LM playoffs : finale, match 3 : Strasbourg vs Rouen
Une victoire en jaune et noir
L’heure de la finale est arrivée dans la capitale alsacienne. L’iceberg est plein à ras-bord, les places se sont vendues en moins de 24h tant le moment est historique aux yeux de l’Étoile Noire et de son public. Les malchanceux qui n’ont pas pu mettre la main sur un ticket ont tout de même pu se rassembler devant la patinoire, où le match était diffusé sur un écran géant. C’est une grande première pour le club strasbourgeois, qui a créé la surprise en battant successivement Épinal, Gap puis Angers, après avoir terminé la saison régulière à la 11ème place. En revanche, les Dragons de Rouen sont plus coutumiers des finales, et s’il est aussi question de 11ème pour eux, c’est le 11ème titre qu’ils espèrent gagner ce soir. En effet, ils se sont adjugés la victoire lors des deux premiers matchs devant leur public mardi et mercredi, et une dernière victoire ce soir les sacrerait champion de France. La coupe est présentée sous les acclamations de la foule, et touche la glace strasbourgeoise pour la première fois de son histoire.
Fiche technique
Arbitres : Messieurs Barbez et Bourreau assistés de Messieurs Dehaen et Rauline
Buts équipe — Strasbourg : 04.34 Hugues Cruchandeau (ass Pierre Bougé et Lionel Tarantino) ; 30.36 Juho Lehtisalo (ass Elie Marcos)
Rouen : 00.16 Teddy Da Costa (ass Calle Bergström et Jens Olsson) ; 05.49 Mathieu Brunelle (ass François-Pierre Guenette et Marc-André Thinel) ; 30.06 Teddy Da Costa (ass Ilpo Salmivirta et Luc Tardif ) ; 33.28 Julien Desrosiers (ass Jens Olsson et Carl Mallette)
Pénalités : 6 minutes contre Strasbourg — 14 minutes contre Rouen
![]() |
| Photo : Christope Moreau |
| Stritz, guerrier blessé mais debout |
Le match commence très fort et Rouen installe sa domination d’entrée de jeu. Le premier tir se solde par un premier but ! Bergstrom, servi par son compatriote Olsson, envoie un slapshot fulgurant. Hiadlovsky, bien campé sur ses appuis, se positionne pour bloquer ce tir mais le palet est dévié par Da Costa et prend une trajectoire annexe pour terminer sa course derrière le gardien strasbourgeois, médusé (0-1, 0’16). Les Rouennais, non contents d’ouvrir le score, déploient une fougue impétueuse en attaque, et maintiennent la pression autour des cages de l’Étoile Noire.
Il faut un peu de temps aux Strasbourgeois pour se plonger dans la partie, mais après quelques minutes de domination rouennaise, les locaux prennent finalement le contrôle du palet et s’installent durablement en attaque. Les arrêts de Lhenry sont somptueux, mais les assauts répétés des Strasbourgeois finissent par payer : un premier tir de Bougé de révèle infructueux, mais le rebond n’est pas couvert et c’est Cruchandeau qui bondit sur le palet et le glisse à la gauche de Lhenry pour égaliser (1-1, 4’34). Ce but est le résultat d’un travail d’équipe qui commence par la crosse de Tarantino, et prend une valeur toute symbolique car le jeune toulousain évoluait à Rouen la saison dernière.
L’égalisation ouvre grand le match, tout est à refaire et c’est Strasbourg tout entier qui reprend espoir. Cet espoir ne durera pourtant pas longtemps, rapidement démoli par Guenette et Brunelle. Le duo canadien monte en attaque. Ils sont pourtant couverts par la défense, mais leur coup de patin est très rapide et ils parviennent à se retrouver seuls devant le gardien. Guenette décale à Brunelle qui enfonce le palet au fond du but sans que le portier ne puisse faire quoique ce soit (1-2, 5’49).
Le rythme est effréné, comme attendu lors d’une finale, et Rouen assoit rapidement sa domination et déploie tout son talent. Les attaques strasbourgeoises sont nombreuses, mais les Rouennais mettent un soin tout particulier à démonter toute tentative de construction adverse. Tout au long de la période, les Dragons restent en défense et ne profitent souvent que de contre-attaques rondement menées pour se créer des occasions. Les avants strasbourgeois ne parviennent plus à surprendre la défense rouennaise, très groupée, en dépit de powerplays à leur avantage. Cayer est particulièrement attendu, et il est accompagné en permanence de défenseurs adverses. L’équipe locale tente tout pour décrocher l’égalisation, mais elle ne vient jamais. Rouen mène au score, mais les Strasbourgeois opposent une farouche résistance.
