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La Roche prend les devants et gagne le tiers
Comme on pouvait s’y attendre, les Aigles emballent la rencontre d’emblée. Le premier lancer de Malhouitre traverse une forêt de joueurs jusqu’à Blanc. Les Lynx ripostent par un tir lointain de Zinger sans difficulté pour Neau. Ce sont de loin les Vendéens qui se montrent les plus dangereux en ce début de rencontre.
Les tirs drômois restent lointains et sont sans danger. La première banderille sérieuse est portée par Dupont à la cinquième minute seulement. Au tour de Hermant de faire sonner le fer qui provoque un dégagement interdit yonnais. Ouimet gagne l’engagement, Baskov fait le tour du territoire vendéen, croise avec Pchalin qui rentre, s’approche du slot mais échoue sur Neau. Ca y est, les Lynx sont rentrés dans leur match.
Les deux équipes se neutralisent et rivalisent sur les mêmes registres. Quand les locaux construisent en territoire yonnais, les visiteurs lancent des contres jusqu’à la cage par Varjosaari ou Leroux. Quand les Yonnais construisent des mouvements collectifs depuis leur moitié et les installent en territoire drômois par Varjosaari encore qui trouve Laporte libre de tout marquage dans le slot obligeant Blanc à intervenir avec autorité, ce sont les locaux qui procèdent en contre par Maarni à qui il manque un rien pour tromper Neau. Sur la grande glace de la patinoire du Polygone, la qualité technique des deux formations peut s’exprimer. Le jeu proposé de part et d’autre est bien construit avec peu de déchets pour le plus grand plaisir des spectateurs.
 | | Photographe © Max Lazzaroni | | Echauffourées en début de match |
On s’intimide comme sur cette action avortée par le cerbère drômois et le quatuor arbitral envoie deux joueurs inaugurer leurs bancs de pénalités respectifs.
Nous sommes dans les deux dernières minutes et les Lynx qui assiègent le fief vendéen par Bortino, tout près de trouver le filet mais la rondelle passe de peu à côté. Sur un engagement gagné, suite à un dégagement refusé aux yonnais, Dupont provoque encore Neau qui dit « No ! ».
Sur la contre-attaque, le capitaine drômois se fait subtiliser le caoutchouc par Leroux sur sa bleue, Blanc repousse et écarte de la crosse ce caoutchouc qui s’envole et atterrît dans le gant de ce même Leroux qui trouve le trou de souris pour le glisser au fond des filets (0-1 ; 19’45).
Ce but en fin de tiers, même s’il est un peu chanceux, illustre à lui seul la détermination montrée par les Aigles : Leroux, et toute son équipe ont joué les coups à fond et gagnent le tiers. Pour la première fois de cette demi-finale décidément magnifique, la Roche sur Yon rentre au vestiaire avec l’avantage au tableau d’affichage.
La réponse du berger à la bergère
Les deux premiers matches nous l’avaient montré, les équipes sont très proches. Ce premier tiers nous apprend que les Aigles voyagent bien et qu’ils ne se laisseront pas intimider par la grosse ambiance drômoise : on prend donc les mêmes et on recommence.
Le pressing offensif des Aigles dès l’engagement est suivi par un beau jeu drômoisavec les mystifications de Baskov en plein territoire vendéen. Mais tout cela est interrompu par Varjosaari qui passe la bleue et file vers en 1 contre 0 à la cage de Blanc qui sort un plongeon-arrêt de mitaine de grande classe.
Au tour des Aigles d’installer leur possession en territoire drômois et Blanc doit encore s’employer deux fois, puis plus tard sur le lancer de Lallemand.
De l’autre côté du glaçon, Valence fait tourner le disque de crosse en crosse et Neau préfère intelligemment arrêter de la mitaine un lancer non cadré pour permettre à sa ligne de rejoindre son banc situé de l’autre côté de la glace et changer. Une nouvelle vague drômoise déferle sur les côtes vendéennes. Dupend-Carette presse son défenseur qui transmet sur l’autre aile, c’est Baskov qui s’empare du disque contourne deux défenseurs et perce cette fois le fief vendéen pour la réponse du berger drômois à la bergère vendéenne (1-1 ; 26’48).
 | | Photographe © Max Lazzaroni | | Egalisation d’Alexei Baskov |
« Ici – ici - c’est – Va – Lence » lance Tony au micro. Sans avoir même pu découvrir les falaises vertigineuses du Vercors ou les vallons sauvages de l’Ardèche, il se trouve que, ce soir, les Aigles et tous leurs accompagnateurs aimeraient bien y passer la nuit ... Ils continuent donc à pousser et, sur un lancer de la bleue de Cornu, Leroux tente la déviation de volée mais Blanc s’interpose.
