoir du hockey quand il le veut, mais ne fait pas d'effort défensif et semble même avoir peur d'aller au contact.
Accusant un coup de moins bien à 50', Dijon voyait Grenoble dérouler et tenter de revenir avec l'énergie du désespoir. A 52'49, Dusseau héritait d'un palet à la bleue, hésitait et voyant ou entendant un partenaire lui dire de slapper, il décochait un missile dévié par le précieux Amar, pour aller tromper Sopko avec une égalisation qui voyait Pôle-Sud rugir de plaisir. (1-1)
Malgré plusieurs grosses occasions de part et d'autre, pour ne pas dire palets de match, l'affaire s'en allait en prolongation.
Tirs 13/7 Grenoble
Engagements 6/6
69'26
La prolongation débutait avec une certaine prudence des deux côtés, mais ne produisait pas de grands résultats avec des lancers souvent déviés et des interruptions de jeu multiples, consécutives à des hors-jeu ou palets injouables.
Avec ce petit temps d'avance systématique pour la défense, Grenoble parvenait à endiguer les tentatives dijonnaises grâce à des arrières une nouvelle fois dans le coup comme un Dufresne de très grande qualité à la relance. Dijon également faisait le métier, mais allait subir une nouvelle fois plusieurs actions très dangereuses que les Isérois ne parvenaient pas à concrétiser. On peut considérer au total que Grenoble aura eu un minimum de 12 cages ouvertes avec des reprises plus ou moins faciles.
Alors que l'on croyait aller aux tirs au but et, sur la dernière situation de jeu, Ouimet voyait son vis-à-vis un peu décalé et filait pour ce qui semblait être un tour de cage. Pourtant, à 69'26, il parvenait à feinter Sopko en arrivant vers lui par le côté, et en lui glissant le palet, crosse tendue, dans l'espace laissé libre de l'autre côté du but. (2-1) Une délivrance pour Pôle-Sud et sans doute le plus joli but inscrit par l'intéressé depuis le début de saison.
Qu'est ce qui a manqué à Dijon ce soir ? Pas grand-chose clairement mais sans doute un peu de fraîcheur physique susceptible de permettre aux artificiers dijonnais de lancer une fois de plus au fond de la cage de Raibon. En tout cas, les Ducs semblent disposer des armes nécessaires pour en finir chez eux mardi, même si l'adversaire paraît les surprendre de plus en plus et dessiner désormais une tendance négative dans la série. Au delà du caractère peu marqué de cette défaite in extremis en prolongation, on trouve toutefois certaines questions avec, en particulier, un certain manque de réussite offensif. Certes Grenoble a mis la palissade autour de Raibon et possède sans doute parmi les meilleurs défenseurs de Magnus, mais est-ce suffisant pour expliquer le peu de succès de l'une des meilleures attaques de la ligue et en particulier de son premier trio ? Le plus inquiétant est bien la relative discrétion des Guttig et autre Gascon, le second interrogeant clairement sur sa forme et même sur un problème physique mineur tant il a semblé discret ce soir. Exceptés Decock et Ritz, c'était tout de même du moyen moyen, avec des Ducs qui doivent aider défensivement, ce qui semble réduire leurs apports offensifs. Si Dijon veut gagner chez lui, il faudra, avec un repos plus important et l'avantage du domicile, faire mieux offensivement.
Grenoble a démontré qu'il pouvait jouer au-dessus de son niveau habituel cette saison et faire jeu égal avec des Dijonnais venus à Grenoble pour en terminer. Globalement moins en jambe qu'hier soir, l'équipe a pioché davantage dans ses réserves et a vu une nouvelle fois le salut venir de ses défenseurs avec ce but du duo Amar-Dusseau. Sans spécialement utiliser un jeu physique ce soir, ce qui peut surprendre vu l'avantage qu'il avait su leur procurer la veille, les Brûleurs ont fait globalement jeu égal, et même mieux au nombre d'occasions nettes particulièrement élevées ce soir. Qu'est-ce qui a fait la différence ? Peut-être les visites des jeunes joueurs qui ont fait reposer les autres et conduit aux cinq minutes d'attaque-défense avec le but d'Amar. Sans doute également une défensive qui impressionne malgré quelques joueurs dont la rentabilité questionne, comme un Avenel qui semble faire l'effort mais sans aucun impact sur la glace, et un Aquino discutable pour les raisons déjà évoquées. Faut-il ouvrir davantage le banc à Dijon ? Oui, si la rencontre conduit à ce type de déroulement, car économiser l'énergie des cadres est indispensable, mais avec le problème que les jeunes ont sans doute été sous-utilisés une bonne partie de la saison et manquent, pour certains, de repères. On a en tout cas l'impression que, si Grenoble refait mardi à Dijon un match semblable à celui réalisé hier soir, le meilleur des deux vus en 48h, il faudra du grand Dijon pour s'imposer.