![]() |
| Photo : Christope Moreau |
| Les arbitres de la finale |
Alors que la mi-match approche, Salmivirta contrôle le palet derrière la cage de Strasbourg. Il envoie un centre bien placé mais le palet est perdu et rebondit entre les crosses des défenseurs. Dans la confusion, c’est Da Costa qui s’en empare et le faufile entre les jambes du portier pour creuser l’écart au score (3-1, 30’06).
Tout semble perdu pour Strasbourg, et pourtant les hommes de Daniel Bourdages ne lâchent rien, en dépit de la fatigue grandissante. Ils parviennent à mettre les Rouennais en difficulté et en insistant un peu, à remonter au score seulement 30 secondes plus tard. Marcos décoche un tir foudroyant, depuis la bande, de biais. Le tir est cadré mais le gardien est sur le coup et s’apprête à le parer. Lehtisalo, d’un revers bien senti, dévie légèrement le palet pour l’envoyer au fond des filets (2-3, 30’36).
Le but du finlandais redonne du baume au coeur au camp strasbourgeois, mais les Rouennais sont venus pour gagner et font tout pour repartir avec la coupe Magnus. Ils parviennent à accélérer le rythme et remettre une pression importante sur les cages adverses. Le tarif est le même qu’au premier tiers-temps : un but des locaux, deux buts des visiteurs. Ce dernier ne fait pas exception. Ainsi, dans une action qui rappelle le second but de Rouen, Desrosiers et Olsson se démarquent, prennent de vitesse la défense, et se retrouvent esseulés devant le gardien. Ce dernier ne peut rien faire devant la passe d’Olsson à Desrosiers qui plante un shoot impressionnant, un cheveu au-dessus de la mitaine de Hiadlovsky (2-4, 33’28). Cette action annule les efforts strasbourgeois lors du but précédent. L’écart se maintient à deux buts, le jeu se fige, tout comme la défense Rouennaise, de plus en plus campée sur ses appuis en retrait. Les Dragons construisent beaucoup moins leurs attaques, ils se contentent de récupérer les palets perdus et les contres pour aller marquer.
![]() |
| Photo : Christope Moreau |
| Les Dragons champions ! |
La défense rouennaise se démène tant et si bien que de nombreuses pénalités pour obstruction sont appelées contre les Dragons. Ils déploient tout de même une ferveur dans la défense, et ils démontrent une fois encore leur incontestable supériorité lorsque, en double powerplay strasbourgeois, ils parviennent à tout bloquer, tout parer, et même à être menaçants en contre à trois ! Le jeu reste tout de même très rapide et très dynamique, en dépit de la défense solide et de la fatigue qui s’installe insidieusement dans les organismes. Le palet est très disputé, sautant sans cesse de crosse en crosse.
L’action se déroule en majorité devant les cages rouennaises, mais la vitesse et l’agilité des Dragons leur permettent de ne jamais être réellement inquiétés. Les joueurs de l’Étoile Noire jettent tout ce qu’il leur reste de force dans la bataille, à tel point qu’ils auront tout le mal du monde à retrouver leur souffle après le coup de sifflet final. Le jeu, en fin de match, est par conséquent bien moins vivant, bien moins rapide et surtout, moins construit. Il faut attendre la dernière minute de jeu pour voir sortir le gardien de Strasbourg au profit d’un attaquant supplémentaire. Même à 6, la tâche est ardue, quasi-impossible, avec deux buts d’écart, et l’horloge décompte inlassablement les dernières secondes avant le couronnement des Dragons. Un ultime tir est décoché de très loin en direction de la cage vide, mais le palet passera à deux doigts du montant du but au moment où résonne le coup de sifflet final.
