Bonjour et merci à tous les deux. Une nouvelle saison de Ligue Magnus commence avec les Spartiates de Marseille sur la ligne de départ. Avant de s’y projeter, quels bilan et enseignements tirez-vous de la saison dernière ?  |
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| Fabien Colotti / Luc Tardif (Spartiates de Marseille) |
L.T. : « Le bilan est paradoxal car au niveau comptable nous sommes dans les clous. Nous avons terminé cinquièmes de la saison régulière en nous qualifiant très tôt pour les play-offs, donc c’est très positif de ce point de vue là et cela signifie que nous avons fait de bonnes choses. Mais il est très frustrant par ailleurs car il y a eu trop d’inconstance et je trouve que nous n’avons pas assez challengé le top 4. Il y a donc de la frustration par rapport à ce que nous voulions mettre en place, ainsi que par rapport à nos ambitions. Du coup un sentiment paradoxal je le répète car être 5
ème et se qualifier très tôt pour les play-offs n’est pas anodin mais nous aurions voulu faire mieux. En revanche, j’ai vraiment aimé ce que nous avons montré pendant les play-offs. Il y a eu pas mal d’évolutions dans l’effectif au mois de janvier dans cette optique, être plus compétitifs durant cette phase et nous avons répondu présent même si nous n’avons pu nous qualifier pour le tour suivant. Il y a eu aussi un facteur malchance avec un nombre incalculable de blessés. Sur chaque match de la série, pourtant, cela s’est joué à rien donc je suis globalement satisfait du comportement du groupe malgré la défaite. »
Quel est désormais l’objectif pour cette nouvelle saison ?
L.T. : « Mis à part se qualifier en play-offs je ne vois pas vraiment l’intérêt à ce stade d’aller plus loin dans les projections. Se qualifier pour les play-offs n’est pas si facile, il ne faut pas le banaliser, et nous l’avons fait ces trois dernières saisons. Je pense que c’est l’objectif de toutes les équipes. Elles se sont toutes renforcées alors ce sera encore plus serré et dur cette saison. Maintenant si tu te qualifies tu veux toujours aller le plus loin possible. Nous sommes surtout focus sur le début de saison car nous savons que c’est très important de bien débuter la compétition. C’est notre objectif de départ. »
Sinon il y a eu des mouvements à l’intersaison. Pouvez-vous nous en dire plus sur les profils qui vous ont rejoint et sur ce que vous espérez qu’ils vont vous apporter ?
L.T. : « Déjà une grande satisfaction d’avoir pu garder un noyau dur de joueurs français que nous fidélisons depuis plusieurs années et dont nous sommes satisfaits, car le marché des joueurs français pour la Magnus est très compliqué, peu de joueurs que toutes les équipes se disputent. Donc nous sommes déjà contents de cette base solide. D’abord nous avons réfléchi à la façon dont nous voulions jouer pour ensuite rechercher des joueurs avec des profils qui s’inscrivent dans notre schéma de jeu. Ce n’est jamais une science exacte, mais nous avons travaillé en ce sens et la présaison nous donne des signes plutôt positifs. Attendons néanmoins la saison officielle avec ses matchs qui comptent. »
Au niveau des gardiens cela n’a pas bougé, c’est surtout devant que vous avez remanié le groupe ?
L.T. : « Oui effectivement, nous avons recherché des joueurs étrangers compatibles avec notre projet de jeu mais aussi des joueurs qui connaissant la Ligue et s’y étant révélés comme de vraies références, c’était important pour nous. Quand tu recrutes des étrangers tu as beau avoir pleins de sources d’informations c’est toujours mieux de s’appuyer sur des joueurs dont tu sais qu’ils ont performé dans notre championnat. Il y a donc eu plusieurs joueurs que nous avions ciblés depuis longtemps, cela a été le cas par exemple avec Oscar Gustafsson que nous avons signé très tôt. »
Justement quelles sont les qualités que vous avez recherchées pour coller à votre identité de jeu ? »
L.T. « De l’intensité, car ce sport implique d’être intense pour performer mais il faut tenir sur 60 minutes. Il y a bien sûr notre préparation physique mais nous avons ciblé des profils bien préparés et que nous savons capables de rester intenses sur toute la durée d’un match, dans la mesure où nous voulons presser et agresser assez haut nos adversaires ce qui est très exigeant de ce point de vue. Nous recherchons aussi de bonnes personnes sur la vie de groupe car c’est très important pour la performance d’une équipe. Ensuite l’alchimie prend ou pas, ce n’est pas une science exacte, mais quand tu as de bons échos au départ sur la personnalité des personnes tu as plus de chance d’y parvenir. Nous voulions aussi une homogénéité sur nos quatre lignes d’attaque et sur nos trois paires défensives, y compris pour le 13
ème attaquant et le 7
ème défenseur. »
Alors pour vous Fabien, en qualité de capitaine, comment vous sentez-vous avec ses nouvelles recrues et quel est votre rôle pour cultiver cette qualité de vie de groupe et d’homogénéité ?
