Patinoire Pôle Sud et deux équipes pratiquement au complet à l'exception d'un Wallin qui pourrait bien manquer aux grenoblois pour le reste de la saison, les ingrédients étaient bel et bien réunis pour obtenir une belle rencontre entre deux équipes bien décidées à prendre une option sur les 1/2 finales, car il est dit que lors d'une troisième rencontre d'une série de cinq, le gagnant se voit offrir deux chances d'en terminer derrière.
Sans aucun round d'observation, la rencontre démarre fort avec une furieuse bagarre à mi-glace pour le contrôle du palet. Les premières banderilles permettent à Fleury et Koivula de répondre présents, et de renvoyer le sentiment que la rencontre ne devrait pas basculer à la suite des erreurs des gardiens ce soir. Côté visiteurs, Riendeau et Pazak parviennent à filer dans les espaces laissés par une défense Grenobloise qui aura quelques trous d'air parfois inquétants, mais leurs frappes cadrées trouvent souvent des jambières adverses et le gardien bien en place. Côté Grenoble, plusieurs centres glissent devant Koivula, une fois dessous avant d'être bloquée, et une reprise à cage ouvert de Nilsson pouvait connaître un meilleur sort à 4"38.
Une première pénalité contre ce même Nilsson à 6"54 va offrir un jeu de puissance à des gothiques qui auront le tort de se précipiter plutôt que d'installer leur jeu.
Au fil des minutes, les deux équipes se rendent coup pour coup avec un balet à mi-glace plutôt agréable à suivre.
La tension grandissante conduit Henderson à son tour au mitard, mais grenoble ne se crée guère d'occasion, devant composer avec une défense des visiteurs parfaitement en place et une vitesse d'intervention fort réjouissante, en particulier dans l'aide déffensive.
A 14"49, un brassage éclate et plusieurs joueurs y vont de leurs poings, ce qui déclenche une migration plus massive vers le pénitentier local, mais sans que le nombre des acteurs ne varie du fait de l'équilibre des sanctions entre les deux équipes. Henderson, Jansson, Nilsson et le seul non suédois Trabichet gagnent une pause sans que cela ne change la physionomie de la rencontre.
Les minutes défilent avec des occasions de part et d'autre, les deux équipes semblent proches, mais c'est Amiens qui va bénéficier de son dynamisme pour prendre l'avantage.
A 19"12, Beron sert Pazak à l'aile, lequel file et trouve le temps d'armer pour battre Ferhi d'une belle frappe droite gauche. (0-1).
Une réalisation qui récompense un gothique qui a proposé du bon hockey, a su défendre et jouer les contres avec un effectif riche en joueurs rapides et précis. Un but qui vient au bon moment pour Amiens mais pas franchement pour Grenoble qui va devoir profiter de la pause pour se reconcentrer. Grenoble en deux minutes
Le retour sur la glace va bientôt conduire à un jeu de puissance de chaque côté, les deux équipes se montrant plus dangereuses dans cet exercice avec Amiens qui installe plus sereinement les affaires et Grenoble qui peut compter sur Broz pour chercher la passe idéale depuis le fond de la glace.
Photo Laurent Lardière
Koivula et Glaude à la peine devant Dufour.
Pourtant, au bout d'environ 5 minutes de jeu, on va voir Amiens connaître un coup de moins bien, avec des suivis défensifs moins rapides, des marquages plus lâches, bref des petits retards qui vont faire toute la différence. Alors que la première période avait vu le gothique contrer les frappes et contrarier toute prise de position à la bleue de la part des arrières grenoblois, grande spécialité locale s'il en est, le passage à vide va se payer cash.
A 29"50, servi par Broz, Besch à la bleue peut armer et proposer un tir voilé qui sera détourné par un défenseur et arrive au fond des filets de Koivula qui n'a strictement rien à se reprocher dans l'affaire. (1-1) Le très remuant Arrossamena, qui semble franchir un nouveau cap avec ces séries finales, ira même voir l'arbitre pour lui dire qu'il n'a effectué aucune déviation car en fixation devant la cage, et que le but doit bien être attribué à Besch.
A 30"09, le toujours excellent Riendeau prend une pénalité et Amiens va concéder un second but en moins d'une minute.
A 30"16, Rouleau sert Fleury qui contrôle et va se pencher sur son palet pour le lever juste sous la barre de Koivula, un superbe but technique pour un joueur dont la classe n'est plus à démontrer cette année. (2-1)
Amiens prend alors un temps mort logique, et les minutes suivantes vont offrir un jeu de puissance à chacune des équipes sans que de très grosses occasions en découlent.
Dans une rencontre avec un rythme en baisse, plusieurs altercations verbales éclatent entre les joueurs sans que les portes de la prison ne s'ouvrent, mais quelques fautes de part et d'autres sont commises, lesquelles pouvaient mériter sanctions. On a également une profusion de frappes des deux côtés dont certaines très violentes, les deux équipes trouvant le poteau à plusieurs reprises.
On remarquera qu'en fin de match, les images vidéo prouveraient selon nos photographes que deux buts bel et bien marqués seraient à ajouter. Riendeau avait pris ce que l'on a cru être le poteau, mais le palet très violent serait rentré après avoir touché l'angle pour ressortir sous l'impact du filet. De même, un grenoblois aurait trouvé une lucarne parfaite qui serait ressortie. A noter que dans les deux cas, aucun joueur n'est allé protester car personne n'a vu le palet effectivement rentrer. En tout cas, si cet épisode était confirmé, il faudrait tout de même s'interroger une nouvelle fois sur les moyens d'éviter ce genre de situation, car le jour où une même équipe inscrira par exemple deux buts ainsi mais perdra le match, que se passera t'il?
