Interview d’Eric Ropert Directeur Général de la FFHG
HH : Bonjour Monsieur Ropert, merci de répondre aux questions de Hockey Hebdo. L’actualité immédiate me conduit à vous
questionner sur la double procédure en cours contre Grenoble et Mont-Blanc. Pour Grenoble, pouvez vous nous préciser l’origine de l’affaire ?
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| Photo : © Xavier Lainé / FFHG |
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ER : Nous sommes sur la procédure normale de validation des comptes remis par l’expert comptable de chaque club. Grenoble a remis ses comptes en juin comme les autres. Nous parlons bien d’un bilan comptable qui présentait alors un léger déficit. En octobre, le Commissaire aux Comptes de Grenoble a remis un nouveau bilan avec un déficit beaucoup plus important. Je ne peux évoquer le détail exact des montants car nous avons sur le sujet une clause de confidentialité. Donc la CNSCG suite à cette affaire à demandé au Bureau Directeur de statuer sur la situation et demandé la suspension des rencontres impliquant Grenoble et Mont-Blanc, je reviendrai sur le cas de Mont-Blanc ensuite.
HH : Le Dauphiné Libéré parlait de
380.000 euros environ de déficit, c’est de cet ordre ?
ER : On peut dire que oui globalement, mais le calcul n’est pas si simple à effectuer, et je n’ai pas bien naturellement tous les détails qui sont entre les mains de nos collègues de la CNSCG.
HH :
comment dès lors définissez vous le problème posé par Grenoble, quelles sanctions risquent-ils, et quelle procédure est mise en place ?
ER :
Il y a deux problèmes à la base. D’une part, Grenoble n’a pas respecté les procédures en présentant un bilan comptable erroné. Si le club avait présenté ce bilan en juin, aurait il été validé ? Ce n’est pas à moi de répondre, mais en supposant que oui, les possibilités de dépenses ultérieures pour le recrutement par exemple n’auraient pas étés les mêmes. L’équipe ne serait peux être pas la même aujourd’hui. Notez que pour le moment, aucun jugement sur la responsabilité des dirigeants n’a été prononcé. D’autre part, il y a un problème d’équité sportive par rapport à tous les autres clubs qui ont eux respecté les procédures et présenté en juin dernier un bilan comptable exact. A partir de là, on ne peut que consulter le règlement de la CNSCG disponible en ligne sur le site FFHG. Que précise ce règlement dans le cas de la production de pièces erronées, que le club fautif encoure les sanctions suivantes : une amende de 1000 à 16000 euros, ce qui dans le cas de clubs ayant des difficultés financières n’est pas forcément la bonne sanction, une convocation de la Commission de discipline qui peut décider d’une procédure contre les dirigeants coupables, et enfin des sanctions sportives pouvant aller d’un retrait de quelques points à l’exclusion du championnat.
HH :
Pourquoi décider de suspendre les rencontres de Coupe de France ? Pourquoi pas Grenoble Amiens samedi prochain ? Avez vous pensé aux clubs comme Chamonix qui vont avoir
un réel manque à gagner en ne recevant pas Grenoble ? Si Chamonix est qualifié directement, mais joue à l’extérieur sa prochaine rencontre,
ils n’auront pas les mêmes gains financiers qu’en recevant le Champion de France.
ER :
La procédure est la suivante : le Comité Directeur constate la situation, et a dès lors demandé que Grenoble soit suspendu de toute compétition en attendant que des sanctions soient prises puisque la culpabilité est reconnue par la remise d’un faux bilan (je ne fais aucun commentaire sur les responsabilités des dirigeants encore une fois et je me cantonne aux faits). Comme cette affaire n’était bien naturellement pas prévue, il a fallu convoquer les uns et les autres et c’est ce jeudi que la décision sera prise. Donc Grenoble Amiens étant joué à une date ultérieure, il n’est pas pris en compte. Après, la FFHG a apporté son soutien aux équipes qui devaient jouer contre Grenoble et Mont-Blanc. Nous avons demandé aux clubs recevant de nous adresser le montant des pertes consécutives au coût de la rencontre initialement prévue.
HH :
Le monde du hockey est rempli de rumeurs sur
des subventions publiques qui n’auraient pas étés touchées par Grenoble, par
un certain flou entourant les parts reversées aux deux clubs finalistes après les finales de coupes et en particulier Bercy, par
les problèmes des primes de victoires des BDL qui se monteraient tout de même entre 60.000 et 70.000 mille euros sur les trois compétitions. Enfin,
la recapitalisation des BDL ne résout-elle pas le problème du déficit ?