Nous sommes à la mi-match quand la première prison individuelle synonyme de supériorité numérique est sifflée contre Valence. Le jeu de puissance yonnais peine à atteindre la cage et c’est au contraire Baskov qui file défier Neau. La pénalité sera tuée par les Lynx sans la moindre intervention de Blanc.
Pitkänen, servi par son compatriote Maarni en zone neutre prend de la vitesse et trouve le gant de Neau. Au tour de Dupend-Carette, servi par Pelisse de tirer à la cage mais Neau bloque.
Cornu répond d’un lancer de la bleue mais Blanc intervient au milieu du trafic. Bouillet, bien relayé par Tunik se voit encore bloqué par Blanc.
On ne s’ennuie pas, les beaux gestes collectifs ou individuels s’enchainent comme ici par Ouimet qui, arrêté, dribble son adversaire, lui glisse la rondelle sous la crosse, pivote et trouve les bottes de Neau, le rebond ne profite pas, l’action continue, Riffard contourne la cage, le lancer de Lazzaroni ne trouve pas de déviation.
Le jeu revient sur la cage drômoise, Ouimet, toujours lui, fait cette fois un bon travail défensif sur le double mètre de Tunik qui réussit à solliciter Blanc. Le disque reste dans les palettes yonnaises et Blanc intervient sur un tir de la bleue salué par ses partisans.
Nous sommes dans les trois dernières minutes du tiers et la paire d’artistes finlandaise nous rejoue son duo : Pitkänen part de sa zone, trouve un relais avec Maarni qui rentre en zone, sert son compatriote lancé part seul à la cage et Neau fait un exploit pour éviter le but.
Ce tiers médian se termine avec une égalité au score comme nous en avons déjà beaucoup vue sur cette demi-finale. Paradoxalement, ces deux équipes adeptes du beau jeu collectif se sont marqué des buts sur des actions individuelles. Il y a dans ce match 3, un semblant de combat de boxe où les deux protagonistes se répondent coup pour coup sans qu’on sache qui va être vainqueur.
Le KO Valentinois dans la dernière minute
Ce dernier vingt débute en soldant la première supériorité valentinoise de la rencontre. Les Lynx semblent avoir le bras qui tremble et manquent des gestes simples, concédant même un dégagement interdit. Ils placeront tout de même deux lancers. Les Aigles récupèrent leur prisonnier et sur un beau déboulé de Varjosaari et Lallemand, ce dernier frappe et Rollo est bien près de prendre le rebond.
Tunik gagne sa mise en jeu en zone offensive pour Leroux, un lancer part de la bleue, Bouillet s’impose dans les airs pour Tunik qui tire, Blanc repousse, Bouillet reprend et Tunik expédie le deuxième rebond au fond. L’arbitre, malgré les protestations valentinoises, accorde ce but plein de combativité qui remet son équipe devant au score (1-2 ; 43’50).
 | | Photographe © Max Lazzaroni | | La Roche reprend l’avantage |
La réaction drômoise est immédiate et Pitkänen chipe un palet et file à la cage en 1 contre 0, Neau s’interpose. Les Lynx ne veulent pas laisser leurs adversaires y croire, le lancer vicieux de Dousseau n’est pas maîtrisé et le rebond part dans les airs. Le match est, cette fois, complètement débridé et Blanc est bien sollicité. Les fautes des Aigles en territoire valentinois ne sont pas toujours sifflées et Clément se couche pour bloquer le tir.
Rodriguez fait un bon travail en territoire yonnais, frappe, le palet revient dans la crosse de Pitkänen qui offre à son équipe sa deuxième égalisation de la soirée (2-2 ; 47’54).
Faute de siffler ou de voir les mauvais coups vendéens (disons qu’ils sont majoritaires), le quatuor opte pour des sanctions simultanées qui ne créent pas de différence sur la glace …
Les équipes continuent à se rendre coup pour coup et les 2 portiers gagnent leurs duels. « Deux dernières minutes avant la fin de la troisième période » annonce la table de marque. Les 1078 spectateurs vont-ils assister à une prolongation comme il y a 15 jours ?
