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Division 1 : Lyon (Les Lions)
2 / LYON - ITW Laurent PERROTON - LE HOCKEY FRANÇAIS
Laurent Perroton, qui a connu Lyon comme joueur au CPL et qui a construit une partie importante de sa carrière dans le hockey suisse signe son retour dans la « capitale des Gaules » au poste de manager général du LHC, revient sur son regard sur le Hockey français.
📅 08/10/2026 à 11:30 ✍️ Gaëtan Boucheret 📍 Media Sports Loisirs / Hockey Hebdo

HH : Votre expérience vous permet aujourd'hui de regarder le hockey français avec un certain recul. Qu'est-ce qui vous paraît aujourd'hui le plus important pour continuer à faire grandir le hockey français ?
 
LP : Déjà, il y a des bonnes choses qui se sont effectuées.
Quand je vois tous les vendredis soir un match sur Sport en France pour la Magnus, ça, c'est une excellente chose. Surtout un vendredi soir.
Ce sont des soirées où les gens aiment bien regarder le sport à la télévision, c’est une bonne chose.
Après, là où il va falloir trouver des solutions, c'est la distance entre les équipes. Et ça, c'est compliqué. Tout comme le niveau concurrentiel des matchs chez les plus jeunes Il y a énormément d'écarts entre les clubs.
J’ai remarqué depuis que je suis arrivé les matchs, les tournois chez les plus jeunes, la différence entre les équipes et les clubs. Si je fais un comparatif avec ce qui se fait en Europe sur le territoire helvétique, où mon fils va jouer un tournoi en U7, il n'y a pas un match où il gagne plus de 2 buts de différence. C'est très, très serré.
C'est pour ça qu'on a passé un partenariat avec le canton de Genève pour avoir beaucoup de matchs hors concours. On peut développer, aller chercher des heures de glace, comme je l'ai dit auparavant, avec une patinoire d'entraînement.
Tant qu'on n'aura pas plus de matchs concurrentiels, on aura difficilement des joueurs qui vont se développer plus vite.
Le fait d'avoir à une heure et demie Genève, ça nous permet aussi d'aller jouer pas mal de matchs. On a commencé avec les U18, on a joué avec les U20 et les féminines.
Dans les projets aussi, on a créé — et c'est important aussi sur le début — une véritable structure féminine où il y avait déjà une équipe. Elles ont un créneau le lundi soir, en plus de leur créneau avec les garçons.
Donc voilà, on essaye de développer à tous les étages certaines choses.
Je crois que la chose pour le hockey français où il faut qu'on trouve des solutions, c'est surtout le niveau des matchs. Je parle de la constance dans le niveau des matchs et le niveau des équipes rencontrées Parce qu'il y a beaucoup, beaucoup d'écarts, c'est très hétérogène.
Et ça, c'est un vrai problème pour le développement des jeunes joueurs.
 
 
La motivation de construire

HH : Qu'est-ce qui vous motive le plus aujourd'hui : construire quelque chose à Lyon, transmettre votre expérience, relever un nouveau défi ou un peu tout à la fois ?
 
LP : Oui, c'est surtout transmettre. Transmettre et faire grandir le club de façon collective.
Ce qui est important, pour un sport collectif, et ce qui est vraiment important, c'est que tout le monde grandisse ensemble.
Si je peux aider le maximum avec mon expérience, je le ferai mais c'est vraiment essayer de transmettre et de construire quelque chose de durable et de viable avec, en plus, tout ce qui va se passer lors des quatre prochaines années avec les JO et les championnats du monde.
Je souhaiterais et pense qu'avec la bonne volonté, avec tous les gens qui nous aident au quotidien, on peut arriver à faire quelque chose de très, très encourageant et nous rendre fiers.
Finalement, ce qui est important, c'est qu'à la fin, tu te retournes et tu regardes comment le club a avancé collectivement. Et c'est ça que j'aimerais arriver à faire.
 

LA MEDIATISATION DU HOCKEY
Le hockey et sa médiatisation en France

HH : Un petit avis sur la médiatisation du hockey sur glace en France.
 
LP : Je travaille avec les médias depuis 20 ans, en radio, en télé, j'ai fait un peu de presse écrite.
En fait, il y a tellement, tellement de sports majeurs que c'est difficile d'avoir de la place.
Quand je vois, par exemple, comment on est représenté en termes de spectateurs à la patinoire Charlemagne et comment on est avec le nombre de lignes qu'on obtient dans Le Progrès, par exemple.
En fait, ce n'est pas que Le Progrès ne veut pas travailler avec le hockey, c'est que Le Progrès a des sports majeurs qui sont plus lus. Du coup, on passe après les autres. Là, c'est un vrai problème.
Ce qui est paradoxal, c'est qu'on parle beaucoup de médiatisation du hockey français.
Selon les régions, il y a des régions où ça marche très, très bien. Et donc, on fait souvent des amalgames.
Est-ce que le hockey à Rouen est la même chose que le hockey à Nice ? Non.
A Rouen le hockey est une culture mais et si d'un coup, il y avait une équipe qui joue en Ligue 1 au foot, une équipe de rugby qui joue la Coupe d'Europe et une équipe de basket qui joue à l'Euroleague, et de façon durable. Est-ce que le hockey aurait la même place dans les médias normands ? On a la réponse.
Donc, aujourd'hui, le hockey français doit vivre avec l'aspect local, dans la région où il se situe et avec la concurrence qu’il y a.
Si on parle de Lyon, par exemple, on a le rugby avec le LOU qui marche très fort, qui a récupéré en plus un stade emblématique à Gerland, le football, évidemment, le basket avec Tony Parker. Rien que ça, vous rajoutez le hand qui à l’époque, il y avait quelques énormes joueurs qui jouaient à Vénissieux.
Donc déjà, rien que dans le sport pro, il y a trois monstres connus mondialement dans leurs sports, dans les différents sports, qui sont dans la ville et qui sont assez proches de nous finalement.
Il faut vivre avec ça et régater avec ça.
Il y a certaines villes, par exemple Grenoble, qui ont beaucoup moins de concurrence que ces clubs que je vous ai cités auparavant. Alors ça peut aussi aider dans le développement.
  
HH : Un dernier mot ?
LP : Ce qui est important, c'est qu'à la fin, tu te retournes et tu regardes comment le club a avancé collectivement.
Et c'est ça que j'aimerais arriver à faire.
 


HH : Laurent, Hockey Hebdo, te remercie pour nous avoir accorder un peu de temps de votre emploi du temps bien chargé pour cet entretien un peu longuet.
 
Laurent Perroton : Merci à vous, se fut avec plaisir.

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