ER :
Nous parlons d’un bilan comptable qui est faux et qui a été refait par la suite. Sur ce bilan nous avons une comptabilité incomplète qui ne mentionne pas un déficit. Si certains financeurs n’avaient pas payé Grenoble comme c’était prévu, cela devait être mentionné sur le bilan. Même chose pour les primes des BDL, je suis prêt à comprendre que Grenoble ne s’attendait pas à tout gagner, mais nous sommes face à un respect des règles comptables légales, rien de plus. La recapitalisation à Grenoble est naturellement positive, mais ne répond pas à la question du faux bilan présenté. Nous n’avons aucun soucis quant au fait que Grenoble s’en sorte en terme de budget mais bien que le club respecte les procédures fédérales. Pour ce qui concerne Bercy en particulier, les prîmes pour les finalistes, frais de déplacement ont fait l’objet d’écrits en direction des clubs concernés qui ont parfaitement su avant ces finales combien ils allaient recevoir derrière. Je comprend très bien que cette affaire n’est ni agréable ni positive pour tous les amateurs de hockey et supporters des deux clubs concernés, mais nous sommes face au simple respect d’un règlement égal pour tous, et un bilan comptable reste un document incontournable qui doit être exact en temps et en heure.
HH : Avez vous un commentaire à faire concernant la
démission du Président Jean Luc Blache ?
Y’a t’il eu détérioration des relations entre Grenoble et la FFHG depuis cette affaire ?
ER :
Je n’ai aucun commentaire à faire sur la démission de Monsieur Blache, non les relations sont très courtoises, les interviews données par Monsieur Blache dans la presse locale le soulignent.
HH :
Pour ce qui concerne Mont-Blanc ?
ER :
Pour Mont-Blanc, la situation est différente. La nouvelle équipe dirigeante a fait effectuer un audit à son arrivée, et découvrant un déficit beaucoup plus important que prévu, et surtout très différent de celui figurant sur les comptes laissés par les prédécesseurs, il a été décidé d’alerter la CNSCG. Il y avait, je parle encore une fois en citant des fourchettes publiées dans la presse car je ne peux citer les montants exacts, environ 90.000 euros de trou et on se retrouve autour de 254.000. Nous sommes donc avec une équipe de nouveaux dirigeants qui n’a rien à se reprocher. Le problème est que Mont-Blanc n’a pas le budget et les ressources financières de Grenoble.
HH : Pensez vous que
Mont-Blanc paye la fusion avec Chamonix qui n’a pas aboutie ? Comment voyez vous la suite ?
ER : Cette fusion, dès lors qu’elle pouvait contribuer au développement du hockey pouvait sembler positive, mais après je ne connais pas le dossier dans le détail et je sais qu’il est très complexe, il est donc difficile de se prononcer sur le sujet. Je peux dire ceci étant que les dirigeants de Mont-Blanc se mobilisent totalement et sont très volontaires. Je ne peux évoquer la suite et les décisions qui seront prises par la FFHG mais il est clair que l’équipe en place à Mont-Blanc travaille beaucoup sur le dossier.
HH :
Ces affaires vont-elles conduire la FFHG à revoir certaines procédures ?
ER :
Je ne suis pas à la place de la CNSCG mais je pense que nous risquons d’aller vers le principe d’une remise du bilan comptable du club par le Commissaire aux Comptes directement. Il faudra de toute manière échanger avec les clubs la dessus car je sais que certains auront des problèmes de calendrier, mais c’est notre souhait à terme.
HH : Dernière question,
beaucoup considèrent que les gros clubs comme Grenoble sont protégés de par leurs influences politiques et autres, et que
les sanctions à la FFHG sont plus sévères quand il s’agit des petits clubs, que répondez vous ?
ER :
Trouvez moi une autre fédération qui ait aussi lourdement sanctionné son propre Champion de France comme cela avait été le cas avec Mulhouse en 2005, ainsi que le finaliste cette même année avec Tours ? La FFHG appliquera aux clubs concernés des sanctions qui lui paraîtront justes, avec une pensée pour les supporters de ces équipes qui ne sont en rien responsable de ce qui arrive.
HH : Merci Monsieur Ropert !
ER : Merci à Hockey Hebdo !
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