La réponse ne tardera pas à venir : Pchalin sert Baskov en centre glace qui trouve Ouimet lancé qui crucifie Neau côté bouclier (3-2 ; 59’34).
 | | Photographe © Max Lazzaroni | | But de Ouimet dans la dernière minute |
On revit la même la même situation qu’en fin de tiers la semaine dernière : Valence prend l’avantage, mais ce soir c’est à 44 secondes de la sirène ! Juraj Ocelka demande son temps mort. L’engagement est gagné par les Aigles qui perdent la rondelle en rentrant en territoire Lynx. Pchalin envoie dans la bande pour Ouimet qui passe à Baskov à la rouge. Il se présente face au dernier défenseur, sa feinte de corps déséquilibre le malheureux Cornu qui lance sa crosse dans les patins du meilleur buteur des play-offs dans un geste de désespoir. Celui-ci n’a plus qu’à pousser la rondelle dans la cage vide (4-2 ;59’34).
On passera sur les pénalités majeures et mineures qui arrivent bien tardivement et qui n’ont plus d’impact sur le match et sur l’agression sur Pchalin toujours ignorée par le quatuor arbitral ni sur le geste de frustration de Duval dans les dernières secondes etc … « On est en finale …» descendent des tribunes pendant que les arbitres se perdent dans des discussions. On en restera là.
Le réalisme valentinois
Comme à chaque fois que nous le jugeons justifié, nous nous permettons de signaler, en restant constructif et factuel, nos observations à usage de l’arbitrage. Ce soir, intéressons nous aux pénalités mineures (2 minutes) qui sont celles qui impactent le plus les matches par les supériorités numériques qu’elles créent ;
- Ce soir, les arbitres en ont sifflé cinq contre Valence et seulement quatre contre Hogly : cela ne reflète pas la répartition des fautes commises, passons ...
- Sur ces neuf pénalités mineures, trois sont sifflées à trois secondes de la fin => Sans impact.
- Sur les six pénalités mineures restantes, quatre sont sifflées simultanément => Sans impact.
- Il ne reste donc que deux pénalités dirigées une de chaque côté => A quoi servent les pénalités ?
Analysons maintenant la performance des équipes sans parler d’efficacité en jeu de puissance. Ce qui est certain c’est qu’avec de telles équipes des pénalités dirigées auraient créé davantage de buts et de spectacle.
Commençons, honneur aux vaincus, par les Aigles de La Roche sur Yon et à Miska Varjosaari qui a été très en vue ce soir et qui faisait partie de l’équipe de Lyon qui éliminait Valence l’an dernier, il ne fera pas la passe de deux. L’équipe vendéenne n’était pas favorite, on le sait, mais dans des conditions plus difficiles que la semaine dernière en raison du déplacement et de l’ambiance du Polygone, elle ne s’est pas présentée en victime expiatoire : elle a livré ce soir le meilleur de ses trois matches. En maitrisant davantage son indiscipline, elle a réussi pour la première fois au cours de ces trois confrontations à terminer un tiers temps en menant au score. Ce qui est peut être le plus cruel pour elle, c’est qu’elle ne s’est fait passer devant au score ce soir, qu’à une minute de la sirène, mais ce n’est pas ce soir que Hogly a perdu sa demi-finale mais bien lors des deux matches précédents sur sa glace.
Cette équipe est expérimentée, à l’image de son défenseur Gaëtan Magne (40 ans) qui nous confiait ne pas encore penser à la retraite et s’est déjà hissée dans le carré final depuis son retour en D2 en 2024. L’équipe a été la digne représentante de son groupe, c’est de loin la meilleure équipe des play-offs vue au Polygone.
Les Lynx de Valence ont réussi à faire basculer le match dans la dernière minute du temps règlementaire. Même si l’équipe a connu pire situation en 1/4 de finale avec les tirs aux buts, elle a su puiser dans ses ressources l’énergie pour repasser devant au score. Elle a trouvé en face d’elle une équipe expérimentée qui pratique le même beau hockey et qui n’est pas arrivée par hasard en tête du groupe A. Depuis la première défaite de Roanne face à Montpelier samedi dernier, Valence est,et reste la seule équipe du carré final à ne pas avoir encore perdu un seul match de play-offs. Comme l’exprimait son capitaine dans la presse locale cette semaine, l’objectif était la qualification en trois matches : ce soir il est atteint. Face à cette redoutable équipe de La Roche, les hommes de Jan Dlouhy ont encore su densifier leur système défensif et n’encaisser que six buts en trois rencontres tout en continuant à faire tourner, contrairement à son adversaire, ses quatre lignes. On voit au fil des matches de nombreux joueurs prendre confiance et tenter et réussir des choses nouvelles. En guise de morale de la fable, un des attaquants valentinois nous confiait que c’est le respect que lui-même et son équipe ont porté au jeu et à l’adversaire qui leur a permis de réaliser cet exploit historique pour son club.
Une autre page reste à écrire face aux vipères de Montpellier qui ont déjà joué une finale l’an dernier.
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