F.C. : « Déjà le gros point positif, au-delà des résultats, c’est que les nouvelles recrues s’inscrivent parfaitement dans notre projet de jeu. Au sein du groupe il y a aussi une forme de concurrence. Je suis compétiteur donc c’est ce que j’aime apporter à l’entrainement comme en match, toujours essayer d’élever mon niveau de compétitivité et le groupe suit bien et lui aussi travaille en ce sens. Cela contribue à l’homogénéité car tout le monde donne son maximum. »
Sinon vu de l’intérieur, comment abordez-vous cette saison comment sentez-vous le groupe car j’imagine que vous voulez monter un step supplémentaire et montrer que Marseille est plus que présent dans cette ligue ?
F.C. : « Oui, comme l’a dit Luc, nous avons à cœur de bien démarrer la saison. Les trois précédentes n’ont pas été mauvaises puisqu’à chaque fois nous nous sommes qualifiés pour la phase finale mais nous avons traversé des hauts et des bas, sans doute trop de bas, donc nous voulons bien démarrer sans pression non plus pour construire un groupe qui soit encore plus compétitif en play-offs. Nous voulons vraiment fonder une vraie famille capable de se dire les choses dans le vestiaire, c’est important pour bien figurer dans la compétition d’installer cette solidarité et c’est indispensable pour franchir un cap. Pour l’instant c’est plutôt bien parti avec un groupe de bonnes personnes. »
Le club s’est appuyé aussi sur le développement de jeunes pousses avez-vous encore des partenariats pour développer des licences bleues cette saison ?
L.T. : « Oui nous aurons deux partenariats, un avec Lyon et l’autre avec Toulon qui est monté en D2 donc nous aurons des licences bleues pour poursuivre le développement de nos jeunes. Aujourd’hui, il y a Mattis Chapuis et Greg Gonnard et inversement il y a Nathan Cal et le gardien Maxence Barbaret qui sont capables de venir nous aider, tout ça est très positif. Pour un jeune comme Mattis qui a un gros potentiel mais qui doit encore se développer, le fait de s’entrainer tous les jours avec nous pour sa première année avec les pros, mais aussi le fait d’avoir plus de temps de jeu à Lyon qui a des ambitions, ne peut que lui être profitable. La D1 reste une compétition d’un bon niveau. C’est top pour les jeunes, comme pour le club, de pouvoir profiter de ces montages pour les filières de développement et nous comptons pérenniser ce dispositif pour les années à venir. »
Teddy Da Costa est-il toujours là ? N’est-ce pas trop dur de lui succéder ou l’an dernier aviez-vous déjà commencé dans ce rôle ?
L.T. : « Oui bien sur Teddy est encore là. »
F.C. : « L’an dernier j’avais déjà endossé ce rôle mais c’est sûr que ce n’est pas une mince affaire que de lui succéder, Teddy est une figure du hockey français et du hockey marseillais désormais. En quelques semaines il peut laisser une empreinte dans le vestiaire, autant pour le travail et le sérieux que sur le plan humain, c’est une personne très marrante et positive. Il sait travailler et a une belle carrière derrière lui. L’idée n’est pas de prendre sa place car il est toujours là mais il doit m’épauler au quotidien. C’est une bonne personne et nous sommes ravis de le conserver dans le projet. »
L.T. : « Ce n’est pas un problème car les choses sont claires. Teddy est en reconversion, cela fait 2 ans mais il est dans le groupe pro, il n’est pas là pour être en vacances. Il est encore en forme et il l’a prouvé. L’an dernier il a joué deuxième centre en play-offs car nous avions énormément de blessés. Il a été performant et il peut encore l’être. Il a une qualité technique au-dessus de la moyenne pour le lui permettre. L’idée c’est qu’il continue à se faire plaisir, à s’entraîner, mais maintenant son projet prioritaire c’est sa reconversion avec le hockey mineur à Marseille où il fait un super travail et suit ses formations. Il a besoin de temps et nous ne pouvons lui demander les mêmes choses. Il ne pouvait plus être capitaine et pour moi il était clair que cela devait être « Colotte » le nouveau capitaine et comme tout a été très clair cela s’est fait naturellement. »
Sinon plus globalement le hockey à Marseille continue-t-il son développement notamment en termes de notoriété et de fréquentation ?
L.T. : « J’observe une petite différence, maintenant nous avons un public moins spectateur mais plus connaisseur. Je suis ici depuis longtemps et l’engouement s’est vraiment développé lors de la dernière saison de D1. Avant il y avait beaucoup d’invités, maintenant il y a un vrai « supporterisme », un kop et un noyau de suiveurs fidèles, peu importe les résultats. C’est sûr que les résultats aident mais nous sentons un vrai engouement et c’est le fruit du travail du club. »
Même si nous pouvons le regretter, il semble que l’avenir du hockey en France et notamment dans sa vitrine, la ligue Magnus, ne se construira principalement que dans les grandes villes, les grands bassins de populations, avec des partenaires solides et de grandes arènes. Marseille a tout pour y parvenir et être une place forte du hockey français. Qu’en pensez-vous ?
L.T. « Je pense qu’il faut arrêter de parler de potentiel avec Marseille. Il nous reste encore beaucoup de choses à faire mais Marseille est déjà une grande place du hockey français. A chaque fin de saison nous ne nous endormons pas sur nos lauriers mais nous nous réunissons pour voir tout ce que nous pouvons améliorer et d’année en année nous le faisons. Nous avons le niveau pour bien exister en Magnus, nous l’avons démontré et nous continuons pour aller toujours plus loin. »
Merci à vous deux et bon championnat.