C’est ainsi qu’après 3 manches sèches de finale, 9 matchs de playoffs au total, Rouen est déclaré une fois encore champion de France 2011, réalisant ainsi le rare exploit de remporter le championnat deux années consécutives, et d’emporter le doublé coupe-championnat dans la même année. Les supporters rouennais sont en liesse, tout comme les joueurs qui oublient rapidement fatigue et frustration. La distribution des médailles et de la coupe se déroule sous les acclamations du public, rouennais comme strasbourgeois, qui applaudissent à l’unisson deux grandes équipes du hockey français : Rouen, dont le talent et la vivacité n’est plus à conter, et Strasbourg, qui côtoie enfin l’élite, après avoir créé la surprise - toute attendue - en renversant les prévisions et bouleversant le classement. Les joueurs de l’Étoile Noire sont exténués, et la déception de n’avoir pas su vaincre Rouen est palpable, mais la joie du chemin exceptionnel parcouru jusqu’au titre de vice-champion de France prend rapidement le dessus. Les Strasbourgeois célèbrent cet accomplissement comme il se doit, et le club des supporters est convié à se joindre à la fête sur la patinoire.
C’est donc dans un esprit de fair-play et avec grande sérénité que les deux équipes se serrent la main, en se promettant de se retrouver l’année prochaine, si possible au même niveau, ou même plus haut !
Peu importe si l'on est jaune et noir, ou noir et jaune, ce soir c'est la beauté du hockey qui l'emporte !
Résumé vidéo sur StrasTV : www.strastv.com/catalogue/Sport/l-etoile-noire-vice-championne-de-france-magnus-alsace-rouen-coupe-finale-hockey-france-nhl-strasbourg.html
© 2026 Hockeyhebdo.com — Reproduction totale ou partielle interdite.
← Retour à la liste



Je suis très inquiet pour ANGERS sur la distance. Si nous n'avons pas une nouvelle patinoire digne d'une telle équipe, en cas de faux pas sur une saison, on est foutu... Il nous faut une vraie patinoire à ANGERS. On commence a en vir fleurir des nouvelles un peu partout, GAP, EPINAL, peut être CHAMONIX. ANGERS... nada.
Ceci dit, la place de vice-champion, les places dans le carré final, sont de plus en plus chères ! On observe tout de même un nivellement (par le haut je pense), de plus en plus d'équipes peuvent rivaliser avec les meilleurs. Aucune équipe ne peut encore faire vraiment douter Rouen, mais ça va venir avec le temps. Si 6 ou 8 équipes peuvent prétendre sérieusement à une finale dans les années qui viennent, gageons qu'une ou deux équipes viendront détrôner Rouen, et plus vite qu'on ne le pense.
Cette saison a bien montré que le niveau se resserre, que tout le monde a sa chance et que rien n'est acquis. C'est tant mieux pour le suspens et pour le sport. Vivement la saison prochaine !
c'est sympa de pouvoir discuter....
sinon, pourquoi d'après toi n'y a t-il que Rouen qui peut le faire ?
Rouen a des moyens, et tant mieux pour les supporters, le club et les partenaires. Chauvinisme mis de côté, quel est l'intérêt pour un championnat d'avoir un club qui domine avec un budget nettement supérieur aux autres ?
On ne le reproche pas à Rouen, mais la fédé à mis des règles en place pour niveler le niveau sans non plus les bloquer, règles qui ont été assouplies pour que Grenoble, Briançon et Rouen puissent dépenser plus. Aujourd'hui, on constate que seul Rouen peut le faire. C'est tout. Ca ne retire en rien le mérite des joueurs pour remporter un 11e championnat en 20 ans.
Rouen est au dessus... Maintenant, aux autres de faire pareil...
à _33_ : on peut arriver en haut de l'affiche sans dépenser trop, Strasbourg est l'exemple parfait... Strasbourg avait du talent, avait surtout l'envie...
Ce dernier match a Strasbourg s'est passé superbement bien, entre supporters strasbourgeois et rouennais... Merci à eux
de toute manière, rouen se donne les moyens d'avoir ce qu'ils veulent. Faites pareil avant de vous plaindre ;)
Soit la fédé revoit son réglement, soit la Coupe Magnus prend un abonnement sur les quais de Seine.
Après, Rouen a des moyens, on ne va pas leur reprocher, mais il faut que ce championnat reste équitable. L'assouplissement de la masse salariale est probablement dangereux, c'est peut-être ce qui a précipité certains clubs dans des déboires financiers (a trop ouvrir les vannes pour rivaliser, on fini par dépenser trop).