La fin de période reste indécise, sans que nous ayons ce soir les statistiques, il est clair que les deux formations sont au coude à coude à ce niveau.
photo : Laurent Lardière
Joie grenobloise !
Broz dans la boite! ]
La dernière période verra des visiteurs poursuivre leurs efforts, mais le rythme est en baisse et malgré de très nombreuses approximations grenobloises qui se traduisent souvent par des passes à l'adversaires assez peu fréquentes à ce niveau, Amiens a plus de mal.
Le jeu assez hâché voit de nombreux arrêts de jeux après des hors jeux, palets injouables et dégagements interdits. Lorsque Fleury est envoyé en prison, Amiens se montre très loin de son meilleur niveau en jeu de puissance, et on a l'impression que les joueurs de coach Richer flottent quelque peu.
Impression confirmée quelques minutes plus tard. A 49"34, Broz en attaque défense tricotte son palet en attendant de pouvoir passer, plusieurs secondes passent sans qu'un défenseur n'aille le chercher, seule attitude positive face à un passeur de son calibre. Et le tchèque délivre une merveille de passe sautée par Arrossamenaqui arrive à fond les manettes dans le traffic et fait une espèce de reprise taille XXL qui termine au fond. (3-1)
La fin de rencontre pouvait conduire Amiens à emballer le match, mais à notre surprise ce ne fut pas le cas, Koivula n'étant sorti que lors des deux dernières minutes. Restant dangereux jusqu'au bout, Amiens trouvait un Ferhi concentré qui terminait meilleur joueur du match, un choix logique avec Pazak du côté gothique.
On en pense quoi?
Amiens, sans doute sur sa lancée du match précédent remporté de belle manière à domicile, a proposé une superbe première période, jouant juste tant offensivement que défensivement. Un seul bémol, les jeux de puissances exécutés trop rapidement, mais erreur corrigée par la suite durant la seconde période, la troisième étant synonyme de fatigue pour le groupe de Richer qui devait courrir après le score.
Composée d'une équipe plutôt faite de joueurs légers en terme de poids et tailles, on pouvait penser voir Amiens utiliser ses capacités de rapidité pour prendre de vitesse une défense grenobloise parfois un peu lente ce soir. Or, en jouant le défi physique, un choix susceptible de fatiguer les grenoblois comme nous l'expliquait Riendeau après la rencontre, il n'est pas certain qu'Amiens ait forcément misé sur la bonne carte, car quand deux joueurs se prennent dix charges, le plus grand et gros s'en sort généralement mieux que l'autre. Dans le même sens, avec deux buts de retard, ne fallait il pas envoyer les voltigeurs et risquer une sortie du gardien plus rapidement?
Si Amiens veut gagner demain soir, son arme principale nous semble être la vitesse, mais le groupe a semblé fléchir et connaître plusieurs passages à vide qui se sont traduit par des paiements cash comme en seconde période. Equilibrer les efforts, porter rapidement le danger en attaque et ne pas tomber dans les fautes et attitudes inutiles semble indispensable également. On relèvera que Koivula a fait très bonne impression. Messieurs les gothiques, si vous jouiez avec le powerdrive demain soir ? Pas certain que Grenoble apprécie...
Même si l'on a tout de même senti que Grenoble disposait disons d'une marge légère sur le plan physique par rapport à Amiens, on a vu du bon et du moins bon.
Au registre des critiques, la première concerne de trop nombreuses erreurs défensives, relances sur l'adversaire et parfois placements en retard. Merci Ferhi et merci à l'imprécision parfois des visiteurs dans cette affaire. Ensuite, on pourra s'interroger sur la rencontre concernant le rendement et surtout l'efficacité de certains joueurs cadres, Nilsson et Jansson, dont on ne peut ignorer la forte activité, mais sans un seul but ce soir et avec certaines prisons à la clef. Dans le même sens, on peut espérer mieux de Sivic et Milovanovic. Enfin, si Grenoble a gagné, les buts ont étés inscrits dans un contexte de fléchissement de la défensive adverse, pas certain que si ils arrivent en demi-finale, le prochain adversaire laisse de tels cadeaux dans le sillage.
Pourtant, malgré ces critiques, on trouve ce soir du bon, voir du très bon. D'abord Baylacq et Arrossamena font figure de joueurs cadres et proposent des passages sur la glace de qualité. Un résultat réjouissant et qui souligne que certains choix de début de saison sont payants. On a ensuite du gros travail de la part d'une majorité de défensifs en l'absence de Wallin, au premier rang desquels Manavian a vraiment eu une activité très importante, avec le bémol de quelques fautes évitables et non sifflées parfois du reste. En attaque, Fleury est toujours dangereux, tandis que Broz a rapidement repris ses marques depuis son retour. Enfin, Ferhi semble monter en puissance ce qui ne surprendra pas forcément le public grenoblois qui attendait son gardien lors des phases finales.
Alors, si Grenoble joue sérieusement demain soir et travaille fort, on ne voit pas franchement comment Amiens pourrait passer devant, mais il faudra tout de même limiter les imprécisions et conserver la maîtrise de la rencontre avec un plan de match qui cherchera certainement à gommer pour partie les erreurs vues ce soir..
Une rencontre ce soir en tout cas plaisante à suivre, on en redemande !